Chapitre 631
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 630 : Le souhait le plus ancien (11)
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「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 234
Lieu actuel : recherche en cours….
Conseil du Sage : 0」
— Han Ga-in
Le Domaine sacré, où résidait le Prince, maître de la Lune.
On disait que le Domaine sacré avait une structure extrêmement simple : un long chemin rectiligne, sans aucune bifurcation.
Pourtant, même après avoir invoqué le Soleil sacré et scruté le chemin au loin grâce à ma vision surhumaine, je ne parvenais pas à voir au-delà d’un certain point.
« On n’a qu’à continuer tout droit ? »
« Oui. Ça ne sera pas facile. »
« Depuis quand est-ce que les choses sont faciles ? »
La Sainte Mère prévint que le chemin restant serait difficile, et Sagesse l’Ancien lui répondit comme s’il lui demandait pourquoi elle énonçait une évidence.
« … Je ne suis jamais allé jusqu’au bout, moi non plus. D’habitude, le Prince venait me raccompagner. »
Difficile d’atteindre le bout ?
Je voulais qu’il m’explique plus en détail, mais depuis que j’avais invoqué la Sainte Mère, nous n’avions pas eu une seconde de répit.
Et il en allait toujours de même.
Il ne lui restait qu’un peu plus de cinq minutes.
« Allons-y. »
* * *
Je m’en rendis compte après seulement quelques pas.
Chaque pas était incroyablement difficile.
J’avais l’impression de gravir une pente impossible.
Pourtant, le sol n’était pas incliné.
Les sens humains ne pouvaient pas comprendre ce qui se passait ; ils ne pouvaient qu’interpréter la sensation comme une sorte de montée.
« … »
Je fis un autre pas en silence et m’élevai encore vers un lieu plus haut.
Un lieu plus haut.
Une dimension supérieure.
Un royaume sublime.
J’avais déjà vécu quelque chose de semblable.
--- Toc !
« C’est un peu difficile. »
Sagesse l’Ancien, qui marchait devant nous, s’arrêta.
« Ça va ? »
« Pour l’instant. »
« … »
« Cette sensation me rappelle quelque chose. Pour moi, ça remonte à très longtemps… mais vous devriez encore vous en souvenir. »
« Le Sanctuaire des Bénédictions. »
« Oui. C’est comme quand on a rencontré la Chouette au Sanctuaire des Bénédictions… »
C’était la sensation que j’éprouvais chaque fois que je rencontrais un Sponsor au Sanctuaire des Bénédictions.
Celle de perdre mon corps, tandis que seul mon esprit continuait de s’élever, sans fin.
Pas vers le haut au sens physique, mais comme si j’étais attiré vers un royaume fondamentalement supérieur.
Je commençai à entrevoir une partie du secret du Domaine sacré.
« Ce n’est pas un terrain plat. C’est un chemin qui mène vers le haut. »
« Plus on avance, plus le royaume s’élève… »
Mi-ro marmonna alors derrière nous.
« Ga-in, tu ne trouves pas qu’on a rapetissé ? »
« C’est une illusion. »
« J-je suis sûre qu’on a rapetissé… »
« On n’a pas rapetissé. C’est cet espace qui devient gigantesque. »
« Quoi ? »
« Continuons. Il n’y a qu’un seul chemin. »
Quelques minutes passèrent.
Quand le silence derrière nous devint trop pesant, je me retournai. Mi-ro et la Sainte Mère avaient disparu.
« Sainte Mère. »
« Ha ! Je me doutais qu’elle finirait par nous attirer des ennuis. Alors, c’est maintenant ? »
La Sainte Mère avait soudainement disparu avec Mi-ro, mais Sagesse l’Ancien ne semblait pas particulièrement surpris.
Il avait plutôt l’air de se dire : « Voilà donc ce que je redoutais. »
Je ressentais à peu près la même chose.
« Si elle était restée dans son état initial, ça aurait pu être différent, mais la Sainte Mère se remettait visiblement. »
« C’est vrai. »
Au début, elle ressemblait à une enfant à moitié brisée, qui suivait mes paroles sans poser de questions.
Elle aurait été plus facile à gérer si elle était restée ainsi, mais à un moment donné, elle avait commencé à se rétablir.
Le premier tournant avait probablement eu lieu quand elle avait pris conscience de l’existence d’une autre version d’elle-même à l’Église de la Lune.
Ensuite, le fait de recevoir sans cesse l’aide de la Flûte pour maintenir l’ascenseur avait été décisif.
« Elle a dû trouver un objectif qui lui soit propre. »
« … Qu’est-ce que tu comptes faire ? »
« On continue. »
« Oui. Faisons ça. »
Si nous n’avions pas surveillé la Sainte Mère de près, bien que nous sachions qu’elle avait d’autres idées en tête, c’était pour une raison.
Sagesse l’Ancien et moi ne nous étions pas non plus affolés en constatant sa disparition soudaine.
« Elle ne nous veut pas de mal. »
« On dirait que tu as ressenti la même chose dans la Mer la plus profonde. »
Dans la Mer la plus profonde, les pensées de chacun s’étaient mêlées sans qu’on le veuille.
J’y avais vaguement perçu les pensées de la Sainte Mère.
Je ne savais pas exactement ce qu’elle comptait faire, mais elle n’avait pas l’intention de nous faire du mal.
Son objectif était celui qu’elle avait déjà mentionné.
« Une fin heureuse. »
Je ne m’inquiétais pas pour la Sainte Mère, mais j’étais curieux.
Il ne lui restait qu’environ trois minutes.
Que pouvait-elle accomplir en si peu de temps ?
* * *
Quelques minutes s’écoulèrent encore.
C’était aussi à peu près le moment où la Sainte Mère, une Entité invoquée, aurait épuisé le temps qu’il lui restait et disparu.
Pendant ce temps, nous continuâmes d’avancer sans nous arrêter. Non, de monter.
« Argh… ! »
Sagesse l’Ancien, qui me précédait, finit par ne plus supporter cette altitude et s’effondra à genoux, haletant.
« Ça va ? »
« Tu trouves que j’ai l’air d’aller bien ? »
« Faisons une pause. De toute façon, on ne pourra pas se battre dans cet état. »
« Je crois que je commence à comprendre la Couronne. »
« On dirait qu’on pense à la même chose. »
La Couronne était un dispositif de sécurité laissé par la civilisation primordiale pour maîtriser une Entité de convergence des âmes de stade 2.
C’était ce qui permettait au Prince de réprimer même un être aussi puissant que Contradiction.
« Tout à l’heure, tu as dit quelque chose à Contradiction, non ? Que le principe de la Couronne était la voix sublime qu’on entend depuis le trône. »
« C’est ça. »
« Nous nous dirigeons vers un lieu élevé. Autrement dit, tout cet espace fait partie de la Couronne ! »
« … »
« Nous avançons vers le Royaume supérieur… »
« Sagesse l’Ancien, tu dois garder ton calme. »
Ma réplique suivante m’échappa un peu. Je voulais alléger, ne serait-ce que légèrement, le poids qui accablait Sagesse l’Ancien devant moi.
« Ça me ferait peur aussi, si mon dernier compagnon s’effondrait. »
« Ha… Compagnon ? Tu me considères vraiment comme ça ? »
« On ne l’est pas ? J’ai l’impression qu’on rame dans la même galère depuis un bon moment. »
« Tu mens même à ceux qui rament dans la même galère que toi ? »
« Parfois. »
« … »
« … »
« Ce que tu as dit pendant les négociations. Que ça t’était égal que le Bureau de gestion, l’Alliance ou les Pilleurs l’emportent. »
« … »
« C’était un mensonge éhonté, pas vrai ? »
Ce que j’avais dit pendant les négociations.
Mes compagnons et moi étions tombés dans un monde vide, sans famille ni rien d’autre.
Pour nous, il y avait peu de différence entre le Bureau de gestion et les Pilleurs. On pouvait donc aussi accepter une victoire des Pilleurs.
C’était un mensonge que j’avais inventé pour conclure une alliance avec les Pilleurs.
Je les avais trompés, mais avec le temps, Sagesse l’Ancien avait percé à jour mon mensonge.
La principale raison était probablement A-ri et Grand-père Mook-seong eux-mêmes.
Quoi qu’en pensent les autres, tous deux étaient loyaux envers le Bureau de gestion et avaient le sens du devoir. Ils ne pouvaient pas accepter une victoire des Pilleurs.
Je pouvais tromper les Pilleurs, qui ne nous avaient jamais rencontrés en personne.
Comme l’alliance était nécessaire, ils pouvaient croire que j’avais imposé ma volonté à A-ri et Grand-père Mook-seong, tel un roi, et étouffé leurs objections.
Mais Sagesse l’Ancien avait observé notre relation de très près.
Il savait que je ne négligerais ni ne réprimerais jamais les souhaits d’A-ri et de Grand-père.
« Ça ne fait pas encore plus de nous des compagnons ? »
« Quoi ? »
« Tu as remarqué mon mensonge, mais tu ne l’as pas révélé aux Pilleurs. »
« … »
« À vrai dire, on dirait même que tu m’as aidé à le faire tenir. Tu n’as pas remis un rapport dans ce genre ? “Jeune Sagesse souhaite rejoindre l’Alliance.” »
Si Sagesse l’Ancien avait participé à mon mensonge, les Pilleurs m’auraient fait entièrement confiance.
« Soyons honnêtes l’un envers l’autre. »
« Honnêtes ? »
« Que représentent les simples Pilleurs à tes yeux ? »
« … Si l’Alliance entendait cette conversation, elle cracherait du sang et s’écroulerait sur-le-champ. »
« Qu’est-ce que ça peut faire si des figurants incapables de venir jusqu’ici crachent du sang ou se pendent ? »
Je connaissais Sagesse l’Ancien.
Je connaissais l’unique souhait qui lui tenait à cœur.
Sagesse l’Ancien n’avait qu’un souhait.
Échapper à cette réalité parfaitement vaine et tenter l’épreuve du troisième étage, la voie de l’Ascension !
« J’ai confiance en toi, Sagesse l’Ancien. Je crois en ton souhait désespéré d’atteindre le troisième étage. »
« … »
« Alors, fais-moi confiance toi aussi. Je travaille à réaliser ton souhait. »
« Ha ! Tout ce que tu as fait jusqu’ici, c’était pour m’amener au troisième étage ? »
« Tant qu’à faire. On s’est assez reposés. Allons-y. »
La route qui nous attendait était encore longue.
…
--- Clac ! Clac !
Alors que je continuais d’avancer, de monter, un souvenir me revint soudain.
Le soir, j’avais l’habitude de m’accouder à la rambarde de mon appartement pour contempler les lumières nocturnes de Séoul.
Des centaines, des milliers de voitures encombraient les routes, tandis que toutes sortes de gens se pressaient dans toutes les directions.
Quand je les observais d’en haut, la main tendue, la perspective — qui rapetisse ce qui est loin et grossit ce qui est près — me faisait vivre une expérience amusante.
Des dizaines de voitures et des centaines de personnes semblaient tenir dans un espace pas plus grand que ma paume.
J’avais l’impression d’être un géant gigantesque.
Comme si j’étais devenu un être immense, sans commune mesure avec les gens de la taille de fourmis en contrebas.
Il n’y avait pas un dicton, là-dessus ?
« L’aéronautique n’était ni une industrie ni une science. C’était un miracle. »
C’était l’ivresse des hauteurs.
Je me dirigeais à présent vers un lieu si haut, à l’infini, qu’aucun avion ni vaisseau spatial au monde ne pourrait jamais l’atteindre.
…
À un moment, même rester debout devint pénible.
Il n’était pas facile de supporter cette position, cette hauteur vertigineuse.
Une autre pensée me traversa alors l’esprit.
Si je tenais jusqu’au bout de ce chemin, la personne que je deviendrais ensuite serait peut-être complètement différente de celle que j’avais été jusque-là.
« Halète ! »
« Faisons une pause. »
« La Lune… Si le Prince nous attaquait maintenant… »
« S’il en avait eu l’intention, il l’aurait fait depuis longtemps. »
« … »
« Tu ne le sens pas ? Même le Prince ne peut pas agir librement ici. »
Le Prince n’était pas non plus en position de se la couler douce.
Le sceau antique posé sur la Lune.
La pression intense exercée de l’extérieur par le Bureau de gestion et l’Alliance des Pilleurs.
Le fardeau infligé par Contradiction, qui avait pris une forme inconnue.
Et, enfin, les particularités du Domaine sacré lui-même !
Les nombreux dispositifs de sécurité préparés par toutes les forces du monde entier accablaient le Prince.
Je devais le croire et continuer d’avancer.
Sagesse l’Ancien, qui haletait, me regarda soudain et lança, comme abasourdi :
« Tu t’es encore éloigné de moi. »
« Je crois que j’avance un peu lentement. »
« Lentement ? Tu ne marches pas exprès au ralenti ? »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Tu te sers de moi comme d’un cobaye ou d’un sacrifice ? Je marche loin devant, j’endure la pression du Domaine sacré, et si quelque chose de dangereux arrive, c’est moi qui trinque en premier. »
« Tu te méprends complètement. »
« Je me méprends ? Tu n’as pas honte, après m’avoir parlé de compagnons ? »
« C’est justement là que tu te méprends. »
« Comment ça ? »
« Voilà comment fonctionnent les compagnons à l’hôtel. Si on affronte tous les dangers ensemble, on risque de mourir tous ensemble, non ? »
« Toi… »
« On dit qu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Une seule personne à la fois doit entrer dans un endroit dangereux. »
Après avoir entendu mon argument logique, Sagesse l’Ancien ouvrit et referma la bouche comme un poisson, puis répondit d’un ton plaintif :
« Pourquoi faut-il que ce soit moi qui occupe la position la plus dangereuse ? »
« Qui a remonté le temps ? Moi. Celui qui possède le plus d’informations doit vivre plus longtemps pour qu’on ait de meilleures chances de l’emporter. »
« … Tu as une raison pour tout, pas vrai ? »
« Bien sûr. »
« Ha… »
« Ça va ? »
« Tu sais ce qui me rend le plus triste en ce moment ? »
« Quoi ? »
« Le fait que tes paroles me semblent parfaitement raisonnables. Mais je dois quand même te poser la question. »
« Je t’écoute. »
« Tu es vraiment humain ? »
« Je vais prendre ça pour un compliment. »
« … Je suis coincé. Je le sais, mais je n’ai aucune issue. »
« Fais-moi confiance. »
« C’est toi qui m’as piégé. »
« Allez, ouvre la marche. Il faut bien qu’on atteigne le troisième étage, non ? »
…
Trois ou quatre minutes s’écoulèrent encore.
--- Boum !
Sagesse l’Ancien, qui avait jusque-là tenu bon devant moi, s’effondra enfin.
« Ah… Teresia… Cedric… Aidez-moi. Aidez-moi… »
Teresia ? Cedric ?
Ils avaient l’air d’être d’anciens compagnons de Sagesse l’Ancien.
« Depuis si longtemps… J’ai tenu bon, encore et encore… »
« Sagesse l’Ancien, Sagesse l’Ancien ! »
« Ce n’est pas suffisant… ? À ce stade, j’ai fait tout ce que j’ai pu… »
« Bon sang ! Tu m’entends ? »
« Il n’y a personne ? Quelqu’un pour me libérer de cet enfer… »
« … »
Sagesse l’Ancien n’était pas mort.
Il se réveillerait peut-être au bon moment et m’aiderait.
Pour l’instant, cependant, il était hors d’état de réagir.
…
Une silhouette indistincte commença à se dessiner au loin.
Je sentis une présence lointaine qui m’observait.
La fin approchait.
La seule question était de savoir si ce serait une fin heureuse ou une mauvaise fin !
--- Floc !
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