Chapitre 649
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 648 : Le Premier Vœu (4)
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— Kim A-ri
Disons simplement que la suite fut trop douloureuse à regarder les yeux ouverts.
Avec un peu de recul, il n’y avait rien de particulièrement inhabituel.
Un collégien plein d’ardeur avouait ses sentiments innocents à une fille de son âge et se faisait repousser ?
N’était-ce pas quelque chose qui arrivait à tout le monde au moins une fois dans la vie ?
« … »
Seung-yeop tremblait de tout son corps en s’approchant d’elle.
Seung-yeop bafouillait comme s’il ne savait même pas ce qu’il racontait.
Seung-yeop finit par lui avouer ses sentiments, puis fixa le sol comme un prisonnier attendant le verdict du juge.
Toutes ces scènes défilèrent sous nos yeux.
Bientôt, le juge rendit son verdict, froid et implacable.
« Désolée. J’ai un petit ami. »
Malheureusement, c’était une condamnation à mort.
« S-si vous rompez, alors la prochaine fois… »
Oh, franchement ! Seung-yeop !
Qu’est-ce que tu racontes ?
Il lui demandait vraiment de sortir avec lui après qu’elle aurait rompu avec son petit ami ?
Je me pris la tête entre les mains ; une voix stridente retentit à côté de moi.
« Oh, allez ! Si elle te rejette, passe à autre chose ! »
« Mi-ro, ne crie pas si fort. »
Le tournis, je regardai autour de moi et vis Ga-in observer calmement les environs.
« … C’est vraiment impressionnant. »
C’était une réaction raisonnable. L’illusion pouvait renfermer des informations.
Mais difficile de garder son calme dans une situation pareille.
Au bout d’un moment, l’illusion entière commença lentement à s’effacer.
L’Hôtel ne semblait pas vouloir nous en montrer davantage.
Mi-ro me regarda, ahurie, et demanda : « A-ri, alors, qu’est-ce qu’il y avait dans ce souvenir ridicule ? »
« … Une journée déprimante dans la vie de Seung-yeop ? »
« C-c’est tout ? Après avoir vécu tout ça pendant toute une journée, il a au moins levé les yeux vers le ciel pour faire un vœu ou quelque chose comme ça ? »
— Ploc !
Au son d’une goutte d’eau qui tombait, l’illusion prit fin.
* * *
La première chose qui arriva lorsque Seung-yeop reprit ses esprits fut que Mi-ro lui fonça dessus.
« Espèce d’idiot ! Quel fichu idiot ! »
« Hein ? Hein ? Pourquoi, tout à coup… »
« Tais-toi ! »
Comme si elle s’était retenue beaucoup trop longtemps, Mi-ro lui asséna plusieurs coups derrière la tête.
Seung-yeop était complètement déconcerté, mais n’avait pas l’air de vouloir esquiver.
« M-mais qu’est-ce qui se passe ? »
Il ne semblait pas se souvenir de ce qui venait de se passer.
À vrai dire, c’était sans doute mieux ainsi.
« … Seung-yeop. »
« Noona, qu’est-ce qui se passe… »
« Tu devrais partir devant. Cours par là-bas. »
« Pardon ? »
« File ! »
« D’accord ! »
« Mi-ro, toi aussi, va-t’en. »
« Hein ? »
« Allez, pars. »
Après avoir envoyé les deux enfants au loin, je fus soudain submergée par la fatigue en rejoignant Ga-in.
« Passons à la personne suivante. Il reste Eun-sol, Song-i et Elena, c’est ça ? »
« … »
« Seung-yeop, franchement… Je m’en doutais, mais je ne pensais pas que ce serait à ce point-là… »
« Tu n’as rien remarqué d’étrange ? »
« Tu as remarqué quelque chose ? »
J’écarquillai les yeux sans m’en rendre compte.
Un secret extraordinaire pouvait-il bien se cacher dans ce souvenir si gênant d’un adolescent ?
« Ce qui se passait autour de lui… »
« Ce qui se passait ? »
« J’ai eu l’impression que tout se déroulait avec beaucoup trop de facilité. »
« Quoi ? »
« Il faut que j’y réfléchisse davantage. On pourra en parler dehors. Pour l’instant, allons voir le rêve de la personne suivante. »
« D’accord. Le rêve d’Eun-sol est juste à côté du sien. »
* * *
Le rêve d’Eun-sol se déroulait dans un bureau.
Un sol de marbre étincelant et un bureau en acajou ancien.
Des tableaux et des sculptures qui avaient l’air coûteux achevaient de composer le décor.
On se serait cru dans le bureau de la fille d’une famille de chaebol.
Eun-sol, en tailleur, était assise dans son fauteuil et regardait par la fenêtre. Bientôt, une voix s’éleva.
« Vous êtes venus tous les deux ensemble ? »
Je regardai autour de moi, me demandant si elle parlait à quelqu’un d’autre, mais il n’y avait que Ga-in et moi.
Comme certains de nos compagnons, Eun-sol avait déjà repris conscience.
« Tu es déjà réveillée, Eun-sol. »
« Eh bien… oui. »
Ga-in lui expliqua brièvement la situation.
« Le Premier Vœu. »
« Quelque chose te revient ? »
« Parfois, j’avais envie de fuir ma famille étouffante. Ça peut sembler ingrat, mais les relations familiales n’étaient pas vraiment au beau fixe. »
Le simple fait de vouloir s’éloigner de sa famille ne semblait pas lié à la Bénédiction de la Richesse.
C’était peut-être pour ça que Ga-in insista, l’air de trouver cette réponse insuffisante.
« C’est tout ? »
« Eh bien, je pensais aussi vouloir diriger ma propre entreprise. »
« Hmm… »
Cette fois, je demandai : « De quel souvenir s’agit-il ? »
L’expression d’Eun-sol s’assombrit aussitôt.
Ce n’était clairement pas une journée ordinaire.
« … Mon père. »
« Ton père ? »
« Le jour où il m’a sévèrement réprimandée. »
Je ne m’y attendais pas.
D’après tout ce que j’avais vécu jusqu’ici, Eun-sol était tout à fait compétente.
J’avais du mal à imaginer qu’elle ait pu décevoir quelqu’un au point de se faire réprimander.
« C’est vrai que c’est un drôle de souvenir. »
« Tu te rappelles pourquoi il t’avait grondée ? »
Après un court silence, Eun-sol se mit à nous raconter quelque chose d’étrange.
« Avant, je le savais. Non, je croyais le savoir. »
Ga-in lui demanda aussitôt : « Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« … Quand j’étais petite, je pensais que mon père attendait beaucoup de nous. »
Il était normal qu’un président de conglomérat attende beaucoup de ses enfants.
Il leur avait transmis d’excellents gènes et ne lésinait pas sur les moyens pour les soutenir.
Il s’attendait peut-être à ce qu’ils entrent dans les meilleures universités du monde, aient d’excellentes compétences professionnelles, soient sérieux et appliqués et entretiennent de bonnes relations avec les autres.
Pourtant, le ton d’Eun-sol était un peu différent.
« Mon père était toujours déçu par nous. Il essayait de ne pas le montrer, mais à force de l’observer, c’était évident. Nous tentions de gagner son approbation et, ce faisant… »
« La compétition devenait encore plus féroce. »
« Oui. »
« On dirait que tu vois les choses autrement, maintenant. »
« … »
Eun-sol garda le silence un instant, puis répondit d’un ton grave.
« Tu as dit que ce n’était qu’une illusion, de toute façon, non ? »
« C’est ça. »
« Il faut que je voie mon père. Non, l’illusion de mon père. Venez avec moi, tous les deux. Et si possible, observez-le attentivement. »
Elle voulait que nous observions attentivement son propre père…
Qu’est-ce que ça pouvait bien signifier ?
* * *
En sortant du bureau, nous découvrîmes des employés du Groupe Daeyang partout.
Tout le monde s’affairait, mais dès qu’ils apercevaient Eun-sol, ils s’inclinaient légèrement.
« Bonjour, directrice exécutive. »
« Bonjour ! »
« Directrice exécutive, au sujet du projet de Shanghai de l’autre jour… »
« Plus tard, plus tard. »
Seule Eun-sol pouvait percevoir Ga-in et moi, alors nous n’avions aucun mal à nous déplacer.
« À première vue, on dirait une entreprise tout à fait ordinaire. »
« C’est aussi ce que je pense. »
Eun-sol s’arrêta devant un ascenseur et s’adressa aux employés qui attendaient.
« Je suis désolée, mais pourriez-vous prendre le prochain ascenseur ? »
« Ah, bien sûr. »
« Merci pour votre travail. »
« Merci. »
Ga-in pencha alors la tête.
« Tu as remarqué quelque chose ? »
« Eun-sol fait jouer son autorité ? »
« Ça, ce n’est pas vraiment abuser de son autorité. »
« Ah bon ? Je n’ai jamais travaillé dans une entreprise… »
« Tu as eu ta période Aleph. »
« C’est vrai. À l’époque, j’ordonnais aux gens de faire des choses d’un simple mouvement du menton. »
— Ding !
Peu après, Eun-sol entra seule dans l’ascenseur.
Du moins, c’est ce qu’elle semblait être aux yeux des autres.
Bien sûr, Ga-in et moi étions entrés avec elle.
Dès que personne ne put nous entendre, Eun-sol nous reparla.
« Le bureau du président est au seizième étage. Observez bien mon père, tous les deux. »
Elle nous demandait d’observer attentivement son propre père…
Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ?
— Ding !
« Directrice exécutive, ça faisait longtemps. »
« Secrétaire Park, mon père m’a contactée. Il est à l’intérieur, n’est-ce pas ? »
« Vous devriez pouvoir le voir si vous patientez un instant. »
À cet instant précis !
— Ploc !
Au son familier, l’illusion d’Eun-sol commença à s’effacer.
« Déjà ? »
« Ça s’arrête là ? »
« Je pensais qu’on allait en voir davantage… »
Alors que Ga-in et moi froncions les sourcils, Eun-sol bondit comme l’éclair.
« C’est urgent ! »
« Euh, ah… »
Le vieux secrétaire Park eut l’air déconcerté, mais ne l’arrêta pas lorsqu’elle se précipita dans le bureau du président.
Elle n’était pas une directrice exécutive ordinaire. C’était la fille du président.
— Boum !
La porte du bureau du président s’ouvrit à la volée.
Un homme d’âge mûr au visage sévère se trouvait à l’intérieur. Ses sourcils se froncèrent légèrement, comme si le tapage à l’extérieur lui déplaisait.
« Quel comportement puéril ! Directrice exécutive Lee, nous sommes dans une entreprise, pas à la maison… »
« Regardez ! Regardez-le ! »
Sans prêter attention à l’illusion de son père, Eun-sol se tourna vers nous et lâcha une question inattendue.
« Mon père vous paraît humain ? Ou… »
— Ploc !
Juste après, tout devint noir, comme si quelqu’un avait actionné un interrupteur.
Le rêve d’Eun-sol avait été interrompu de force.
* * *
« … »
« … »
Dans le Royaume des Rêves, noyé dans une brume grise, Eun-sol nous posa de nouveau la question dès qu’elle eut émergé de son rêve.
« Qu’en avez-vous pensé ? Mon père vous paraît humain ? Ou p-peut-être un Regressor ? »
Un Regressor ?
« Attends, Eun-sol. Je ne crois pas que tu aies encore compris. »
« Quoi ? »
« Toi seule peux communiquer avec les gens de l’illusion. C’est ton rêve. »
« … Qu’est-ce que ça veut dire ? »
Je poursuivis à sa place.
« De même que les gens de l’illusion ne nous perçoivent pas, nous ne pouvons pas non plus les percevoir clairement. »
« … »
« Pour comparer à quelque chose, c’est comme un film très réaliste. »
« Alors, vous n’avez rien ressenti ? »
« Non. Il avait simplement l’air d’un Asiatique de l’Est distingué, dans la soixantaine. Impossible de savoir en regardant une illusion s’il dégage une aura mystérieuse. »
« Ga-in, toi aussi ? »
« Oui. »
Eun-sol parut un peu déçue et se mit à s’expliquer.
« Si je vous ai demandé d’observer mon père, c’est parce que… »
« Parlons-en dehors. »
« Hein ? »
« Il nous reste encore des gens à voir. De toute façon, on aura tout le temps d’en parler dehors. »
« Eun-sol, essaie de remettre tes souvenirs en ordre un par un après être sortie. Ce sera plus facile d’en parler. »
Il ne restait que deux personnes : Song-i et Elena.
« Allons d’abord voir Song-i. Elle est plus près. »
* * *
Le rêve de Song-i se déroulait dans une maison ordinaire.
« À première vue, rien de spécial ici. »
« À en juger par la situation, c’est le rêve le plus banal. Le décor est une maison normale et il fait nuit ? »
« Le rêve de Seung-yeop se déroulait lui aussi dans une maison. »
« Tu as oublié les bruits de jeu qu’on a entendus dès le début ? Son rêve était le plus dingue de tous ! »
Ga-in sourit d’un air gêné en regardant autour de lui, puis repéra Song-i.
« Waouh… On dirait un rêve de son enfance. »
« Oui. Elle n’a même pas l’air d’avoir huit ans. »
Elle me paraissait avoir environ sept ans.
La jeune Song-i regarda alors dans notre direction et pencha la tête.
« Hein ? Hein ? Euh… »
« On dirait qu’elle se réveille. »
« Oui. »
« Ah ! Ah ! »
Certains de nos compagnons n’arrivaient pas à se réveiller, tandis que d’autres s’éveillaient comme dans un rêve lucide.
Y avait-il une raison particulière à cela aussi ?
Quoi qu’il en soit, Song-i reprit bientôt conscience.
« Quoi… ? Que se passe-t-il ? »
« Je vais t’expliquer. »
Song-i hocha bientôt la tête.
« Le Premier Vœu ? C’est une histoire intéressante. »
« Quelque chose te revient ? C’était une journée particulière ? »
« Euh… Je ne sais pas. »
« Tu ne sais pas ? »
« Oppa, regarde-moi. Je n’ai que six ou sept ans, pas plus, non ? »
« C’est vrai. Tu es vraiment adorable. »
Song-i haussa les épaules, amusée.
« Alors Song-i au lycée n’est pas mignonne, seule la petite Song-i l’est ? »
« … Qu’est-ce que tu racontes ? »
« Je plaisante. Enfin, j’étais trop jeune à l’époque. Impossible que je m’en souvienne. »
« C’est vrai. »
Les gens ordinaires auraient du mal à se souvenir clairement de quelque chose qui leur était arrivé à sept ans.
Il fallait tout de même trouver quelque chose, alors je demandai : « Où sont tes parents, maintenant ? »
« Mon père était vétérinaire dans un assez grand hôpital. Il travaillait tard le soir. »
« Et ta mère ? »
« Pareil. C’est pour ça que, quand j’étais petite, je me retrouvais souvent seule à la maison comme ça… »
« … »
« Maintenant que j’y pense, mes parents étaient plutôt nuls, eux aussi. Aux États-Unis, ce ne serait pas considéré comme de la maltraitance ? »
C’était étrange d’entendre Song-i râler.
Son corps avait rajeuni, mais son attitude et sa façon de parler étaient toujours celles d’une adulte ; le contraste était saisissant.
Ga-in, qui observait les lieux, dit : « Il y a beaucoup d’animaux dans cette maison. Une cage à oiseaux ? »
« Mon père aimait les animaux. Moi aussi ! »
« Eh bien, il était vétérinaire. »
« Ma mère aussi les aimait. C’était l’un des rares centres d’intérêt qu’ils avaient en commun, même s’ils se disputaient tout le temps. »
Elle venait de parler si naturellement de la relation difficile de ses parents.
Quand nous avions traversé la chambre 107, Song-i avait évoqué ces souvenirs avec beaucoup de douleur.
Et maintenant ?
En tout cas, en apparence, elle semblait calme.
Dans ces moments-là, mieux valait faire semblant de n’avoir rien entendu plutôt que de lui offrir des paroles de réconfort inutiles.
« Happy ! Happy ! Viens ici ! Waouh ! Ça fait si longtemps. »
Un minuscule bichon maltais blanc, si petit qu’on aurait dit une poupée, accourut bientôt auprès de la jeune Song-i et se mit à jouer avec elle.
Le chiot qui ressemblait à une poupée jouait avec la petite Song-i ; c’était tellement mignon que je regrettai presque de ne pas avoir d’appareil photo.
La scène était digne d’une carte postale.
C’était justement pour ça que quelque chose clochait.
Si ce n’était vraiment qu’une journée ordinaire dans la vie de Song-i, sept ans, où il ne se passait rien, l’Hôtel n’avait aucune raison de nous la montrer.
« Song-i, il n’y a vraiment rien d’autre ? »
« Je ne sais vraiment pas… »
« Si tu ne te souviens pas de cette journée, même un souvenir général de cette période nous aiderait. »
« Un souvenir général ? »
La fillette, qui tenait toujours le bichon maltais dans ses bras, prit une expression étrange, comme si elle venait enfin de comprendre quelque chose.
« Ah, euh… C’est un peu gênant. »
« Je te garantis que, quoi que tu racontes, ce ne sera pas si grave. »
« Pardon ? »
« On a déjà vu toutes sortes de choses. Alors, ne t’inquiète pas. Raconte-nous, c’est tout. »
« … Oppa, tu as déjà entendu parler des amis imaginaires ? »
« Comme le Secret Santa ? »
« Pas cette fête scolaire débile. Tu sais, les enfants qui disent parfois qu’ils ont des amis qui n’existent pas ? »
Il n’était pas rare que les enfants considèrent leur poupée ou leur jouet préféré comme un ami.
Il existait sûrement toutes sortes de théories sur la psychologie et l’éducation des enfants à ce sujet, mais j’avais entendu dire que c’était fréquent chez les enfants solitaires.
« Toi aussi, tu étais comme ça ? »
« Hé hé ! J’étais petite. Je disais que mes animaux de compagnie étaient mes amis. »
« Si c’étaient des chiens ou des chats plutôt que des poupées, ils pouvaient bien être tes amis, non ? »
« Euh, eh bien… »
« Raconte-nous. »
« Je ne me contentais pas de dire que c’étaient mes amis. Je disais aux gens que les chiens et les chats pouvaient parler comme des humains. »
« Hein ? »
« J’affirmais qu’ils parlaient comme des gens quand j’étais seule avec eux. Mon père et les adultes se contentaient d’en rire, mais les autres enfants à l’école se moquaient parfois de moi… Ça devait être des hallucinations auditives. »
La petite Song-i avait vraiment dû croire que les animaux étaient des personnes.
Ga-in hocha la tête et observa attentivement les lieux.
« Il pourrait vraiment y avoir autre chose ? »
« Je ne sais pas… »
Dans la maison, seuls les animaux faisaient du bruit.
Le temps passa comme le vent, sans rien nous apporter.
Ga-in et moi commencions à nous inquiéter, mais Song-i jouait tranquillement avec le bichon maltais dans ses bras, comme si de rien n’était.
— Grincement !
Tout le monde se tourna précipitamment vers la porte qui s’ouvrait.
« Un chien ? »
« Oh ! Som-i ! J’avais oublié qu’elle était là, ça fait si longtemps ! »
« Som-i ? »
« Un Golden Retriever. Je l’ai élevée quand j’étais petite, mais elle est morte quand j’étais à l’école primaire. »
Un vieux chien qui avait du mal à se déplacer s’avança en traînant les pattes vers la jeune Song-i.
Retrouver ce chien qu’elle avait perdu de vue depuis si longtemps rendit Song-i à la fois heureuse et triste. Des larmes lui montèrent aux yeux.
« Som-i ! Ça fait si longtemps. Même si ce n’est qu’une illusion, je suis vraiment contente de te revoir… »
À cet instant précis.
— Song-i.
« Hein ? »
— Song-i.
« … »
Des mots humains sortirent de la gueule du chien.
— J’ai peur.
— J’ai mal.
— Je souffre.
« … »
— Sors-moi
— d’ici.
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