Chapitre 3
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Échapper à la Tour en difficulté Enfer ◈
Chapitre 3
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La Russie, c’était ça ?
Quelques années plus tôt, un pays avait envoyé des centaines de soldats en service actif dans la Tour, d’un seul coup.
Ils comptaient conquérir un étage entier de la Tour.
Ils avaient mobilisé d’immenses réserves, des effectifs considérables et même des forces spéciales.
L’étage où ils étaient entrés n’était ni le septième ni le sixième, mais simplement le deuxième.
Ils prévoyaient sans doute de conquérir les étages inférieurs un à un.
Mais le résultat fut un échec désastreux.
Moins de la moitié en revinrent, et tous les survivants racontèrent la même chose.
Chacun d’eux affirmait que seuls cinq personnes, lui compris, étaient arrivées là-bas.
Ils n’avaient rencontré aucun autre allié pendant leur fuite.
La Tour avait réparti les centaines de personnes en groupes de cinq, puis envoyé chaque groupe dans une Tour différente.
Plus de cinq personnes étaient déjà entrées auparavant, mais tout le monde avait supposé qu’elles avaient simplement été déposées dans des zones différentes.
Aucun renfort ni équipe de secours ne viendrait donc à la rescousse.
Je devais m’en sortir tout seul.
« Grrr ! »
Le septième étage regorgeait de dangers.
Mais les molosses infernaux étaient les pires de tous.
Je n’avais jamais fait le calcul, mais n’étaient-ils pas responsables du plus grand nombre de morts parmi les chasseurs du septième étage ?
En tout cas, c’était comme ça dans le jeu Évasion de la Tour.
Hop !
Je m’aplatis au sol sans faire le moindre bruit.
J’étais encore dans la fosse à cadavres ; il ne m’avait probablement pas repéré.
Les molosses infernaux avaient l’odorat sensible, mais l’endroit empestait les ordures et les cadavres en décomposition.
Dès que l’un d’eux vous prenait pour cible, c’en était fini de vous.
Les molosses infernaux revenaient sans cesse à la vie et vous poursuivaient, peu importe le nombre de fois où vous les tuiez.
En plus, leurs aboiements résonnaient assez fort pour attirer d’autres monstres.
La stratégie habituelle consistait à tuer le Dresseur de molosses infernaux ou à leur lancer une friandise spéciale, une sorte de consommable pour chiens…
Évidemment, je n’en avais pas.
C’était le genre de consommable dont on n’avait jamais trop, alors même en fouillant les cadavres, je n’en trouverais pas.
Le molosse infernal rôda un moment, puis s’éloigna.
Le Dresseur de molosses infernaux apparaissait à des endroits aléatoires, mais je ne m’attendais pas à le voir si près.
Pour l’instant, je décidai de mettre de la distance entre nous.
J’étais beaucoup trop mal préparé.
J’ai perdu presque tout mon équipement et mes provisions.
Je m’attendais à ce que mon sac à dos ait été pillé, mais on me l’avait vidé jusqu’au dernier objet.
Je ne trouverais probablement rien d’intéressant, même en fouillant la décharge.
Je serrai mon seul objet restant, une dague, et me dirigeai vers une maison toute proche.
Elle était trop courte pour être d’une grande utilité.
Est-ce que j’arriverais seulement à poignarder un être vivant, humain ou monstre ?
Clic.
Heureusement, il n’y avait personne dans la maison.
Ce n’était pas étonnant, vu qu’elle se trouvait près du poste de garde.
Il y avait même une boisson et une boîte de conserve sur la table de la cuisine.
Dieu merci.
Quelqu’un ne les avait évidemment pas laissées là.
La Tour les avait recréées.
On disait que même si les chasseurs emportaient le butin de la Tour, des objets similaires réapparaissaient aux mêmes endroits quelques jours plus tard.
C’était pareil pour les boss et les monstres.
Je fouillai la maison de fond en comble.
Je dénichai quelques objets divers, et le calcul des prix se mit aussitôt en marche dans ma tête.
Ça se vendrait trente pièces d’or à un Marchand interétages. Ça, c’est inutile… Pourquoi il y a des cigarettes, ici ?
On disait que le septième étage regorgeait de butin de qualité, mais les objets haut de gamme n’apparaissaient pas partout, même dans les maisons ordinaires.
Pour trouver du bon butin, il fallait s’aventurer dans les endroits dangereux.
Comme il se faisait tard, je passai la nuit dans la chambre, puis repartis le lendemain matin.
Le territoire des molosses infernaux était trop dangereux, alors je gagnai rapidement une autre zone.
Pour abattre le Dresseur de molosses infernaux, il me fallait au moins une grenade ou un fusil de précision.
De préférence, un modèle fabriqué par la Tour.
[Monsieur Kang Hyun, qu’est-ce qui distingue les objets de la Tour ?]
[Même quand il s’agit du même fusil ou du même couteau, ceux fabriqués par la Tour leur sont supérieurs à tous points de vue.]
C’était comme si le meilleur maître artisan du monde fabriquait pour vous des copies de contrebande.
L’équipement de la Tour dépassait tout ce que la technologie humaine pouvait produire.
Voilà pourquoi tout le monde risquait sa vie pour y entrer.
Le butin traînait un peu partout, mais j’avais besoin d’armes et de provisions dignes de ce nom.
Dans ces moments-là, le mieux, c’était de dépouiller les cadavres.
Je devais récupérer l’équipement abandonné par les autres chasseurs.
Le problème, c’était qu’il n’y avait jamais de cadavres quand j’en avais besoin.
Bam, bam !
Mon corps tressaillit au faible bruit des coups de feu, au loin.
[Niveau de la compétence Détection passé à 5.]
[Niveau de la compétence Furtivité passé à 5.]
Sans que je m’en rende compte, Furtivité avait rattrapé Détection.
Comme je voyageais seul, je me cachais au moindre craquement.
En fouillant les ruelles, j’aperçus au loin un cadavre qui avait l’air assez frais.
Hein ? Ça…
Un cadavre avec un fusil à la main et un gros sac à dos sur les épaules.
Dès que je le vis, quelque chose me parut louche.
Il n’avait pas l’air mort depuis longtemps. Pourquoi tout était-il encore intact ?
Au début, les cadavres que j’avais fouillés se trouvaient en groupe, et ils avaient déjà été à moitié dépouillés.
Il restait un peu de butin parce qu’il y en avait trop à transporter.
C’est un piège.
Mon instinct de streamer d’Évasion de la Tour me le souffla en un dixième de seconde.
Retenant mon souffle, je passai par une fenêtre brisée et me cachai.
J’ignorais où les autres se dissimulaient, alors je ne pouvais pas me déplacer à la légère.
Combien de temps s’écoula ensuite ?
Tandis que je mobilisais tous mes sens, j’entendis des pas tout près.
Des pas légers se mêlaient à d’autres, plus lourds. Des orques et des gobelins.
[Niveau de la compétence Détection passé à 6.]
« Ki ? »
À peine eurent-ils repéré le cadavre qu’ils s’en approchèrent sans se méfier…
Fiu, pshht !
Une pluie de tirs s’abattit depuis un bâtiment voisin, accompagnée du bruit étouffé des silencieux.
Les monstres furent anéantis avant même d’avoir pu crier.
C’était bien un piège.
Le cadavre était bien réel, mais les chasseurs qui avaient tendu le piège y avaient placé le butin.
Ils descendirent du bâtiment et fouillèrent les gobelins et les orques.
Ils portaient des uniformes militaires et des fusils, mais semblaient mal équipés.
Pas la moindre trace de matériel coûteux, comme des lunettes de vision nocturne ou des gilets pare-balles haut de gamme.
Ils espéraient probablement changer de vie en chassant d’autres chasseurs.
Le prix de l’équipement porté par les chasseurs des pays développés dépassait l’imagination.
Ils jurèrent et donnèrent des coups de pied aux cadavres.
Ils parlaient forcément leur langue maternelle, mais je les comprenais, je ne sais comment.
« Bon sang, les monstres de base sont tombés dans le panneau. Quelle perte de munitions.
— Y a quelque chose d’intéressant ?
— Que de la camelote. On se tire. »
Les chasseurs rangèrent leurs affaires et repartirent.
Leur demander de l’aide aurait été stupide.
Ils me tireraient dessus sans hésiter s’ils décidaient que je leur posais problème.
Longtemps après leur départ, je fouillai les cadavres des gobelins et des orques.
Pour ces chasseurs, c’était de la camelote ; pour moi, c’étaient des provisions précieuses.
Les armures sont toutes fichues.
Idiots.
Qu’espéraient-ils récupérer en tirant comme ça ?
Ils auraient dû viser.
Il devait y avoir trop d’ennemis, alors ils avaient tiré dans tous les sens.
Quelques pièces d’armure de gobelin étaient encore intactes, mais elles ne m’allaient pas et je n’avais aucune envie de les porter.
De toute façon, si on me repérait, c’en était fini de moi.
J’avais quand même récupéré un fusil.
Un vieux modèle, mais qui fonctionnait encore correctement.
C’était toujours mieux que rien.
Il y avait aussi un petit sac à dos et quelques provisions.
Ah, par contre, pas le moindre objet de soin.
Je ne m’attendais pas à trouver une Potion de récupération, mais des agents hémostatiques et des bandages m’auraient bien servi.
Je rassemblai les provisions et retournai à ma cachette provisoire.
Puis je vis les chasseurs de tout à l’heure qui fouillaient les environs.
« Alors ?
— Qu’est-ce qu’on trouverait dans une si petite maison ? Allons vers les immeubles. »
[Niveau de la compétence Furtivité passé à 6.]
Heureusement que j’avais effacé mes traces en partant.
J’avais failli me faire prendre.
Le septième étage n’est vraiment pas un endroit où traîner.
Aucun étage de la Tour n’était un lieu agréable, mais celui-ci était particulièrement horrible.
Et mes armes étaient vraiment trop faibles…
Est-ce que je n’avais pas d’autre choix que de m’y prendre comme ça ?
Non.
Je ne pouvais pas enchaîner les tirs en pleine tête comme dans le jeu.
J’avais beau y réfléchir, ça ne passait pas.
Finalement, je me dirigeai vers une zone où je pourrais trouver des armes et des provisions.
Un grand bâtiment hospitalier.
Les gobelins et les orques s’en étaient servis comme base avant d’installer leurs postes de garde.
C’était un lieu très fréquenté, car on y trouvait souvent du butin de grande valeur.
Les chances d’y croiser d’autres chasseurs ou des monstres étaient plusieurs fois plus élevées.
Mais je ne pourrais jamais tuer le Dresseur de molosses infernaux de cette façon.
Je devais accepter de prendre autant de risques.
L’hôpital était immense et les bâtiments voisins nombreux ; je pourrais donc fuir si les choses tournaient mal.
Il faut que j’y aille tout de suite.
L’hôpital n’était pas si loin, mais à force d’avancer avec autant de prudence, il me fallut près de deux heures pour l’atteindre.
Je rampais presque.
Malgré tout, j’arrivai sans encombre et commençai mes recherches.
À peine entré dans l’hôpital, je sentis que le butin était de meilleure qualité.
Il y avait des bandages, des médicaments et des munitions.
Je trouvai même une grenade.
Oh, ça fait cinq cents pièces d’or le kilo.
J’avais tellement joué à Évasion de la Tour que je calculais automatiquement les prix au poids.
Mais avant que je trouve une arme digne de ce nom, j’entendis des pas extrêmement légers.
[Niveau de la compétence Détection passé à 7.]
Grâce à la compétence, je pouvais savoir non seulement d’où venait le bruit, mais aussi ce qui le provoquait.
En bas ! Ils sont beaucoup trop légers… Ce serait un molosse infernal ?
C’était impossible.
Le Dresseur de molosses infernaux était un boss qui rôdait partout.
Voilà pourquoi il pouvait se vanter d’être à l’origine du plus grand nombre de morts du septième étage.
Mais je l’avais bel et bien vu près du poste de garde, tout à l’heure.
Je ne pouvais pas avoir la malchance insensée qu’il se soit déplacé jusqu’à l’hôpital juste après mon arrivée.
C’est pas possible…
Je partis sans hésiter.
J’avais maintenant un fusil, mais tuer les molosses infernaux ne faisait que les ressusciter.
Je devais les éliminer tous les trois d’un coup avec une grenade, puis profiter de l’occasion pour tuer le Dresseur de molosses infernaux.
C’était la bonne méthode.
Le Dresseur de molosses infernaux n’était pas facile à tuer non plus. Il me fallait donc au moins deux grenades.
Mais les pas des chiens se rapprochaient de plus en plus.
Ils suivaient mon odeur.
Clic !
Je refermai plusieurs portes, mais elles ne retiendraient pas un molosse infernal bien longtemps.
Je n’avais pas de friandises pour chiens ; une fois qu’ils m’avaient repéré, impossible de leur échapper.
Je dois tuer le dresseur.
« Ouaf, ouaf ouaf ! »
Quand un molosse infernal aboya, un autre accourut.
Mais je ne trouvais pas le dresseur.
Il s’était habilement mis à l’abri, tout seul.
Ils seront bientôt tous les trois ici. Est-ce que je dois utiliser la grenade ?
Mais si je l’utilisais contre les molosses infernaux, je n’aurais plus qu’à me débrouiller pour m’occuper du dresseur.
Finalement, je refermai la porte d’une cage d’escalier de secours relativement solide et descendis d’un étage.
Puis je détectai le dernier, en bas.
Je vais devenir fou.
Je devais garder mon sang-froid.
Un molosse infernal seul n’était pas si puissant.
Le problème, c’était qu’il revenait sans cesse à la vie.
Il fallait que j’en tue au moins un au fusil et que je continue d’avancer.
Après m’être ressaisi, j’ouvris la porte à coups de pied. Un gros chien féroce, prêt à m’arracher la gorge, se jeta sur moi.
Ses yeux d’un rouge flamboyant me glacèrent le corps, mais je me forçai à appuyer sur la détente.
Bam !
« Grrr ! »
Toucher ma cible du premier coup tenait du miracle.
J’essayai de continuer à tirer en rafale, mais un clic sinistre retentit.
« Ah, s’il te plaît ! »
Il n’était déjà pas en très bon état, mais il venait de tomber en panne.
Je n’avais pas le temps de le réparer à la hâte.
Je jetai le fusil inutile et dégainai ma dague.
Alors le molosse infernal, qui s’apprêtait à me déchiqueter, se recroquevilla soudain et bondit en arrière.
« Kaï ! »
« Quoi ? »
Ses grands yeux étaient rivés sur la dague que je tenais à la main.
Il en avait peur ?
Je ne pensais pas qu’un objet que je ne connaissais pas aurait un tel effet.
À bien y réfléchir, un Prêtre de la mort avait peut-être un lien avec l’enfer.
Puis Détection repéra une autre présence.
« Qu’est-ce que tu fiches ? Pourquoi tu ne l’as toujours pas mordu ? Si tu es encore en train de mâchouiller des friandises pour chiens, je vais te faire bouillir dans une marmite… »
Le Dresseur de molosses infernaux.
Il s’approchait par-delà le mur.
Le molosse infernal n’ayant pas réussi à m’achever, il devait être venu vérifier ce qui se passait.
Les mains tremblantes, je retirai la goupille de la grenade et relâchai la poignée de sécurité.
Je n’en avais pas manipulé depuis la fin de mes classes à l’armée.
Clic !
Après l’avoir laissée cuire le temps qu’il fallait, je la lançai de toutes mes forces vers le couloir d’où venait la voix.
Boum !
Comme on pouvait s’y attendre d’une grenade fabriquée par la Tour, toute la bâtisse trembla sous la déflagration.
Mais ça ne l’avait certainement pas tué.
La dague serrée dans la main, je m’approchai.
Je devais le poignarder avant qu’il reprenne ses esprits.
Le Dresseur de molosses infernaux gisait au milieu du couloir dévasté.
Le vieillard à la peau rouge sombre me repéra et me lança un regard noir.
Plus précisément, il regardait la dague que je tenais : l’Outil rituel du prêtre de la mort.
« Espèce de sale taré ! »
Le dresseur plongea soudain la main droite dans sa propre poitrine.
Crac !
Il mourut sur-le-champ, puis fut aspiré dans le sol.
Il ne resta sur la terre calcinée qu’un petit cœur et quelques objets de butin.
[Chasse au Dresseur de molosses infernaux terminée.]
[Récompense de succès : trait Ténacité du chien obtenu.]
« … Quoi ? »
Il s’était suicidé pour ne pas se faire poignarder par ce couteau ?
Ce n’était pas comme si le suicide était à la mode, de nos jours.
Non. Vu le taux de suicide, j’imagine que si.
Mais j’ignorais que ça arrivait aussi dans la Tour.
Reprends-toi. Les autres chasseurs vont bientôt arriver !
Je me secouai et fourrai le butin dans mon sac à dos.
Si je restais planté là comme ça pendant un stream, les spectateurs me tomberaient dessus.
À présent, je devais faire mieux que dans le jeu.
Après avoir soigneusement dépouillé jusqu’au cadavre du molosse infernal, je quittai l’hôpital en vitesse.
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