Chapitre 624
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 623 : Le vœu le plus ancien (4)
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「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 233
Emplacement actuel : recherche…
Conseil du Sage : 3」
— Han Ga-in
« Nous sommes arrivés. »
À l’instant où le bouton indiquant « Église de la Lune » s’alluma, l’ascenseur se mit soudain à se brouiller !
A-ri fixa la Sainte Mère, les yeux écarquillés, et celle-ci lui répondit d’une voix affolée.
« Le rêve de quelqu’un d’autre recouvre le mien ! Comment est-ce possible ? Mon rêve est particulièrement stable ! »
L’intérieur de la Lune était un monde où les rêves et la réalité se mêlaient, et la Sainte Mère maîtrisait véritablement les rêves à la perfection.
Le problème, c’était l’identité de notre adversaire.
Nous échangeâmes un regard. Nous pensions tous la même chose.
L’être qui repoussait le rêve de la Sainte Mère, l’Entité invoquée, pour superposer le sien — celui de l’Église de la Lune — était la Sainte Mère de cette époque !
Elles étaient toutes deux la Sainte Mère, mais l’autre bénéficiait aussi du soutien de la Lune.
Il était tout naturel que le rêve de la Sainte Mère invoquée soit submergé.
Sans que nous nous en apercevions, les alentours étaient devenus éblouissants, et du marbre d’un blanc pur s’étendait à perte de vue.
Tout le monde le comprit instinctivement.
Si l’ascenseur disparaissait complètement, la situation deviendrait extrêmement compliquée !
« Tu peux rétablir l’ascenseur ? »
« J-je m’en occupe. Surveillez les alentours un instant… »
Les yeux affolés de la Sainte Mère s’illuminèrent d’une lueur glaçante.
Comme si elle avait senti la présence de quelqu’un qu’elle haïssait de toutes ses forces !
Elle venait de prendre conscience qu’une autre version d’elle-même existait à la même époque !
La Sainte Mère était puissante, mais son esprit n’avait pas surmonté l’Unicité.
Sa réaction était déjà alarmante.
Que se passerait-il si les deux Saintes Mères se retrouvaient face à face ?
Je me fichais de ce qui arriverait à l’autre, mais ce serait un problème si celle-ci perdait encore davantage la raison.
L’ascenseur menant au Domaine sacré risquait de disparaître !
Comprenant qu’il fallait empêcher les deux Saintes Mères de se rencontrer, A-ri réagit aussitôt.
« Il faut l’arrêter à l’extérieur. Ancien, venez avec moi. »
« Très bien. »
À peine A-ri et Sagesse l’Ancien eurent-ils franchi la porte que des chocs violents retentirent.
Je tentai de calmer la Sainte Mère invoquée du ton le plus posé possible.
« Concentre-toi sur l’ascenseur. Il n’a pas encore complètement disparu ! »
« … »
Les bruits assourdissants continuaient de résonner dehors, accompagnés de vibrations si fortes que ma peau en frémissait.
La bataille semblait tout sauf facile.
Bientôt, Seung-yeop, Elena, et même Jin-cheol se préparèrent à sortir.
« Ga-in, je crois qu’on doit les aider. Reste avec Mi-ro et la Sainte Mère… »
Alors que Jin-cheol s’apprêtait à partir, la Sainte Mère invoquée, qui rétablissait l’ascenseur, prit la parole.
« Arrêtez. »
« Quoi ? »
« C’est le Prince qui cherche à vous faire tous sortir d’ici. »
« Qu’est-ce que tu… »
« Vous allez bientôt entendre des hymnes. »
Des hymnes ?
Comme si elle avait attendu ses paroles, un cri étrange retentit.
« Слава Луне ! »
« C’est une langue étrangère ? »
« Ah, c’est du russe… »
Au moment où Elena, la seule à comprendre, pencha la tête, la Sainte Mère marmonna d’un ton amer :
« Gloire à la Lune. »
Une église avait forcément des fidèles.
Des fidèles surgirent sans fin d’on ne savait où, dans l’église de marbre blanc.
« Кто умирает от неверия ! »
« Mort aux incroyants. »
J’allais invoquer le Soleil sacré, persuadé qu’ils venaient nous attaquer, lorsque la Sainte Mère me saisit le bras.
« C’est déjà trop tard. Ne gaspille pas tes forces. »
« … »
« Urgh ! C-c’est quoi, cette lumière, Ga-in ? »
La lumière.
Une lumière assez intense pour me donner le vertige.
Une lumière qui brûlait non seulement le corps et l’esprit, mais aussi l’âme !
« Богородице, нас всех ! »
« Nous tous, à la Sainte Mère. »
Les fidèles qui emplissaient l’église s’embrasèrent comme des chandelles vivantes.
Leurs corps se changèrent en cendres et leurs esprits fondirent.
Enfin, même leur ultime essence, leur âme, se sublima en énergie. Une offrande à couper le souffle.
Mes compagnons contemplèrent, les yeux écarquillés, cette horrible offrande d’âmes consumées.
« Quelle sorcière, cette Sainte Mère ! »
« C’est assez pénible à entendre quand on est soi-même la Sainte Mère. »
La Sainte Mère de notre côté répondit par une plaisanterie au cri furieux de Eun-sol.
Quand nous l’avions invoquée pour la première fois, son esprit semblait à moitié détruit.
À présent, elle allait manifestement mieux qu’avant.
Sa haine féroce envers une autre version d’elle-même lui avait-elle donné une nouvelle volonté ?
--- Tap ! Tap !
Sagesse l’Ancien et A-ri revinrent en courant, l’air pressé.
« La Sainte Mère dehors absorbe des âmes sans arrêt ! Je crois qu’on doit tous sortir et s’occuper d’elle… »
« Je le répète. C’est le Prince qui cherche à vous faire tous sortir d’ici. »
Un silence s’installa.
Sagesse l’Ancien, qui évaluait la situation, prit rapidement la parole.
« J’ai immobilisé la Sainte Mère grâce à la Radiance de la Raison. »
La Radiance de la Raison ?
Il parlait sans doute de cette lumière qui réprimait les pouvoirs surnaturels, celle qu’il nous avait déjà montrée.
C’était le premier Héritage de Sagesse l’Ancien.
« On a une trentaine de secondes pour parler, alors explique vite. Et continue de rétablir l’ascenseur. Pourquoi nous parler du Prince tout à coup ? »
« Pour résumer, ma bénédiction sert à attaquer, tandis que mes Héritages servent à me défendre. »
Les pouvoirs de la Sainte Mère.
La bénédiction Justice servait à attaquer, tandis que le Cristal de Qliphoth et le Diagramme du Taeguk servaient à se défendre.
« Sacrifier des fidèles ne renforce pas la bénédiction. Au contraire, Justice est plutôt affaiblie à cause de cette jeune femme. »
La conception de la justice de la Sainte Mère ressemblait dans les grandes lignes à celle du Bureau de gestion, mais elle ne considérait au moins pas le sacrifice humain comme un acte juste.
« En revanche, le Cristal de Qliphoth et le Diagramme du Taeguk deviennent extrêmement puissants. Mon autre moi est pratiquement immortelle. »
Autrement dit, la défense de la Sainte Mère était actuellement bien plus puissante que son attaque.
« Même si vous y allez tous, vous ne pourrez pas la tuer facilement. »
« … »
« Ancien, ce serait peut-être possible si vous utilisiez le pouvoir de l’Arche, mais… »
« Elle n’existe plus. Inutile d’en parler. »
Je compris.
Même en l’attaquant tous ensemble, nous ne pourrions pas la vaincre facilement.
Cela signifiait qu’il serait insensé de tuer la Sainte Mère tous ensemble avant de poursuivre notre route.
Un combat qui s’éternisait ne ferait que favoriser la Lune !
Nous devions aussi tenir compte du temps qu’il restait à la Sainte Mère invoquée.
Quinze minutes s’étaient déjà écoulées. Nous devions donc atteindre le Domaine sacré avec son aide en moins de quarante-cinq minutes.
Nous ne pouvions pas nous permettre de perdre du temps ici !
A-ri, qui semblait avoir eu la même réflexion, prit la parole.
« Quelqu’un devrait descendre ici. Cette personne pourrait empêcher l’autre Sainte Mère de s’en prendre à l’ascenseur pendant que le reste d’entre nous repartira. »
« M-mais qui… »
« Je descends. »
Elena se leva, et Sagesse l’Ancien tenta de l’arrêter.
« Du calme. Si tu meurs en la combattant, la Sainte Mère retrouvera toute sa bénédiction… »
« Quoi, ce serait mieux si je mourais ailleurs ? »
« Quoi… »
« Si, après être arrivés jusqu’ici, on commence à envisager la défaite, on n’en finira jamais. Et… »
Elena promena autour d’elle un regard légèrement douloureux.
Tout le monde suivit son regard et observa à nouveau les alentours.
Un ciel éclatant. Un temple bâti en marbre blanc pur.
Un endroit qui ressemblait à s’y méprendre au paradis.
Les fidèles de la Lune qui remplissaient les lieux brûlaient vifs, mais leurs visages rayonnaient de joie.
Ils devaient croire qu’offrir jusqu’à leur âme à la Lune était le plus grand des honneurs.
Après avoir traversé l’Enfer de l’Éternité, ils avaient déjà perdu leurs souvenirs et leur identité.
Ils ne se rappelaient pas qui ils avaient été de leur vivant, et il n’y avait aucun moyen de le découvrir.
Il ne leur restait qu’un seul instinct.
Servir la Lune.
C’étaient de doux moutons, incapables de faire autre chose que d’adorer l’être qui les avait détruits.
Le destin le plus misérable de l’univers.
Pour la première fois depuis longtemps, je sentis mon cœur se serrer.
Le triangle que je croyais usé depuis longtemps venait de boucler un nouveau tour.
Elena parla calmement.
« Si Justice ne peut pas intervenir dans un endroit pareil, alors où pourra-t-elle se battre ? »
Alors que Sagesse l’Ancien s’apprêtait à répondre, je lui saisis le bras pour l’arrêter.
Une pâle lueur commençait déjà à briller dans les yeux d’Elena.
« Elena. »
« Monsieur Ga-in. »
« Je te fais confiance. »
Dès qu’Elena fut partie, Sagesse l’Ancien me demanda :
« Pourquoi as-tu envoyé cette jeune femme ? »
« … »
« Si tu lui avais dit de ne pas y aller, la jeune Justice t’aurait écouté… »
« Je ne sais pas. Ce moment m’a simplement paru juste. »
« Pourquoi ? »
« Parce que Justice est nécessaire ici. »
« …Tu as senti une sorte de destin ? »
« Quelque chose comme ça. »
Sagesse l’Ancien n’insista pas.
« Sainte Mère, combien de temps avant que l’ascenseur soit rétabli ? »
« Le problème, ce n’est pas le temps, mais les interférences. »
« Les interférences ? »
« Envoie une autre personne rejoindre mon autre moi. Ainsi, son rêve ne pourra plus interférer avec le mien. »
Elena ne suffisait pas.
À ces mots, Seung-yeop acquiesça et se leva.
« Puisqu’on parle de destin, ne serait-ce pas à Fortuna d’aller arrêter la Sainte Mère ? »
Elena et Park Seung-yeop descendirent à l’Église de la Lune pour arrêter la Sainte Mère.
À cet instant, une intuition fulgurante me traversa l’esprit.
Quelqu’un devrait aussi descendre à la Plaine des Pécheurs et à la Mer la plus profonde pour nous faire gagner du temps.
Il restait un peu plus de quarante minutes à la Sainte Mère invoquée.
Puisque nous devions atteindre le Domaine sacré avant sa disparition, nous n’avions pas le temps de franchir tous les obstacles en chemin.
Comme nous venions de le faire, quelqu’un devrait retenir chaque obstacle pendant que nous maintiendrions l’ascenseur en état et poursuivrions notre route.
…
L’ascenseur fut rétabli.
Juste avant le départ, la Sainte Mère invoquée s’enquit pour la première fois de sa situation.
« Saint Fils, as-tu remonté le temps ? Je viens du futur, et elle est bien moi, à cette époque, n’est-ce pas ? »
« …C’est exact. »
Elle commençait à comprendre précisément ce qui lui arrivait.
Son esprit était donc en train de se rétablir peu à peu.
Quel effet cela aurait-il sur la suite des événements ?
« Urgh… ! »
Mes compagnons ne parvenaient pas à dissimuler leur inquiétude.
Sentant peut-être l’ambiance pesante, la Sainte Mère murmura pour nous rassurer :
« Ne vous inquiétez pas. Je suis de votre côté, maintenant. »
« … »
« Nous poursuivons le même but. »
« … »
« J’espère qu’au bout de toutes les souffrances que nous avons endurées, le rire nous attend. »
* * *
— Elena
--- Boum !
Les balances s’entrechoquèrent.
Les vagues se mêlèrent aux vagues.
Un champ de bataille chaotique où deux conceptions différentes de la justice ne cessaient de clamer : « C’est moi qui ai raison ! »
Des vagues dorées dansaient dans toutes les directions, composant une sorte de magnifique œuvre d’art.
Si le sang humain n’en avait pas été la peinture et les hymnes plaintifs, la musique.
« Toi ! »
Une voix retentit.
« Le Prince m’a parlé de toi. Tu es sortie récemment de l’Hôtel ? »
« … »
Vêtue de blanc, Aedia était si belle qu’elle semblait être un ange descendu des cieux.
Pour les âmes qui subissaient l’Extinction de l’âme en implorant la Sainte Mère, elle devait être bien plus qu’un ange.
Fouuuu !
La Sainte Mère tournoya dans les airs, libérant une vague assez puissante pour rayer une ville entière de la carte d’un seul coup.
Je lui répondis par la force de mes propres balances tournoyantes.
Exactement la même puissance.
Exactement la même bénédiction.
Même notre façon de les utiliser se ressemblait.
--- Grondement !
« … ! »
Je reçus encore un coup violent !
Nous nous battions avec la même bénédiction, de manière similaire, et pourtant je tenais à peine. Pourquoi ?
Parce que je n’utilisais que ma bénédiction, alors que mon adversaire se servait aussi de ses Héritages !
Je m’en rendais de nouveau compte : Justice et Imagination sinistre se combinaient assez mal.
Le Jugement, qui était au cœur de la bénédiction, conférait une puissante résistance mentale, tandis que l’Imagination sinistre ne pouvait être utilisée que si son utilisateur devenait fou.
Pour le moment, je me battais donc avec ma seule bénédiction.
Mon adversaire, elle, avait parfaitement réparti les rôles : sa bénédiction servait à attaquer et ses Héritages à se défendre.
Ses Héritages avaient en outre dévoré un nombre colossal d’âmes, ce qui les rendait plusieurs fois plus puissants que d’habitude !
Impossible de gagner dans ces conditions.
--- Grondement !
La puissance que je dépensais sans arrêt et mes défaites répétées s’accumulaient.
Ma bénédiction approchait de sa limite, et je devais reprendre mon souffle.
La Sainte Mère ne laissa pas passer cette ouverture.
« À ce rythme, tu mourras dans trente secondes. »
« … »
« Pas de réponse ? Tu ne peux même pas parler quand tu utilises Justice ? »
Son regard froid et moqueur m’assombrit les pensées.
Si je mourais, la Sainte Mère deviendrait au moins trente pour cent plus puissante, n’est-ce pas ?
J’avais fait le fier avant de venir, mais, maintenant qu’elle me repoussait sans me laisser le temps de réfléchir, j’étais vraiment inquiet.
Je me demandais si je devais utiliser l’Imagination sinistre pour m’autodétruire une fois ma bénédiction épuisée…
--- Fffffou !
Une présence semblable à un tourbillon noir comme la nuit fit irruption sur le champ de bataille.
Son aura flamboyait comme un feu de forêt. Un seul mot la résumait.
Sinistre.
Dès son apparition, une entaille traversa plusieurs dizaines de mètres et frappa Aedia !
--- Crac !
Le corps de la Sainte Mère se fendit en deux dans le sens de la longueur.
Maintenant !
Pas le temps de m’étonner !
Je rassemblai jusqu’à la dernière parcelle de mes forces et pilonnai de vagues dorées le corps tranché de la Sainte Mère.
Une vision atroce me traversa l’esprit.
Si elle était humaine, le sang giclerait de partout, tandis que ses organes et ses os s’éparpilleraient sur le sol.
Si elle était une Reptilienne, du sang bleu et des écailles voleraient peut-être dans tous les sens !
…
Ce n’était ni l’un ni l’autre.
Le corps fendu de la Sainte Mère ne contenait que du cristal violet.
Elle n’était plus humaine, ni même Reptilienne.
Le Cristal de Qliphoth avait depuis longtemps remplacé son corps tout entier, et sa belle apparence n’était guère plus qu’une sculpture.
Avait-elle toujours été ainsi ?
Ou était-elle devenue comme ça en dévorant les âmes de ses fidèles ?
Le cristal brisé se recolla de façon grotesque, comme si rien ne s’était passé, et reconstitua le corps de la Sainte Mère. Je compris alors.
La Sainte Mère était vraiment immortelle, à présent !
Même si nous la réduisions en un million de morceaux et les dispersions dans l’océan Pacifique, elle reviendrait !
--- Clang !
Le bruit d’une armure de métal noir se mit à résonner.
Le Chevalier noir, que je n’avais pas revu depuis ma sortie de la chambre 207.
Seung-yeop !
Non, il avait dû utiliser son Éveil. Était-il devenu Fortuna ?
En voyant le Chevalier noir, je me rappelai le passé.
J’avais déjà utilisé Justice contre Fortuna, et j’avais quand même perdu, non ?
Lui aussi avait son propre moyen d’être immortel, comme la Sainte Mère.
Quelques secondes plus tard, la Sainte Mère avait entièrement régénéré son corps et prit la parole d’une voix meurtrière.
« Je me demandais pourquoi cette fille était venue m’arrêter seule. Tu as l’air plutôt forte, mais malgré tout… »
--- Clang !
« Sainte Mère. »
Une voix chargée de tristesse et de regrets accumulés au fil des ans.
C’était bien la voix de Seung-yeop, mais l’atmosphère était complètement différente.
Peut-être en sentit-elle le poids.
La Sainte Mère pencha la tête, perplexe.
« Tu me connais ? »
« Mon roi insensé… »
« Quoi ? »
Pour la première fois, la Sainte Mère parut véritablement choquée.
Et pour cause. Du point de vue d’Aedia, un inconnu venait de l’appeler « mon roi ».
« Q-qu’est-ce que tu racontes ? Je n’ai jamais eu quelqu’un comme toi pour subalterne ! »
Fortuna libéra des flots d’énergie grotesque avant de répondre.
« Tu ne me connais pas, mais moi, je te connais. »
« Qu… »
« À l’Hôtel comme dans la réalité… tu te fourvoies toujours de la même façon. »
Incapable de retenir sa curiosité, la Sainte Mère marmonna :
« Je me fourvoie ? »
« Sainte Mère, tu ne vaux pas mieux que ces pauvres fidèles, là-dessous. »
« … »
« Tu cherches toujours quelque chose à adorer, et tu crois sans hésiter aux paroles d’un dieu. »
La Sainte Mère de la chambre 207 faisait aveuglément confiance à monsieur Ga-in.
La Sainte Mère de la réalité faisait aveuglément confiance à la Lune.
« Qu’y a-t-il de mal à croire aux paroles d’un dieu ? »
« Ta dévotion à un dieu ne garantit pas que celui-ci te récompensera. »
« Qu’est-ce que quelqu’un comme toi peut bien savoir… »
« Regarde autour de toi. Tu ne vois pas comment le Prince traite ses fidèles ? Si tu crois que tu feras exception, ce n’est rien d’autre qu’une illusion naïve. »
Waouh !
Mes compagnons m’avaient raconté des choses sur Fortuna, et je l’avais déjà affronté.
Pourtant, c’était la première fois que je le voyais parler en personne.
J’étais aussi surpris que la Sainte Mère !
Était-ce vraiment le même homme que Seung-yeop ?
La Sainte Mère resta un instant sans voix, incapable de réfuter les paroles de Fortuna.
Ses yeux s’illuminèrent plutôt d’une lueur glaçante, tandis qu’une lance du Jugement se forma et fusa vers Fortuna.
--- Bang !
Une attaque d’une puissance incroyable, plusieurs fois plus rapide que le son !
Fortuna ne fit pas un pas.
Pourtant, l’attaque de la Sainte Mère traversa étrangement le vide.
« Ha ! Tu as eu de la chance ? Je venais juste de me régénérer, alors elle m’a raté de peu. La prochaine fois… »
--- Clang !
« La chance des uns fait le malheur des autres. La prochaine fois, j’aurai de la chance et tu en manqueras. »
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