Chapitre 611
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 610 : Le Monde volé (25)
──────
- Mi-ro
Quand j’appris que Ga-in et moi allions nous rendre ensemble sur la Lune, je me mis à me poser une question.
L’Arche du Bureau de gestion ressemblait à un immense navire.
Enfin… c’était un peu comme un navire-église rempli de gens agenouillés en prière, non ?
À quoi pouvait bien ressembler l’intérieur de la Lune ?
* * *
Je m’évanouis deux fois pendant notre chute !
Quand ma vision s’éclaircit peu à peu, je compris une chose.
Nous étions enfin arrivés quelque part où nous pouvions tenir debout.
« Mi-ro, ça va mieux ?
— O-Oui. Je crois que j’ai enfin repris mes esprits… »
Je parvins à peine à m’asseoir et à regarder autour de moi.
J’étais dans une chambre bien rangée.
C’était vraiment étrange de me réveiller dans une chambre.
« C’est… c’est à l’intérieur de la Lune ?
— C’est ça.
— On dirait un hôtel chic.
— La Sainte Mère a préparé cet endroit. Elle nous a dit de nous y installer confortablement pendant notre séjour. »
C’était donc la maison que la Sainte Mère avait préparée pour nous.
On se serait vraiment cru dans un hôtel.
Nous avions quitté l’Hôtel, pénétré dans la Lune et trouvé un autre hôtel !
Était-ce parce que la Sainte Mère venait elle aussi de l’Hôtel ?
Non, elle avait dit qu’avant l’Hôtel, elle venait d’une école.
Elle avait probablement choisi un endroit comme celui-ci pour que nous nous sentions à l’aise.
« Mi-ro, tu as faim ?
— Un peu…
— Tu as envie de quelque chose ?
— Des gaufres ?
— Viens par ici. »
Ga-in s’approcha de la porte de la chambre, saisit la poignée et s’arrêta.
« Qu’est-ce que tu fais ?
— Rien. »
--- Boum !
Derrière la porte se trouvait une pièce chaleureusement éclairée qui me rappelait la salle à manger de la chambre 105. Des gaufres et du café attendaient sur la table au milieu de la pièce.
« Waouh ! Comment ça se fait qu’il y ait déjà des gaufres ?
— Imagine que c’est comme à l’Hôtel. Dans cette salle à manger, tu trouveras toujours ce que tu as envie de manger. »
Incroyable !
C’était vraiment comme dans un hôtel.
Pendant que nous mangions nos gaufres et buvions notre café, Ga-in me tendit un plan de la maison.
« C’est le plan du manoir. Aedia nous l’a donné, alors prends le temps de le connaître.
— D’accord.
— Mi-ro, ne sors pas de la maison pendant mon absence.
— Compris. Et le Miroir ?
— Il avait déjà disparu quand je me suis réveillé. »
La Lune l’avait pris !
« C’était quelque chose que nous avions prévu de lui offrir dès le départ.
— …
— D’après la Sainte Mère, une immense guerre éclatera bientôt.
— Entre les Pilleurs et la Lune ?
— C’est ça. L’issue ne fait aucun doute. »
Même sans intervenir, la Lune finirait par remporter la bataille, et nous lui avions en plus donné une arme redoutable.
La Lune l’emporterait plus facilement et plus rapidement.
« Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
— Pour l’instant, je vais bientôt partir travailler.
— Hein ?
Mais pour travailler, il fallait bien aller dans un lieu de travail, non ?
« Quel genre de travail tu peux bien avoir dans un endroit pareil ?
— J’en ai un.
— Et moi, je fais quoi ?
— Tu restes ici jusqu’à mon retour. Et…
— Et ? »
Ga-in sembla réfléchir un instant, puis dit quelque chose d’étrange.
« Si quelqu’un d’autre que moi vient…
— Q-Quelqu’un d’autre peut venir ici ? La Sainte Mère, peut-être ?
— Il y en a beaucoup. Vraiment beaucoup. »
Quelqu’un d’autre que Ga-in et la Sainte Mère.
Rien que d’y penser, je me sentais mal à l’aise sans savoir pourquoi.
« Si quelqu’un vient, comporte-toi normalement.
— Normalement ? Comme d’habitude ?
— Comporte-toi comme une collégienne ordinaire. »
Pas comme d’habitude, mais comme une collégienne ordinaire ?
C’était beaucoup trop difficile !
Il avait peut-être vu à quel point j’étais perdue, car Ga-in me caressa soudain la tête.
« Ne te prends pas trop la tête. À ton avis, pourquoi est-ce que je t’ai emmenée ici ?
— Pourquoi Ga-in m’a emmenée ici ? »
Bon, d’accord ! Je l’admettais.
Je n’étais probablement pas aussi incroyablement intelligente qu’A-ri ou Ga-in.
En revanche, j’étais bien plus créative qu’eux deux !
Bref, s’il avait voulu quelqu’un de logique et de méthodique, il ne m’aurait pas emmenée avec lui.
« Tu m’as emmenée pour que je ne réfléchisse pas trop et que je puisse agir sur un coup de tête ?
— C’est ça. C’est un endroit où même moi, je ne peux pas être sûr de ce qui va se passer.
— Alors, je ferai tout ce que je veux ! »
Un instant, Ga-in eut l’air sincèrement inquiet.
« … Essaie au moins de faire preuve d’un minimum de bon sens. Tu sais à quoi ressemble une collégienne ordinaire, pas vrai ? »
Quand nous eûmes fini de manger, Ga-in se leva en annonçant qu’il partait travailler.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 240
Lieu actuel : recherche…
Conseil du Sage : 3]
- Han Ga-in
Je n’aurais jamais cru qu’entendre quelqu’un dire qu’il ferait tout ce qu’il voulait puisse être aussi inquiétant…
Est-ce que j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas, tout à l’heure ?
« … »
Non.
Dans cet endroit, plus on réfléchissait, plus on se mettait en danger.
En un sens, quelqu’un comme moi était particulièrement exposé.
« Ouf… »
L’intérieur de la Lune était très différent de ce que j’avais imaginé.
Je pensais que ce serait comme l’Arche du Bureau de gestion, un environnement semblable à un vaisseau spatial.
Je comptais explorer l’intérieur et entrer en contact avec la Lune pour trouver les renseignements dont j’avais besoin, mais…
Cet endroit était bien plus abstrait et bizarre que je ne l’aurais cru.
Où devais-je aller pour trouver ce que je cherchais ?
Dans une bibliothèque ? Un laboratoire ?
« … »
La main sur la poignée, je me représentai ce que je voulais.
L’endroit où je voulais aller et le chemin que je devais emprunter pour m’y rendre !
--- Clac !
Un couloir sombre, semblable à celui d’un immeuble, apparut.
En descendant le couloir, je réfléchis.
Ici, rien n’était figé dans la réalité.
Mi-ro s’était réveillée dans un lit comme ceux de l’Hôtel parce que, pour elle, le lit de la chambre 105 symbolisait le repos.
C’était un lieu à la frontière entre le réel et l’irréel, où l’imagination et la réalité se mêlaient.
Le concept le plus proche était celui du rêve.
Au bout du couloir se trouvait un ascenseur, comme dans tant d’hôtels et d’immeubles.
* * *
--- Ding !
Quand les portes s’ouvrirent, un visage familier apparut.
« Bonjour ?
— Bonjour.
— Saint Fils, tu l’entends ?
— De quoi parlez-vous ?
— Tu n’entends pas le Prince rire ? Sa voix, pleine de joie, se répand dans le monde entier ! »
Je n’entendais rien.
« … »
Une idée me traversa soudain l’esprit.
Même si la Sainte Mère et moi nous trouvions ensemble dans l’espace exigu d’un ascenseur, nous étions peut-être en réalité dans des mondes totalement distincts.
Dans la perception de la Sainte Mère, la Lune envoyait peut-être vraiment des anges chanter ses victoires.
« J’arrive presque à l’entendre.
— C’est grâce à vous, Saint Fils.
— … Merci. »
--- Ding !
L’ascenseur arriva au rez-de-chaussée.
Alors que j’allais sortir, la Sainte Mère m’attrapa soudain par les vêtements.
« C’est dangereux.
— Pardon ?
— Vous avez quitté la maison et vous êtes entré dans un couloir d’immeuble. Au bout du couloir, il y avait un ascenseur. Vous avez utilisé le panneau de commande et êtes descendu au rez-de-chaussée. »
Elle énumérait les différents mondes — ou les différentes imaginations — que j’avais traversés.
« Si vous continuez comme ça, de l’autre côté de l’ascenseur se trouvera le rez-de-chaussée d’un immeuble. Et dès que vous franchirez l’entrée principale, vous serez dehors ?
— C’est ça.
— Vous comptiez traverser un espace extérieur pour rejoindre votre destination ?
— Oui.
— C’est extrêmement dangereux.
— … Je suivrai votre conseil. »
Cet endroit était un monde onirique créé par la Lune.
Même moi, je ne savais pas exactement quelles actions étaient dangereuses.
C’était un monde que je n’avais jamais visité, où même la Clairvoyance ne pouvait me fournir de solution utile.
« Le chemin passe par un espace extérieur. Qu’est-ce qu’un espace extérieur ?
— …
— Un espace immense, sans limites. Vous ne pouvez pas le remplir entièrement avec votre imagination.
— Je ne peux pas le remplir entièrement avec mon imagination ?
— L’imagination des autres s’y infiltrera et remplira les espaces vides. »
Je commençais à comprendre.
Dans ce monde onirique, les grands espaces comme les terrains à ciel ouvert, les forêts et la mer étaient extrêmement dangereux.
Ils étaient trop vastes pour que mon imagination les remplisse et aucune frontière ne séparait l’intérieur de l’extérieur.
« … »
Que se passerait-il si l’imagination des autres s’infiltrait pour remplir l’espace vide ?
Ça ne pouvait pas être agréable.
« Que devez-vous faire ? Vous pouvez probablement deviner maintenant, non ? Vous êtes quelqu’un d’intelligent.
— Imaginer un endroit étroit aux limites bien définies ?
— Soyez plus précis ! Que devez-vous faire, là, tout de suite ? »
Un lieu étroit et délimité se trouvait forcément à l’intérieur d’un bâtiment.
« Et si j’appuyais sur B2 et que j’imaginais un parking souterrain ?
— Et ensuite ? Ce sera de nouveau dangereux une fois que vous aurez quitté le parking.
— … En voiture.
— En voiture ?
— Il y a un chauffeur.
— Quel genre de chauffeur ? »
Dans le monde de la Lune, une situation devenait dangereuse quand le rêve d’une autre personne s’immisçait dans mon domaine.
Je devais imaginer un espace délimité que personne ne pourrait envahir.
Et personne d’autre que mes compagnons ne devait pouvoir exister dans mon imagination.
« Un chauffeur automatique. C’est une intelligence artificielle, pas une personne.
— Et ensuite ?
— Je vais uniquement imaginer l’intérieur de la voiture. Une voiture a des limites. Ensuite, si je ferme les yeux et les rouvre, je me réveillerai dans le parking de ma destination.
— Vous êtes vraiment intelligent. »
Après ces mots, la Sainte Mère sourit doucement et tendit la main pour appuyer sur B2.
« Je ne crois pas avoir besoin de vous aider davantage. Comme vous le savez, j’aurai moi aussi beaucoup à faire à partir de maintenant.
— …
— Alors, au revoir…
— Aedia.
— Oui ?
— Les âmes que le Prince a avalées.
— Oui.
— Elles vivent toutes dans le monde des rêves, comme nous en ce moment ?
— Bien sûr. Chacun vit la vie qu’il souhaite ! C’est la grâce et le Salut que le Prince accorde à tous.
— …
— Il y a bien quelques précautions à prendre, évidemment. »
Je regardai la Sainte Mère disparaître avec un doux sourire et réfléchis.
Pour elle, ce monde était peut-être une sorte de paradis créé par la Lune.
Elle croyait qu’une fois la victoire de la Lune acquise, le paradis qui se trouvait en elle deviendrait réalité.
* * *
- Vous êtes arrivé à destination.
La voix claire de l’intelligence artificielle de conduite autonome m’annonça que j’étais arrivé.
La main sur la poignée, j’essayai une nouvelle fois d’imaginer l’endroit où je voulais aller.
N’oublie pas !
Puisqu’il y avait une voiture, il devait y avoir une route dehors, d’autres voitures, des bâtiments… Toutes ces idées dictées par le bon sens étaient fausses.
Ici, il n’y avait que la voiture et moi.
Je n’avais pas imaginé le reste des lieux, alors tout était vide.
La voiture avait roulé une trentaine de minutes avant d’arriver à destination ?
Cette durée ne signifiait rien, en réalité.
Mon subconscient pensait qu’un trajet prenait une trentaine de minutes, alors c’était le temps qu’il avait duré.
« … »
Dehors, il n’y avait ni terrain à ciel ouvert ni ville.
Seulement un parking sombre et étroit.
Un endroit où il n’y avait personne à part moi.
Seules quelques voitures vides y étaient garées.
--- Grincement !
« Ouf… »
Réussi !
Alors que je traversais le parking, un ascenseur apparut tout naturellement.
À vrai dire, dire qu’il était apparu n’était pas tout à fait exact.
Il serait plus juste de dire que je l’avais imaginé et qu’il avait donc pris forme.
Quand je pensais à un espace clos capable de m’emmener où je voulais, l’ascenseur s’imposait comme une évidence.
--- Ding !
Immobile dans l’ascenseur, je réfléchis.
À quel étage devais-je appuyer ?
Le numéro de l’étage n’avait aucune importance.
Ce qui comptait, ce n’était pas l’étage, mais l’endroit où je devais aller.
Si j’appuyais sur le troisième étage en pensant à un café, un café apparaîtrait. Si je pensais à un cabinet dentaire, ce serait un cabinet dentaire.
« … Un laboratoire. »
Un laboratoire convenait mieux qu’une bibliothèque à un lieu lié à mon passé et susceptible de contenir des renseignements sur la Lune.
Depuis le début, j’avais imaginé le bâtiment où j’étais entré comme un institut de recherche.
« Mon laboratoire personnel. »
--- Clic !
La réponse allait de soi, mais je posai tout de même une question pour m’en assurer.
[Conseil du Sage : 3 -> 2]
« La Lune observe tout ce que je fais en ce moment, n’est-ce pas ? »
[Bien sûr. Vous êtes à l’intérieur de la Lune.]
Évidemment. Je ne pouvais pas échapper au regard de la Lune alors que j’étais en elle.
La Lune savait que j’étais arrivé ici.
L’intérieur de la Lune était très différent de ce que j’avais imaginé en la voyant de l’extérieur.
Je croyais qu’elle ressemblerait à l’Arche du Bureau de gestion, un immense navire où d’innombrables âmes erraient en louant la Lune, mais…
J’avais l’impression d’être un mortel entré dans le rêve d’un dieu démon.
…
Quand les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, je découvris une pièce lumineuse.
Des livres serrés les uns contre les autres et des documents éparpillés partout.
Devais-je vraiment fouiller tous ces livres et ces papiers ?
« … »
De toute façon, la Lune savait déjà que j’étais arrivé, non ?
Autant le dire franchement.
« Prince, j’imagine que vous m’observez. »
Seule ma voix résonna dans le laboratoire silencieux.
« Comme vous le savez, mes souvenirs de ma première vie sont flous. Je sais que je vous ai libéré, Prince, mais c’est tout. »
Toujours aucune réponse.
« J’ai appris que j’étais autrefois chercheur principal au Bureau de gestion. Est-ce que j’aurais laissé quelque chose derrière moi ? »
J’ajoutai une phrase comme si elle m’était venue à l’esprit en passant.
« Si je retrouve mes souvenirs, je pourrai davantage vous aider. »
--- Boum !
À cet instant, un livre tomba de l’étagère.
« Merci. »
[Étude des Entités de convergence des âmes]
Le titre était étrange.
Son contenu dépassait encore davantage les limites du bon sens.
[1. Origine
Comme Raymond T. l’a établi il y a longtemps, l’essence de ceux qu’on appelle « dieux » est simple.
Au sein de l’hétérogénéité cosmique qui existe depuis la création du ciel et de la terre…
D’innombrables fragments de chaos se rassemblent en un seul point, et un dieu naît.
Si nous remontons ce processus à rebours, pourrions-nous façonner un Grand Être de nos propres mains ?
Les réceptacles du chaos les plus purs et de la meilleure qualité auxquels nous pouvions accéder étaient les âmes. Nous n’avions donc d’autre choix que d’utiliser des âmes humaines.
…
2. Définition
Une Entité de convergence des âmes se forme lorsque des âmes humaines sont liées au sein d’un circuit structuré…
…
Lorsque le circuit s’active au terme de ce processus, on parle d’Entité de convergence des âmes.
En 4731 AS, il s’agit de la plus puissante des sept catégories d’Entités du Chaos susceptibles d’être créées artificiellement.
…
Certains soulignent le manque d’efficacité de la création des Entités de convergence des âmes.
Il est vrai que, comparée à l’excellent rapport coût-efficacité des « incarnations de graines de Cauchemar » et à la facilité d’utilisation des « bêtes invoquées multidimensionnelles anisotropes », la création d’Entités de convergence des âmes est particulièrement complexe.
…
Pourtant, en ce qui concerne le potentiel maximal du produit achevé, aucune autre catégorie ne pourra jamais rivaliser avec une Entité de convergence des âmes.
Les pertes humaines au cours du processus ne représentent pas un coût si élevé au regard du résultat exceptionnel obtenu.]
À cette lecture, je compris quelque chose.
Il n’y avait pas un seul mot sur le Miroir !
« … »
[3. Croissance
La croissance d’une Entité de convergence des âmes se déroule en trois grandes étapes.]
À ce moment-là, je compris pourquoi la Lune m’avait donné ce livre.
« Vous avez rencontré un obstacle dans votre croissance. N’avez-vous pas réussi à trouver la réponse seul ? Ou bien est-il difficile de la mettre en pratique, même si vous la connaissez ? »
Même lit, rêves différents.
Devant le même document, la Lune cherchait la clé de sa croissance, tandis que moi, je cherchais sa faiblesse.
Notes de bas de page :
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