Chapitre 21
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Échapper à la Tour en difficulté Enfer ◈
Chapitre 21
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La friche du deuxième étage.
Une tempête de sable nous accueillit dès notre arrivée.
Ffffff !
« Ah, tss… »
« Tout le monde, mettez vos masques. »
Ce n’étaient pas les masques à gaz que nous avions utilisés dans la Zone toxique du troisième étage, mais des masques bien plus confortables.
Des masques KF94, pour être précis.
La pandémie d’il y a quelques années avait rehaussé les standards de qualité des masques dans tous les domaines.
« Mes yeux me gênent aussi… On devrait essayer les lunettes de vision nocturne ? Je crois qu’elles fonctionneront tant qu’on ne les allume pas. »
Elles étaient fixées à nos casques, mais je ne les avais jamais vraiment utilisées dans la Tour.
Après tout, j’avais Sens complets.
« Si tu ne les allumes pas, tu ne verras rien. »
« Ah bon ? »
Heureusement, la tempête de sable s’apaisa rapidement.
Nous avions atterri sur une route en ruine, assez loin de la Sortie directe.
« On peut franchir le point de contrôle, rejoindre le complexe de motels, puis se diriger vers la sortie. »
Le point de contrôle militaire était l’un des principaux coins à butin du deuxième étage…
Cela dit, il n’y aurait probablement pas de gros problèmes.
Nous nous mîmes à avancer d’un bon pas.
Le deuxième étage était particulièrement oppressant, car il s’étendait à perte de vue dans toutes les directions.
Au moins, les véhicules abandonnés ne manquaient pas le long de la route ; nous pouvions nous en servir comme abris.
Les monstres d’ici étaient des scorpions des sables…
Ils encaissaient beaucoup de balles, mais on n’en croisait pas souvent.
Nous bavardâmes en marchant.
Dans cet endroit, il fallait davantage compter sur ses yeux que sur ses oreilles.
La légère tempête de sable étouffait tous les bruits.
« À propos, les gilets pare-balles du cinquième étage arrêtaient complètement les balles. Mais à force de tirer en rafale, on finissait par les transpercer. »
« Vraiment ? Ça devait être du dernier modèle de blindage céramique. Probablement du niveau cinq russe. »
« Il existe aussi des gilets pare-balles de niveau cinq ? Le mien est de niveau quatre, et on m’a dit que c’était le top. »
« Le blindage russe n’utilise pas le même système de classement que celui des États-Unis. En général, les normes varient d’un pays à l’autre. »
Go Jiho prit la question très au sérieux.
« On devrait peut-être progressivement abandonner le 5,56 mm pour passer au 6,8… »
« Hein ? Je viens à peine de m’habituer à ce fusil. »
« Ne t’inquiète pas. Il existe aussi une version en 6,8 mm de ton fusil. »
Il avait donc réfléchi à tout ça depuis le début.
« Alors pourquoi ne pas l’avoir utilisé dès le départ ? »
« Sans même parler de la difficulté à trouver des munitions, les balles sont bien plus grosses et plus lourdes. Il faut aussi une arme plus lourde et plus solide. »
Autrement dit, nous pourrions transporter moins de munitions.
« Pour l’instant, utilisons ce qu’on a et on verra le reste une fois sortis. »
Après avoir discuté et marché un bon moment, nous arrivâmes au point de contrôle.
Plusieurs bâtiments de tailles diverses étaient regroupés là…
C’était l’un des rares endroits du deuxième étage où l’on pouvait trouver du butin intéressant.
Sang Hajun vérifia d’abord le toit.
« Le toit est dégagé. »
« On entre. »
C’était bientôt l’heure de manger ; nous entrâmes donc dans le bâtiment.
Nous entendîmes alors de faibles bruits à l’intérieur.
Cling.
Froufrou.
Comme on me l’avait appris, je levai le poing droit.
Tout le monde se figea.
« Il y a trois personnes à l’intérieur. On dirait qu’elles sont juste en train de récupérer du butin. »
« On les encercle d’abord. »
Il n’y avait pas tant d’entrées et de sorties.
Kim Yuna couvrit la porte arrière tandis que je surveillais les fenêtres.
Quand tout le monde fut en position, Go Jiho cria :
« Chasseurs à l’intérieur, désarmez-vous et sortez ! Vous êtes encerclés ! »
« Aah ! »
« Ne tirez pas ! On sort ! »
Surpris, les chasseurs interrompirent leur récolte de butin et sortirent les mains levées.
Ils se rendirent si vite que c’en était presque décevant.
Ils semblaient avoir paniqué dès qu’ils avaient aperçu Go Jiho.
Avec son immense bouclier et son équipement de protection complet, c’était compréhensible.
« … Ils n’ont pas l’air d’être des chasseurs criminels. »
Leur équipement était déplorable.
Ils portaient des gilets pare-balles bons à jeter, avaient des armes rouillées et de petits sacs à dos cabossés.
Ils portaient tout de même quelque chose qui ressemblait à des uniformes militaires.
Go Jiho ne prit pas la peine de leur confisquer leur butin.
Il était évident qu’ils n’avaient rien de valable, et les dépouiller n’aurait fait que provoquer une nouvelle bagarre.
À la place, il leur demanda des renseignements.
« Vous êtes déjà allés près de la Sortie directe du deuxième étage… celle à côté du tunnel ? »
« Ah, là-bas ? Oui, on y est allés. »
C’est là que les ennuis commencèrent.
Avec un peu de chance, il n’y aurait personne dans les environs.
Même s’il y avait beaucoup de chasseurs criminels au deuxième étage, ces salauds n’étaient généralement pas doués pour coopérer.
Pour devenir une menace capable d’affronter des chasseurs bien équipés et respectueux de la loi, il leur fallait autre chose.
Un butin exceptionnel qui les aiderait à survivre.
Ou un chef doté d’un talent de meneur hors du commun.
Une fois encore, la Tour n’allait pas nous laisser partir facilement.
« Les chasseurs criminels ont monté un immense camp juste devant. »
« … Qui est leur chef ? »
« Je ne connais pas son nom. Mais ils essayaient de faire payer un péage aux chasseurs. C’était cinq mille pièces d’or par équipe, je crois. »
On pouvait se demander à quoi des chasseurs criminels pouvaient bien vouloir dépenser de l’or…
Mais ils pouvaient l’utiliser à la boutique de la Zone interétages.
Ils pouvaient s’en servir pour descendre du deuxième étage au premier…
Ou pour remonter du premier étage au deuxième.
Comme il existait des sorties descendantes, il y avait aussi des passages reliant les étages inférieurs aux étages supérieurs.
On ne les appelait pas des sorties, puisqu’ils éloignaient de la fuite.
Cinq mille pièces d’or par équipe.
À première vue, le prix semblait tout à fait raisonnable.
Mais impossible de faire confiance à cette racaille criminelle.
S’ils pensaient pouvoir nous extorquer dix mille pièces d’or, ils augmenteraient le prix sans hésiter.
Et s’ils pensaient pouvoir nous tuer, ils le feraient.
« Ils ont fortifié les lieux ? Ils sont combien ? »
« Ils ont construit des murs assez hauts… Je dirais au moins vingt personnes. »
Ça faisait beaucoup.
La nourriture et l’eau disponibles au deuxième étage suffisaient-elles à faire vivre autant de monde ?
Go Jiho se posait la même question.
« Ils ne vont pas manquer de nourriture ? »
« Certains sont pratiquement des esclaves. Ils envoient sans arrêt des patrouilles partout où de la nourriture apparaît. »
S’ils avaient réussi un seul raid, ils avaient pu se constituer des réserves assez confortables.
Le Marchand interétages vendait de la nourriture à des prix relativement bas.
Évidemment, avec leur nombre, ils devaient en consommer à une vitesse folle.
« Compris. Évitez le secteur pendant un jour ou deux. Si on vous aperçoit dans les environs, on tirera à vue. »
« O-Oui ! »
Ils ramassèrent leur butin et déguerpirent dans la direction opposée.
Nous déjeunâmes rapidement, puis traversâmes le complexe de motels.
On y trouvait souvent de la nourriture et de l’eau…
Mais des traces indiquaient que les lieux avaient été récemment pillés.
« On dirait qu’ils ne nous ont pas entièrement menti. »
« On atteindra la Sortie directe vers le coucher du soleil. »
Nous pouvions emprunter une Sortie descendante pour rejoindre le premier étage…
Mais cette idée ne me plaisait pas.
Le premier étage était une zone marécageuse et forestière.
C’était un terrain bien trop propice aux embuscades.
Et il devait y avoir autant de traînards que dans le deuxième étage.
Après avoir marché péniblement pendant Dieu sait combien de temps, en buvant de temps à autre une gorgée d’eau, nous aperçûmes enfin la base devant le tunnel, au bout de la route.
Le soleil couchant était dans notre dos, ce qui réduisait les risques qu’on nous repère.
« La voilà. Tout le monde à terre. Vous en pensez quoi ? »
« Les murs sont en contreplaqué. Les balles les traverseront sans problème. »
Ils avaient tout de même construit plusieurs structures qui ressemblaient à des miradors ; il devait donc y avoir parmi eux quelqu’un ayant de l’expérience militaire.
On ne voyait que quelques personnes dehors…
Mais plusieurs conteneurs d’habitation se trouvaient à l’intérieur.
Nous ne pouvions pas faire entièrement confiance aux chasseurs du point de contrôle.
Cela dit, ces salauds n’avaient certainement pas construit des murs avec de bonnes intentions.
La décision d’attaquer et de forcer le passage fut prise à l’unanimité.
« Kang Hyun, prépare le plan. Qu’est-ce que tu proposes ? »
C’était déjà une formation pour devenir chef adjoint ?
À la demande de Go Jiho, j’y réfléchis un instant.
« On devrait attendre la nuit. Ils ont peut-être trouvé de la nourriture et de l’eau, mais probablement pas de quoi produire de l’électricité. »
Il y avait plusieurs grands projecteurs sur la base…
Mais ils ne servaient sans doute qu’à faire joli.
Nous avions des lunettes de vision nocturne, ce qui nous donnait un avantage écrasant.
« Yuna et moi, on s’infiltre d’abord. Ensuite, le gros de l’équipe attaque en même temps depuis l’extérieur… Ça vous va ? »
« Kang Hyun, tu es sûr de ne pas avoir été militaire ? »
Je ne m’attendais pas à ce qu’il accepte aussi facilement.
Quand la nuit fut complètement tombée…
Kim Yuna et moi laissâmes nos sacs à dos derrière nous et partîmes avec le strict nécessaire.
« Kang Hyun, tu vas utiliser ta compétence ? »
« Je ne sais pas. J’avais prévu de… »
En voyant leur posture pitoyable, je n’en avais plus envie.
L’utiliser sur eux aurait été une insulte à ma compétence.
De toute façon, les chasseurs criminels n’étaient pas du genre à monter la garde avec application.
Celui qui avait donné l’ordre ne devait pas s’attendre à grand-chose non plus.
Ils étaient probablement juste là pour se faire tirer dessus à sa place.
« Je vais la garder pour l’instant. »
« D’accord. »
En profitant de la tempête de sable et des abris pour nous dissimuler, nous avançâmes lentement.
En temps normal, ils auraient dû dégager ces abris depuis longtemps…
Mais ils semblaient manquer autant de bras que de motivation.
Quand j’allumai les lunettes de vision nocturne, le monde vira au vert.
« Waouh, on voit vraiment bien avec ces lunettes. »
« C’est le dernier modèle. Elles ont aussi une vision thermique, mais ça vide les piles très vite. »
Elles tiendraient tout de même plusieurs heures sans problème.
Les murs en contreplaqué n’offraient presque aucune protection, mais ils avaient un avantage.
Comme la plupart des choses dans la friche, ils étaient usés et rouillés…
Au moindre contact, ils produisaient un vacarme assourdissant.
Heureusement, la compétence de téléportation de Kim Yuna rendait le problème sans importance.
« Tu peux nous faire passer de l’autre côté ? »
« Oui. Reste près de moi. »
Kim Yuna ne pouvait se téléporter que vers des endroits qu’elle voyait ou qu’elle avait visités récemment.
Les murs en contreplaqué étaient pleins de trous ; nous pouvions donc voir clairement l’autre côté.
Frouch !
Une fois passés sans encombre, je dégainai aussitôt mon pistolet.
Il était bien plus silencieux qu’un fusil.
À l’intérieur de la base, les chasseurs criminels discutaient sans entrain.
« Ils rationnent l’eau de plus en plus sévèrement, ces derniers temps… »
« C’était mieux quand il y avait des femmes. On ferait pas mieux de partir, maintenant ? »
« T’es dingue ? Tu veux retourner en prison ? »
« Et toi, ça te plaît ? »
« Ça dépend de la prison… Si tu te fais enfermer dans une prison du tiers-monde comme moi, tu n’as même pas droit à un vrai repas. Les cellules sont si exiguës que tu peux même pas étendre les jambes. »
« Ha… Ils disent qu’ils nous gracieront si on leur rapporte environ mille pièces d’or. Mais la rumeur a dû se répandre : les chasseurs passent à peine, maintenant… Même en patrouille, on ne trouve rien. »
« Une grâce ? Tu y crois, toi ? Pauvre type. »
« Bon, un minable du tiers-monde comme toi ne peut peut-être pas y croire… »
Ils étaient déjà en train de se disputer.
Je les réconciliai vite fait en leur tirant dessus.
Pfft, pfft !
Je sentais de nombreuses présences dans les conteneurs.
Mais nous ne pouvions pas encore nous en occuper.
Ting !
Dès que Kim Yuna se fut débarrassée du tireur d’élite, qui occupait la position la plus gênante, le gros de l’équipe se mit lui aussi en mouvement.
Les fusils faisaient plus de bruit ; nous manquâmes donc de nous faire repérer…
« Hein ? C’était quoi, ce bruit ? »
« D-Des ennemis dehors ! »
Ratatatatat !
Han Juwon avança aux côtés de Go Jiho.
La mitrailleuse et les tirs de précision balayèrent le haut du mur.
« Des ennemis ! Tout le monde dehors ! »
« Aaaah ! »
La porte d’un conteneur voisin s’ouvrit et des chasseurs affolés se précipitèrent dehors.
Pfft !
Je tirai sur les deux premiers à sortir, puis lançai une grenade dans le conteneur.
Je refermai la porte.
Contrairement à ces types, j’étais civilisé ; je devais donc rester poli.
« A-Attendez ! »
Boum !
Les trois personnes à l’intérieur du conteneur furent éliminées en un instant.
S’infiltrer en premier, ça facilitait vraiment les choses.
« C’est quoi ce bordel ? Pourquoi il y a aussi des ennemis à l’intérieur… »
« Le type avec le bouclier ! Les balles ne le transpercent même pas ! »
« Grr… Je me tire ! »
« Attends, je viens avec toi ! »
Un grand nombre d’entre eux finirent par abandonner et prendre la fuite.
C’était logique : la Sortie directe se trouvait juste derrière eux.
Ratatatat !
Les Balles fantômes de Han Juwon transpercèrent les portes de tôle, pourtant fines.
Les chasseurs, qui avaient complètement perdu leur combativité, s’enfuirent en panique.
J’hésitai à leur tirer dans le dos, puis me ravisai.
Un peu embarrassé, je trouvai une excuse à moitié convaincante.
« Les balles coûtent cher. »
« Bien vu », dit Kim Yuna en baissant son arme.
L’intérieur du conteneur touché par la grenade était en désordre.
Le butin pris aux chasseurs n’avait rien d’impressionnant non plus.
Nous ramassâmes tout ce qui semblait avoir de la valeur…
Puis Han Juwon, qui surveillait l’extérieur, cria :
« Quelqu’un arrive ! Une équipe de cinq chasseurs ! »
« Quoi ? »
Nous nous précipitâmes dehors et découvrîmes une équipe de cinq chasseurs lourdement armés qui s’approchaient lentement.
Ils avaient l’air détendus, comme s’ils n’avaient aucune intention de se battre.
Des écussons avec des drapeaux étaient cousus sur leurs gilets pare-balles…
Des drapeaux américains.
« Des chasseurs américains ? »
« … Ça n’a pas l’air d’être des contrefaçons. »
Au premier coup d’œil, on voyait clairement que leur équipement était d’une tout autre qualité.
Il égalait le nôtre, voire le dépassait : tout était haut de gamme.
Go Jiho fronça les sourcils dès qu’il les aperçut.
« Ces salauds… Ils ont attendu qu’on force le passage. »
« Ah bon ? »
« Ils ne sont pas arrivés pile au bon moment par hasard. »
Go Jiho tint bon devant l’entrée en ruine.
« Amis américains, vous arrivez un peu tard. Nous sommes l’Équipe Alpha, de Corée. »
« Ah, des Coréens ? Ça faisait un bail qu’on n’en avait pas croisé dans la Tour. Alors, vous êtes l’Équipe Alpha. Nous, c’est l’escouade Sierra de l’Association américaine. »
« Des types complètement cinglés ont tiré des roquettes au troisième étage. Il faudra une semaine pour que l’endroit se répare tout seul, non ? »
Les chasseurs américains bavardaient tranquillement en essayant d’entrer.
Si on leur réclamait un péage, est-ce qu’on ne vaudrait pas mieux que les criminels ?
Difficile à dire.
Go Jiho avait sa propre idée sur la question.
« Vous comptez entrer comme ça ? Vous devriez nous dédommager pour le travail qu’on a fait. »
« Vous dédommager ? On est alliés. Vous allez vraiment chipoter pour si peu ? »
« Vous ne nous appelez vos alliés que quand ça vous arrange. »
Heureusement, l’atmosphère n’était pas particulièrement hostile.
Ils avaient probablement déjà récupéré tout le butin intéressant en descendant au deuxième étage…
À présent, l’essentiel était de rentrer sains et saufs.
Comme les deux camps disposaient d’une puissance de feu considérable, une bataille aurait forcément fait des victimes des deux côtés.
Puis, quand Kim Yuna et moi nous montrâmes, l’un des chasseurs américains s’avança.
Il désigna le pistolet que je tenais.
« Attends, c’est un MK.23 ? Ils refilent des antiquités de musée aux bleus ? »
« … Je ne suis pas un bleu. »
Je protestai, mais personne ne me crut.
Le chasseur américain qui avait parlé déclara fièrement :
« Ma famille vend des armes à feu sur mesure. Oublie cette antiquité et essaie plutôt ça. Je te l’offre. »
« Quoi ? »
Il sortit soudain un pistolet et me le tendit.
Il était même muni d’un silencieux.
Dès que je le pris, il épousa parfaitement la forme de ma main.
« Ouah… »
« Alors, ça te plaît ? Parfait pour les petites mains asiatiques, pas vrai ? La poignée d’un .45 est beaucoup trop épaisse… À partir de maintenant, essaie le 9 mm. Il est conçu sur une plateforme 2011, avec une poignée sur mesure et une configuration adaptée au silencieux et aux munitions renforcées. »
La poignée était si agréable que ça en devenait presque inquiétant.
Le pistolet était aussi bien plus léger que l’ancien, alors que son chargeur contenait beaucoup plus de balles.
Go Jiho protesta à côté de moi.
« Tu lui conseilles d’utiliser du 9 mm dans la Tour ? »
« De toute façon, c’est une arme de poing. Que ce soit du 9 mm ou du .45, aucun des deux ne traverse un vrai gilet pare-balles. Et le 9 mm offre une capacité bien supérieure. »
Clic, clic.
« Waouh ! Il est super fluide. »
Je tirai la glissière en arrière et m’émerveillai.
Go Jiho semblait un peu vexé dans son orgueil, mais il me chuchota :
« Garde-le pour l’instant. Un pistolet sur mesure comme ça vaut au moins sept mille dollars. »
« Euh… Ça fait combien, sept mille dollars ? »
« Au taux de change du jour, environ dix millions de wons. »
« … Quoi ? »
Il venait de m’offrir tranquillement un cadeau de dix millions de wons ?
Et comme il utilisait probablement des pièces fabriquées dans la Tour, il devait valoir encore plus cher.
Non.
À bien y réfléchir, il s’en servait sans doute pour nous dédommager.
Une manière astucieuse de préserver la fierté des deux camps.
Puisqu’il s’agissait officiellement d’un cadeau, l’affaire arrangeait autant celui qui l’offrait que celui qui le recevait.
« Fais-nous juste un peu de publicité. Nos ventes explosent dès qu’une vidéo montre des chasseurs étrangers avec nos armes. »
« Comme dans les vidéos patriotiques américaines… Je vous ferai une bonne critique », déclara Kim Yuna avec assurance.
Je m’empressai de le remercier, ce que j’avais oublié de faire.
« Merci ! J’en prendrai soin ! »
Quand même, vendre des armes à feu sur mesure en famille…
Et en faire la publicité tout en travaillant comme chasseur.
Je n’avais encore jamais rencontré quelqu’un comme lui.
Si je n’étais jamais entré dans la Tour, je ne l’aurais probablement jamais rencontré.
Entrer dans la Tour avait vraiment été le bon choix.
En pensant à mon premier pistolet, je demandai par précaution :
« Celui-ci a une sûreté, hein ? »
« … Qu’est-ce que tu viens de dire ? »
Les chasseurs américains se tournèrent vers Go Jiho comme s’ils regardaient un homme des cavernes.
Ils se mirent tous à parler en même temps.
« Hé, quel genre de pistolet pourri vous avez refilé à un bleu pour que le gamin pose une question pareille… »
« Me dis pas que c’est un modèle de la guerre de Corée ? C’est de la maltraitance ! »
« N-Non ! Sa première fois avec un pistolet s’est mal passée ! »
Go Jiho protesta comme s’il avait été terriblement lésé.
Un peu plus tard, nous rassemblâmes tous nos bagages et prîmes la direction de la Sortie fixe.
Frouch !
C’était notre deuxième retour de la Tour.
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