Chapitre 64
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 63 : Chambre 101, Salle maudite – « Étrange Famille », deuxième partie (1)
──────
* * *
Deuxième tentative
* * *
— Kim A-ri
Je devais dire quelque chose. Sinon, elle allait finir par défoncer la porte pour entrer.
À mesure que je m’approchais de la porte — et donc de maman —, je sentais mon sang se consumer lentement pour protéger mon esprit.
Comme je le pensais. La malédiction de la chambre 101 s’activait dès que je m’approchais de ma « famille », même si je ne faisais qu’entendre sa voix.
Dommage que je n’aie pas un filtre de protection mentale comme Ga-in.
« Maman ! Je sors bientôt. Va manger, je te rejoins après. »
— Boum ! Boum !
« J’ai faim ! Je ne veux pas manger toute seule ! »
Qu’est-ce que je pouvais bien lui dire pour qu’elle s’éloigne de la porte ? Elle était comment, déjà ?
Je m’en souvins. Je devais lui parler comme à une enfant.
« Je t’ai préparé un cadeau, maman. Tu pourrais aller un peu plus loin pendant un petit moment ? »
« Un cadeau ? Un cadeau ! D’accord ! Je vais attendre avec tellement, tellement d’impatience~ »
Maman s’éloigna de nouveau au son de ses pas précipités. Ce genre de mensonge puéril marchait encore sur elle.
Maman était elle-même une enfant. Elle n’avait pas beaucoup de patience, alors elle reviendrait bientôt. Réfléchissons. Comment étais-je censée m’échapper, exactement ?
Les autres avaient décidé de quitter leur maison et de s’enfuir, mais chez moi, ma maison avait été aménagée comme l’hôtel lui-même.
Il n’y avait aucune issue.
Si j’avais été dans l’hôtel où nous nous trouvions lors de cette deuxième tentative, j’aurais pu fermer les yeux, sauter de l’entrée principale et ralentir ma chute. J’aurais peut-être perdu tout mon sang avant d’atteindre le sol, mais j’aurais eu une chance de m’en sortir.
Mais, lors de notre première tentative, la mer profonde s’étendait juste derrière l’entrée principale de l’hôtel. Si je sortais, la pression de l’eau m’écraserait. Et l’objet qui nous avait permis de nous échapper, à l’époque, n’était pas des bottes ailées, mais une « bulle d’air ».
Je ne pouvais pas sortir par l’entrée principale. Impossible de reproduire la méthode d’évasion que j’avais utilisée à l’époque.
Si je ne pouvais pas sortir…
Alors je devais au moins neutraliser cette chose qui imitait maman, pour l’empêcher de m’approcher.
Un gros problème se posait.
Jusqu’à quel point l’hôtel avait-il reproduit ma mère ?
S’il n’avait pas reproduit la bénédiction de maman, j’étais certaine de pouvoir battre cette fausse mère, maintenant.
Mais s’il avait aussi reproduit sa bénédiction…
Pour l’instant, je me battrais contre elle et je verrais bien.
— Clic.
Quand j’ouvris la porte, la salle à manger familière apparut. Maman était assise à quelque distance, les mains sur les yeux.
J’avais un peu l’impression de me lancer des fleurs, mais elle était vraiment mignonne.
Elle aurait été une meilleure mère encore si elle avait eu toute sa raison.
Je pris une profonde inspiration.
Entre le sang que j’utiliserais pendant le combat et celui qu’il me faudrait pour résister à la contamination mentale, je n’avais pas beaucoup de temps.
Je fermai les yeux et me concentrai sur mon corps. Je sentis le sang propulsé par mon cœur pulser dans mes veines. Une force ancienne — ou peut-être une malédiction — perlait dans ce sang.
J’activai le Sang ancien.
Un souffle glacial jaillit du bout de mes doigts comme un éclair et fendit l’air.
Une frappe. C’était une attaque surprise, Mi-ro n’eut même pas le temps de réagir.
« Ah ! A-ri ? Pourquoi tu… »
Désolée.
Non, en fait, je n’étais pas désolée. Tu n’étais même pas ma vraie mère, pas vrai ? Je t’appellerais par ton nom, désormais.
Je libérai un autre souffle glacial et frappai Mi-ro deux fois. Elle hurla et roula sur le sol. Deux entailles rouges lui barraient le corps. Le sang semblait prêt à en jaillir, puis il se figea.
Mais ce n’était toujours pas suffisant.
Je voulais en finir à distance pour éviter la contamination mentale, mais mes attaques manquaient de puissance.
Ça aurait peut-être marché contre une personne ordinaire, mais achever une autre Sorcière de Sang à distance, c’était compliqué.
Au moment où je bondis, le pouvoir concentré au bout des doigts…
Une lueur brilla de l’autre côté de la table.
— Paf !
Mon épaule fut transpercée en un instant.
Je roulai sur le côté en libérant une spirale de froid, tout en vérifiant où se trouvait Mi-ro.
La situation n’était pas mauvaise.
Les blessures de Mi-ro guérissaient lentement. J’avais bien fait de lancer des souffles glacés dès le début, sans relâche. Le froid qui s’infiltrait dans son corps ralentissait son sang et commençait à gêner l’utilisation de ses pouvoirs.
Je m’approchai de nouveau, rassemblai mon pouvoir au bout des doigts et frappai Mi-ro.
— Clang !
Un bruit métallique retentit.
Nos mains, durcies comme du métal par le Sang ancien, s’entrechoquèrent.
« A-ri ! Qu’est-ce que tu fais ? Maman va te punir ! »
« Désolée. Mais je suis plus forte, maintenant, non ? Je me suis entraînée plus longtemps que tu n’as vécu. »
« Comment ça, maman est morte ? A-ri, tu as fait un drôle de rêve ? »
Pendant peut-être dix secondes, nos mains métalliques s’entrechoquèrent plus de trente fois. Nous échangeâmes des attaques féroces, reliant et rompant nos flux de sang. Quand j’eus insufflé du froid dans le corps de Mi-ro environ cinq fois…
Nous le comprîmes toutes les deux.
J’étais de loin la plus forte.
Ma maîtrise du Sang ancien et mes compétences au combat étaient à des niveaux complètement différents. Même en utilisant plus de la moitié de mon sang pour résister à la contamination mentale que Mi-ro diffusait en temps réel, je pouvais la battre sans difficulté.
« Quoi ? C’est bizarre ! A-ri, pourquoi tu es devenue si forte, tout à coup ? »
« Je te l’ai dit. Je me suis entraînée plus longtemps que tu n’as vécu. Désolée, Mi-ro. Dors un peu. »
Ce n’était pas ma vraie mère, mais la voir souffrir me faisait quand même mal au cœur. C’était presque terminé.
Une dernière Suggestion suffirait à la plonger dans un sommeil profond, sans rêves. Nos regards se croisèrent. Au moment où mon pouvoir pénétra dans l’esprit de Mi-ro…
Une balance apparut.
Ah. J’étais foutue. Cet hôtel de merde avait aussi reproduit la bénédiction de Mi-ro.
Dès que je la vis, je battis en retraite. Je ne pouvais pas gagner.
— Crac ! Boum !
Quelque chose explosa. En un instant, les meubles de la salle à manger volèrent en éclats et une force écrasante, capable de broyer un être humain, se rua sur moi. Je me cachai de justesse parmi les débris et m’échappai de la chambre 103.
C’était quand, déjà ?
Je me rappelai ce que Seung-yeop avait dit quand nous avions lu la description de la bénédiction d’Elena, la Justice, au Sanctuaire des Bénédictions.
Il s’était demandé pourquoi la bénédiction d’Elena était soumise à tant de restrictions. Seung-yeop avait supposé que c’était probablement pour préserver un « équilibre ».
Désolée, Seung-yeop, mais pas du tout.
Cet hôtel désespérant n’en avait rien à faire, de l’équilibre.
Les bénédictions accordées par l’hôtel n’avaient aucune restriction, seulement un potentiel illimité.
Les restrictions ne venaient que de l’esprit humain.
Les trois restrictions de la bénédiction d’Elena.
1. La cible devait avoir commis un acte malveillant.
2. Elena devait avoir connaissance de cet acte.
3. Une fois la mise à exécution commencée, elle ne pouvait plus être interrompue.
Il y avait aussi des notions juridiques comme la « légitime défense ».
Dans un système pénal idéal, les coupables étaient punis, la peine exigeait des preuves et la décision de punir quelqu’un ne dépendait pas du caprice de celui qui faisait appliquer la loi.
L’hôtel avait-il vraiment établi les restrictions de cette bénédiction en tenant compte des lois humaines ? Elles venaient simplement du sens de la justice d’Elena.
Cela dit, même si quelqu’un d’autre avait reçu la bénédiction de Justice, les choses n’auraient probablement pas été si différentes. Le sens de la justice de la plupart des gens reposait sur des principes largement partagés.
D’une certaine façon, il était tout naturel que Justice ait acquis des restrictions proches de celles des lois réelles. Les lois n’étaient-elles pas nées, après tout, parce que les gens ordinaires partageaient un même sens de la justice ?
Que se passerait-il si quelqu’un qui ne partageait pas ce sens commun de la justice recevait la bénédiction de Justice ?
Quelqu’un qui pensait pouvoir punir non seulement les gens, mais aussi les animaux, les monstres et même les objets, s’il le voulait.
Quelqu’un qui considérait comme mal tout ce qui lui déplaisait.
Quelqu’un qui pensait que la punition ne dépendait que de lui.
Il y a longtemps, Mi-ro m’avait créée et, en retour, elle avait perdu la raison.
L’ego enfantin qui s’était formé quand elle avait perdu la raison avait effacé toutes les restrictions de Justice et était devenu terriblement puissant !
Ce résultat désastreux me poursuivait maintenant, détruisant tout d’un simple geste.
— Criii !
Un bruit de radio cassée envahit ma tête.
Le son était si fort que j’en avais perdu une partie de mon ouïe.
— Boum !
Une détonation assourdissante retentit, comme si une bombe avait explosé dans le plafond.
— Criiiii !
Une force tranchante déchira le sol de marbre comme du papier, tandis que des fissures se propageaient dans le couloir de l’hôtel, comme si un séisme venait de frapper.
Boum !
Des pierres jaillirent d’un mur éventré et me frappèrent dans le dos. J’avais vraiment une journée pourrie.
Si je parvenais à continuer de courir au milieu de tout ce chaos, c’était parce que Mi-ro ne réussissait toujours pas à me trouver, à cause de la Suggestion imparfaite que j’avais utilisée plus tôt.
C’était encore plus absurde. Elle ne me reconnaissait même pas, mais elle détruisait tout autour d’elle.
Cela voulait dire qu’elle utilisait le pouvoir de Justice contre son environnement, pas contre moi.
À quoi ressemblait donc la « justice » de Mi-ro pour qu’elle l’utilise de cette façon ?
Le couloir à côté de moi était-il coupable parce qu’il m’agaçait et qu’il osait se trouver là ? Et la porte aussi ?
Arrêtons d’y penser.
…
Une dizaine de minutes de poursuite.
À présent, je le savais aussi. Il n’y avait vraiment plus aucun endroit où fuir.
Je volais, courais et zigzaguais frénétiquement, mais Mi-ro semblait prête à faire s’effondrer tout l’hôtel. Les dégâts étaient comparables à ceux que Ga-in avait causés quand il avait brisé l’hôtel après avoir obtenu la Descente.
J’abandonnai.
Je m’arrêtai près de l’entrée principale et regardai dehors. Des poissons étranges nageaient dans tous les sens. Lors de notre première tentative, l’hôtel se trouvait au fond de la mer.
— Clic. Clic.
Je regardais les poissons quand le temps passa et que Mi-ro réapparut, la Suggestion ayant cessé de faire effet.
« Tu es venue. »
« … »
« Ah, j’ai de plus en plus mal à la tête. Je crois que je ne vais pas tenir longtemps. »
« A-ri était vraiment bizarre, aujourd’hui. Je ne comprends pas pourquoi tu fais ça à maman. »
« Je sais. »
« Tu en veux à maman ? »
« Je me le demande. »
« Si tu m’en veux, maman est désolée. Maman s’est vraiment mise en colère tout à l’heure et a tout cassé… J’ai tellement peur quand je pense qu’A-ri me déteste. D’accord ? »
…
Ah. Même cette fausse mère m’aimait, tout comme j’aimais ma mère.
Mais, fausse maman…
Ton amour est en train de me contaminer.
« Mais A-ri sait qu’elle ne devrait pas faire ça à maman, pas vrai ? Je vais couper la tête d’A-ri et la garder avec moi pendant une semaine ! A-ri doit réfléchir à ce qu’elle a fait, d’accord ? »
J’aurais mieux fait de ne pas entendre la fin.
Voilà la vérité la plus triste.
Ma mère n’était pas comme ça parce que la malédiction de la chambre 101 l’avait contaminée. Elle avait toujours été comme ça, depuis ma naissance.
Je sentis ma conscience s’embrumer.
/Vous avez échoué !/
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 22
Lieu actuel : Niveau 1, couloir
Conseil du Sage : 3]
Waouh !
À l’instant où je sortis de la chambre 101, je me dis :
C’était vraiment trop facile ! Nous avions tant souffert avant juste parce que nous ne savions pas ça ?
C’était si simple que personne n’aurait pu échouer à s’échapper. Il suffisait de fermer les yeux, de se boucher les oreilles et de courir. Comment pouvait-on rater ça ?
Je me retournai, persuadé que tout le monde était déjà sorti, le sourire aux lèvres.
Puis je compris que quelque chose clochait.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>