Chapitre 9
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 8 : Chambre 101, la chambre maudite — « L’étrange famille » (3)
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Tss ! Tss ! Tss-tatatatatatatat !!!
Au milieu du vacarme assourdissant, Jin-cheol soupira. Qu’est-ce que c’était que tout ça ?
C’était sa mère qui claquait la langue en le fusillant du regard.
Quand Jin-cheol faisait une bêtise ou commettait une erreur étant enfant, sa mère se contentait de claquer sèchement la langue au lieu de lui faire la morale pendant des heures.
Cette habitude n’avait pas changé, même maintenant que son fils avait dépassé la trentaine.
À un détail près. Avant, elle le regardait droit dans les yeux en faisant « Tss ! »
Aujourd’hui, elle le faisait en se tenant sur les mains.
Ses bras ne devaient-ils pas se fatiguer ? Avait-elle toujours été aussi forte… ?
Ses souvenirs lui semblaient flous, d’une certaine façon.
« Allez, maman, assieds-toi au moins. Je te l’ai dit, j’ai vraiment assuré à cet entretien. Je ne vois pas pourquoi tu t’inquiètes autant. »
« Ça fait presque cinq ans que tu me sors ça. “Cette fois, ça s’est bien passé, cette fois, tout ira bien.” Et après, tu as quitté trois boulots en cinq ans, espèce de vaurien ! »
« Maman ! »
« J’ai accepté l’idée de mourir quand mon heure viendra, mais comment veux-tu que je ferme les yeux si mon fils a dépassé la trentaine sans avoir accompli quoi que ce soit ? C’est ça qui me fait peur. Je ne peux pas fermer les yeux ! »
« Pourquoi tu parles de fermer les yeux ? On croirait que tu as quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans. Tu viens juste de dépasser la soixantaine. Et vu la façon dont tu parles la tête en bas depuis tout à l’heure, tu as encore la pêche. »
« Tu ne cèdes jamais ! Et tu es bâti comme un taureau, en plus ! Un homme devrait savoir se taire de temps en temps, alors pourquoi faut-il que tu discutes de tout ? Ma plus grande erreur, c’est de ne pas t’avoir arrêté quand tu as voulu entrer dans ce dojo ! »
Le dojo.
À ces mots, quelque chose enfla au plus profond de lui. Incapable de se fier à lui-même pour maîtriser ses émotions devant sa mère, Jin-cheol se détourna en silence.
Depuis l’enfance, Jin-cheol avait été un athlète prometteur.
Dès l’école primaire, il était exceptionnellement grand et bien développé pour son âge. L’équipe de lutte voyait en lui le successeur de Kang Hodong, et l’équipe de football celui de Park Jisung. À la télévision, chaque star du sport semblait avoir trouvé son successeur en lui.
Pourtant, ce qui attirait le plus le jeune Jin-cheol relevait d’un instinct plus primaire.
Quelle était la chose la plus primitive, la plus sauvage qu’un être humain puisse faire avec un corps poussé à ses limites ?
Au bout du compte, c’était échanger des coups avec quelqu’un. Se battre !
Jin-cheol n’avait pas été un enfant violent, loin de là.
Ça pouvait paraître ridicule de le dire lui-même, mais il se considérait comme quelqu’un de travailleur et de gentil.
Il rêvait d’échanger des techniques sur le ring avec des adversaires qui avaient eux aussi perfectionné leur art, pas de jouer les voyous dans une ruelle.
Le temps passa.
Au fil des années, les génies devinrent simplement doués, et les doués devinrent ordinaires.
Jin-cheol n’avait jamais imaginé qu’il finirait parmi eux.
Dans le monde ordinaire, le physique de Jin-cheol suffisait à lui seul.
Il mesurait près d’un mètre quatre-vingt-douze et avait des muscles harmonieusement développés sur tout le corps.
La plupart des hommes se sentaient intimidés et s’écartaient rien qu’en le voyant arriver. Chaque fois que cela se produisait, Jin-cheol en tirait une grande fierté.
Mais…
Il découvrit que, dans le monde des sports de combat, le physique ne faisait pas tout.
Plus précisément, à partir d’un certain niveau, les poids lourds évoluaient dans un univers où se côtoyaient des hommes presque surhumains, tous dotés d’une carrure aussi imposante.
Ils mesuraient tous plus d’un mètre quatre-vingt-dix et pesaient largement plus de cent kilos. Au milieu de ces monstres de muscles, le physique seul ne suffisait pas à gagner un combat.
Pourquoi ?
Pourquoi n’arrivais-je pas à réagir aux coups de mon adversaire ?
Pourquoi les techniques qui marchaient à l’entraînement échouaient-elles en plein combat ?
Pourquoi personne ne tombait dans mes feintes, alors que moi, je me faisais avoir à chaque fois ?
Il perdit une fois, puis deux, puis trois.
Ce n’est qu’après avoir essuyé cinq défaites consécutives qu’il comprit.
Je n’ai pas le talent nécessaire pour survivre dans le royaume des Asuras.
Dans un monde où les gens voyaient venir des poings rapides comme le vent et lançaient deux feintes en moins d’une demi-seconde, Jin-cheol n’avait pas sa place.
Quand il reprit ses esprits, il était déjà trop tard.
Il approchait de la trentaine, et il ne lui restait qu’une carrière ratée dans les sports de combat, qui ne lui ouvrait aucune porte.
Non.
En vérité, le problème ne venait pas de sa situation objective.
À la fin de la vingtaine, il n’était pas trop tard pour rebondir, et un corps bien entraîné pouvait lui ouvrir quantité de voies pour gagner sa vie.
L’un de ses anciens partenaires d’entraînement avait ouvert une salle de sport.
Un autre s’était lancé dans la sécurité.
Un autre encore était devenu policier.
Même s’ils avaient abandonné parce qu’ils n’avaient pas le talent nécessaire pour continuer, ils avaient tous su tirer parti de leur physique, qui les plaçait dans le top 0,1 %, et menaient une vie confortable.
Le problème ne venait pas du corps de Jin-cheol, mais de son cœur.
Il ne voulait pas renoncer.
Et il ne voulait pas prendre une autre voie.
Même après avoir trouvé du travail grâce aux recommandations d’anciens collègues, il avait démissionné en invoquant toutes sortes de prétextes absurdes. Il avait refusé chaque proposition de monter une salle de sport ensemble.
Ses relations s’étaient éteintes une à une, et même la flamme qui brûlait dans son cœur avait commencé à faiblir…
Ce n’est qu’alors que Jin-cheol comprit que sa vie déraillait.
Ces pensées étaient sombres.
Même s’il avait décidé d’arrêter de ressasser tout ça, elles ne s’effaçaient pas facilement.
Il se ressaisit et se retourna vers la maison.
D’abord, il devait s’excuser auprès de sa mère.
Après la mort prématurée de son père, elle avait soutenu à elle seule son fils qui peinait à trouver sa voie et errait d’un emploi à l’autre.
Ensuite, il ferait de son mieux pour rester dans l’entreprise où il venait de passer un entretien.
Quand Jin-cheol rentra chez lui, il fut un peu surpris.
Un visage familier était là. C’était le directeur Park, du dojo, qu’il connaissait depuis l’enfance, depuis plus de dix ans.
Après la mort du père de Jin-cheol, le directeur Park avait tenu en partie le rôle d’un père. Même après que Jin-cheol avait renoncé à devenir combattant, ils étaient restés proches pendant longtemps. C’était également le directeur Park qui lui avait recommandé l’entreprise spécialisée dans le fitness où il venait de passer un entretien.
« Directeur Park ? Qu’est-ce qui vous amène chez moi ? »
« Oh, Jin-cheol, dépêche-toi de le remercier. Remercie-le encore ! Il t’apporte une bonne nouvelle ! »
« Haha, je ne l’ai pas apportée parce que je suis quelqu’un d’exceptionnel. Beaucoup de gens savent à quel point Jin-cheol est travailleur, alors les occasions comme celle-ci se présentent à lui. »
« Directeur Park ? De quelle bonne nouvelle parlez-vous ? »
« Un grand tournoi d’arts martiaux mixtes va avoir lieu à Busan. C’est une occasion à saisir. Les autorités locales ont investi pas mal d’argent dans l’événement…
« Mais par hasard, il tombe aux mêmes dates que le tournoi xxx. Du coup, les grands noms ne pourront pas participer à l’événement de Busan.
« Tu vois ce que ça veut dire ? Il n’y aura que des petits poissons, mais la récompense est correcte et beaucoup de monde assistera au tournoi. Quand est-ce qu’une autre occasion pareille se présentera ? »
« Haha… Directeur Park. Vous savez bien, n’est-ce pas ? Pour être honnête, j’ai passé l’âge. Peu importe que les autres soient des petits poissons. Moi aussi, j’en suis un… »
« Cette fois, le tournoi est différent. Il se déroule selon les règles du Dernier Survivant, une formule qui gagne en popularité au Japon. »
« Le Dernier Survivant ? C’est quoi ? Je n’en ai jamais entendu parler. »
« Tu n’en as jamais entendu parler ? Ça existe au Japon depuis dix ans. Qu’est-ce que tu racontes ? Une seule personne survit dans l’arène. Ce genre de truc, tu sais faire, non ? »
Quoi… ? Il était trop abasourdi pour assimiler ce qu’il venait d’entendre. Un tournoi de combat où une seule personne survivait ? Est-ce qu’une chose pareille pouvait vraiment exister ?
Et il était doué pour ce genre de truc ? Quelles foutaises…
Il comprit. Pourquoi avait-il oublié ça ? À bien y réfléchir, les tournois selon les règles du Dernier Survivant avaient été populaires au Japon quand j’étais au lycée.
Il se souvenait toutefois que la moitié des combattants inscrits au Japon étaient morts au fil des tournois, qui avaient donc été suspendus pendant un temps.
C’était peut-être pour ça qu’il avait oublié. Bien sûr que j’étais doué pour ce genre de chose.
Qui suis-je ?
Je suis l’homme qui a battu à mort un singe mangeur d’hommes avec une massue en bois. Violence extrême, tuer ou être tué.
J’étais le seul à avoir vécu ce genre de situation face à des monstres. Forcément, j’étais fort.
Enfin, l’occasion que j’attendais depuis toutes ces années s’était présentée.
Mais quand avais-je combattu un singe mangeur d’hommes ? Est-ce qu’il y avait seulement des créatures pareilles en Corée ? Ce n’était pas très important.
Quoi qu’il en soit, j’avais bien battu ce singe à mort.
------------------- Cligne
Waaaaaaaahhhhhh !!!
Des acclamations assourdissantes jaillirent de toutes parts. Qu’est-ce que c’était ? Je n’avais fait que fermer puis rouvrir les yeux un instant, pendant que je parlais au directeur Park…
À un moment donné, je m’étais retrouvé au milieu d’une arène, face à un grand gaillard.
Que se passait-il ?
Ah, je comprends. Aujourd’hui avait lieu le tournoi de combat du Dernier Survivant de Busan.
C’est vrai, c’était le jour du tournoi. Et pour ne rien arranger, j’étais déjà entré dans l’arène et j’avais perdu connaissance un instant, je ne sais comment. J’étais vraiment irrécupérable.
Boum, boum, boum, boum, boum, boum
Mon adversaire fonça sur moi, une masse à la main. À quatre mètres ? Trois ? Une fois à portée, il lança la masse qui pendait à sa taille vers moi, rapide comme le vent.
Une masse ? Pourquoi utiliser une arme pareille dans un combat ? Ah, c’était devenu populaire, ces derniers temps ?
Heureusement, j’avais aussi un tonfa en main. Je déviai donc la masse avant qu’elle ne prenne de la vitesse.
Une masse n’était pas une arme tranchante. Elle reposait sur son poids. Si on se défendait une fois qu’elle avait pris de la vitesse, il était déjà trop tard, même si on parvenait à la bloquer. Le choc à lui seul briserait des os.
En fonçant sur lui pour la dévier avant qu’elle ne prenne de l’élan, je le pris donc au dépourvu. Tant que je ne laissais pas à la masse la distance nécessaire pour accélérer, j’avais l’avantage.
Je lui abattis aussitôt le tonfa sur la bouche. Ses dents tombèrent comme des grains de maïs. Un choc sourd frappa ma jambe.
Après m’avoir donné un coup de pied, mon adversaire m’avait aussi asséné un coup de masse.
Je pouvais encaisser. À cette distance, elle n’aurait de toute façon pas le temps d’accélérer suffisamment.
Sans me presser, je lui enfonçai le tonfa dans la bouche et tournai la main. D’abord, des dents jaillirent, puis des morceaux de chair impossible à identifier. Quand j’enfonçai davantage le poing, je lui transperçai la gorge.
Avais-je toujours été aussi fort ? Ce n’était pas comme si le tonfa était une lame. Un bout de bois contondant enfoncé dans la bouche de quelqu’un pouvait vraiment lui traverser le cou et ressortir par derrière ?
Apparemment, oui. Qu’y avait-il d’étonnant à ce qu’un homme et un combattant soient forts ?
Je reculai en riant à gorge déployée. Avant même que je m’en rende compte, quelqu’un d’autre se tenait devant moi. Une hache ? Quelle arme arrogante.
Bien sûr, à capacités égales, je ne pouvais pas m’approcher de quelqu’un qui maniait une hache en n’ayant qu’un tonfa.
« À capacités égales. »
Je bondis en avant et parcourus près de vingt mètres en exactement trois foulées. Je vis la surprise envahir les yeux de mon adversaire.
Il était surpris ? Quelle absurdité. J’étais aussi rapide qu’un tigre, maintenant. Depuis quand avais-je acquis des capacités physiques aussi démentielles ?
Si j’avais eu ces capacités dès le début, la vitesse de réaction et les jeux psychologiques n’auraient eu aucune importance. Je serais devenu champion du monde sans difficulté.
Peu importait. Je pouvais encore atteindre le sommet.
Avant même qu’il puisse brandir sa hache, je lui enfonçai un doigt dans l’œil. Il traversa le globe oculaire, broya son cerveau, enfonça l’avant de son crâne et s’enfonça jusqu’à toucher l’arrière.
Combien étaient-ils ? Dix ? Vingt ? Quand il devint difficile de compter ceux que j’avais tués, il ne restait plus personne dans l’arène.
Waaaaaaaahhhhhh ! Cha Jin-cheol ! Cha Jin-cheol ! Cha Jin-cheol !!!
Une foule innombrable criait mon nom. Dix ans de rancœur refoulée, peut-être même davantage, se dissipèrent en un instant.
En face de moi, maman pleurait à chaudes larmes. Le directeur Park se tenait debout, comme s’il voulait avoir l’air fier, mais il était évident que ses yeux avaient rougi.
Ah… Depuis combien de temps avais-je imaginé cet instant ? À cet instant, j’étais le protagoniste du monde entier.
Un homme d’âge mûr en costume s’avança vers moi depuis l’autre côté.
Ah, le maire de Busan. C’était lui qui devait remettre la ceinture au vainqueur du tournoi.
Dire que j’avais vécu assez longtemps pour gagner devant une personnalité pareille… Mon cœur déborda d’émotion.
Bang !!!
Une détonation semblable au tonnerre retentit. Un éclair jaillit, puis une brûlure me dévora la poitrine.
Qu’est-ce que c’était ? Je fixai bêtement le maire. Il tenait un Glock.
Dès que je compris qu’une balle m’avait transpercé la poitrine, mon corps s’effondra.
Qu’est-ce que c’était ? Qu’est-ce qui venait de se passer ? Je compris aussitôt.
Ah ! N’était-ce pas une arène dont une seule personne pouvait sortir debout ? Dès que le maire était entré, l’un de nous devait mourir. Le problème, c’était d’avoir baissé ma garde. J’aurais dû lui briser le cou sur-le-champ…
Je sentis ma conscience s’évanouir. Après avoir réalisé le rêve que j’avais poursuivi si longtemps, je n’éprouvais pas beaucoup de regrets…
Malgré tout, j’aurais voulu voir maman une dernière fois.
/Vous avez échoué !
Un rêve que vous n’avez pas réussi à réaliser pendant si longtemps ! Une obsession à laquelle vous n’avez pas pu renoncer ! Au bout du compte, vous vous êtes laissé ensorceler par un rêve inaccessible.
Vous n’avez pas remarqué les anomalies chez votre chère mère et chez le directeur Park, qui avait été comme un père pour vous. Vous êtes entré avec eux dans un tournoi de combat mortel, où vous avez perdu la vie aux mains du maire.
Vous n’avez ni échappé à la malédiction ni résolu la Source de la Malédiction. Quel dommage.
Mais il vous reste une chance ! Attendez vos compagnons.
…
…
…
…
Un compagnon a réussi à s’échapper ! Félicitations ! Puisqu’un survivant s’est échappé, tous les membres rentreront sains et saufs./
La conscience de Cha Jin-cheol, qui s’était enfoncée dans les ténèbres, remonta lentement à la surface…
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