Chapitre 610
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 609 : Le Monde volé (24)
──────
- Mi-ro
Un étrange liquide bouillonnait comme de la mousse, puis se transforma soudain en une fumée opaque.
Au bout d’un moment, il durcit comme de la pierre. Puis, à mesure que le temps passait, il se remit à l’état liquide.
Son contenu alternait sans cesse entre les états liquide, gazeux et solide. Le Sablier était un objet pour le moins étrange.
« À bien y penser, nous n’avons toujours pas utilisé le Sablier, pas vrai ? »
Aux mots d’Elena, Mook-seong acquiesça.
« C’est vrai. Il était censé nous aider à résister à la Lumière qui annonce la fin, non ? »
A-ri secoua la tête.
« Ce n’était qu’une supposition. L’Hôtel ne nous a jamais expliqué comment nous étions censés nous en servir. »
« Alors, comment on l’utilise ? »
Ga-in ne devait-il pas le savoir ?
« Celui qui le tient le saura. Alors, qu’est-ce que tu comptes faire, maintenant ? »
A-ri se posait exactement la même question que moi !
Ga-in, qui tenait le Sablier et réfléchissait intensément, nous regarda.
« Vous avez compris l’idée générale, pas vrai ? »
« Tu vas libérer la Sainte Mère, puis te servir de la mort de Sagesse l’Ancien comme prétexte pour rétablir tes relations avec la Lune ? »
« Ensuite, il ne restera plus qu’à entrer dans le domaine de la Lune, découvrir son plus grand secret et remonter le temps. »
« Tu vas y aller seul ? »
Sa réponse me laissa sous le choc.
« Je n’emmène que Mi-ro. »
« Hein ! »
Moi toute seule ?
E-Enfin, ça ne me dérangerait pas de me retrouver seule avec Ga-in, mais…
La Lune n’était pas un parc d’attractions !
Il comptait m’emmener seule dans l’endroit le plus infernal du monde ?
Eun-sol demanda aussitôt : « La Lune a de puissants pouvoirs de manipulation mentale. On n’a pas besoin de la Flûte ? »
C’est vrai ! Il nous fallait la Flûte d’Eun-sol !
« La Flûte ne fonctionne que si on en joue, pas vrai ? »
« Exact. »
« Je vais m’approcher en me faisant passer pour un fidèle sujet de la Lune. Ce serait problématique qu’Eun-sol se mette à jouer de la Flûte à côté de moi. »
C-C’était vrai ?
A-ri demanda alors : « Et moi ? »
« La Lune n’apprécie déjà pas le Bureau de gestion. »
« Mais Mi-ro aussi, c’est une agente, non ? »
C’est vrai !
« Vous n’avez pas le même rang. Toi, tu fais partie de la Royauté, pas Mi-ro. »
« … »
« Pour être honnête, Mi-ro aussi est en danger. La Lune pourrait la tuer. Mais si je ne peux choisir qu’une personne, ce sera Mi-ro. »
« Hein ! »
Un gémissement m’échappa avant que je puisse le retenir.
Ga-in me regarda et esquissa un sourire, comme pour me rassurer.
« Mi-ro, ne t’inquiète pas. »
« T-Tu m’as fait peur ! Tu plaisantais quand tu as dit que la Lune pourrait me tuer, hein ? Je suis la compagne de Ga-in… Ne fais pas des blagues aussi effrayantes. »
« … »
« Ça va, puisque je suis la compagne du Saint Fils, pas vrai ? »
Même à cet instant, A-ri acquiesça comme si elle avait tout compris toute seule.
« Tu ne peux pas emmener plusieurs personnes à cause de l’érosion mentale et de problèmes du même genre. Moi, je suis exclue parce que je fais partie de la direction du Bureau de gestion, et Elena ne peut pas venir non plus, puisque la Sainte Mère deviendrait plus puissante dès qu’elle mourrait. »
J’étais morte de peur, et qu’est-ce qu’A-ri racontait, au juste ?
« Tu as l’Immutabilité et, avec le Prêteur de temps, t’emmener revient pratiquement à prendre plusieurs compagnons à la fois. Mi-ro est vraiment le meilleur choix. »
Je la dévisageai, les yeux écarquillés. A-ri m’adressa un sourire gêné, puis détourna le regard. Ga-in poursuivit :
« Bon, tout le monde, concentrez-vous. Surtout, Grand-père. »
« Ouais. »
« A-ri a perdu la mémoire dans la chambre 207, pas vrai ? Quand nous remonterons le temps avec Encore une chance, tout le monde aura oublié. Sauf Grand-père. »
« Tu veux dire que je dois me souvenir de tout ce qui est important ? »
« Bien sûr. J’ai aussi noté les points essentiels dans ma fenêtre de statut. »
Il avait complètement esquivé ma question : est-ce que tout ça était vraiment raisonnable ?
J’avais fini par m’y habituer.
Eun-sol prit la parole, l’air inquiet. « La Lune ou les Pilleurs ne vont-ils pas remarquer que le temps a été remonté ? »
Ga-in répondit simplement :
« Si. »
« Argh ! Tu en es sûr ? »
« La Lune et les Pilleurs ne seront pas les seuls à s’en rendre compte. Le Bureau de gestion aussi. N’oublie pas qu’Encore une chance ne peut pas annuler l’anéantissement des âmes. »
« … »
« Des millions, non, des dizaines de millions de personnes vont disparaître d’un coup partout sur Terre. Comment pourraient-ils ne pas le remarquer ? Du point de vue de la Lune, son ventre sera rempli d’âmes qu’elle n’a pas dévorées. Comment pourrait-elle ne pas s’en apercevoir ? »
« … »
« Ils ne sauront pas exactement ce qui s’est passé avant qu’on remonte le temps. »
Mook-seong avait l’air mal à l’aise.
« Tu en es sûr ? »
Ga-in eut un sourire amer.
« Comment pourrait-on en être sûr ? »
« C’était une question stupide. »
« Encore une chance et le Sablier sont tous deux des pouvoirs que l’Hôtel nous a donnés. Comme s’il nous disait : “Ça devrait suffire pour régler les problèmes de la réalité.” Je crois que c’est possible. »
Longuement, Ga-in nous expliqua tout ce que nous avions appris jusque-là, ainsi que ce qui allait se passer ensuite.
Quand il avait obtenu la Clairvoyance pour la première fois, il ne nous avait rien expliqué. Cette fois, c’était différent.
Pourquoi ?
« Je crois vous avoir tout dit. Grand-père… »
« J’ai tout retenu ! »
« Tant mieux. Mi-ro, on va s’isoler un moment, tous les deux ? »
En temps normal, mon cœur aurait battu la chamade.
Là, ça m’effrayait un peu.
« D-D’accord. »
* * *
La réalité était noyée sous une poussière étouffante.
Elle était devenue, à un moment donné, encore plus infernale que l’Hôtel.
Ga-in fixa la sphère cramoisie qui luisait d’une lueur sinistre, puis baissa soudain les yeux vers moi pour m’examiner.
« … »
Son regard parcourut lentement mon corps, du sommet du crâne jusqu’au bout des orteils.
J’avais l’impression qu’il cherchait à déchiffrer toutes les possibilités qui se cachaient en moi.
Après presque trente minutes particulièrement gênantes, Ga-in prit la parole.
« Désolé. »
« … »
« C’était gênant, pas vrai ? J’avais beaucoup de choses à examiner… »
« J-Je vais te dénoncer à la police. Ce que tu fais, ce n’est pas un délit, par hasard ? »
Du harcèlement sexuel, ou un truc comme ça !
Ga-in eut l’air un peu décontenancé.
« … Ce que tu viens de dire ne faisait partie d’aucune possibilité que j’ai vue. »
« Ah bon ? Alors, tu sais quel est le lien entre les grenouilles et les têtards ? »
« Quoi ? »
« Seung-yeop a dit que les têtards ne savent pas à quoi ressemblent les grenouilles ! Alors, si on met un têtard dans un aquarium… »
« Non, non. Mi-ro, tais-toi, s’il te plaît. Si tu me donnes des informations bizarres, je vais m’embrouiller. »
Ha ! Voilà !
La Clairvoyance avait beau exister, elle ne pouvait pas suivre mon imagination débordante !
Cette pensée fit disparaître le malaise instinctif que Ga-in et la Clairvoyance m’inspiraient.
Héhé… !
En voyant ma réaction, Ga-in prit un air très compliqué.
« … Je ne sais pas pourquoi, mais tu as l’air contente, alors tant mieux. C’est mieux que de mourir de peur à cause de la Lune. »
« Hmph ! C’est tout moi, ça… »
« N’ouvre pas la bouche. À chaque fois, tu m’embrouilles. »
« … »
Je commençais à me sentir mal de nouveau.
« Mi-ro. »
« … »
« Mi-ro ? »
« Tu m’as dit de ne pas parler. »
« … Regarde, tu vois ça ? »
Dans une main, il tenait le Sablier que nous avions vu à l’Hôtel.
Dans l’autre, il avait un objet gros comme le poing, qui ressemblait à un mélange de tissu vivant et de machine.
« Oh ! C’est l’Appareil photo vivant, pas vrai ? C’est celui d’A-ri ? »
« Exact. Je vais t’expliquer comment t’en servir. »
C’est là que je compris, moi aussi.
« N-Ne me dis pas que je dois utiliser les deux ? »
« Si. »
« Ga-in ! R-Réfléchis calmement ! »
« Je réfléchis très calmement. »
« Tu ne me fais pas trop confiance, là ? Tu m’emmènes seule dans un endroit incroyablement dangereux et tu me confies aussi les outils les plus importants ! »
Je m’efforçai de calmer les battements de mon cœur en plongeant les yeux dans ceux de Ga-in. Puis j’entendis sa voix posée.
« La différence entre Sagesse l’Ancien et moi. »
« Hein ? »
« En fait, il y en a une autre. »
« Quoi… »
« J’ai confiance en toi. Si je ne fais pas confiance à mes compagnons, à qui suis-je censé faire confiance ? Alors, ne t’inquiète pas. »
« … »
« J’ai vu grâce à la Clairvoyance que tu pouvais réussir. Tu me crois, maintenant ? »
Une forte intuition m’envahit.
Est-ce qu’il mentait ?
Non. C’était plutôt comme s’il ne me disait qu’une partie de la vérité.
Il avait sans doute vu une possibilité où je réussissais, mais aussi une autre où j’échouais.
Mais à quoi bon parler de choses inquiétantes, maintenant ?
« Je te crois ! »
Ga-in sourit de toutes ses dents.
Je lui rendis son sourire.
* * *
「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 238
Emplacement actuel : 1 Uisadang-daero, district de Yeongdeungpo, Séoul
Conseil du Sage : 3」
- Han Ga-in
Jour 238, la veille de la Descente de la Lune.
Je libérai la Sainte Mère, qui était scellée.
Dès qu’Aedia se réveilla, une fureur sauvage l’envahit et elle m’empoigna par le col.
« Je vais te dévorer tout cru… »
« Écoutez-moi, s’il vous plaît ! Ma chair ne doit pas être très savoureuse. »
Face à la Sainte Mère, qui brûlait de rage, je débitai calmement le mensonge que j’avais préparé.
Il ne fallut pas une minute pour que la Sainte Mère tombe des nues.
« Q-Qu’est-ce que tu as dit ? Tu as tué Sagesse l’Ancien, ce vieux débris ? »
« Son corps est juste là. Vous le voyez, non ? »
Sagesse l’Ancien n’apparaissait généralement pas dans la réalité.
Je craignais que la Sainte Mère ne reconnaisse pas son corps, mais je m’étais inquiété pour rien.
Elle caressa doucement la tête tranchée de Sagesse l’Ancien, le visage traversé d’émotions contradictoires.
« C’est vrai. Tu as vraiment tué ce vieil homme répugnant ! »
Malgré ses paroles, la Sainte Mère avait l’air un peu triste. Elle ferma les yeux grands ouverts de Sagesse l’Ancien et joignit les paumes.
« J’espère qu’il a enfin trouvé le repos, après une vie si éprouvante… »
Ils étaient plus proches que je ne le pensais ?
Ils s’étaient simplement opposés en raison de leurs fonctions respectives : elle, Sainte Mère de la Lune, et lui, Pilleur. On aurait dit qu’ils n’avaient aucune rancune personnelle.
Ou peut-être faisait-elle simplement preuve de compassion envers les morts.
« Je suis désolé. Combattre Sagesse l’Ancien était extrêmement dangereux, alors je pensais que la Sainte Mère s’y opposerait… »
« Assez. Inutile de revenir davantage sur le passé. Tuer ce monstre est un exploit véritablement remarquable. Le Prince t’accueillera lui aussi à bras ouverts. »
Je l’avais déjà compris après avoir observé la Lune à plusieurs reprises.
La Lune ne m’en voulait plus.
« Le Prince va probablement… descendre demain. »
La date donnée par l’Hôtel était donc exacte.
« Prépare-toi. L’heure de la victoire approche. »
* * *
「Date : Jour 239」
Dès le petit matin, le ciel commença à changer de couleur.
La Lune cramoisie, qui luisait d’une lueur sinistre, semblait prête à chasser le soleil même en plein jour.
Suivant les instructions de la Sainte Mère, je pris un bain, me purifiai, puis attendis à genoux. Soudain, l’espace se déchira.
À cet instant, la Sainte Mère affichait une joie débordante.
« Saint Fils, l’heure de la victoire est enfin arrivée. »
« Félicitations. »
« Ce n’est pas à moi qu’il faut adresser ses félicitations. Tout le monde devrait s’en réjouir ! »
Tout le monde devrait s’en réjouir…
La Sainte Mère ne devait pas donner au mot « tout le monde » le sens habituel.
Quoi qu’il en soit, je m’efforçai moi aussi d’avoir l’air heureux.
« Hum… Sainte Mère. »
« Oui ? »
« … Vous devez vraiment emmener cette fille ? Prendre un compagnon de l’Hôtel comme accompagnateur, c’est acceptable, mais cette fille… »
Quand la Sainte Mère lui lança un regard noir, Mi-ro se cacha derrière moi, comme si elle avait peur.
« C’est parce qu’elle vient du Bureau de gestion ? »
« … Le Prince n’a pas une bonne opinion du Bureau de gestion. »
« Je vous en prie. C’est une compagne très utile. Elle aidera le Prince. »
« Hmm… »
Aedia laissa échapper un soupir discret et ferma doucement les yeux.
On aurait dit qu’elle demandait à la Lune quelle était sa volonté.
« Le Prince a gracieusement accepté de l’accueillir, en considération de l’exploit du Saint Fils. »
Je m’agenouillai aussitôt et baissai la tête.
Mi-ro, qui était restée plantée là sans bouger, s’agenouilla à côté de moi avec un temps de retard.
« Saint Fils, cela suffit. Entrons. »
* * *
Au-delà de l’entrée s’ouvrait une chute sans fin.
Je plaquai une main sur la bouche de Mi-ro, qui faillit crier, et nous tombâmes sans fin.
Était-ce parce que j’avais recouvré ma Clairvoyance et que ma Sagesse s’était aiguisée plus que jamais ?
Je compris une vérité absurde.
Ah…
La forme indistincte de la Lune dans le ciel n’était pas sa véritable apparence.
La dernière fois que la Lune avait affronté Sagesse l’Ancien, elle n’avait fait que tirer la langue, ne laissant apparaître qu’une partie de son corps.
La Lune n’était jamais sortie des entrailles de la Terre !
Ça paraissait évident, quand on y réfléchissait avec bon sens, non ?
Si une chose aussi gigantesque que la Lune sortait du sous-sol, la Terre risquait de se fendre physiquement en morceaux !
L’humanité serait anéantie sur-le-champ, ce qui représenterait une grande perte pour la Lune, qui voulait dévorer l’âme des survivants.
Ha ha !
Le bon sens, hein…
Si je voulais faire appel au bon sens, le problème commençait par la présence de la Lune à l’intérieur de la Terre !
Comment avait-on bien pu la mettre là, au départ ?
Même si la civilisation des Humains primordiaux avait été très avancée, comment avait-elle pu piétiner la science comme si ce n’était qu’un amuse-gueule…
« … »
Une autre révélation me frappa alors soudainement.
Ceux qui avaient emprisonné la Lune à l’intérieur de la Terre étaient les Participants primordiaux !
Piétiner la science comme si ce n’était qu’un amuse-gueule ?
Avec les pouvoirs acquis grâce à l’Hôtel, c’était tout à fait possible.
En échange d’avoir offert à l’humanité des dizaines, voire des centaines de Boucles, ils avaient obtenu le droit à l’Ascension et quitté la réalité pour toujours.
Et Sagesse l’Ancien ?
N’avait-il pas lui aussi contribué à sa manière ?
Y avait-il une raison pour laquelle la méthode de l’Ancien était absolument impossible ?
Mon esprit, plus clair que jamais, s’étendit à l’infini à la recherche d’une réponse.
- Grondement !
J’entendis le tonnerre.
Et je savais que ce n’était pas un son physique.
C’était le salut d’un typhon vivant, qui accueillait un vieil ami.
La joie d’avoir pris l’avantage dans une guerre qui semblait destinée à ne jamais finir.
Les émotions du Grand Être.
La réalité du Grand Être.
Il pouvait donner instantanément forme à ce qu’il pensait ; les deux domaines n’en faisaient donc qu’un.
Éveil.
Éveil.
Éveil.
…
Ce n’était pas le savoir que je cherchais.
Je n’étais pas venu ici pour apprendre à quel point la Lune était magnifique et puissante par rapport à moi !
J’avais déjà assez subi la puissance écrasante des Prisonniers à l’Hôtel pour en être écœuré.
Il me fallait une autre révélation.
Quelque chose qui m’aiderait à trouver la réponse…
À cet instant.
「Tu es venu.」
「Sauveur.」
「Chercheur.」
「Magicien.」
「Professeur.」
「Traître.」
「Saint Fils revenu.」
D’innombrables voix retentirent simultanément.
C’était une conversation, mais pas vraiment.
C’était la volonté émanant d’une étoile vivante, un son venu d’un monde où la frontière entre la pensée et la réalité s’était effondrée.
« Argh ! »
Même l’Immutabilité avait peut-être ses limites. Je serrai la main de Mi-ro, qui gémissait, et concentrai mon esprit en un seul point.
…
Je parvins à une étrange révélation.
Le nombre d’âmes qu’une Arche pouvait engloutir était limité.
Sans cette limite, il n’y aurait aucune raison d’éliminer les survivants à l’avance sous prétexte d’empêcher la croissance de la Lune.
Il aurait suffi d’embarquer toute l’humanité dans l’Arche. Il n’y aurait eu aucune raison d’organiser une Sélection.
Les Arches créées par le Bureau de gestion avaient une capacité limitée, et celles des Pilleurs aussi.
Même le Soleil sacré avait une capacité limitée.
Alors pourquoi la Lune n’avait-elle pas cette limite ?
Je connaissais un être semblable à la Lune.
À l’Hôtel, j’avais vu un être qui contenait les âmes condensées d’un nombre de Mortels incomparablement supérieur à celui de la Lune !
Alors que ma conscience se brouillait sous l’effet d’un vertige étourdissant, j’entendis une voix pour la première fois depuis très longtemps.
「Mon fils.」
「Tu comprends, maintenant ? Je t’ai mis sur cette voie il y a bien longtemps.」
「À présent que tu as enfin commencé à parvenir à la réalisation, je n’ai plus aucun regret. Développe-toi, puis développe-toi encore. Comprends que la vie est passée d’organismes unicellulaires à des organismes pluricellulaires.」
Était-ce une hallucination auditive ?
Ou la dernière voix qui subsistait au sein du Soleil sacré ?
Je ne pouvais pas le dire.
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