Chapitre 632
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 631 : Le vœu le plus ancien (12)
──────
- Mi-ro
Le changement survint sans prévenir.
— Fffuit !
Je suivais Ga-in sur le long chemin rectiligne du Domaine sacré quand un côté de mon champ de vision s’assombrit.
Je me tournai pour voir ce que c’était et découvris une porte d’un noir d’encre.
Je n’eus même pas le temps de demander : « Qu’est-ce que c’est ? » qu’Aedia m’attrapa et m’entraîna à travers la porte !
« Hein ? »
Je protestai trop tard. Nous étions déjà dans un endroit complètement différent du Domaine sacré.
La première chose que je fis fut de saisir ma montre à gousset !
Je comptais renvoyer Aedia sur-le-champ. Elle se comportait clairement de façon étrange.
Mais il y avait un problème.
J’étais incapable de retourner seule au Domaine sacré.
Après tout, seule la Sainte Mère pouvait créer un ascenseur qui y menait.
Alors que je restais plantée là, le Prêteur de temps serré dans ma main, à bafouiller : « Euh, euh, euh… ! », Aedia me prit la main et me regarda d’un air implorant.
« Mi-ro. »
« … »
« Juste une fois. Fais-moi confiance, juste cette fois. »
C’était une demande absurde.
Si j’avais été Ga-in, j’aurais peut-être ignoré ce que la Sainte Mère pouvait bien me dire et je l’aurais renvoyée aussitôt…
Pourtant, mes souvenirs de la chambre 207 me retinrent.
Aedia, venue de l’Égypte antique.
Une jeune fille gentille et juste qui aimait le peuple égyptien.
Cette princesse et la Sainte Mère qui se tenait devant moi étaient deux personnes différentes, qui avaient vécu des vies complètement distinctes.
Et pourtant, elles n’étaient pas si différentes à certains égards.
Ga-in ne l’avait-il pas répété plusieurs fois ?
Que les deux Aedia avaient des personnalités incroyablement similaires !
« … Qu’est-ce que tu essaies de faire ? »
Aedia esquissa un sourire, me fit signe de la suivre et se mit à courir.
Ça m’agaçait qu’elle parte sans rien m’expliquer, mais il lui restait moins de trois minutes.
Si elle avait quelque chose à faire, elle n’avait sans doute pas le temps de me l’expliquer.
Plutôt que d’insister, je courus après Aedia, paniquée.
— Tap tap tap !
Nous courions depuis environ une minute ?
Sans que je m’en rende compte, nous étions arrivées dans un vaste espace.
Il n’y avait pas de véritable éclairage, et je ne distinguais pas notre environnement.
« O-on est où ? »
« … »
Elle ne répondit pas.
À la place, j’entendais sans cesse des « Krrrk ! Clac ! » qui venaient de l’avant.
On aurait dit qu’Aedia manipulait une machine inconnue.
J’entendais aussi quelque chose de dur se briser.
« Eh bien. »
« Aedia ? »
« Mon moi de l’Église de la Lune a déjà été vaincu ? »
« V-vraiment ? »
« Ce garçon, il s’appelait Seung-yeop, c’est ça ? Et mademoiselle Elena. Ils ont dû être plus forts que je ne le pensais. »
Elena avait toujours été l’une de nos compagnes les plus fortes, et Seung-yeop…
Avait-il utilisé l’Éveil ?
Sinon, Fortuna aurait pu le faire !
« Malgré tout, j’ai vécu aussi longtemps et je me suis fait battre par deux personnes seulement… Quelle honte. »
« Aedia ! Quoi que tu essaies de faire, il ne te reste vraiment plus beaucoup de temps ! »
« Combien ? »
« Là, euh… moins d’une minute ! Quarante secondes… »
« Ça suffit. J’ai terminé. »
— Clic !
Un interrupteur s’enclencha et les alentours s’illuminèrent.
« Ah ! »
La première chose que je vis fut Aedia, la moitié du crâne fendue !
— Boum !
La surprise me fit tomber à la renverse sur les fesses.
Sur le moment, je ne sus pas ce qui était le plus horrible : la tête fendue d’Aedia ou le fait qu’il n’en sortît pas de sang, mais seulement des fragments de pierre violette.
« Q-qu’est-ce que… ? »
La tête fendue, la Sainte Mère me répondit calmement, comme si de rien n’était.
« Merci. Tout s’est bien passé parce que tu m’as fait confiance. »
« Aedia ! »
« Mi-ro… ma chère amie. Je vais te confier mon plus grand secret. »
« Quoi ? »
La Sainte Mère esquissa un sourire et désigna l’endroit devant elle.
Je suivis son geste du regard, hébétée.
« … »
Le plus grand secret de la Sainte Mère.
Une silhouette gigantesque émergea des ténèbres !
Submergée par sa présence, je marmonnai d’un air absent :
« Q-quel est ton but ? »
La Sainte Mère répondit, les lèvres seules recourbées en un sourire.
« Atteindre une fin où tout le monde pourra sourire au dernier instant. »
C’était sa fin.
Et c’était aussi un nouveau départ.
* * *
「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 234
Emplacement actuel : Recherche…
Conseil du Sage : 0」
- Han Ga-in
« Il n’y a personne ? Personne pour me libérer de cet enfer… »
Mon prédécesseur semblait prisonnier d’un rêve lointain, enfoui dans le passé.
Si j’en avais eu le temps, j’aurais aimé attendre qu’il se réveille…
Mais face à la menace de l’être insondable qui se trouvait devant moi, je ne pouvais pas me le permettre.
« … »
Il ne s’approchait pas de moi.
Il se contentait de m’observer, comme pour m’inviter à venir.
Le temps jouait en sa faveur.
Je n’eus donc d’autre choix que de prendre une profonde inspiration et d’avancer.
— Floc !
On aurait dit un caillou tombant dans un lac immobile.
Puis une illusion inconnue m’envahit.
* * *
.
..
...
« □□□. »
« … »
« □□□ ! Chercheur senior, vous m’entendez ? »
« … Ah. »
Je me réveillai dans un endroit qui ressemblait à un bureau inconnu.
Ce changement soudain me plongea dans une profonde confusion, mais mon « moi » s’en accommoda naturellement.
« Désolé. J’ai eu un vertige soudain… »
« Hum ! Le travail, c’est important, mais vous devez aussi vous reposer. Surtout quelqu’un d’aussi précieux que vous. »
« Vous me flattez. »
« Haha ! Vous flatter ? Pas du tout ! »
J’avais l’impression de regarder un film.
Un film dont le protagoniste était « moi ».
« Gilbert, au sujet des documents que je vous ai demandés tout à l’heure… »
« Hum… Comme vous le savez, un chercheur senior a une habilitation de sécurité de classe Bêta. »
« … »
« Les documents que vous avez demandés sont de classe Alpha. »
« … »
« Je sais, je sais. Vous n’êtes pas un chercheur senior comme les autres. Les hauts responsables ont aussi remarqué vos accomplissements… »
« Je vous en prie. »
« … »
« … »
« □□□, je vais bientôt assister à la réunion du soir. »
« Qu’est-ce que vous voulez dire ? »
« J’espère que vous n’irez pas fouiller dans mes tiroirs pendant mon absence. »
« … Merci. »
« De quoi parlez-vous ? »
Peu après, le supérieur qui parlait avec « moi » s’en alla.
Moi, non, □□□ fouilla dans les tiroirs et trouva plusieurs enveloppes contenant des documents.
…
Un souvenir très ancien.
À cette époque, j’occupais le poste de chercheur senior.
À l’époque, « moi » essayais d’obtenir des documents auxquels mon habilitation de chercheur senior ne me donnait pas accès.
À en juger par la situation, après bien des efforts, j’avais dû réussir à rallier un supérieur à ma cause et à obtenir les documents.
Mais qu’était □□□ ?
Il s’agissait sans doute de mon nom à l’époque, mais je n’arrivais pas à l’entendre clairement.
* * *
Je me réveillai sous une lumière argentée éclatante, en train de parcourir divers documents.
Nous nous trouvions sous terre, dans la Zone de confinement C-213.
— Froufrou !
「Étude sur les Entités de convergence des âmes」
« … »
「1. Origine
Comme T. Raymond l’a révélé un jour, l’essence des êtres appelés dieux est simple.
Dans les irrégularités cosmiques qui existent depuis la création du ciel et de la terre…
Une quantité infinie de Chaos s’est rassemblée en un point, et un dieu est né.
Si nous remontons ce processus à sa source, ne pourrions-nous pas créer un Grand Être de nos propres mains ?」
Le principe consistant à rassembler des âmes humaines pour créer un dieu.
C’était l’essence des mystères découverts par la première civilisation.
« Je » fouillai longtemps dans les documents de recherche, puis saisis soudain un stylo et griffonnai sur une feuille blanche.
Je suis un insecte.
L’Humanité est un insecte.
Nous sommes des créatures faibles et insignifiantes.
Si mes débuts furent modestes, ma fin sera glorieuse.
Je jurai qu’une vie commencée comme un insecte ne s’achèverait pas ainsi.
« … »
Je ressentis des émotions violentes.
De la jalousie envers les Grands Êtres qui contemplaient la terre depuis les lointains Cieux étoilés.
Du chagrin face au destin qui m’avait fait naître humain.
Le désir de m’élever et de surmonter ma faiblesse.
La page suivante révéla bientôt un élément crucial.
「4. Contrôle et gestion
Selon les recherches de T. Albert datant de l’an 4731 A.S., même une Arche de stade 2 peut être maîtrisée grâce à la “Couronne”.」
— Froufrou !
En tournant les pages des documents de recherche, je tombai sur la phrase suivante.
「La Couronne est achevée. Ah… ! Louange à elle. Seuls les nobles dignes d’éloges pourront porter la Couronne.」
Les nobles dignes d’éloges désignaient la Royauté de la Civilisation primordiale.
« … »
Le mystère suprême découvert par la Civilisation primordiale.
Le principe consistant à rassembler des âmes humaines pour créer un dieu.
Le principe de la Couronne, qui permettait à son porteur de maîtriser ce dieu et, finalement, de le dépasser.
En combinant les deux, un membre de la Royauté qui obtenait la Couronne pouvait renaître en tant que Grand Être.
Une technique suprême.
Pourtant, elle comportait une faille.
C’était à moi de la combler.
— Clac !
Juste avant de refermer le dossier, je ressentis une émotion incompréhensible.
« … Qu’est-ce que c’est ? »
Une immensité qui réduisait à néant toute la gloire bâtie par l’Humanité !
Un désespoir inéluctable.
Dans le passé, quelque chose m’avait profondément effrayé, et cette peur avait été à l’origine de tout.
Mais…
Je l’ignorais.
Je n’avais aucune idée de ce qui avait effrayé mon ancien moi, non, □□□.
Comme pour mon nom, seule la partie de mes souvenirs liée à cette peur refusait de remonter à la surface.
* * *
— Bip ! Bip !
Les alarmes retentissaient de toutes parts, tandis que tous les voyants d’alerte des murs clignotaient frénétiquement.
Les mots « Scénario de fin du monde de classe XK » apparurent sur l’écran. Je n’en comprenais pas exactement le sens, mais je voyais bien que tout le secteur était plongé dans le chaos.
Les murs étaient couverts de sang et d’entrailles, comme après une fusillade. Des cadavres jonchaient le sol, et des gens rendaient leur dernier souffle sous mes yeux.
Je marchai calmement parmi eux.
« Directeur □□□ ! C-ce… Qu’est-ce que vous avez fait, bordel ? Hum ! »
Ce n’est qu’en entendant cette voix pleine de rancœur que je compris.
Le « moi » du passé semblait être à l’origine de tout ce chaos.
« … »
- Kyaaaah ! Grrrraah !
- A-aidez-moi !
De toutes parts retentissaient les cris terribles des monstres, mêlés aux hurlements des gens qui souffraient.
- Bang ! Bang !
- Équipe d’intervention 3, rendez-vous dans la zone 13 !
- Le Cirque des fées a été libéré dans la zone 8… Aaargh !
Des coups de feu retentissaient de toutes parts.
Les gens s’efforçaient désespérément de reprendre la situation en main, tandis que des cris horribles s’élevaient au milieu du chaos.
Plus j’écoutais, plus mes sentiments se mélangeaient. Quoi qu’il en soit, mon corps avançait de lui-même.
Un vague instinct.
Des chercheurs, des employés, des équipes d’intervention et d’innombrables autres personnes tentaient d’arrêter le moi du passé.
Une résistance inutile.
À présent, j’étais directeur de la recherche mystique au Bureau de protection humaine.
La seule personne à connaître tous les passages secrets et toutes les armes de l’installation.
La seule personne à avoir le dernier mot sur toutes les procédures.
Une fois que je les eus trahis, ils n’eurent plus aucune chance.
…
Si tout cela s’était vraiment passé dans le passé…
Je devrais oublier ma rancune contre le Bureau de gestion, qui m’avait tué encore et encore.
Franchement, mon ancien moi avait l’air de mériter la mort.
* * *
Un espace rempli de lumières étranges qui tourbillonnaient sans cesse.
En son centre se tenait un garçon blond plutôt beau, ligoté par des chaînes noires.
Quand je m’approchai, le garçon cligna des yeux, effrayé, et demanda :
« Q-qui es-tu ? Si tu me touches, je vais… je vais te tuer ! »
À cet instant, dans un crépitement, un nom que je croyais impossible à me rappeler me revint en mémoire.
« Je suis Aleph (ℵ). Je suis celui qui va te libérer. »
« M-me libérer ? Pourquoi ? »
Les mots qui suivirent furent parfaitement sincères.
C’est pour cela que je ne parvenais pas à les comprendre.
« Pour me sauver de l’enfer. »
— Floc !
Notes de bas de page :
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