Chapitre 601
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 600 : Le Monde volé (15)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 227
Emplacement actuel : Hôtel Delight, district de Yeongdeungpo, Séoul
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
Quand je racontai ce que l’Entité invoquée avait découvert sur le toit, Eun-sol eut l’air prise de vertige.
« Il y a encore quelque chose qui s’est ajouté ? Un Pilleur ? Un être qui vole le monde ? Qu’est-ce que ça veut dire ? »
Une nouvelle ligne était apparue sur le tableau blanc.
« 1. Trouver un moyen d’arrêter le Démon de la Lune
Comprendre comment le Démon de la Lune dévore l’âme des survivants
Le lien entre la Lune et mon moi passé
2. Découvrir le but de Sagesse l’Ancien
La source de leur puissance anormalement écrasante et un moyen d’y remédier
3. Où se trouve Justice l’Ancienne ?
4. L’identité du Pilleur »
Après avoir étudié le tableau blanc une nouvelle fois, A-ri demanda d’un ton calme :
« Tu crois que la Lune te considère comme une alliée à moitié ? »
« C’est ça. »
« Alors, tu ne peux pas lui demander ? »
« C’est impossible, maintenant. Elle est complètement devenue folle et n’arrête pas de proférer des malédictions contre une chose inconnue, probablement le Pilleur. »
Je regardai par la fenêtre et tentai de communiquer à nouveau avec la Lune, mais chacune de mes tentatives échoua.
« Il nous faut plus d’informations de l’extérieur. Et il faut aussi récupérer Jin-cheol. »
À peine le nom de Jin-cheol prononcé, tout le monde se tut.
« Où est Jin-cheol ? »
Depuis son départ, j’avais vérifié régulièrement où il se trouvait.
« C’est toujours pareil. Appartement 203, bâtiment 8, résidence Seocho Blue Damien. »
« Chez Song-i. »
« … »
« Il est allé tuer les parents de Song-i ? »
« Probablement. Il est déjà passé chez Seung-yeop aussi. »
Grand-père, qui avait écouté jusque-là, esquissa un sourire amer.
« Alors, il a dû s’occuper de ma famille et de celle de Sang-hyeon, au Texas, aussi. »
« Ils sont en Amérique. C’est possible ? »
« Jin-cheol n’a pas besoin d’y aller lui-même. Tu crois qu’après avoir travaillé plusieurs mois comme agent, il ne connaît pas une seule personne en Amérique ? »
Un compagnon était parti tuer nos familles, et pourtant, personne ne reprocha quoi que ce soit à Jin-cheol.
« Ce garçon fait le sale boulot à notre place. Je ne peux que lui en être reconnaissant. »
C’était un monde étrange, où l’on pouvait être reconnaissant pour ce genre de choses.
Eun-sol s’adressa à A-ri.
« J’étais trop sonnée pour y penser tout à l’heure, mais tu peux vraiment te promener comme ça, maintenant ? La Tablette de pierre… »
A-ri me regarda d’un air partagé et murmura :
« Elle a probablement déjà été détruite. »
Après qu’A-ri eut été enfermée, j’avais même envisagé que la Tablette de pierre ait pu être détruite.
La Tablette de pierre n’était pas totalement indestructible.
Les balles et les missiles ne pouvaient pas l’endommager, mais l’Éclair final, lui, le pouvait probablement.
La Lune pouvait sans doute traiter la Tablette de pierre comme un vulgaire caillou sur la route.
« Hein ? »
« Elle a peut-être été emportée par l’Éclair final, ou la Lune l’a peut-être jetée dans l’abîme en se réveillant. »
« Vraiment ? »
« … La Tablette de pierre est indispensable au monde. »
On ne se serait pas attendu à entendre ça de la part de quelqu’un qui avait failli mourir plusieurs fois à cause de la Tablette de pierre.
Mais la Tablette de pierre servait plutôt à maintenir l’ordre. Ce n’était pas quelque chose contre quoi il fallait nourrir de la rancune.
« Ce n’est pas grave. Elle ne reviendra pas quand Grand-père remontera le temps ? »
« Tu en es sûre ? Comme on ne peut pas restaurer les âmes disparues, Encore une chance a ses limites. »
« Je ne sais pas. »
Ma réponse avait peut-être paru un peu irresponsable. A-ri fronça légèrement les sourcils.
Le mal était fait. À quoi bon s’attarder là-dessus ?
— Boum !
A-ri secoua légèrement la tête et frappa la table.
« Je ne pense pas qu’on devrait rester à l’Hôtel Delight. Ga-in, Eun-sol et moi, on va sortir. On retrouvera Jin-cheol et on récoltera des informations. »
Mi-ro, qui somnolait avec un air épuisé, se réveilla en sursaut.
« Hein ? Et moi ? Et Elena et Mook-seong ? »
A-ri les désigna tour à tour et leur donna brièvement ses consignes.
« Mook-seong, reste en arrière avec Encore une chance. Elena, sois prudente tant qu’on n’a pas trouvé où se trouve Justice l’Ancienne. Ta simple existence donne l’impression d’être une sorte de malus pour elle. »
« Hum, d’accord. »
« Et moi ? Je suis beaucoup plus forte qu’Eun-sol ! »
Eun-sol eut l’air légèrement blessée.
« Mi-ro… Ça ne me fait pas plaisir quand tu le dis aussi franchement. »
A-ri secoua la tête.
« Tu as dit que la Lune ensorcelait des gens partout dans le monde. On a absolument besoin de la Flûte d’Eun-sol. »
Il nous fallait la Flûte, pour nous protéger comme pour libérer les gens ensorcelés par la Lune.
Même en tenant compte du manque de capacités de combat d’Eun-sol, nous devions l’emmener.
« Enfin, Mi-ro, tu protèges ces deux-là. Voilà ! On y va ! »
* * *
Tard dans la nuit, nous arrivâmes à la résidence Damien, où Jin-cheol était isolé.
« Waouh ! Mademoiselle, vous voilà ! »
« Tu es content de me voir, ou c’est la Flûte qui te réjouit ? »
« Ha ha ! Vous ne faites qu’un, la Flûte et vous ! »
« Je trouve ça bizarrement un peu désagréable… »
« Hein ? »
« L’odeur est forte. »
« … »
« Tu as fait du bon travail. »
Comme l’avait dit Eun-sol, tout l’immeuble empestait le sang.
Jin-cheol me regarda d’un air épuisé.
« J’ai évacué pas mal de monde, mais encore plus de gens se sont rassemblés dehors et se sont mis à chanter une chanson bizarre. Tu l’as entendue ? »
« Je l’entends encore. »
Depuis la rambarde, je contemplai les rues nocturnes de Seocho-dong. Au moins plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées sur l’esplanade devant la Cour suprême.
Elles tournaient en cercle en chantant, comme dans une ronde de ganggangsullae.
« Ga-in, qu’est-ce qu’ils chantent, là-bas ? J’étais à l’intérieur, alors je n’entendais pas bien… »
« Chut. Ga-in se concentre. »
En tendant l’oreille, je parvins à distinguer vaguement les paroles.
…
Réjouissez-vous.
Le véritable Sauveur est venu sauver les brebis abandonnées.
Louez-le.
Il est venu nous guider tous, loin de la fin des temps et de la mort.
Souriez.
Le Prince de la Lune envoie la Sainte Mère et le Saint Fils, et nous guide sur la voie de la gloire !
Ô Lune ! Dévore-nous.
En nous dévorant, tu connaîtras la gloire, et en toi, nous ne ferons plus qu’un et gagnerons l’éternité !
« Qu’est-ce que tu en penses ? »
« C’est une chanson qui dit que la Lune est le véritable Sauveur. Je crois qu’entre eux, ils l’appellent le Prince de la Lune. »
« Le Prince de la Lune ? »
« La Sainte Mère et le Saint Fils… »
« Quoi ? »
« Ils disent que la Lune enverra la Sainte Mère et le Saint Fils. »
« … »
« À la fin, ils disent que tout le monde ne fera plus qu’un avec la Lune, connaîtra la gloire et atteindra l’éternité. »
« C’est plutôt explicite. »
« Forcément. La Lune ne peut dévorer l’humanité que si des milliards de personnes acceptent ce destin. »
La Lune, Sagesse l’Ancien, Justice l’Ancienne et le Pilleur.
J’avais déjà mal à la tête rien qu’en y pensant, et voilà qu’il y avait aussi une Sainte Mère et un Saint Fils ?
Cette accumulation d’informations me rendait l’esprit cotonneux.
Alors, j’utilisai le Conseil du Sage.
Peut-être me donnerait-il une réponse plus indulgente si je formulais ma question avec davantage de politesse.
« Il y a beaucoup de mots-clés, mais ils sont difficiles à interpréter. Y a-t-il un indice qui pourrait les relier ? »
[Conseil du Sage : 3 -> 0]
[Dans un scénario normal, quelque chose de nouveau n’apparaît pas vers la fin de l’histoire sans indices précis annonçant son arrivée.]
« Hein ? »
« Quoi ? Tu fixais le vide, alors tu as utilisé le Conseil du Sage, c’est ça ? »
« … »
Pour le prix des trois charges du Conseil du Sage, la réponse était plutôt abstraite.
Selon l’interprétation, la question pouvait aussi porter sur Sagesse l’Ancien et Justice l’Ancienne.
Les questions et réponses directes au sujet des anciens Participants étaient interdites.
C’était sans doute pour cette raison qu’il avait répondu de manière aussi détournée.
Je répétai le conseil à mes compagnons.
Eun-sol pencha la tête.
« Un scénario normal ? Ça veut dire la réalité ? »
Cette partie était facile à comprendre.
« L’Hôtel considère aussi les événements de la réalité comme une sorte de scénario. La Compréhension du scénario s’est activée plusieurs fois par le passé. »
Malheureusement, ses informations ne se mettaient plus à jour.
Avais-je agi trop imprudemment en quittant l’Hôtel sans rien préparer ?
A-ri hocha la tête.
« Quelque chose de nouveau n’apparaît pas vers la fin de l’histoire sans indices précis annonçant son arrivée. Ça veut dire qu’il y avait des indices précis. »
Les mots-clés que nous considérions pour l’instant comme de « nouvelles informations », c’étaient ceux-là.
Justice l’Ancienne, le Pilleur, la Sainte Mère et le Saint Fils.
D’après l’indice de la Chouette, ces éléments n’étaient pas apparus soudainement à ce stade.
« Ce sont des gens qu’on connaît déjà. »
« … »
« Justice l’Ancienne, le Pilleur, la Sainte Mère et le Saint Fils. Ce sont tous des gens qu’on connaissait déjà. »
Une personne que nous connaissions déjà.
Un monstre que nous connaissions déjà.
Une Entité du Chaos que nous connaissions déjà.
Nous ignorions seulement qu’ils étaient Justice, le Pilleur, la Sainte Mère et le Saint Fils !
Quand mes pensées en arrivèrent là, je compris un fait absurde.
« Je viens de comprendre quelque chose. »
« Quoi ? »
« Le Saint Fils envoyé par la Lune… Je crois que c’est moi. »
A-ri poussa un faible grognement.
« La Lune t’appelait déjà Maître et tout ça, avant… Et c’est toi qui l’as libérée, cette fois encore ! »
J’étais le Saint Fils de la Lune.
Alors, qui était la Sainte Mère ?
* * *
Le lendemain matin, une visiteuse se présenta à l’Hôtel Delight.
C’était quelqu’un que nous connaissions tous.
Et nous n’aurions jamais imaginé la revoir un jour dans ces circonstances.
« Bonjour ? »
« … »
« J’ai pensé envoyer quelques fidèles, mais j’ai décidé qu’une affaire aussi importante méritait que je m’en occupe moi-même. »
« … »
« Bonjour ? Vous m’entendez ? »
Nous l’entendions parfaitement.
Nous étions simplement tous trop abasourdis pour parler.
« Et si nous commencions par nous présenter ? Jeunes Participants ! Je connais déjà certains de vos noms. Un bon nombre de mes fidèles viennent du Bureau de gestion. »
Le terme d’« Église » était bien grandiloquent pour une organisation fondée la veille, mais en une seule journée, elle avait appris les noms de plusieurs de mes compagnons.
« La jolie jeune fille, c’est bien Mademoiselle A-ri ? »
« … Je suis Mi-ro. »
« Ah, on m’a dit que vous vous ressembliez. Alors, la jeune fille aux cheveux clairs, c’est Mademoiselle Mi-ro, et celle aux cheveux foncés, Mademoiselle A-ri ? »
« C’est ça. »
« Le grand, c’est Monsieur Jin-cheol, et celle qui se tient derrière, la bouche grande ouverte, c’est Mademoiselle Eun-sol ? »
« Ouais. »
« Je ne connais pas le nom du beau jeune homme devant. Étrangement, personne ne le connaissait… Mais dès que je t’ai vu, j’ai su. »
« … »
« Le Prince m’a révélé que c’est toi qui nous mèneras à la gloire. »
« … »
« C’est gênant quand tu ne dis rien du tout. Ah, je m’appelle… »
« Aedia. »
« Hein ? Tu connais mon nom ? Ah ! Le Prince a dû te le dire, Saint Fils ! »
La Sainte Mère, Aedia, était apparue devant nous dans la réalité !
Je savais que la salle 207 était une épreuve d’entraînement pour la réalité, mais je pensais que le Miroir était le seul élément commun aux deux.
Aedia existait aussi dans la réalité ?
La Clairvoyance s’activa aussitôt, avec une netteté fulgurante.
À partir de ce que j’avais appris sur Aedia et le Miroir dans la salle 207, la Clairvoyance révéla d’autres informations.
Cette femme était l’Aedia de la salle 207, mais elle était aussi quelqu’un d’autre.
Elle partageait les mêmes gènes, mais c’était une autre version possible d’Aedia, qui avait vécu une existence totalement différente dans la réalité.
…
Aedia avait aussi été la première personne à découvrir le Miroir dans la réalité ?
Le Miroir l’avait altérée, mais elle s’était une fois de plus rangée du côté de l’humanité ?
À un moment donné, pour une raison ou une autre, elle avait commencé à servir la Lune…
« Ouf ! »
« Calme-toi. »
« … »
« J’ai vécu très, très longtemps. Ça fait mal à la tête d’essayer de tout lire d’un coup. »
« … »
« Toi, tu… »
« Moi ? »
« … Tu es Justice l’Ancienne. »
L’Aedia de la réalité avait même réussi à s’échapper de l’Hôtel !
Non, les PNJ des salles maudites n’étaient-ils pas des êtres récupérés par l’Hôtel ?
Comment pouvait-elle aussi exister dans la réalité ?
Comment une chose aussi impossible…
« Tu as une mauvaise habitude. »
« Quoi ? »
« Quand il t’arrive quelque chose que tu ne comprends pas, tu te perds soudain dans tes pensées, même si quelqu’un se tient juste devant toi. La Clairvoyance ne cesse de t’inonder d’informations que tu n’arrives pas à assimiler. »
« … Tu en sais beaucoup sur la Clairvoyance. »
« Je crois savoir ce qui te préoccupe. »
« … »
« Le troisième étage. Au troisième étage, quelqu’un… »
« Quelqu’un ? »
« Quelqu’un a fait un vœu à Bouddha pour moi. »
Un vœu adressé à Bouddha au troisième étage.
C’était une chose qui avait été évoquée de temps à autre, il y a longtemps.
« Qu’est-ce que ça veut dire ? »
« Je n’en sais rien, moi non plus. Je ne sais pas qui a fait ce vœu ni ce qu’il a souhaité. Mais, Saint Fils ! »
« Je t’écoute. »
« Concentre-toi sur ce qui se trouve devant toi. L’Hôtel est vraiment mystérieux. Quand on s’attarde sur ses secrets, tout ce qui existe dans la réalité semble éphémère. Pourtant, c’est ici que nous vivons, en fin de compte. »
Bientôt, les lèvres de la Sainte Mère s’incurvèrent en un sourire.
Tout comme dans la salle 207, elle était de nouveau un être « juste ».
« On dirait que quelqu’un s’est emparé d’une partie de ma bénédiction. Cette jolie jeune fille blonde, là-bas, pas vrai ? »
« Hic ! »
Elena eut le hoquet avant même de pouvoir prendre une grande inspiration.
« Qu’est-ce qu’il y a ? Tu crois que je vais te tuer et reprendre mon pouvoir ? »
Aedia ricana en voyant Elena toute tendue, puis se tourna de nouveau vers moi.
« Aujourd’hui, je suis venue te guider, toi qui as perdu la mémoire, et te remettre sur le droit chemin. Combats à nos côtés. Comme tu l’as fait autrefois, quand tu as libéré le Prince des griffes du Bureau de gestion ! »
Je connaissais Aedia.
Aedia me connaissait aussi.
Mais l’Aedia que je connaissais n’était pas cette Aedia.
Et le moi qu’Aedia connaissait n’était pas non plus celui que j’étais aujourd’hui.
Le conseil de la veille me revint soudain à l’esprit.
L’identité de la Lune.
L’identité du Saint Fils et de la Sainte Mère.
Sagesse l’Ancien et Justice l’Ancienne.
Je commençais au moins à comprendre vaguement qui était qui.
Il n’y avait qu’une exception : le Pilleur.
D’après le conseil, le Pilleur était lui aussi quelque chose que je connaissais déjà.
Était-ce l’un des Prisonniers que j’avais vus dans l’Hôtel ?
Sinon…
Notes :
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