Chapitre 629
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Escaping the Mystery Hotel ◈
Épisode 628 : Le vœu le plus ancien (9)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 234
Emplacement actuel : recherche…
Conseil du Sage : 0]
— Han Ga-in
— Rooooar… !
J’entendis un rugissement qui fit trembler l’océan.
L’instant d’après, la Sainte Mère s’effondra de nouveau, vomissant des minéraux.
« Argh ! C-cette chose… son rêve… ! »
L’autre conscience de la Lune était en train de reconstruire cet espace.
Si Eun-sol avait été là, elle aurait au moins pu jouer de la Flûte près de la Sainte Mère !
Non… est-ce que ça aurait vraiment changé quelque chose ?
Nous avions affaire à un Grand Ancien. La Sainte Mère n’avait aucune chance de résister à quelqu’un comme lui.
« C’est vrai. Je ne peux pas arrêter un monstre pareil avec mes pouvoirs. »
Le conseil de la Chouette.
Si c’était un atout aussi parfait, pourquoi la Lune ne l’avait-elle pas utilisé avant d’en arriver là ?
L’autre conscience de la Lune n’était ni le subordonné ni le serviteur du Prince.
À certains égards, elle était plutôt une limite que le Prince voulait dépasser, et son ennemie jurée.
Interprétons le conseil dans ce contexte.
Ne signifiait-il pas que je devais conclure un marché avec cette chose au lieu de l’affronter ?
« Absurde ! On ne peut conclure un marché que si les deux parties ont quelque chose à échanger. Qu’est-ce qu’on pourrait bien offrir à cette chose ? »
« … Qu’est-ce que c’est que ce phénomène ? »
Saisi d’un profond malaise, je me retournai.
La Sainte Mère, Sagesse l’Ancien et Jin-cheol avaient compris quelque chose et se regardaient.
Est-ce qu’on partageait nos pensées ?
« On dirait bien ! »
« C’est un étrange phénomène produit par le rêve du Grand Ancien. »
« R-regardez là-bas ! Quelque chose arrive ! »
À peine ces mots prononcés, tous les regards se tournèrent d’eux-mêmes vers Mi-ro.
La seule fille de ce royaume dont nous n’entendions pas les pensées !
Était-ce aussi un effet du Pouvoir de l’Immutabilité ?
On disait que c’était de la glace qui ne fondait pas, même dans la lave. Quelle bénédiction incroyable.
« Elle arrive ! Une créature cauchemardesque, gigantesque… ! »
Le rêve de la Lune, où l’imagination et la réalité s’étaient mêlées.
Un être qui était allé plus loin encore, mêlant non seulement l’imagination et la réalité, mais aussi mon imagination à celle de tous les autres !
L’autre conscience de la Lune s’approchait.
Elle ressemblait à une tempête vivante, à un volcan en activité.
Un esprit qui bouillonnait comme de l’écume.
D’innombrables esprits rejouaient sans cesse la vie et la mort, la création et l’extinction, à chaque instant.
« L’ennemi de la Lune. »
« Non, l’ennemi du Prince. »
« Le maître du Prince. »
« Louez le libérateur de tous. »
« Brûlez le Saint Fils corrompu. »
« Le Chercheur. »
« Celui qui ne sait même pas qui il est. »
J’entendis toutes ces voix à la fois, et pourtant, aucun son ne me parvenait.
Un million d’esprits voulaient échanger leurs opinions avec moi, tandis qu’un autre million souhaitaient me brûler sur ordre du Prince.
Des pulsions incompatibles.
Des volontés impossibles à réaliser ensemble, mais qu’on ne pouvait pourtant rejeter.
Un être empli de contradictions !
À cet instant, je compris pourquoi le Prince n’utilisait pas cet être comme une arme en temps normal.
« La vie, la mort et l’extinction se répètent sans fin : voilà la nature même de cette chose ! C’est vraiment comme un microcosme ! »
Un microcosme ?
C’était la pensée de Sagesse l’Ancien.
C’était logique, mais on pouvait aussi voir les choses autrement.
Quelqu’un avait vu la Lune comme un dieu atteint de troubles mentaux.
Dans cette optique, la véritable nature de cette chose était la maladie mentale elle-même !
Elle s’adressa à nous tous.
« Appelez-moi Contradiction. »
L’instant d’après, l’esprit en pleine tourmente de Contradiction s’apaisa sous un courant immense.
Elle calmait son chaos afin de nous parler.
Pour Contradiction, ce n’était qu’un bref instant de répit.
« Tu me prends pour une maladie mentale. Mais le Prince est tout aussi capricieux. »
Le Prince était capricieux ?
« Jusqu’à récemment, il t’appelait le Saint Fils et te considérait comme un serviteur irremplaçable. Maintenant, il te voit comme son pire ennemi. »
Jusqu’à récemment, il m’avait appelé le Saint Fils et m’avait considéré comme son serviteur ?
C’était avant que j’utilise Encore une chance !
« Son inconstance ressemble vraiment à celle d’un enfant. »
Le maître de la Lune, le Prince, était décrit comme un enfant immature.
J’avais bien interprété le conseil de la Chouette.
Les intérêts de Contradiction différaient de ceux du Prince !
« C’est exact. Je ne suis pas le Prince. »
Je calmai mes pensées bouillonnantes et formulai une intention claire.
Alors, qu’est-ce que tu désires, Contradiction ?
« Je souhaite acquérir la sagesse auprès de toi, comme le Prince l’a fait autrefois ! »
Comme le Prince l’avait fait autrefois ?
À cet instant, j’en fus certain.
Contradiction se souvenait de ce qui s’était passé avant que j’utilise Encore une chance !
Se souvenait-elle de tout ?
Sans doute pas.
Elle ne se rappela sans doute que vaguement les événements dans leur ensemble, comme un rêve brumeux.
Ce n’était pas impossible.
Comme je l’avais constaté d’innombrables fois à l’Hôtel, un Prisonnier pouvait conserver son ego malgré la réinitialisation de l’Hôtel.
Et le Roi démon de la chambre 206 avait résisté au Maître du Temps, qui était à l’origine d’Encore une chance.
Pour la Lune, qui était proche du domaine d’un Prisonnier, ce n’était sans doute pas tout à fait impossible.
« Tu réfléchis beaucoup trop. »
Désolé.
Que puis-je t’apprendre ?
Comment faire pour que tu me laisses rejoindre le Prince ?
« Regarde. »
Bientôt, quelque chose d’un blanc immaculé apparut à nos yeux.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Une chaîne gigantesque ? »
« Contradiction ! Cette chaîne te ligote. »
Comme l’avait dit Sagesse l’Ancien, quelque chose qui ressemblait à des chaînes de fer enserrait Contradiction.
« Qu’est-ce que c’est ? »
Contradiction était l’esprit divisé d’une Entité de convergence des âmes de stade 2.
Une force qui entravait et maîtrisait cet esprit divisé.
La Couronne !
« Comme prévu, tu l’as reconnue tout de suite. »
Je sentis la pression que la Couronne exerçait sur Contradiction.
Plus exactement, Contradiction nous avait permis de sentir la présence de la Couronne.
La Couronne ne cessait jamais de la maîtriser, pas un seul instant, chaque minute, chaque seconde.
Je sentis aussi le dégoût de Contradiction envers la Couronne.
« Qu’en penses-tu ? »
Je crois que le Prince est un membre de la Royauté, né dans la Première Civilisation.
C’est une origine impressionnante, certes, mais il reste au fond un être de basse naissance, né mortel.
« Oh ? »
Et toi ?
Tu t’es éveillée dans un vortex chaotique d’âmes sans fin !
Tu es née Grand Ancien, impossible de te comparer à un Prince de basse naissance.
Toi seule possèdes un destin véritablement noble.
« Ha ha ! Tu essaies de me dresser contre le Prince ? »
C’était si évident ?
« Tout à fait ! »
Ça t’a plu, de l’entendre ?
« Ha ha ! Ce n’était pas mal. »
— Grondement !
Le tonnerre gronda.
Je sentis une volonté aussi violente que la tempête qui émanait de Contradiction !
La loyauté lui dictait d’obéir aux ordres du Prince.
La certitude que le Saint Fils corrompu devait mourir.
La répulsion que lui inspirait l’idée qu’un être né mortel l’opprime à l’aide de la Couronne.
La conviction que le Prince était son origine et qu’un jour, elle ne ferait plus qu’un avec lui.
L’hostilité envers le Prince.
L’amour pour le Prince.
Des pulsions incompatibles.
Un esprit empli de contradictions !
Comme je vacillais, étourdi, Contradiction calma de nouveau sa tempête et me transmit sa volonté.
« Comprends-tu le principe de la Couronne ? »
Quel était donc le principe de la Couronne ?
Elle ne me posait pas la question parce qu’elle ignorait ce qu’était la Couronne.
C’était une épreuve.
Si tu étais vraiment sage, tu devrais comprendre au moins cela d’un seul coup d’œil.
Dans le silence, tous les regards se tournèrent vers les chaînes.
« La Couronne est un trésor suprême créé par la civilisation primordiale ! Comment pourrait-on comprendre aussitôt le principe d’un objet aussi extraordinaire ? »
Les paroles de Sagesse l’Ancien étaient parfaitement sensées.
Aussi sage soit-on, impossible de comprendre le principe d’un objet suprême comme la Couronne à l’instant même où on le découvre !
Pourtant…
Étrangement, j’avais l’impression de savoir.
Mon esprit avait-il atteint un niveau encore supérieur à l’ordinaire ?
Peut-être que la Mémoire primordiale refaisait surface, car la Lune me stimulait sans cesse.
« Parle. »
Je crois que le principe de la Couronne réside dans le sens même du mot : c’est l’objet que porte un roi.
Un roi est assis sur un trône, au-dessus des gens ordinaires.
Toutes les voix n’ont pas le même poids.
Un démagogue juché sur une estrade n’est qu’un homme parmi d’autres. Pourtant, sa voix résonne sur toute une place et peut bouleverser le cœur de dix millions de personnes.
Alors, quelle influence peut bien avoir la voix d’une personne assise sur un trône ?
Pourquoi cela se produit-il ?
Certains l’analysent d’un point de vue évolutionniste et avancent cette explication :
Les humains ont le réflexe d’accepter sans discuter la voix de ceux qui leur sont supérieurs.
Lorsqu’ils étaient jeunes, obéir sans poser de questions à la voix de leurs parents, qui leur venait d’en haut, favorisait leur survie.
Je ne sais pas si cette explication est juste, mais il est vrai que les gens ont cette tendance.
« Je ne suis pas humaine. »
Tu n’es pas humaine.
Mais les âmes qui te composent sont, au bout du compte, des âmes humaines.
Tu es un amas d’âmes qui, depuis l’enfance, ont incliné la tête devant les voix venues d’en haut.
La Couronne t’asservit grâce à ce principe.
Elle ne maîtrise pas de force tout ton être, cet amas de cent milliards d’âmes.
Chaque âme faible incline d’elle-même la tête devant la voix majestueuse qui vient du trône.
Et cela se répète sans fin, voilà tout.
« … »
Quand j’eus fini mon explication, Contradiction se mit à tournoyer comme un vortex vivant.
Contradiction savait déjà tout ce que je venais d’expliquer.
Elle ne m’avait pas posé la question par ignorance. Elle pensait que je devais être capable de comprendre cela facilement avant de répondre à sa véritable question.
La question suivante de Contradiction était donc la vraie.
« Je souhaite te demander une réponse… »
Je t’écoute.
« Qu’est-ce que je désire ? »
Qu’est-ce que ça voulait dire ?
« Ce n’est même pas une question. Quelle réponse est-ce qu’elle attend de moi… ? »
Une fois encore, la volonté tumultueuse de Contradiction se répandit dans toutes les directions.
Des esprits divisés.
Des esprits minuscules qui répétaient sans fin la création et l’extinction.
Des pulsions qui rayonnaient dans toutes les directions.
Des objectifs opposés.
Des désirs contradictoires.
Elle voulait boire de l’eau tout en la recrachant.
Elle voulait avancer et reculer en même temps.
Elle voulait dormir tout en restant éveillée, et obtenir la vie et la mort à la fois.
Mais qu’est-ce que c’était que ça…
« Qu’est-ce que je désire ? »
« Dieu ou pas, c’est quoi, ce taré ? »
« Ancien ! »
Elle entend toutes nos pensées, alors évite de l’insulter à la légère !
« Qu’est-ce que j’y peux si cette pensée m’est venue ? »
Pour être honnête, je comprenais ce que ressentait Sagesse l’Ancien.
Même si ce monde était absurde, comment un cinglé pareil pouvait-il être un dieu ?
Je me sentis défaillir.
Il ne nous restait plus beaucoup de temps !
Nous devions fuir ce dieu fou et rejoindre au plus vite le Domaine sacré !
« Si tu me donnes une réponse qui me satisfait, je vous laisserai volontiers partir. »
Alors que je sentais que j’allais perdre la raison…
« La réponse doit absolument venir de Ga-in, enfin, du Chercheur ? »
La voix de Jin-cheol — non, sa volonté — me parvint.
« Peu importe qui me répond. C’est pour cela que je vous ai tous invités ici. »
« Alors, je vais te donner une réponse très simple. Non, regarde par toi-même ! »
Sur la main de Jin-cheol, qui parlait calmement, je vis un liquide informe onduler comme de la brume.
Le dixième et dernier Rêve du papillon brilla.
Le pinceau de Celui qui pleure pour les trois mille mondes recouvrit « Cha Jin-cheol ».
Notes :
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