Chapitre 627
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 626 : Le vœu le plus ancien (7)
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— Lee Eun-sol
La Lune appelait cet endroit la Plaine des Pécheurs.
Autrement dit, aux yeux de la Lune, les spectres qui grouillaient dans toutes les directions étaient des « pécheurs ».
« La plupart des âmes qui se trouvent dans la Lune sont des survivants abandonnés dans des mondes où la fin des temps a été confirmée après le départ de l’Arche. »
Même après le départ de l’Arche, il restait au moins plusieurs milliards de survivants dans le monde.
L’histoire de la Lune était celle d’une dévoration sans fin.
« Ce ne sont probablement pas des survivants des Boucles récentes. »
J’ignorais exactement quand cela avait commencé, mais, avant qu’une Arche achevée ne quitte une Boucle, elle s’était mise à massacrer les survivants de la Terre avec la Lumière qui annonce la fin.
Avec le recul, c’était un peu drôle : A-ri et Grand-père étaient entrés à l’Hôtel en croyant qu’ils devaient empêcher la Lumière qui annonce la fin, pas vrai ?
À l’époque, aucun des deux ne faisait partie des Silencieux, alors ils ne connaissaient pas la vérité.
Peut-être le Bureau de gestion s’attendait-il à ce que l’Hôtel omniscient comprenne exactement ce dont ses agents avaient besoin, qu’ils le sachent eux-mêmes ou non, et leur fournisse l’Héritage ou l’outil adéquat.
« Du point de vue de la Lune, la plupart des survivants sont des âmes abandonnées par le Bureau de gestion. Autrement dit, ce sont des victimes et des cibles du Salut. »
La Lune éprouvait de la pitié pour la plupart des survivants.
Elle voulait les purifier grâce au Rêve éternel, puis les faire renaître en tant que fidèles de l’Église de la Lune.
Pour nous, cela ressemblait à l’enfer, mais la Lune voyait ce processus comme une purification et une renaissance, autrement dit, le Salut.
Bien sûr, elle voulait sans doute aussi grandir au passage !
« Alors, qui sont les pécheurs ? »
Sur ces mots, Ga-in jeta un regard à A-ri. Elle aussi semblait avoir compris quelque chose et poussa un soupir.
« … Les employés subalternes du Bureau de gestion qu’on a abandonnés. »
Le Bureau de gestion était une organisation qui régnait sur le monde entier.
Il comptait très peu d’agents, mais un nombre colossal d’employés.
Il devait y avoir d’innombrables employés subalternes appartenant au Bureau de gestion qui n’avaient pas pu embarquer à bord de l’Arche, car on ne les jugeait pas assez précieux.
Pour la Lune, c’étaient des pécheurs.
A-ri marmonna, le visage sombre :
« Ils ont tous été piégés dans la Lune et condamnés à subir un châtiment éternel. »
« Pas un châtiment éternel. »
C’était la voix de la Sainte Mère.
La Flûte semblait l’avoir aidée à retrouver un peu de lucidité.
« Quoi ? »
« Il ne s’agit pas d’une vengeance, mais d’une punition légitime, et leurs peines sont limitées dans le temps. Une fois qu’ils auront payé pour leurs péchés, ils pourront eux aussi être sauvés et devenir membres de l’Église de la Lune. »
Quand tout le monde se tourna vers la Sainte Mère, elle ajouta précipitamment, comme pour se justifier :
« … Ce n’est pas ce que je pense. C’est ce que pense la Lune. »
Je compris soudain que la Sainte Mère avait changé.
Elle se souvenait du point de vue de la Lune et nous l’expliquait.
Elle avait compris comment ses paroles sonneraient à nos oreilles, puis avait essayé de se justifier.
Au début, elle avait suivi nos instructions comme une enfant, sans opposer la moindre résistance. À présent, elle avait les idées bien trop claires.
La Flûte dont je m’étais servi plus tôt y était sans doute pour quelque chose.
Je me rappelai ce que Ga-in m’avait dit au début.
« N’utilise pas la Flûte. »
Je n’avais jamais oublié son avertissement.
Mais tout à l’heure, la situation était trop urgente !
La Sainte Mère avait été écrasée sous les vagues de cauchemars qui déferlaient de toutes parts, au point qu’elle aurait pu s’évanouir d’un instant à l’autre.
Si la Sainte Mère s’était complètement effondrée, l’ascenseur aurait disparu pour toujours.
C’était sans doute pour cela que Ga-in ne m’avait pas empêchée d’utiliser la Flûte, même s’il me regardait faire.
« … »
C’était encore une décision inévitable, mais voir la Sainte Mère redevenue si normale me faisait battre le cœur à tout rompre.
Est-ce qu’elle irait bien ?
À quoi pensait-elle, maintenant ?
— Kiiiiirk !
Un son glaçant racla la paroi extérieure.
Puis la voix effrayée de Mi-ro retentit.
« A-Assez d’explications ! Qu’est-ce qu’on fait ? Il y a encore plus de spectres, maintenant ! »
Mi-ro avait raison.
Peu importait la cruauté et l’horreur de la Plaine des Pécheurs.
Ce qui comptait, c’était la manière dont nous allions y faire face !
« Ces choses ne sont plus que des bêtes guidées par leur instinct. Elles ressemblent davantage à des animaux sauvages qu’à des humains : des bêtes devenues folles. »
Je ne pus me retenir de crier : « Et alors ?! »
— Grrrk ! Kiiiiirk !
« Je sors ? Je suis prêt ! Avec le pouvoir d’un fragment d’étoile, je peux… »
Cha Jin-cheol cria, les yeux écarquillés, prêt à invoquer l’Étoile d’un instant à l’autre.
« Il ne faut surtout pas penser à les combattre ! Si tu essaies, ils seront bien plus difficiles à gérer que la Sainte Mère. »
Ça, je l’avais compris.
La Sainte Mère était puissante, mais elle restait seule. Les pécheurs, eux, étaient des spectres impossibles à dénombrer.
« Il faut les attirer avec la Flûte ! »
Les attirer avec la Flûte.
À ces mots, je compris le plan de Ga-in.
Puis Ga-in me regarda.
Ah…
Je vois.
C’était mon tour, cette fois.
« Noona. »
« Ga-in, fais de ton mieux et reviens ! »
En souriant, je me dirigeai vers l’entrée de l’ascenseur, qui était sur le point de disparaître.
« Je viens avec toi. »
Des plateformes opaques étaient apparues à l’extérieur de l’entrée.
Quand je me retournai, A-ri me suivait.
« Il faut qu’on fasse ça ensemble. Eun-sol, tu sais voler ? »
« Non. »
C’était un espace où l’imagination devenait réalité.
Un monde de rêves créé par la Lune.
Parmi les individus, la Sainte Mère était incontestablement la meilleure pour manipuler les rêves.
Mais une personne ne pouvait pas rivaliser avec dix.
Face aux cauchemars des innombrables spectres, même les rêves de la Sainte Mère s’effondraient en quelques secondes.
Si A-ri ne créait pas une zone stable avec le Polyèdre irrégulier, je ne tiendrais pas longtemps hors de l’ascenseur.
* * *
Dans un lieu envahi de rêves infernaux, la Sainte Mère aurait bien trop de mal à réparer l’ascenseur !
Il fallait que quelqu’un détourne l’attention des pécheurs depuis l’extérieur de l’ascenseur.
Qui pouvait attirer leur attention ?
Moi !
Les pécheurs étaient des spectres qui avaient perdu la raison après d’interminables souffrances.
Ils ne désiraient qu’une chose, plus que tout : le repos.
Malheureusement, même le pouvoir de la Flûte ne pouvait leur rendre leur apparence saine d’antan.
Ils étaient bien au-delà d’une assiette brisée. Brûlés, écrasés, fondus et mélangés les uns aux autres, ils étaient devenus des tas de glaise.
Il était trop tard pour les restaurer.
Mais la Flûte pouvait au moins apaiser leur douleur un instant.
Aucune tentation ne pouvait être plus grande pour les pécheurs.
Plaine des Pécheurs, première étape de la stratégie.
« Le canari dans la Cage à oiseaux. »
« C’est quoi ? »
« Le nom que j’ai donné à l’opération. »
L’enfer, rempli de cauchemars qui bouillonnaient comme de l’écume.
À l’intérieur de la minuscule cage à oiseaux créée par le Polyèdre irrégulier, je tenais la Flûte.
— Roooo !
Comparé à tout à l’heure, le son de ma flûte était devenu bien plus harmonieux.
« Tu te débrouilles plutôt bien à la flûte. Tu t’es entraînée ? Ah, pas besoin de répondre. »
C’est vrai. Je m’étais entraînée en regardant des vidéos sur YouTube.
« Pas besoin de savoir jouer pour utiliser la Flûte du Repos, si ? »
C’était vrai, mais si elle ne produisait que des sifflements d’air qui s’échappait, ce serait vraiment la honte.
La Flûte du Repos était un ancien trésor imprégné du pouvoir du Dieu de la Mer.
« … Les âmes des pécheurs sont de plus en plus nombreuses. »
Le nombre de spectres qui se ruaient vers nous ne cessait d’augmenter.
Le paysage de la plaine se transformait peu à peu en une vision de l’enfer qu’aucun esprit humain ne pouvait supporter.
— Scccriiitch !
Les cauchemars déferlèrent comme des vagues et engloutirent le monde entier.
Un tourbillon de douleur sans fin !
D’innombrables formes qui n’avaient même plus l’apparence d’êtres humains se lamentaient de désespoir.
Aah… !
Je le vis.
Je finis par le voir.
Celui qui façonnait la souffrance de toutes choses !
Il fallait qu’on arrête une chose pareille ?
Qui allait s’en charger ? Nous ? Ga-in ?
« Calme-toi ! Concentre-toi sur la Flûte. »
« … Merci. »
Je pensais avoir acquis pas mal de cran après tout ce que j’avais vécu à l’Hôtel, mais il me restait encore du chemin à faire.
Sans l’intervention d’A-ri, ça aurait pu mal tourner.
— Rooo… !
Tout en me concentrant sur mon jeu, je me forçai à penser à autre chose.
Des souvenirs d’autrefois me revinrent.
J’avais attiré l’attention du public dès mon plus jeune âge.
C’était normal. J’avais hérité du sang du président du Groupe Daeyang, l’un des plus grands conglomérats de Corée du Sud.
À peine entrée au collège, des articles avaient paru sur les liens entre la fondation de l’établissement et le Groupe Daeyang.
Il suffisait que je change un peu de style pour me distraire pour que les magazines parlent d’une « nouvelle tendance chez les familles de chaebols ».
À l’époque, les médias qui épiaient le moindre de mes faits et gestes m’agaçaient parfois…
Mais je devais l’admettre.
Je me sentais aussi un peu supérieure aux autres.
J’étais vraiment si importante ?
J’étais née dans une famille aussi extraordinaire !
…
Des yeux.
Des yeux.
Des yeux.
Même à présent, d’innombrables yeux étaient braqués sur moi.
Des spectres innombrables, vieux comme le monde, me regardaient.
À quoi ressemblais-je à leurs yeux ?
À un steak dégoulinant de gras, offert à un Fantôme affamé qui n’avait rien mangé depuis mille ans ?
« … »
Oui, regardez-moi.
Qu’est-ce qu’il y a là-bas ? Rien, pas vrai ?
Je suis votre succulente viande, votre doux nectar.
Alors ne regardez pas l’ascenseur. Regardez-moi !
— Rooo… !
Des âmes trop pitoyables pour qu’on puisse les décrire.
Abandonnées par le Bureau de gestion de leur vivant, puis soumises au châtiment de la Lune après leur mort.
Leur sort était encore plus misérable que celui des fidèles de l’Église de la Lune.
Le chant du canari se répandit jusqu’aux confins de l’enfer éternel.
J’espérais que les âmes touchées par le pouvoir de la Flûte pourraient oublier leur douleur, ne serait-ce qu’un instant.
…
Combien de temps s’était écoulé ? Cinq minutes ? Dix ?
J’avais mal à la tête depuis un moment, alors je n’arrivais plus à évaluer le temps.
Hein ? Le temps ?
J’avais l’impression d’avoir tout juste pensé à quelque chose de bien…
Puis un faible bruit retentit au loin.
— Clonk !
« L’ascenseur a disparu de cet espace. »
Pendant que je retenais leur attention, la Sainte Mère avait dû réparer l’ascenseur et le faire partir.
« Ça a marché. Eun-sol, tu as assuré. »
« … »
La voix d’A-ri était épuisée au possible.
Était-ce parce que nous avions passé tant de temps ensemble ?
À sa voix seule, je devinais à peu près ce qu’elle pensait.
Nous avions réussi à envoyer l’ascenseur ailleurs, mais elle ne croyait pas que nous survivrions.
Pourquoi ?
Parce qu’aucun de nos pouvoirs n’était infini.
La cage à oiseaux qu’A-ri avait créée avec le Polyèdre irrégulier.
Les spectres autour de nous, apaisés par le pouvoir de la Flûte.
Le petit miracle produit par ces deux Héritages finirait par s’éteindre.
— Tac !
« C’est fini ? »
« Oui. Même si je continue à jouer, la Flûte n’a plus de pouvoir. »
« Vraiment ? Qu’est-ce que tu veux faire, maintenant ? »
« … Et toi, A-ri ? »
« Pas grand-chose. On n’a qu’à se tuer ? »
Une lame de givre apparut au bout des doigts d’A-ri tandis qu’elle souriait.
Le pouvoir du Sang ancien ?
Cela faisait un moment que je ne l’avais pas vu.
« Si on se tue ici, la Lune ne va pas nous avaler ? »
« Si. Qu’est-ce qu’on devrait faire… ? »
Je pris la parole tandis qu’A-ri esquissait un sourire amer.
« J’ai un plan. »
« Quoi ? »
« Je ne crois pas que Ga-in ait réfléchi aussi loin. Moi, j’y ai pensé tout à l’heure. Pas mal, hein ? »
« … C’est quoi, ton plan ? »
« C’est très dangereux. Il y a beaucoup d’inconnues. »
« C’est déjà dangereux, là. De toute façon, chaque inconnue nous mène tout droit en enfer. »
« Alors, d’abord… »
« D’abord ? »
« A-ri, utilise la Fille quelconque et fiche le camp, tout de suite. »
« … »
« J’ai dit de courir. »
La Fille quelconque fonctionnerait-elle sur les spectres ?
A-ri l’ignorait sans doute, elle aussi.
Nous ne pouvions que faire de notre mieux.
Comme si elle avait compris quelque chose, A-ri se mit silencieusement à courir hors de la cage à oiseaux.
Peu après, la cage créée par le Polyèdre irrégulier se mit à s’effacer.
Dès que le dernier rempart qui me protégeait des rêves infernaux aurait disparu, plus rien ne me séparerait des spectres de l’enfer.
Des yeux.
Des yeux.
Des yeux.
La folie déferla comme une vague.
Et face à elle, je…
— Clic !
J’utilisai le Rêve du papillon, cette précieuse broche qui avait toujours protégé un côté de ma tête !
Cinq, dix, vingt, trente…
Des dizaines de papillons cauchemardesques se mirent à voltiger comme par magie.
C’était loin d’être suffisant.
Alors…
[Main avide : 1 -> 0]
« Puissance maximale du vœu ! Même si ce n’est qu’une fois, faites que le Rêve du papillon devienne bien plus puissant ! Et… »
C-Ce vœu était un peu éhonté, mais c’était peut-être possible !
« Si vous le pouvez, est-ce que vous pourriez aussi vous débarrasser de la Lune ? »
— Rumble !
Je fis mon vœu.
Et alors…
[Le second est bien trop éhonté. Il était assurément avide. Le premier a été exaucé.]
La broche bleue se mit soudain à trembler et un immense essaim de papillons en jaillit !
« H-Haha ! Merci ! »
Je ne savais pas manipuler les rêves aussi bien que la Sainte Mère, mais parfois, la quantité l’emportait sur la qualité.
Tandis que la tempête de papillons cauchemardesques faisait rage autour de moi, je pensai à un autre cauchemar que je voulais créer.
Les âmes qui avaient perdu toute intelligence n’étaient pas différentes des bêtes. Il fallait les dompter à coups de fouet.
J’allais montrer aux spectres le cauchemar qu’ils redoutaient le plus.
Un rêve si terrifiant que personne n’oserait s’approcher de moi !
« … »
L
e
t
e
m
p
s
c
o
m
m
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n
ç
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a
l
e
n
t
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r
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