Chapitre 643
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 642 : La voie de l’Ascension (4)
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「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 358
Lieu actuel : Hôtel Delight, district de Yeongdeungpo, Séoul
Conseil du Sage : 0」
- Han Ga-in
「Une bonne question. Quel lien existe-t-il entre le Royaume supérieur et le Royaume inférieur ? L’eau coule de haut en bas, jamais de bas en haut. Il en va de même pour le rapport entre le haut et le bas. Tes inquiétudes sont donc vraiment infondées.」
Je ne parvins pas à comprendre intuitivement cette réponse.
C’était le genre d’énigme zen absconse que j’avais déjà rencontrée d’innombrables fois à l’Hôtel, et je fus un peu déconcerté.
Certains de mes compagnons ne purent pas non plus cacher leur déception.
« Vous ne pourriez pas expliquer ça plus en détail ? Pourquoi parler tout à coup du Royaume supérieur et du Royaume inférieur ? »
Celui qui se présentait comme le Gestionnaire du troisième étage ne répondit pas.
On aurait dit qu’il nous demandait : « Ça ne suffit pas ? Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? »
Grand-père lança nonchalamment une question, comme s’il cherchait à en apprendre davantage.
« Ça veut dire qu’on peut encore agir sur la réalité après être montés au troisième étage ? Un truc comme ça ? »
À ma grande surprise, Seung-yeop s’y opposa aussitôt.
« C’est impossible ! R-Ryan l’a dit, non ? Personne n’est jamais revenu après être monté au troisième étage ! »
Grand-père sembla quelque peu embarrassé en répondant.
« Euh, ce n’était pas Ryan. C’était Arthur. Arthur était le fils de Ryan, mais… »
« Bref ! »
Il était vrai qu’aucun Ascendant n’était revenu dans la réalité.
Je le savais bien, mais j’étais un peu surpris que ce soit Seung-yeop qui ait soulevé la question.
Ça me semblait déplacé de dire ça d’un compagnon, mais Seung-yeop n’avait franchement pas une très bonne mémoire.
Cela signifiait seulement que le sujet le préoccupait et qu’il y réfléchissait depuis longtemps.
Une lourde main se posa alors sur son épaule.
« Sang-hyeon ? »
« … »
La bouche de Sang-hyeon avait été scellée de force, il ne pouvait donc pas parler. Pourtant, son expression me suffit pour comprendre ce qu’il voulait dire.
On aurait dit qu’il lui disait : « Ça devrait suffire. Moi, ça me rassure ; alors toi aussi, rassure-toi, Seung-yeop. »
En voyant sa réaction, je repensai à la réponse précédente et me rappelai ses derniers mots.
« Tes inquiétudes sont vraiment infondées. »
Sang-hyeon avait sans doute compris : « Je ne peux pas t’expliquer exactement comment ça fonctionne, mais une fois au troisième étage, ce qui t’inquiète ne devrait pas poser de gros problème. »
Je proposai moi aussi ma propre interprétation.
« Seung-yeop, retiens bien ça. »
« Oui. »
« Personne au monde ne sait exactement à quoi ressemble le troisième étage. Ryan ? Même Sagesse l’Ancien, qui lui est supérieur, n’en sait pas grand-chose. Qu’est-ce que Ryan pourrait bien savoir ? »
« … C’est vrai. »
« Il faisait seulement semblant de savoir, à partir d’informations insuffisantes. »
« Alors, il se pourrait que des gens soient revenus du troisième étage dans la réalité ? »
« L’eau coule de haut en bas, pas de bas en haut… »
« Ga-in ? »
« Autrement dit, les Ascendants peuvent agir sur la réalité, mais la réalité ne peut pas agir sur eux. »
C’était mon interprétation personnelle.
Song-i intervint alors avec précaution.
« Seung-yeop, et puis, euh… tu peux utiliser des Tickets au troisième étage. Tu peux aussi en obtenir là-bas. »
« Des Tickets ? »
« Par exemple, pour sauver Yumi… »
Pourquoi parler de Yumi tout à coup ?
On aurait dit qu’elle lui disait : « Tu vas abandonner la personne que tu as aimée bien plus longtemps, juste parce que tu t’inquiètes pour la famille que tu as fondée grâce au Rêve du papillon ? »
Song-i dut ressentir la même chose, car elle eut aussitôt l’air de regretter ses paroles.
« Pardon. Je n’aurais pas dû dire ça… »
« … C’est important aussi. »
Je comprenais tout de même ce que ressentait Song-i.
Ne m’avait-elle pas dit ça quelques jours plus tôt ?
« J’espère que, quoi qu’on décide, on pourra le faire tous ensemble. Sans se séparer. »
C’était un peu provocateur, mais les paroles de Song-i avaient fait mouche.
Seung-yeop ne pensait qu’aux raisons de ne pas monter au troisième étage ; elle venait de lui rappeler une raison d’y aller.
Une conversation dont Mi-ro m’avait brièvement parlé me revint en mémoire.
* * *
« Pourquoi n’as-tu pas ressuscité Yumi ? Je pensais que tu la ramènerais grâce au Rêve du papillon. »
« … Parce qu’on ne peut l’utiliser qu’une fois. »
« Quoi ? »
« Le Marchand a dit qu’on ne pouvait réécrire la réalité grâce au Rêve du papillon que pour une seule Boucle. »
« … »
« Je ne veux pas d’une résurrection comme ça. Si je réveille Yumi un jour, je veux que ce soit des retrouvailles éternelles, sans qu’on doive jamais se quitter à nouveau. »
* * *
Un bref silence s’installa dans cette atmosphère plus calme.
Tout le monde semblait réfléchir au rapport entre le Royaume supérieur et le Royaume inférieur.
Le monde d’en haut pouvait agir sur celui d’en bas, mais pas l’inverse.
Une relation à sens unique, et non à double sens.
J’avais l’impression d’avoir compris, mais pas tout à fait.
C’est alors que j’entendis la voix d’Eun-sol.
« … Je crois avoir déjà eu une conversation de ce genre avec quelqu’un. »
« Eun-sol ? »
« Attendez ! »
Eun-sol fronça les sourcils et se plongea dans ses pensées.
Elle semblait fouiller dans ses souvenirs, et cette réaction en elle-même était étrange.
Le Gestionnaire nous avait donné des informations mystérieuses sur le troisième étage. Eun-sol avait déjà parlé de quelque chose de semblable avec quelqu’un ?
« Raaah… ! Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à m’en souvenir ? C’était une conversation qui ressemblait à ça ! »
Sa frustration déteignit sur moi, tandis que Song-i l’observait avec une curiosité manifeste.
« Si tu as eu une conversation, tu devais bien parler à quelqu’un, non ? »
« Oui ! Bien vu. »
« Avec qui ? »
« Sophia ! »
« Sophia est dans une chambre d’hôpital en ce moment ! Elle est figée comme une statue de pierre, elle aussi. »
« Évidemment qu’elle est figée, puisqu’elle ne participe pas… ! Ce n’est pas ça, le problème. De quoi est-ce qu’on a parlé ? »
Sophia, comme ça, tout à coup ?
Les autres furent un peu déconcertés par cette réponse inattendue.
Moi, c’était pour une autre raison que j’étais surpris.
Qu’est-ce que c’était que ça ?
Je croyais savoir de quoi Eun-sol avait parlé avec Sophia.
Étais-je là, à ce moment-là ?
Non. Si j’y avais été, Eun-sol aurait aussi prononcé mon nom.
Je n’étais pas là, mais j’avais dû entendre leur conversation alors que je flottais dans un état second, avec l’aide de la Chouette.
« … »
Alors que j’allais moi-même me perdre dans mes pensées, Grand-père saisit le bras d’Eun-sol.
« On n’aura qu’à demander à Sophia plus tard. Même si tu as oublié, elle s’en souvient peut-être. Pour l’instant… »
A-ri termina sa phrase.
« Au lieu de fouiller dans nos vieux souvenirs, on ferait mieux de réfléchir à notre dernière question. »
Comme s’il attendait ce moment, le Gestionnaire du troisième étage envoya une notification.
「La prochaine question sera la dernière. Choisissez avec soin.」
Après un bref silence, A-ri prit la parole avec prudence.
« Et si on posait notre dernière question sur les salles maudites du troisième étage ? »
Grand-père répondit d’un ton soucieux.
« C’est évidemment ce qui m’intrigue le plus, mais est-ce qu’ils nous répondraient ? »
« Pas les détails de chaque salle. Peut-être plutôt le thème général… »
« Hmm, ça pourrait marcher. Tout le monde est d’accord ? Et toi, Ga-in ? »
« Ça me va. »
Après m’être assuré que tout le monde acquiesçait, je levai la main à mon tour.
Bien sûr, je n’oubliai pas de choisir le bon moment.
「Ces participants ont décidément quelque chose d’exceptionnel…」
« Troisième question ! Pourriez-vous nous indiquer le thème général du troisième étage et… »
À cet instant, un mot me vint à l’esprit, alors je l’ajoutai.
« … nous donner un sujet de réflexion avant que nous montions au troisième étage ? »
…
* * *
「Date : Jour 358 -> Jour 362」
Au cœur de la nuit, sous une lune éclatante.
Je marchais dans les environs du mont Taebaek, dans la province de Gangwon, en respirant l’air froid.
J’avais flâné une vingtaine de minutes, peut-être ?
J’aperçus au loin une lumière vacillante et m’en approchai. C’est alors que je tombai sur une « école » qui n’avait rien à faire là.
Cinq minutes de marche plus tard, j’arrivai dans un champ. En son centre se trouvaient un feu de camp et une table.
« Ça fait longtemps que tu attends ? »
« Peu importe. Le temps ne presse pas. »
Sa remarque sur le temps piqua ma curiosité.
« Récemment, une note a été ajoutée à la lettre envoyée par l’Hôtel. »
« Une note ? »
« Elle disait que si nous comptions monter au troisième étage, nous devions venir dans le mois. Je suppose que ça signifie qu’il ne faut pas perdre de temps. »
« … »
« Et toi, Sagesse l’Ancien ? »
« On ne m’a donné aucune date. Peut-être… »
« Peut-être ? »
« Peut-être parce qu’ils pensent que je viendrai assez vite sans qu’on ait besoin de me presser. »
Contrairement à Sang-hyeon ou à Seung-yeop, Sagesse l’Ancien n’avait aucun attachement à la réalité.
Il n’y avait donc pas besoin de le presser. Il pouvait partir pour le troisième étage quand bon lui semblait.
Peut-être même ce soir.
« Tu as même cuisiné dehors. Des brochettes d’agneau ? »
« On dirait que tu n’es jamais allé en Turquie. »
« Pardon ? »
« C’est un shish kebab. Bon, ce n’est pas tout à fait faux de parler de brochettes d’agneau. Assieds-toi. »
Quand je m’assis en face de Sagesse l’Ancien, il posa devant moi une brochette de kebab appétissante, luisante d’huile et exhalant un parfum exotique.
Il fit également glisser jusqu’à moi un verre d’alcool doré.
« Bois un coup. »
Je bus une petite gorgée, puis tressaillis.
Je savais que ce n’était pas de la bière, mais c’était plus fort que je ne l’aurais cru.
Et puis, cette odeur étrange, entre la terre et l’herbe, me déplaisait.
« Beurk ! Qu’est-ce que c’est ? »
« Du whisky. Springbank 21. Tu ne connais pas ? C’est une bouteille assez réputée. »
« Ah… ! Qui boit ce genre de truc avec des brochettes d’agneau ? Il faut évidemment du cola ou de la bière. »
« … »
« J’ai failli le recracher. »
Sagesse l’Ancien me dévisagea un instant, incrédule, puis marmonna dans un soupir :
« À t’entendre parler, on croirait vraiment que tu as vingt ans. L’âge où l’on apprend tout juste à boire. »
« Je vais prendre ça pour un compliment. »
Après avoir bavardé encore un moment, j’abordai un sujet important.
« Récemment, j’ai rencontré un être intéressant à l’Hôtel Delight. »
« Un être intéressant ? »
« Il se faisait appeler le Gestionnaire du troisième étage. »
« Ho… Un PNJ caché, peut-être ? »
Chaque étage de l’Hôtel comptait deux PNJ cachés et deux salles secrètes.
« Je ne crois pas. »
« C’est vrai. Un PNJ caché ne pourrait pas apparaître si tôt. »
« Il faudra les trouver au troisième étage. Celui-là ressemblait davantage à un guide ou à un subalterne. »
« Un subalterne ? »
« Il y avait des êtres non identifiés derrière lui. »
« Pas un être, mais plusieurs ? »
« Je suis le seul à avoir vu leurs paroles. Elles prenaient la forme de notifications, mais quand j’en ai parlé à mes compagnons ensuite, ils m’ont dit qu’ils ne les avaient jamais vues. »
« Quoi ? »
« Sur le moment, je me suis demandé pourquoi j’étais le seul à les voir. En y repensant plus tard… »
« Clairvoyance ? »
« Ça doit être ça. Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. »
« Ah ! »
« Une fois que j’y ai repensé, ça m’a paru étrange, en effet. »
Quoi qu’il en soit, le Gestionnaire était un être prisonnier de son rôle de PNJ de l’Hôtel.
C’était pour ça que les notifications que tout le monde pouvait voir étaient rédigées dans le ton poli d’un employé ordinaire de l’Hôtel.
Pourquoi celles que j’étais seul à voir étaient-elles si provocatrices ?
Parce que ce n’était pas une communication normale.
Eun-sol avait invoqué le Gestionnaire ; il était donc étrange que je sois le seul à voir certaines informations.
Avec le recul, c’était un signe que ces informations provenaient de la Clairvoyance et non de la Main avide.
Il m’était souvent arrivé de confondre les visions de la Clairvoyance avec autre chose.
Cette fois, elles avaient pris la forme de notifications, et j’avais donc mis un peu plus longtemps à comprendre.
« Ça arrive parfois. La Clairvoyance peut être aussi vague qu’un rêve, ou aussi vivace que la réalité. Moi aussi, j’ai été déconcerté, à me demander si quelque chose venait de mon imagination, d’un pressentiment ou de la Clairvoyance. »
« Ce serait bien qu’elle annonce : “La Clairvoyance commence !” à chaque fois. »
« Ha ha ! J’y ai pensé, moi aussi. Enfin, cet oiseau de malheur est vraiment malpoli. »
« Alors, trinquons à ça. »
« Bonne idée. »
Tandis que Sagesse l’Ancien et moi médisions de la Chouette, le kebab me parut incroyablement bon.
« Quand j’ai compris grâce à la Clairvoyance qu’il y avait des êtres derrière le Gestionnaire, une autre idée intéressante m’est venue. À ton avis, laquelle ? »
« Tu me fais passer un quiz, maintenant ? »
Les mots incrédules de Sagesse l’Ancien me firent rire malgré moi.
Je ne l’avais pas fait exprès, mais j’avais vraiment parlé comme si je lui disais : « Allez, devine. »
Est-ce qu’il m’arrivait de parler comme ça à mes compagnons ?
C’était peut-être pour ça qu’A-ri s’était moquée de moi quelques jours plus tôt.
Je devrais continuer.
« Ha ha ! C’est bien de la Sagesse, ça. »
« Ha ! Je sais déjà ce que tu vas dire. »
« Ah oui ? »
« Tu as non seulement perçu les êtres derrière le Gestionnaire, mais tu as aussi entendu leurs intentions. C’est une information qu’on ne peut normalement pas obtenir avec la Clairvoyance. »
« Pas vrai ? »
« La Clairvoyance, ce n’est ni la Clairvoyance du Futur ni la Prévoyance. Elle ne peut pas obtenir autant d’informations sans la moindre piste. En d’autres termes… »
« Je crois que la Chouette s’est servie du cadre de la Clairvoyance pour me parler directement. Il s’était passé quelque chose de semblable auparavant. Sur l’île de Jeju. »
« … »
« Quelqu’un se trouve derrière le Gestionnaire. Cette personne deviendra un facteur imprévu au troisième étage. C’est quelque chose dans ce goût-là. »
« … Elle sera au troisième étage où j’irai, pas seulement au tien, n’est-ce pas ? »
« Probablement. »
« Ha ! On dirait que notre Sponsor nous a encore témoigné sa générosité habituelle. »
« C’est ça ? »
« Alors, trinquons à ça. À la gloire de la grande Sagesse ! »
« À la grande Sagesse ! »
Nous bûmes encore.
Nous abordâmes ensuite les informations transmises par le Gestionnaire.
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