Chapitre 635
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 634 : Le plus ancien des souhaits (15)
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..
...
Un lieu empli de chants de douleur qui semblaient ne jamais devoir finir.
La Plaine des Pécheurs.
« … Je ne peux pas croire tout ce que tu dis. »
« Même si Mademoiselle Mi-ro est à mes côtés ? »
« Mi-ro se laisse toujours facilement berner. »
« Ah ! C’est méchant ! »
« Haha ! Tu as raison. Nous ne sommes pas assez proches pour nous faire confiance sans réserve. Alors, juge par toi-même. »
« Moi-même ? »
« Viens avec moi au Domaine sacré. Tu as été promue jusqu’à rejoindre les Silencieux, alors je suis sûr que tu peux te faire ta propre opinion. »
« … »
« Qu’est-ce que tu comptes faire ? Je pense que… »
« Je vais lui demander directement. »
« Pardon ? Non… »
« Sainte Mère, l’autre camp est plus intelligent que nous. Tu ne crois pas ? »
« … C’est vrai. »
« C’est le moment d’être sincères, pas de jouer des tours. »
Dans l’ascenseur reconstitué.
« A-ri ! À quoi tu penses ? »
« Au passé. »
« Au passé ? »
« Au jour où nous avons obtenu le Polyèdre irrégulier. »
« Quel drôle de souvenir. »
* * *
「Utilisateur : --- (Sagesse)
Date : Jour 234
Emplacement actuel : recherche…
Conseil du Sage : 0」
Au milieu du Domaine sacré, désormais réduit à un sinistre champ de ruines, je n’eus qu’un instant pour baisser les yeux vers les restes d’Emilio, le Prince, qui gisait au sol, enveloppe de chair privée d’âme.
--- Ffffff… !
Alors, l’antique trésor à la douce lueur, la Couronne, se révéla !
L’attente était enfin terminée.
J’avais consacré mille vies à cet instant !
« Ah… ! »
À cet instant, je sentis un liquide chaud couler sur mes joues.
Je me sentis comme un enfant, mais je ne pus retenir mes larmes.
À qui aurais-je bien pu expliquer ce que je ressentais ?
Ce n’était pas la première fois que je voyais la Couronne.
Ce n’était même pas la première fois que je la touchais.
Mais chaque rencontre précédente n’avait été qu’un concentré de désespoir.
« Tu ne fais pas partie de la Royauté. »
« Tu n’es pas digne d’obtenir la Couronne. »
Voilà tout ce que j’avais entendu.
Et maintenant ?
Je m’approchai, hébété, et m’emparai de la Couronne. À cet instant, je sus.
La Couronne m’avait reconnu.
Elle m’avait accepté pour maître, désormais unie à l’âme du Prince !
Un instant, je fus grisé par un sentiment de victoire et d’omnipotence si immense qu’il m’était impossible de le décrire.
Puis je sentis une présence derrière moi.
À vrai dire, je savais depuis longtemps que quelqu’un approchait.
Je ne les avais simplement pas arrêtés, parce que je les connaissais bien.
« Vous voilà ? »
« Oui, nous voilà. »
C’était la voix d’A-ri.
Je me retournai et vis A-ri et Mi-ro, deux belles jeunes filles dont les couleurs contrastaient comme le noir et le blanc.
Seung-yeop se tenait à leurs côtés, haletant comme s’il était épuisé, tandis que la Sainte Mère souriait près de lui.
« Aedia. »
« Saint Fils, félicitations pour cet immense accomplissement ! »
« … Je n’arrive pas à croire que tu sois encore là. »
À la voir se mêler si naturellement à mes compagnons, on aurait dit la Sainte Mère, l’Entité invoquée. Pourtant, le temps accordé à une Entité invoquée aurait dû prendre fin depuis longtemps.
« Ah, tu ne le sais toujours pas ? Tu devrais trouver la réponse dans les souvenirs du Prince. »
C’était vrai, j’étais désormais uni à l’âme du Prince.
Pourtant, ses souvenirs ne me semblaient pas aussi naturels que les miens.
C’était comme avaler un aliment sans l’avoir entièrement digéré.
Il me fallut donc un peu de temps pour comprendre les paroles de la Sainte Mère.
« … »
« Tu comprends, maintenant ? »
La Sainte Mère était un être devenu immortel en remplaçant son corps tout entier par du Cristal de Qliphoth !
Et ce n’était pas tout.
« … Il y avait un cristal gigantesque à l’intérieur de la Lune. »
Une masse de Cristal de Qliphoth grande comme un immeuble !
C’était là le véritable corps de la Sainte Mère.
La belle jeune femme que nous voyions d’ordinaire n’était qu’un petit fragment détaché de ce corps, un double.
Et il y avait plus étrange encore.
La Sainte Mère habituelle, le double, ignorait que son véritable corps existait ailleurs.
On l’avait volontairement tenue dans l’ignorance, car le fait de le savoir aurait pu briser la continuité de son identité.
La Sainte Mère s’était conçue de façon à ne découvrir la vérité qu’en cas de danger extrême !
Juste avant de disparaître, l’Entité invoquée qu’était la Sainte Mère avait transmis ses souvenirs à son véritable corps.
« Aedia, tu es vraiment étrange. Comme Sagesse l’Ancien… »
« Eh bien, j’ai vécu longtemps. Quand on vit aussi longtemps, on finit forcément par traverser toutes sortes d’épreuves. »
« … »
« Sagesse l’Ancien va bien ? »
« Il a épuisé toutes ses forces et s’est évanoui. Il lui faudra du repos. »
L’Hôtel… ou plutôt, l’École ?
Quand la Sainte Mère avait obtenu le Cristal de Qliphoth pour la première fois, elle n’était sans doute pas aussi puissante.
Tout au plus avait-elle pu remplacer sa peau et renforcer son corps.
Le temps était terrifiant.
Le potentiel d’un Héritage était si mystérieux.
« Laissons mon histoire de côté. Ce n’est pas le plus important. »
J’acquiesçai et observai de nouveau mes compagnons. Je remarquai alors qu’il manquait quelqu’un.
« A-ri, où est Eun-sol ? »
« Elle se repose. Elle est en bien plus mauvais état que moi. »
Comme elle était physiquement une humaine ordinaire, c’était peut-être inévitable.
« Et Jin-cheol ? »
« Il a été trop exposé au pouvoir de l’Héritage. Lui aussi aura besoin d’un long repos. »
« Et Elena ? »
Cette fois, Seung-yeop répondit.
« J-Je l’ai mise dans la Boîte des âmes ! »
« Quoi ? »
Il avait l’air de ne pas savoir lui-même comment l’expliquer.
« … Son corps a été détruit. »
Le corps d’Elena avait été détruit, et son âme semblait avoir été placée dans l’Héritage de Seung-yeop.
Cela me surprit un peu, mais, à la réflexion, ce n’était pas irréversible.
Le Bureau de gestion avait fabriqué un nouveau réceptacle pour Sophia, qui se trouvait dans une situation similaire, afin qu’il puisse accueillir une âme.
Il restait de nombreuses traces du corps d’Elena à l’Église de la Lune.
Le Bureau de gestion pourrait donc probablement fabriquer un réceptacle pour l’âme d’Elena, qu’il s’agisse d’un clone ou d’autre chose.
Si ce corps était biologiquement identique au sien, elle pourrait peut-être utiliser de nouveau sa bénédiction.
Alors que j’allais hocher la tête, ayant compris la situation…
« … »
Je compris que quelque chose clochait dans les réactions de mes compagnons, et surtout dans celle de Mi-ro.
D’habitude, n’aurait-elle pas dû se précipiter vers moi en poussant son petit cri nasillard : « Ga-in~ ! » ?
Pourquoi restait-elle près d’A-ri, l’air terrifiée ?
A-ri avait peut-être remarqué mon expression, car elle prit bientôt la parole.
« Ga-in. »
« Qu’y a-t-il ? »
A-ri ouvrit légèrement les bras avant de parler. Nous avions passé tant de temps ensemble que je pouvais deviner ses intentions.
Elle allait tout dire franchement, sans rien cacher.
« Aedia se méfie de toi. »
À ces mots, la Sainte Mère esquissa un sourire amer. Elle ne le nia pas.
« Elle dit que tu n’es pas Han Ga-in en ce moment, mais l’ancien Chercheur, le maître du Prince… »
« Aleph ? »
« C’est donc ton nom. Oui. Je crois que tu es Aleph. »
« … »
« Elle dit que tu es foncièrement maléfique, un autre grand mal qui menacera le monde. Tu peux nous expliquer un peu ? »
Qui étais-je, à présent ?
Je répondis dans un soupir discret.
« Sainte Mère, ne trouble pas mes compagnons avec des absurdités. »
« Je… »
Aedia fronça les sourcils et voulut ajouter quelque chose. Je frappai doucement dans mes mains.
--- Clap !
La forme de la Sainte Mère disparut aussitôt.
Mi-ro et Seung-yeop sursautèrent, tandis qu’A-ri restait calme.
Craignant que mes compagnons ne se méprennent, je m’empressai d’ajouter :
« Je ne l’ai pas tuée, hein. J’ai simplement… »
« Tu l’as expulsée du Domaine sacré ? »
En y repensant, le Prince aurait pu prendre toutes sortes de mesures contre nous, comme je venais de le faire.
Quand le Prince avait dit : « J’aurais déjà pu vous tuer deux fois, voire trois », c’était à cela qu’il faisait allusion.
Pourquoi ne l’avait-il pas fait ?
Parce qu’il pensait que je n’avais aucune chance de gagner.
Il avait sûrement prévu de me garder lui-même dans le Domaine sacré, puis de me persuader ou de me laver le cerveau.
Il avait sans doute pensé qu’il serait ainsi plus facile de gérer les Pilleurs et le Bureau de gestion, à l’extérieur.
Cette erreur, cette négligence, faisait partie des nombreuses raisons de sa défaite.
« Je me suis dit que les malentendus ne feraient que s’accumuler si quelqu’un qui n’avait rien à voir avec nous restait à côté, à raconter n’importe quoi. »
« C’est possible. »
Peut-être grâce au ton calme d’A-ri, Seung-yeop et Mi-ro se détendirent peu à peu. Je me sentis moi aussi un peu mieux.
« Pour t’expliquer, je n’ai fait que retrouver des souvenirs très anciens. »
« Des souvenirs de l’époque où tu étais Aleph ? »
« C’est ça. Ça ne veut pas dire que j’ai perdu les souvenirs acquis depuis. Ils sont tous intacts. Par exemple, Mi-ro m’invoque toutes les nuits avec le Prêteur de Temps… »
« Ah ! »
« … m’invoque… »
« Ah ! C-C’est faux ! Je ne t’invoque pas toutes les nuits ! Seulement parfois… »
« Donc, pas toutes les nuits, seulement parfois ? »
« C-Comment tu le sais ?! »
A-ri poussa un long soupir tandis que Mi-ro rougissait jusqu’aux oreilles.
« Bon, ça va. Mi-ro, je sais aussi que tu l’invoques souvent, alors tais-toi, s’il te plaît. »
« Comment tu sais ça… »
« Ce serait étrange que je ne le sache toujours pas. »
« Bref, ça répond à ta question ? »
Ma réponse était simple.
Je ne faisais que me souvenir d’un passé oublié depuis longtemps. Est-ce que cela faisait de moi une personne si différente ?
Même les gens ordinaires oubliaient leurs souvenirs et les retrouvaient parfois.
A-ri répondit avec un léger sourire.
« Ce que tu dis me semble logique. L’avis de la Sainte Mère n’est qu’une supposition de sa part. »
« Exactement. »
« Et comment la Sainte Mère pourrait-elle connaître précisément ton état, de toute façon ? »
« C’est bien vrai. »
J’acquiesçai et m’apprêtai à rejoindre mes compagnons lorsqu’A-ri ajouta quelque chose d’étrange.
« J’ai pensé à autre chose. »
« À quoi ? »
« Peut-être que la Sainte Mère n’est pas la seule à mal comprendre ta situation. Toi non plus, tu ne la comprends peut-être pas très bien. »
« … »
« C’est possible, non ? Tu viens de recevoir une quantité énorme d’informations et de pouvoir. »
Je me rappelai que, tout à l’heure, les souvenirs du Prince ne m’étaient pas immédiatement revenus.
Comme l’avait dit A-ri, j’avais reçu une quantité considérable d’informations et de pouvoir, et il me faudrait longtemps pour tout assimiler.
Un adage bouddhiste parlait d’éveil soudain et de pratique graduelle.
Même après l’éveil soudain, il fallait encore s’exercer peu à peu.
« Je vais te poser une seule question. »
« … »
« Qu’est-ce que tu vas faire, maintenant ? »
Que devais-je faire, désormais ?
Au fond, la question était de savoir ce que je considérais comme une fin heureuse.
La réponse était simple.
J’avais déjà parlé de nos projets avec mes compagnons, il y a longtemps.
D’abord, obtenir la Couronne.
Ensuite, utiliser le pouvoir de la Couronne pour prendre le contrôle de la Lune.
Nous avions réussi jusque-là.
Troisièmement, une fois Sagesse l’Ancien réveillé, lui faire annoncer que nous avions conquis la Lune.
Et ensuite…
Il restait plusieurs étapes, mais la conclusion était simple.
« … Utiliser le pouvoir de la Lune pour engloutir tous les Pilleurs, puis… »
« Exactement. La principale caractéristique de la Lune, c’est qu’elle n’a aucune limite de capacité. Une fois la Lune en notre possession, nous pourrons réunir toutes les Arches en une seule. Et après ? »
« … »
La suite était la réponse à tous les problèmes, le cœur de la fin heureuse imaginée par mon ancien moi.
A-ri répondit à ma place.
« Je te l’ai déjà dit, non ? Au bout du compte, nous devons démanteler la Lune et les Arches. Engloutir les Pilleurs n’est qu’un moyen de les contrôler. »
« … »
« Nous avons même le Miroir pour ça. Bien sûr, diviser la Lune prendra très longtemps… mais nous avons tout notre temps, désormais. N’est-ce pas ? »
Rien de ce qu’avait dit A-ri n’était nouveau.
Mon ancien moi avait tout expliqué directement à mes compagnons.
Le processus serait long, mais la conclusion était simple.
Il s’agissait de mettre fin à cette partie de chaises musicales qui semblait ne jamais devoir s’arrêter.
L’humanité, qui avait erré pendant des éons après avoir perdu son monde, pourrait enfin s’installer et prospérer de nouveau.
Cela signifiait qu’un jour, il faudrait diviser toutes les Arches, Lune comprise.
Je compris alors le véritable sens de la question d’A-ri.
1. Tu ne sais pas si tu es Aleph ou Ga-in.
2. Aleph et Ga-in ne peuvent pas désirer la même fin heureuse.
3. Quelle fin désires-tu ?
Il fallait ajouter une chose.
4. Une fois ta décision prise, agis immédiatement au lieu de perdre du temps.
Dès que nous sortirions et commencerions à communiquer avec le Bureau de gestion et les Pilleurs, il te serait plus difficile de maîtriser la situation.
Quand mes pensées arrivèrent jusque-là, je sus ce que je devais faire.
--- Toc !
« Hein ? »
Je frappai légèrement le sol du pied.
Mi-ro, qui ne faisait que pencher la tête sans comprendre ce qui se passait, s’effondra aussitôt.
Seung-yeop sentit le danger et tenta de réagir, mais…
--- Toc !
« Gnh ! »
Une résistance vaine.
Depuis que je m’étais uni au Prince, tout ce domaine était devenu ma terre, mon territoire.
A-ri était la seule à n’avoir pas été touchée. Elle s’était déjà entourée du Polyèdre irrégulier.
« Tu maîtrises bien mieux ton Héritage qu’avant. »
A-ri répondit d’une voix triste, comme si elle déplorait quelque chose.
« Aleph, c’est ton choix. »
Elle ne m’appelait plus Ga-in.
« A-ri, réfléchis. Pourquoi faudrait-il les diviser, d’abord ? »
« … »
« Les humains ne sont, au fond, que des créatures faibles et insignifiantes. Pourtant, elles se sont rassemblées et ont atteint un royaume supérieur. N’est-ce pas là l’Ascension de tous ? N’est-ce pas déjà une réussite ? »
« … »
« Briser la Lune et les Arches avec le Miroir, puis les rendre à des centaines de milliards d’humains ? Ce n’est pas une fin heureuse. C’est le suicide du Grand Être, le contraire de l’Ascension, une chute. »
« Toi… »
« Réfléchis sans préjugés. Qu’est-ce qui est le mieux pour nous tous… »
« Tu n’es pas le vrai Ga-in. »
L’instant d’après, le Polyèdre irrégulier dans la main d’A-ri émit une étrange lumière et déforma l’espace.
Une attaque fendit les airs dans ma direction !
Une attaque qu’un humain ordinaire ne pouvait ni voir ni sentir.
Pourtant, je percevais clairement sa trajectoire et la manière dont elle allait m’atteindre.
Je trouvais même cette attaque lente et faible !
« Haha ! »
Mon sentiment d’omnipotence était si immense qu’il me fit rire d’incrédulité. Je balayai nonchalamment l’air de la main, et l’attaque du Polyèdre irrégulier disparut sans laisser de trace.
Je me dis qu’il valait mieux endormir A-ri un moment, et fis claquer mes doigts…
--- Craac !
« Hein ? »
Un immense trou s’ouvrit dans le corps d’A-ri.
Pour la première fois, je fus un peu décontenancé.
Je m’étais attendu à ce qu’elle esquive ou bloque une attaque de cette ampleur, et je préparais déjà la suivante.
C’était comme lancer un petit direct, puis voir son adversaire l’encaisser de plein fouet et mourir sur place.
Qu’est-ce que c’était que ça ? A-ri était-elle plus mal en point que je ne le pensais ?
Au moment où je me posai la question, tout autour de moi sembla ralentir.
Je regardai cette belle jeune fille s’approcher lentement de la mort, juste devant moi.
Je regardai A-ri, que j’avais autrefois considérée comme une compagne précieuse.
« … »
L’espace d’un instant, je ressentis une émotion intense, que je ne pouvais qualifier que de chagrin.
C’était encore une faiblesse qu’il me fallait surmonter.
Rien de plus que les cinq désirs et les sept émotions auxquels je devais renoncer pour devenir un Grand Être.
Alors, A-ri remua lentement les lèvres dans les airs.
« Ga-in. »
C’était tout.
Une voix dérisoire, qui aspirait à retrouver une illusion disparue.
Ce ne fut qu’à cet instant que je compris ce que cette fille insensée avait en tête.
Elle n’avait jamais eu l’intention de me vaincre.
J’étais un adversaire qu’elle ne pourrait jamais battre.
Elle avait simplement voulu me montrer quelque chose de bouleversant, comme ça.
Si elle pouvait ébranler mon cœur, ne serait-ce qu’un instant, si elle pouvait y créer une fissure…
Elle espérait qu’il pourrait se passer quelque chose.
Je restai un instant stupéfait.
Elle avait atteint un rang reconnu par le Bureau de gestion, et tout ce qu’elle avait trouvé pour son dernier recours, c’était ça ?
Alors que j’allais soupirer devant la faiblesse de son plan, je remarquai un changement.
「Utilisateur : Aleph (Sagesse)」
La fenêtre de statut, qui affichait mon nom comme « --- » jusqu’à l’instant précédent, indiquait désormais clairement « Aleph ».
Cela me tracassait discrètement, mais je comprenais à présent pourquoi !
Il n’y avait jamais eu de réponse prédéterminée à la question de savoir ce que deviendrait « --- ».
C’était une question de choix, et « moi » avais choisi Aleph.
…
J’avais dépassé l’Unicité. Quelqu’un d’autre avait donc dû faire un choix différent.
--- Ffff… !
Je sentis le regard de quelqu’un.
Je savais que ce regard était l’ultime épreuve que le Bouddha m’avait imposée !
Notes de bas de page :
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