Chapitre 103
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Échapper à la Flèche en difficulté Enfer ◈
Épisode 103
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Presque par réflexe, je vérifiai d’abord les caméras à proximité.
Peut-être parce qu’ils trempaient dans des affaires illégales, ils n’avaient même pas de caméras décentes.
Je pouvais donc négocier sans m’inquiéter.
« Argh ! Lâche-moi ! Comment tu peux traiter quelqu’un comme ça… »
Le chef, que je maintenais au sol sous mon genou, se débattit.
Mais il n’avait aucune chance de rivaliser avec la force d’un vrai Chasseur.
Ce n’était même pas un Chasseur.
« À partir de maintenant, quiconque bougera sans ma permission finira en morceaux et sera donné aux lapins. »
« … »
Le chef, toujours coincé sous mon genou, se figea aussitôt.
J’avais peut-être eu l’air sérieux.
Bien sûr, je n’allais pas vraiment donner ces déchets aux lapins.
Heentteok et les lapins de chez moi ne mangeaient que du foin soigneusement sélectionné.
Apparemment, les nourrir uniquement avec des granulés était mauvais pour leur santé. Ces derniers temps, je mélangeais donc les deux à parts égales.
« Et vous, vous faites quoi ? »
Une voiture de sport jaune garée dans un coin semblait nous observer.
Ils avaient dû gagner pas mal d’argent, déjà.
Évidemment, ils ne restèrent pas immobiles sous prétexte que je le leur avais demandé.
« Bande de salauds… Aïe ! »
Un morceau de métal lancé par Yuki frappa la jambe de l’un d’eux, qui essayait de s’enfuir.
Il y avait de quoi lancer tout autour.
Encore fallait-il avoir la force d’un Chasseur pour y parvenir.
« Vous n’avez pas entendu le chef d’équipe ? »
« V-vous êtes complètement cinglés ? Je vais porter plainte ! »
« Tu vas nous poursuivre parce qu’on t’a pris en flagrant délit d’escroquerie et qu’on t’a tabassé ? »
Rien que discuter avec eux me vidait de toute mon énergie.
Ils gagnaient leur vie en enfreignant la loi, et maintenant, ils voulaient qu’elle les protège.
Franchement, j’aurais eu plus vite fait de les poignarder tous avec ma dague et de partir.
C’est alors que la police nous contacta.
Kim Yuna répondit à ma place.
« Ah, ils ont attrapé celui qui est allé à la banque. »
« Vraiment ? »
Ils devaient utiliser des comptes bancaires ouverts sous de fausses identités ; cette personne finirait donc forcément par se faire prendre.
Naturellement, ils avaient retiré l’argent en liquide.
S’ils l’avaient transféré sur un autre compte, celui-ci aurait été bloqué dès leur arrestation.
« Ils ont saisi combien ? »
« Cinq cent mille wons. »
« … Quoi ? »
Un peu plus tôt, ils se vantaient comme s’ils venaient de réussir un coup énorme.
Ils avaient vraiment fanfaronné pour cinq cent mille wons ?
Au moins, les victimes n’avaient pas perdu grand-chose…
Mais ça restait un peu ridicule.
Je tapotai légèrement le chef sous mon genou en lui parlant.
La poitrine écrasée, il avait du mal à respirer. Il finit par aspirer une grande goulée d’air rauque.
Il se montra bien plus docile après ça.
« Vous avez gagné combien jusqu’ici ? »
« Pas grand-chose ! Dans les vingt millions de wons… »
« Vingt millions ? »
C’était une belle somme.
Mais ils étaient nombreux, et une fois partagé entre eux, je me demandais si ça leur faisait seulement le salaire minimum.
Et ce n’était pas vraiment un métier d’avenir.
Ils minimisaient peut-être le montant ?
Ce fut ma première pensée.
« Hé, dis-moi la vérité. Ta chaîne a encore cinquante mille abonnés. »
« La plupart sont faux ! On a payé une boîte pour gonfler le chiffre, au départ… Tu sais à quel point les vidéos en ligne sont saturées, de nos jours ! Ça ne fait pas longtemps qu’on a lancé cette combine ! »
Ça se tenait.
Le marché était si saturé qu’ils étaient allés jusqu’à voler mes photos.
Malgré tout… je ne pouvais pas leur pardonner.
Ces salauds avaient plus d’abonnés que moi avant que je devienne Chasseur.
Bien sûr, je n’avais pas autant de faux comptes parmi mes abonnés.
« Alors, cette voiture de sport ? Elle a dû coûter au moins cent millions de wons. »
« Ça ? Je l’ai achetée à crédit ! Quand on tourne des vidéos et qu’on les met en ligne, il faut bien montrer qu’on a réussi, non ? »
Ce n’était pas faux.
Quand on vendait une image de réussite, il fallait au moins se montrer dans un bureau luxueux, au volant d’une belle voiture.
Beaucoup ne prenaient même pas cette peine, mais ceux-là n’avaient aucune déontologie professionnelle.
Le chef, lui, avait de toute évidence acheté la voiture dont il rêvait depuis toujours, puis s’était endetté en prétextant que c’était pour son activité.
« Et tout l’argent que vous avez gagné, il est passé où ? »
« J’en ai utilisé presque la totalité pour payer les mensualités ! »
« Hum. Les mensualités ? »
Il allait peut-être être étonnamment facile d’indemniser les victimes.
J’arrivai à une conclusion toute simple.
« Alors, vends-la. »
« … Quoi ? »
« Vends la voiture, rembourse les victimes et débrouillez-vous pour le reste. »
« N-non… Il me restera toujours les mensualités à payer ! »
« Il fallait vivre honnêtement, dans ce cas. »
Les subalternes du chef avaient l’air complètement excédés.
« C’est comme si on les obligeait à retirer de l’argent avec leurs cartes de crédit… »
À bien y réfléchir, c’était effectivement comme les forcer à faire du retrait d’espèces avec leur carte de crédit.
Le chef finit par exploser.
« T’es malade ? Je ne peux pas faire ça ! Tu sais combien coûtent les intérêts du crédit… »
Ils avaient probablement emprunté sur au moins un ou deux ans ; les intérêts devaient donc être énormes.
Même s’ils avaient à peine roulé avec la voiture et qu’elle avait peu perdu de sa valeur, ça leur ferait quand même une lourde charge.
Mais personne ne leur avait demandé d’escroquer qui que ce soit.
Avais-je vraiment besoin de m’en soucier ?
« Ou alors, tu vas en prison pour escroquerie. Vous avez déjà pris vingt millions de wons, quelqu’un a forcément porté plainte. »
« Personne n’a porté plainte ! On verse encore les dividendes ! Je te jure ! »
Ah… Ils versaient encore des dividendes ?
Au début, les arnaques de ce genre en versaient souvent pour que les gens en parlent en bien.
Et comme les victimes réinvestissaient aussitôt l’argent reçu, les escrocs ne perdaient pratiquement rien.
Ensuite, ils disparaissaient avec tout à la fin.
Yuki prit la parole à côté de moi.
« Dans ce cas, vous pouvez rembourser en travaillant comme Chasseurs. »
« … Quoi ? »
« Si vous faites correctement votre travail de Chasseurs, vous pourrez gagner cette somme en un rien de temps. Contentez-vous de faire exactement ce dont vous parliez dans vos vidéos. »
Vendre la réussite à quelqu’un qui vendait la réussite ?
Kim Yuna les encouragea à son tour.
« C’est vrai. Vous pouvez gagner autant en allant simplement au septième étage. Vous disiez que ce n’était rien, non ? »
« Vendez d’abord la voiture. Après, ce que vous ferez comme Chasseurs, ça vous regarde. »
« Argh… »
Le chef se tortillait, impuissant, et les autres commencèrent lentement à reculer.
« Alors, on peut partir ? »
« Vous êtes complices, vous aussi. Vous ne devriez pas faire quelque chose ? »
« Non, on n’a même pas encore touché notre premier vrai salaire… »
« C’est vrai ! La seule chose que le chef a faite, c’est nous payer à manger quelques fois ! »
« Vous avez quand même accepté les repas. »
La police arriva peu après, et on aurait dit que tout allait enfin bien se terminer…
Malheureusement, ce ne fut pas le cas.
À vrai dire, j’en étais à moitié certain dès que j’avais mis les pieds ici.
« Attendez, fouillez là-bas aussi. »
« Quoi ? Ce n’est que le bureau. Ils nous ont déjà tout raconté… »
« Je ne pense pas qu’ils aient commencé par une arnaque à la réussite. »
« Hein ? »
Leurs visages blêmirent.
Yuki s’approcha et demanda : « Pourquoi tu as pensé ça ? »
« Une arnaque à la réussite de ce genre a beau sembler simple, c’est une fraude sophistiquée qui demande des efforts et suit les tendances du moment… »
La plupart des escroqueries à grande échelle étaient des crimes élaborés.
Mais quand on n’avait ni moyens ni connaissances, on ne commençait pas plutôt par faire le coursier pour des trafiquants de drogue ?
Même pour ça, il fallait avoir accumulé du savoir-faire.
Comme prévu, dès que la police fouilla le bureau, leurs autres crimes se mirent à apparaître au grand jour.
« De la drogue, des téléphones jetables, des comptes sous de fausses identités… Vous en avez vraiment fait de toutes les sortes. »
« Vous vous donnez vraiment du mal pour gagner votre vie. »
Il était temps qu’ils mettent cette énergie au service de quelque chose de convenable.
Ils me couvrirent d’insultes pendant que la police les emmenait.
« Il y a vraiment des idiots de toutes sortes. »
« Chef d’équipe, j’ai publié un avis sur la chaîne. »
« Merci. »
Grâce à ça, j’avais même pu tourner une vidéo.
De retour à l’atelier, je me mis à modifier les batteries restantes.
Alors que je touchais enfin au but, Bellion me contacta.
[Recrue. Le quatrième équipement de Prêtre de la mort est prêt. Je te le donnerai quand nous nous verrons.]
« Oh, merci. »
[Et je crois qu’il est temps de nous rassembler… Qu’est-ce que tu en dis ?]
« On a combien de temps ? »
[Cinq jours tout au plus.]
« C’est largement assez. Donne-moi trois jours. Je termine quelques travaux. »
[Très bien. On se retrouve aux coordonnées dans trois jours.]
Les coordonnées envoyées par Bellion se trouvaient dans la dimension des Nécromanciens où nous nous étions rendus la dernière fois.
Nous allions nous rassembler là-bas et attaquer aussitôt ?
Après avoir pris toutes les précautions possibles, mon équipe se rassembla devant la Tour.
« Ouf, on y retourne. »
« Cette fois, ne vous emballez pas. Considérez ça comme une simple reconnaissance… »
« Pour une simple reconnaissance, on ne se serait pas un peu trop préparés ? »
Sang Hajun, qui tenait sa nouvelle arme, grommela.
« C’est juste au cas où il arriverait quelque chose. »
« Modus a été ramené à la vie par un Nécromancien nommé Mortis, c’est ça ? Qu’est-ce qui se passe si Mortis est tuée ? »
Kim Yuna posa une excellente question.
« Modus est un Chevalier de la mort. Un mort-vivant conscient de rang suprême. »
Un Chevalier de la mort était comparable à une liche.
Même sans Nécromancien, il pouvait agir seul pendant très longtemps.
« J’ai entendu dire que quelqu’un du niveau de Modus pouvait conclure un pacte avec un nouveau Nécromancien. »
« Donc, ils étaient liés par un pacte ? »
« Exactement. »
Je me demandai à quoi ressemblerait l’opération.
« C’est l’heure. Allons-y. »
Flash !
Comme la dernière fois, les Prêtres de la mort décidèrent de se rassembler à part et de partir de leur côté.
Cette fois, nous n’étions même pas dans une ville, mais l’air restait vicié et désagréable.
Je repérai Gillius et le saluai.
« Bonjour. »
« … Bienvenue. »
Il hocha la tête et me fit une place à côté de lui.
Bellion, qui se tenait non loin, accourut sur ses petites jambes.
« Tu es arrivé pile à l’heure. Tiens, prends ça d’abord. »
L’équipement de Prêtre de la mort fabriqué par Bellion avait une forme à laquelle je ne m’attendais pas du tout.
Quelque chose pendait à une courte tige.
[Lanterne du Prêtre de la mort : révèle la lumière des âmes et facilite leur détection.]
Un objet de reconnaissance ?
On aurait dit que c’était indispensable pour terminer le treizième étage.
« Oh, je peux l’essayer ? »
« Bien sûr. »
Bellion s’écarta, l’air très fier, et me regarda faire.
Quand je levai la lanterne de fer, une lumière vacilla à l’intérieur.
L’instant d’après, le paysage autour de nous se couvrit de gris, ne laissant apparaître que des lumières de tailles différentes.
Il était facile de comprendre qu’il s’agissait des lumières des âmes.
À côté de moi, Gillius brillait d’un éclat incroyable.
Son âme était donc vaste et puissante.
Les autres Prêtres de la mort et les membres de mon équipe brillaient eux aussi assez fort.
Et plus loin ?
Je m’éloignai légèrement du lieu de rassemblement et levai la lanterne bien haut.
Fouuu…
Je distinguais clairement même des êtres situés à une distance inimaginable.
Sa portée dépassait même celle de Quatre Saisons.
« Sa portée est incroyable. »
« Au treizième étage, tu t’en sers pour l’éviter. »
« L’éviter ? »
Quelque chose que même moi, Prêtre de la mort, devais éviter.
Un boss si puissant qu’il était impossible de le vaincre ?
Mais ça n’avait pas de sens.
Aussi puissant qu’il fût, un boss ne pouvait rien contre moi si je le poignardais correctement une seule fois.
S’ils me disaient de l’éviter…
Un mécanisme d’immortalité ? Non. S’il s’agissait seulement de ça, je pourrais m’en occuper avec la dague.
Quelque chose qui ne disparaissait jamais, même après avoir été tué encore et encore…
Ou bien quelque chose dont le véritable corps était caché ailleurs, comme le boss du Grand Temple au onzième étage.
Dans ce cas, j’aurais besoin de la lanterne pour l’éviter.
Je commençai à comprendre.
« Merci. Je m’en servirai bien. »
« Hmph. Évidemment. »
Clic.
Je sentis la lanterne se lier à mon âme.
Ce n’était pas un artefact très puissant ; le Lien de l’âme n’aurait donc probablement pas beaucoup d’effet.
« Au fait, quel est le plan pour Modus ? »
À ma question, Gillius rassembla tout le monde et nous expliqua la situation.
« Le cœur de cette opération est de séparer Modus et Mortis. »
« Quand ils sont ensemble, ils sont incroyablement difficiles à gérer. »
« Mais… Modus va vraiment s’éloigner de Mortis ? Ils sont toujours collés l’un à l’autre. Ils ne peuvent pas vivre l’un sans l’autre. »
Modus tenait naturellement Mortis pour extrêmement précieuse.
La dernière fois, il était même venu en personne cueillir des Champignons à spores régénératrices pour elle.
Gillius acquiesça légèrement.
« Récemment, le territoire gouverné par ces salauds s’est beaucoup étendu. Ils ont à eux seuls deux grandes villes et plus de dix autres lieux si l’on compte les petits territoires. »
« On va les attaquer tous en même temps… »
« Exactement. »
Personne ne savait où Modus apparaîtrait parmi ces différents lieux.
Si nous avions la malchance de tomber sur lui, nous nous battrions de toutes nos forces.
C’était une opération parfaitement adaptée aux Seigneurs chasseurs, qui coopéraient mal entre eux.
« Même si Modus ne se montre pas, ce ne sera pas un mauvais résultat. Nous pouvons réduire considérablement ses forces. »
C’était le genre d’opération qu’on ne pouvait pas arrêter, même si on en était informé.
Bien sûr, impossible de compter sur une alliance de Seigneurs chasseurs.
Si l’opération s’éternisait sans infliger de dégâts importants à l’ennemi, nous finirions peu à peu en mauvaise posture.
« Mortis restera forcément dans son château, pas vrai ? »
« Exactement. Modus ne la laissera pas partir en expédition. »
Gillius acquiesça d’un air sombre.
« Pendant que Modus sera absent, nous attaquerons le château de Mortis. »
« Ha… Comme prévu, c’est nous qui héritons du rôle le plus dangereux. Modus sera au moins parti en expédition, mais Mortis aura une armée de morts-vivants d’élite et des pièges partout. »
« C’est pour ça qu’il faut prendre les devants. »
Un Prêtre de la mort qui semblait relativement novice leva alors la main pour prendre la parole.
Comment le savais-je ?
Il avait levé la main.
Pas besoin d’annoncer qu’il était novice.
« Si on tue Mortis en premier, Modus ne va pas s’enfuir ? »
« Si. C’est un lâche qui ne pense qu’à sauver sa peau. Mortis n’est qu’un outil pour lui. Mais ses forces s’effondreront aussi. »
Apparemment, c’était un outil particulièrement précieux.
Nous marchâmes sans nous presser pour rejoindre les armées des autres Seigneurs chasseurs.
Notes :
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