Chapitre 606
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 605 : Le Monde volé (20)
──────
「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 229
Emplacement actuel : Recherche...
Conseil du Sage : 1」
— Han Ga-in
Nous partîmes tôt le matin.
Dix minutes à peine après notre départ, nous fûmes happés par l’Autre Monde.
« Encore ? »
Le ciel vira au bleu, et les immeubles de béton qui nous entouraient se transformèrent soudain en arbres gigantesques.
Eun-sol contempla la scène, bouche bée, puis marmonna :
« Cet endroit est… plutôt beau, à sa manière. »
Nous étions désormais habitués au phénomène. Tout le monde se rassembla et se mit en formation. A-ri, intriguée, se tourna vers Aedia.
« Cet Envahissement provoqué par les Pilleurs, c’est une sorte de terraformation de leur point de vue ? »
« Une Arche n’est pas différente d’un petit univers. Ils projettent une partie d’eux-mêmes dans ce monde. »
« Et ce géant-arbre, c’est un combattant envoyé par l’un des Pilleurs ? »
« Préparez-vous au combat ! »
Une Arche était un petit univers.
Dix Pilleurs, autrement dit dix Arches, correspondaient à dix mondes totalement différents.
...
Le combat ne dura pas longtemps.
* * *
Vers deux heures de l’après-midi, nous atteignîmes enfin les eaux au large d’Incheon dont Aedia nous avait parlé.
« On y est presque ! »
Depuis le matin, nous avions été happés au moins cinq fois par l’Autre Monde. Aucun de nous n’en était sorti indemne.
Pourquoi nous étions-nous donné tant de mal pour rejoindre les eaux au large d’Incheon ?
D’après Aedia, il s’agissait d’obtenir « quelque chose qui pourrait vaincre les Pilleurs ».
« ... »
Bien sûr, contrairement à Aedia, mon objectif se rapprochait davantage de la défaite de la Lune.
Si la victoire des Pilleurs signifiait que le monde lui-même changerait, celle de la Lune annonçait la fin des temps.
Quel que soit le but recherché, obtenir une arme puissante ne pouvait pas nous nuire.
Et surtout, avant de remonter le temps, je devais découvrir toutes les cartes que la Lune gardait dans sa manche.
« Je crois qu’il est temps que tu me le dises. »
« Pardon ? »
« Ne fais pas semblant de ne pas savoir. C’est quoi, exactement, cette arme censée vaincre les Pilleurs ? »
Nous étions presque arrivés, et pourtant nous ignorions toujours de quelle arme il s’agissait.
« Tu le sauras bien assez tôt. »
J’en avais une vague idée.
Comme tant d’autres secrets avant celui-ci, l’arme que redoutaient les Pilleurs était probablement quelque chose que je connaissais déjà.
Et dès que cette idée me traversa l’esprit, je crus aussi savoir de quelle arme il s’agissait.
« ... »
— Plouf !
Alors que nous avancions vers le rivage au bruit des vagues, A-ri s’arrêta soudain, comme si elle avait senti quelque chose.
« Hein ? »
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
A-ri regarda Aedia, l’air stupéfait.
« Alors, c’était ça, l’arme au large d’Incheon ? Je pensais que c’était un objet mystérieux, que même le Bureau de gestion ne connaissait pas… »
Eun-sol lui demanda aussitôt :
« Qu’est-ce que c’est ? »
« C’est une Arche inachevée… »
À cet instant, un mystérieux trésor du Dharma en bois apparut dans la main d’Aedia.
« Diagramme du Taeguk, Bannissement. »
Le trésor du Dharma se mit à tourner, nimbé d’une lueur mystérieuse.
Tandis que tout le monde penchait la tête, intrigué, une force inconnue repoussa soudain A-ri et les autres, les projetant au loin, toujours plus loin !
« ... »
Je clignai des yeux. Aedia et moi étions seuls sur le rivage.
Je la dévisageai, incrédule, et elle baissa aussitôt la tête, l’air contrit.
« Je vous prie de m’excuser. »
« Je ne t’ai jamais vue utiliser un Héritage comme ça. Tu le gardais pour cette occasion ? »
« Je vous prie de m’excuser… »
« Au lieu de t’excuser, j’aimerais que tu m’expliques. »
« Vos compagnons ne sont pas morts. Je les ai simplement bannis très loin d’ici. »
« Je le sais. »
Je pouvais vérifier dans la fenêtre de statut qu’ils étaient encore en vie.
Aedia désigna prudemment le rayon lumineux qui s’élevait au milieu de la mer.
« Savez-vous ce qui se trouve là-bas ? »
« A-ri vient de le dire. Une Arche inachevée. »
« C’est exact. Quand vous avez éveillé le Prince de la Lune, cette créature pitoyable a tenté de s’enfuir comme une souris des champs effrayée. »
« La Lune l’a attaquée pendant sa fuite et elle s’est écrasée dans les eaux au large d’Incheon ? »
« Quelque chose comme ça. Si nous en parlions en chemin ? »
« D’accord. »
— Plouf !
Nous avançâmes naturellement sur l’eau vers l’Arche, et j’entendis un son étrange.
— Aaaah… !
« On dirait un enfant qui pleure. »
« Elle connaît son sort et en est terrifiée. On dirait bien un enfant, non ? »
Peut-être était-ce à cause de la façon dont Aedia se moquait de la « Jeune Arche ».
Pour une raison quelconque, j’eus un peu pitié d’elle.
« Elle est inachevée parce qu’elle n’a pas pu accueillir assez de passagers, mais ses “composants” sont intacts. »
« Ses composants ? »
« Le Miroir. »
« ... »
Ce mot que j’avais entendu tant de fois revenait encore.
Il y avait un Miroir dans l’Arche.
Et il était gigantesque.
« Saint Fils, le Miroir est un trésor bien plus grand que tout ce que les humains peuvent imaginer. »
« J’imagine. »
« Connaissez-vous l’usage le plus offensif du Miroir ? »
« Son usage le plus offensif ? »
« Le désassemblage. »
« ... »
« Le Miroir peut diviser une cible précise en milliers, voire en dizaines de milliers de morceaux, puis les disperser à travers le monde. »
Je le savais.
Je connaissais ce phénomène mieux que quiconque au monde.
« N’est-ce pas le but ultime d’une Arche ? »
« En effet. La destinée de chaque Arche est d’être démantelée par le Miroir et de redevenir humaine… »
« ... »
« Autrement dit, chaque Arche est par nature vulnérable au Miroir. »
— Plouf !
— Huuuu… !
Aedia poursuivit ses explications.
Le bruit incessant des vagues et les pleurs désolés de la Jeune Arche ressemblaient presque à une douce berceuse.
« Puisque vous avez vous aussi quitté l’Hôtel, vous savez qu’il existe dans ce monde pas mal d’archidémons qui n’ont rien à voir avec les Arches. »
Le directeur de l’hôpital de la chambre 101.
Le Dragon de la Nébuleuse ou l’Être à naître de la chambre 102.
Le Dévoreur de la chambre 103.
Il existait bien d’autres êtres divins sans lien avec les Arches.
« Que se passerait-il si vous ameniez le Miroir devant ces archidémons et les attaquiez en les désassemblant ? Est-ce que ça marcherait ? »
Est-ce que je pourrais vaincre le Prisonnier avec le Miroir ?
« Je n’ai pas essayé, mais je doute que ça puisse seulement l’égratigner. »
« Bien sûr que non. Même avec une arme aussi puissante, ni vous ni moi ne pourrions vaincre un Prisonnier. Mais si on l’utilisait contre un Pilleur, plutôt que contre un Prisonnier ? »
« ... »
« Tout est une question de compatibilité. Chaque Arche est vulnérable au Miroir par nature, car elle a été conçue en prévision du jour où il la démantèlerait. »
Je compris.
Même si j’obtenais le Miroir, je ne pourrais pas vaincre un Prisonnier grâce à lui.
Le Miroir était un objet immense, imprégné de l’autorité du Praticien, mais j’étais trop faible pour le manier.
En revanche, utilisé contre une Arche, y compris celles des Pilleurs, il pouvait lui infliger de lourds dégâts.
Aussi puissants que soient les Pilleurs, les Arches étaient par nature extrêmement vulnérables à l’attaque de désassemblage du Miroir.
Et si le Miroir tombait entre les mains du Démon de la Lune ?
Cela reviendrait à donner une arme au fort avantage à un utilisateur dont la puissance égalait celle d’un Dieu démon de l’Océan.
Une question me vint alors à l’esprit.
« Les Pilleurs sont aussi des Arches. La Lune était la Première Arche. »
« Oui. »
« Alors, ils n’ont pas eux aussi des Miroirs en eux ? »
« Si. »
« Alors pourquoi tiennent-ils tant à obtenir ce Miroir… Ah. »
Je compris.
Voilà pourquoi non seulement le Démon de la Lune, mais aussi les Pilleurs, s’étaient mêlés de nos affaires tout en convoitant d’autres Miroirs !
« Parce que le Miroir lui-même se brise lorsqu’il démantèle une cible ? »
Aedia ouvrit de grands yeux.
« Ils ne peuvent donc pas se servir de leur propre Miroir pour désassembler un adversaire. Ce serait pratiquement du suicide… »
« Comment le savez-vous ? C’est un secret bien gardé… Ah, c’est A-ri qui vous l’a dit ? »
« Hé ! »
Je ris malgré moi.
Me croirait-elle si je lui racontais que j’avais brisé le Miroir de la chambre 207 et m’étais moi-même désassemblé ?
Comment réagirait-elle si je lui disais qu’une « Aedia » se tenait devant moi quand je l’avais fait ?
« C’est pour ça que tu as envoyé mes compagnons, A-ri surtout, au loin ? »
Je comprenais désormais tout le plan conçu par le Démon de la Lune et la Sainte Mère.
« … Votre compagnon fait partie de la direction du Bureau de gestion. Ils considéreront sûrement cette Jeune Arche comme leur dernier espoir. »
Voilà ce qu’Aedia avait en tête.
A-ri faisait partie de la direction du Bureau de gestion, tandis que Jin-cheol et Eun-sol étaient tous deux des agents.
Ils seraient donc loyaux envers le Bureau de gestion et chercheraient par tous les moyens à restaurer cette Jeune Arche.
Pendant ce temps, le Démon de la Lune et la Sainte Mère comptaient extraire le Miroir de la Jeune Arche et s’en servir pour désassembler un grand nombre de Pilleurs !
Le Miroir se briserait alors en morceaux et serait détruit, rendant sa restauration presque impossible.
Au bout du compte, il deviendrait définitivement impossible de restaurer l’Arche du Bureau de gestion.
Les membres du Bureau de gestion ne voudraient pas d’un tel dénouement.
« Saint Fils, faites-moi confiance. À partir de maintenant, vous devez vous méfier des gens du Bureau de gestion. »
Le raisonnement d’Aedia tenait la route, mais faute de connaître l’information la plus importante, elle en tirait une conclusion complètement erronée.
Le dernier espoir de mes compagnons n’était pas de restaurer la Jeune Arche, mais d’obtenir Encore une chance !
* * *
Plus rien, au sein de la Jeune Arche qui s’était écrasée dans les eaux au large d’Incheon, ne pouvait nous arrêter.
L’Arche elle-même était à moitié détruite, et Dominion, Osdork, Basilio et tous les autres censés la protéger étaient morts.
Nous atteignîmes rapidement l’endroit où se trouvait le Miroir.
« Il est incroyablement grand. Qu’est-ce que tu comptes faire ? La Lune peut l’emporter dans cet état ? »
« Si c’était possible, nous n’aurions pas eu besoin de venir jusqu’ici. »
« Alors, quoi ? »
« Je sais comment séparer le Miroir de l’Arche et comment le réduire. Tu ne l’as pas oublié, j’espère ? C’est moi qui ai découvert le Miroir la première ! »
« Je dois rester près de toi ? »
« Empêchez les Pilleurs et la Jeune Arche de m’interrompre. »
Aedia se mit bientôt à l’ouvrage, accomplissant une tâche complexe et ruisselant de sueur.
On aurait dit une sorte de magie, de technologie, ou un mélange des deux, qui dépassait aussi bien ma compréhension que celle du Bureau de gestion.
— Huuuu… !
Les sanglots d’un enfant résonnaient tout autour de nous.
Que ressentait une Arche lorsqu’on lui arrachait son Miroir de force ?
La vocation d’une Arche était de passer à la Boucle suivante, puis d’emprunter le pouvoir du Miroir pour redevenir humaine.
Si l’Arche était une personne, le Circuit de convergence des âmes était son corps, et le Miroir, le but de son existence.
On lui arrachait la raison même de son existence.
Au bout d’un moment, les sanglots de la Jeune Arche cessèrent à leur tour.
Comme si elle avait renoncé à vivre.
« ... »
Je posai la main sur la paroi de l’Arche et songeai :
Tout comme nous avions une Prochaine chance, toi aussi, tu en auras une.
Cette perte ne serait donc pas éternelle.
« C’est terminé ! »
Sans que je m’en rende compte, le gigantesque Miroir avait disparu. Aedia tenait à présent un petit miroir à main.
« Il a vraiment beaucoup rétréci. »
« C’est une sorte de compression. Mais on ne peut pas s’en servir dans cet état. »
En jetant un œil au miroir à main, je le trouvai plutôt étrange.
Il y avait un Miroir à l’intérieur du Miroir, puis un autre Miroir à l’intérieur de ce Miroir-là.
Un Miroir dans un Miroir dans un Miroir… Après d’innombrables répétitions, l’immense Miroir avait fini par tenir dans un petit miroir à main.
Il était désormais plus facile à transporter, mais inutilisable dans cet état, semblait-il.
« ... »
Ne pouvais-je pas obtenir ce Miroir ?
Impossible de le lui prendre par la force.
La Sainte Mère était une combattante redoutable et, si le Miroir se brisait pendant notre affrontement, tout serait réduit à néant.
Et si je le lui demandais tout simplement ?
Elle ne me le donnerait probablement pas.
Je l’avais senti ces derniers jours. Même si Aedia m’appelait « Saint Fils », elle ne me faisait pas entièrement confiance.
Le fait qu’elle m’ait surveillé toute la nuit en était la preuve.
Pourquoi se méfiait-elle de moi ?
J’avais été le premier à Libérer son dieu, et je l’avais encore Libéré cette fois-ci.
C’était parce que mes souvenirs du passé étaient incomplets.
Le fait que je voyage avec ces « salauds » du Bureau de gestion, qui n’étaient certainement pas des alliés, avait dû renforcer ses soupçons.
...
Les Pilleurs ne s’étaient pas manifestés depuis un bon moment.
Ils devaient affronter la Lune quelque part au-delà de ma compréhension et être trop occupés pour s’occuper de nous.
Si les Pilleurs étaient trop occupés, peut-être que la Lune ne pourrait pas intervenir non plus, pour l’instant ?
Cette idée m’en inspira une autre.
Et si je me mettais à parler de façon à paraître un peu impressionnant ?
Aedia avait un penchant secret pour le mysticisme, alors ce genre de discours pourrait faire mouche.
Non, je me basais sur mes souvenirs de l’Aedia de la chambre 207.
L’Aedia d’aujourd’hui croyait que j’étais le Chercheur, qui avait perdu la mémoire, non ?
Je devais parler comme un chercheur.
« Excuse-moi, mais laisse-moi me présenter à nouveau. »
« Pourquoi tu me dis ça tout à coup… »
« Pendant que tu travaillais, mes souvenirs ont commencé à me revenir peu à peu. »
Aedia ouvrit de grands yeux, surprise.
« Tes souvenirs te reviennent ? »
J’insistai sur l’information qui l’avait étonnée un peu plus tôt.
« En écoutant tes explications, des souvenirs inconnus se sont soudain éveillés. Comme des informations détaillées sur le Miroir. »
« … Vraiment ? »
Le doute persistait dans son regard.
Ce n’était pas suffisant.
Pour la convaincre, il me fallait quelque chose de plus frappant.
Et si quelqu’un connaissait un secret que seule la Sainte Mère elle-même croyait connaître ?
Quelque chose qui lui ferait penser que cela ne pouvait venir que d’un dieu !
— Agrippe !
Je fis un pas en avant et saisis l’épaule de la Sainte Mère d’une main. Elle ne put dissimuler sa surprise.
« Qu-que fais-tu… »
« Je m’en souviens, maintenant. »
« De quoi te souviens-tu ? »
« Maintenant que je le sais, je le sens. Le sang froid qui coule dans tes veines. Les écailles glacées sous ta peau. Ah… je vois. Je savais depuis longtemps que tu n’étais pas humaine, mais j’ignorais que tu étais un lézard. »
Une présence glaçante s’invita dans ses yeux écarquillés.
« … Toi. »
J’avais créé assez de tension. Il était temps de la relâcher.
— Boum !
« Sous un ciel sombre, j’entendis une voix illuminer l’aube. »
« Quoi… »
« Lorsque je reçus pour la première fois le Roi Cramoisi, éveillé dans l’abîme… »
« L-le Roi Cramoisi ? Tu parles du Prince ? »
« Il me murmura : “Ga-in, pauvre fou…” »
« Il t’a traité de fou ? »
Oups !
La Lune m’avait appelé Maître.
« … Maître, toi qui as perdu la mémoire. Dès que j’entendis cette voix, une sagesse infinie m’envahit. »
« ... »
« Je viens de m’en souvenir. Mon esprit embrumé s’éclaircit. »
Son regard semblait demander : « Est-ce vrai ? »
C’était mieux qu’avant, mais il me fallait encore un coup décisif.
Une information qu’Aedia croyait impossible que je connaisse.
Une information qui lui ferait penser que cela ne pouvait venir que d’un dieu !
« Je suis désolé. »
« T-tu t’excuses tout à coup ? Pourquoi… »
« Le Roi Cramoisi m’a révélé le péché que des êtres insensés ont commis contre toi, il y a longtemps. »
« ... »
Aedia avait l’air de se dire : *Ce n’est pas possible.*
« Le grand Menes… C’était ton grand-père, n’est-ce pas ? »
« … Comment le sais-tu ? »
« Des êtres malfaisants ont assassiné Menes, n’est-ce pas ? Qui étaient-ils ? Des traîtres ? »
Pourquoi les Reptiliens n’avaient-ils pas réussi à dominer le monde dans l’histoire réelle ?
Je l’ignorais, mais il était peu probable que Menes soit mort de vieillesse. N’avait-il pas été tué lors d’une rébellion humaine ?
Même en devinant, ça ne pouvait être que des humains !
Peut-être parce qu’un souvenir bouleversant de son passé venait de ressurgir, Aedia affichait une expression profondément émue.
« Ça… Je leur ai déjà pardonné. »
Elle ne leur avait pas vraiment pardonné. On l’y avait probablement forcée.
Sa haine des Homo sapiens avait dû s’atténuer lorsqu’elle avait découvert le Miroir pour la première fois et changé.
La dernière survivante.
C’était la nature de la Lune, mais aussi celle d’Aedia.
C’était peut-être pour cela qu’Aedia servait la Lune.
Elle devait croire que le Prince de la Lune avait vécu la même chose qu’elle.
Pardonner ne signifiait pas que la blessure au fond de son cœur avait complètement guéri.
Tout le monde, même les Reptiliens, avait des souvenirs douloureux qu’il ne pourrait jamais oublier.
« Je te présente encore mes excuses. J’expierai le péché que l’humanité a commis il y a si longtemps. »
« ... »
Il ne restait plus la moindre trace de méfiance dans ses yeux tremblants.
« R-relève-toi ! Franchement ! C’était il y a si longtemps… Tout ça, c’est fini depuis des lustres. Et puis, tu n’y étais pour rien, Saint Fils ! »
Aedia me prit la main, l’air quelque peu gêné.
« Tout va bien, maintenant. Saint Fils, si nous apportons le Miroir au Prince de la Lune… »
« Et alors ? »
« Tout se terminera bien ! »
« Hein ? »
Je pris un ton tendu.
« Q-qu’y a-t-il ? »
« Sainte Mère, tu ne trouves pas que le Miroir a quelque chose d’étrange ? »
« Quoi ? C’est impossible ! »
« Tu peux me le passer un instant ? »
« ... »
L’espace d’un instant, elle ne put cacher son hésitation.
Je lui adressai un doux sourire.
Aedia finit par avoir l’air embarrassée.
« Tiens. »
Enfin, le Miroir était entre mes mains !
Notes :
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