Chapitre 579
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 578 : Un voyage dans les souvenirs (2)
──────
「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 114
Emplacement actuel : recherche…
Conseil du Sage : 3」
— Han Ga-in
Un voyage dans mes souvenirs, histoire de resserrer les liens avec mes compagnons et d’en profiter pour faire le point sur mon passé.
Nous nous arrêtâmes d’abord à l’école primaire Saetbyeol, celle où j’avais étudié. J’avais beau essayer, je ne me souvenais de rien d’avant l’école primaire.
Évidemment, après tant de Boucles, l’école primaire où j’avais étudié n’existait plus.
Un bâtiment plutôt tape-à-l’œil se dressait à sa place, mais, vu de l’extérieur, il n’avait rien d’anormal.
… Du moins, c’est ce que je crus jusqu’à ce que je franchisse l’entrée et consulte la fenêtre de statut.
« L’emplacement… il recommence à faire des siennes. »
« Oppa, je crois que ça change quand on ouvre la porte et qu’on fait un pas à l’intérieur. »
« Il faudrait aller plus loin ?! »
« Qui sait ce qu’il y a là-dedans ? »
Alors que nous hésitions à l’entrée, un agent de sécurité s’approcha.
En voyant Mi-ro et Song-i, il ouvrit de grands yeux, mais ne tarda pas à nous dire ce qu’il avait à nous dire.
« Hé, ne faites pas de grabuge ! Ce n’est pas un endroit pour faire les idiots. »
Elles me regardèrent, l’air de demander ce qu’on devait faire.
「Conseil : 3 -> 2」
« Est-ce qu’on doit vraiment entrer ? »
「Tu n’as pas à te mêler de tous les problèmes du monde.」
La réponse rejoignait ce que je pensais déjà.
Autrefois, j’aurais peut-être suivi Mi-ro, je serais allé plus loin et j’aurais fouillé tout l’endroit.
J’aurais peut-être fait tout un cinéma pour découvrir le secret du bâtiment, qui se serait transformé en Autre Monde.
« Désolé. On s’en va. »
Je n’avais plus l’intention de faire ça.
Comme l’avait dit la Chouette, je n’avais pas à régler tous les problèmes du monde.
Et puisque le Conseil du Sage me déconseillait d’entrer, il n’y avait sans doute aucun souvenir digne d’être retrouvé là-dedans.
« Mi-ro, signale-le au Bureau de gestion. »
« D’accord. »
Ça suffisait.
« Entrer ne t’aiderait pas à te souvenir davantage, oppa ? »
« Ça ne servirait à rien. Je me souviens à peine de l’école primaire, et l’école n’existe plus. Allons ailleurs. »
« Ga-in, tu ne trouves pas ça bizarre ? »
« Quoi donc ? »
« L’espace à l’intérieur du bâtiment est déformé, pas vrai ? Ça en fait une catastrophe du Chaos. »
« C’est vrai. »
« Les catastrophes du Chaos sont si courantes qu’on en croise juste en se promenant dans le quartier ? »
Les catastrophes du Chaos avaient-elles toujours été aussi fréquentes ?
A-ri avait répondu plusieurs fois à cette question.
Elles étaient courantes du point de vue du Bureau de gestion, qui couvrait la Terre entière. Mais pour chacun des huit milliards d’êtres humains, une catastrophe du Chaos était quelque chose qu’on pouvait rencontrer une ou deux fois dans sa vie, si tant est qu’on en rencontre une.
Alors…
« Peut-être que leur fréquence actuelle est mauvais signe. »
« Waouh ! On aurait vraiment dit un prophète, à l’instant ! »
* * *
Étrangement, le collège se trouvait toujours exactement là où je m’en souvenais.
« Il n’y a peut-être qu’un nombre limité d’endroits à Séoul où l’on peut construire une école ? »
C’était une hypothèse raisonnable.
« On peut entrer ? »
« De nos jours, beaucoup d’écoles interdisent l’accès aux personnes extérieures, alors… »
« Ga-in ! On a eu l’autorisation ! »
Je regardai devant moi, perplexe : l’agent de sécurité nous faisait signe de venir d’un geste de la main.
Ses yeux vitreux et son expression absente rendaient la réponse évidente.
« … »
« … »
Mi-ro avait utilisé sa Voix.
« Mi-ro, tu… »
« Tu voulais entrer, non ? »
Elle sourit timidement, et je n’eus pas le cœur de la réprimander.
En plus, j’avais fait bien pire à Sunrise. Ce serait malvenu de lui faire la morale.
« Jetons juste un coup d’œil rapide. »
Nous fîmes le tour de la cour, puis nous nous glissâmes dans l’école.
C’est là que nous comprîmes que seul l’emplacement était le même. Le nom de l’école, et même son agencement intérieur, étaient différents.
C’était pratiquement une autre école.
Une jeune femme s’approcha alors de nous.
« Hé, les enfants ! Vous n’êtes pas élèves ici, si ? Vous n’avez pas le droit d’entrer ! »
Une professeure ?
Song-i s’avança.
« Il y avait un agent de sécurité, alors comment aurait-on pu… »
« Madame, j’ai terminé mes études au collège Saebit il y a deux ans ! »
« Ah ? Je… je vois. »
Même si une école interdisait l’accès aux personnes extérieures, il était dans la nature humaine d’hésiter avant de se montrer sévère avec une ancienne élève.
« Et les autres… »
« C’est mon amie, et cet oppa, c’est… »
« Oh ! Ton petit ami ? »
Nous nous tûmes tous les trois et nous regardâmes.
J’avais déjà fait semblant d’être le fiancé de Song-i dans la chambre 206, alors je comprenais…
Mais Mi-ro, elle, s’était visiblement raidie.
« C’est ça. »
La professeure finit par dire qu’elle fermerait les yeux pour cette fois, mais pas la prochaine, puis elle s’éloigna.
Les deux se mirent aussitôt à se chamailler.
« … Tu as raconté n’importe quoi. »
« Qu’est-ce que j’ai raconté ? »
« P-petit ami ? J’aurais pu simplement la renvoyer… »
« Tu comptais encore utiliser ta Voix ? Idiote. A-ri ne t’a pas dit de ne pas abuser de tes pouvoirs surnaturels ? »
« … »
Ça devait être vrai, car Mi-ro ne sut que bredouiller.
Song-i gloussa et lui tapota la tête.
« Idiote. Enfin, oppa, tu te souviens de quelque chose ? Tu es silencieux depuis un moment. »
« … »
Ce n’était pas le collège où j’avais étudié.
Je ne m’attendais donc pas à grand-chose…
Pourtant, pour la première fois, quelque chose me sembla étrange.
Qu’est-ce que c’était ? J’avais l’impression qu’un souvenir était sur le point de remonter, mais je n’arrivais pas à le saisir.
「Conseil : 2 -> 1」
« Juste un petit indice ! On a trouvé l’endroit, alors donne-moi au moins un tout petit coup de pouce. »
「Tu étais le seul à aller à l’école ?」
« Est-ce que j’étais le seul à aller à l’école ? »
« Oppa ? »
« … »
Je m’en souvenais.
« Ma petite sœur. »
« Hein ? »
« J’avais une petite sœur. »
« Je sais. Elle s’appelait comment, déjà ? Han Hee-gang ? »
« Elle avait trois ans de moins que moi. »
« Je crois que tu me l’as déjà dit. »
« Quand j’étais en troisième au collège, ma sœur était en première. »
« … »
Song-i se tut.
Mi-ro remarqua bientôt, elle aussi, qu’il y avait quelque chose d’étrange.
« C’est bizarre. Si elle avait trois ans de moins, ta sœur aurait dû être à l’école primaire quand tu étais en troisième au collège, non ? »
Il y avait une contradiction dans mes souvenirs, et je n’arrivais pas à la comprendre.
Est-ce que je me souvenais mal du passé ?
J’avais passé longtemps à l’hôtel. Il n’aurait pas été étonnant que mes souvenirs du passé se soient brouillés.
Song-i prit alors la parole.
« Oppa, le prochain endroit qu’on devait visiter, c’était ton lycée, pas vrai ? »
« Oui. »
« En t’écoutant, je me suis souvenue de quelque chose, moi aussi. Changeons de destination. Euh… c’était où, déjà, dans le Jeollanam-do ? Là où vivait ton arrière-grand-père. »
« … »
« Allons-y d’abord. On tient une piste et, si on va ailleurs avant, tes souvenirs risquent encore de s’embrouiller. »
« D’accord. »
* * *
Nous arrivâmes à destination après le coucher du soleil, alors qu’il faisait déjà nuit.
C’était le cadre de l’événement « Une famille aux racines profondes », que j’avais vécu après avoir rencontré le Peintre à l’hôtel.
« Comme prévu, la maison de campagne a disparu. Où est-ce qu’on pourrait aller… ? »
Une entreprise de transformation du thé vert avait été construite à l’emplacement de la maison, et un salon de thé voisin semblait appartenir à la société.
« Le ruisseau est exactement comme dans l’événement du musée, “Une famille aux racines profondes”. C’est peut-être parce que c’est un lieu naturel ? »
« Tu te souviens de quelque chose ? »
« Je réfléchis. »
« Rah… Oppa, dépêche-toi de te souvenir. Il fait vraiment froid ! »
« Oui ! »
Rester près d’un ruisseau par une nuit d’hiver, c’était vraiment glacial.
« Hum… Et toi ? Tu disais que tu te souvenais de quelque chose. »
« Ah, oui. Quand on entrait dans tes souvenirs au musée, chaque tentative commençait près de ce ruisseau. Tu t’en souviens, pas vrai ? »
« Oui. »
Des fragments de ces souvenirs me revinrent.
Tout avait commencé alors que je jouais près du ruisseau avec mes jeunes cousins.
« À l’époque, on entrait chacun notre tour pour t’aider, pas vrai ? »
« Sauf qu’on ne faisait que nous en mêler. »
« Ça me rend triste. Tout le monde essayait de t’aider ! »
« … Disons que je me suis mal exprimé. »
C’était vrai qu’elles s’en étaient mêlées, pourtant !
« Ceux qui entraient jouaient le rôle de ta petite sœur, non ? »
« Oui. »
« Mais personne n’est entré lors de la première tentative ni de la dernière. Ça veut dire qu’on a vu ta sœur avant qu’on prenne sa place. »
« C’est vrai ? »
Mes compagnons n’étaient pas intervenus pendant la première et la dernière tentative.
Avaient-ils remarqué quelque chose d’étrange de l’extérieur ?
« C’était comme ce que tu as ressenti tout à l’heure. Tu disais que Hee-gang avait trois ans de moins, mais la Hee-gang que j’ai vue était toute petite. »
« … »
« Tu étais en première ou en deuxième année de collège, non ? Tu devais avoir quatorze ou quinze ans. Avec trois ans de moins, ta sœur aurait dû avoir le début de l’adolescence… »
« Elle avait l’air d’avoir quel âge ? »
« Six ou sept ans, pas plus. »
« … »
Cette fois, il y avait au moins six ans d’écart entre ma sœur et moi.
Mi-ro ne put plus se retenir.
« D’abord trois ans, puis deux, et maintenant six ? Tu n’avais pas trois petites sœurs, par hasard ? »
« … »
À ce stade, c’était certain : mes souvenirs du passé se contredisaient.
Je sentis que je devais leur révéler un de mes secrets.
« Song-i, Mi-ro. Écoutez bien. J’ai appris quelque chose d’étrange pendant l’événement du musée. »
Peut-être avait-elle deviné qu’une révélation intéressante se préparait : les yeux de Mi-ro brillaient déjà.
« Lors de la dernière tentative, j’ai… été tué par un agent. »
Après un bref silence, elles me dévisagèrent, les yeux écarquillés.
« Hein ? »
« Q-quoi ? Pourquoi un agent débarque tout à coup dans une histoire sur ton grand-père ? »
« … »
Quelqu’un était apparu lors de la dernière tentative, celle que mes compagnons n’avaient pas vue.
L’agent KD, Kim Do-hyeon.
Il n’avait aucun lien avec la maison de campagne où se déroulait « Une famille aux racines profondes ». Il appartenait au Bureau de gestion.
Il était apparu à la fin comme un deus ex machina, avait réglé tous les problèmes d’un coup et m’avait tué alors que j’étais encore jeune.
« Ga-in, tu ne trouves pas ce souvenir vraiment bizarre ? Si tu es mort à quatorze ans, comment peux-tu te souvenir d’être allé au lycée, d’avoir passé l’examen d’entrée à l’université et d’avoir commencé tes études supérieures ? »
« Si Ga-in est mort à ce moment-là, comment a-t-il pu arriver à l’hôtel ? »
Song-i et Mi-ro réagirent vivement.
C’était logique. Contrairement à l’âge de ma sœur, cette contradiction ne pouvait pas être balayée en disant que je m’étais simplement embrouillé.
« … Il n’y a qu’une réponse. »
Je me rappelai les derniers mots de KD.
« Pour les humains ordinaires, la mort marque la fin. Mais il semblerait que tu aies droit à d’autres chances. »
Une pensée qui m’effleurait depuis lors.
« Une réponse ? »
À première vue, cette contradiction semblait impossible à comprendre. Mais une simple hypothèse suffisait à la résoudre.
« J’étais un Regressor avant d’entrer à l’hôtel. »
Le passé dont je me souvenais ne correspondait pas à une seule vie.
* * *
Tard dans la nuit.
Nous étions tous les trois assis autour d’une table ronde, dans une chambre de motel miteuse des environs que nous avions réservée à l’avance.
Song-i et moi fixions Mi-ro depuis un moment.
« … »
« A-arrêtez de me fixer ! »
Dès que j’avais imaginé que j’avais été un Regressor avant d’entrer à l’hôtel, le problème de mes souvenirs contradictoires s’était résolu.
Mais nous n’avions toujours pas assez d’éléments pour aller plus loin.
Pour commencer, nous en savions bien moins sur les régressions dans la réalité que nous en ignorions.
À part A-ri, une seule autre personne pouvait peut-être nous éclairer.
« Mi-ro, fais un effort. Je suis venu en ne faisant confiance qu’à toi. »
« Menteur ! Tu es venu en faisant confiance à Ghost Story Mi, pas à moi ! »
« Vous êtes une seule et même personne. »
Papi était lui aussi un agent, bien sûr, mais Mi-ro, de l’Hôtel des Profondeurs marines, en saurait plus que lui.
Tout cela était bien beau, mais invoquer Ghost Story Mi-ro s’avéra plus difficile que prévu.
« Rappelle-nous la condition pour invoquer Ghost Story Mi-ro. »
« I-il y a une peluche éléphant à côté de mon oreiller, dans ma chambre. »
« D’accord. »
« C’était la semaine dernière ? J’essayais de m’endormir en regardant la peluche éléphant, et tout à coup, on aurait dit qu’elle prenait vie et bougeait ! J’ai eu peur et j’ai crié, puis… »
En bref, elle avait eu peur en regardant une peluche, un soir, alors qu’elle essayait de s’endormir, et Ghost Story Mi-ro était apparue.
Nous avions donc supposé que Ghost Story Mi-ro se manifestait chaque fois que Mi-ro était terrorisée.
En entendant cela, Song-i s’impatienta.
« Ah, c’est frustrant ! Alors pourquoi elle ne sort pas maintenant ? »
« … »
« Je te montre des tonnes d’illusions terrifiantes depuis tout à l’heure ! »
« … Je sais que ce sont des illusions, alors ça ne me fait pas peur. »
C’était une remarque sensée.
Même à la place de Mi-ro, je ne crois pas que j’aurais été terrorisé parce que Song-i me montrait des illusions à côté de moi.
Ce serait plus simple si nous la laissions seule ?
Elle disait avoir eu peur simplement en regardant une peluche éléphant, seule dans le noir.
« Song-i, viens dehors un instant. »
À peine sortis, je pris la parole.
« Et si on laissait Mi-ro seule et qu’on partait tous les deux très loin ? »
« Mais oppa, Mi-ro sait qu’on ne l’abandonnerait jamais pour de vrai. »
« … »
Il était tard ; le moment était venu d’utiliser mon dernier Conseil de la journée.
De toute façon, il se rechargerait à l’aube.
「Conseil : 1 -> 0」
« Je voudrais invoquer Ghost Story Mi-ro pour lui demander conseil, mais c’est difficile. Quel est le moyen le plus simple ? »
「Elle n’a pas besoin d’être terrorisée. L’essentiel, c’est de créer une situation où une histoire de fantôme pourrait se produire. L’actrice est prête.」
« … Donc, ce n’est pas la peur qui compte ? »
Quelques clichés de films d’horreur me vinrent à l’esprit.
« A-allons ! Arrêtons pour aujourd’hui et réfléchissons-y demain. »
« Oui, oui. Mi-ro, allons dormir. »
* * *
— Mi-ro
— Froufrou !
« … »
Je sentis une présence étrange.
« Mm… »
Je me frottai les yeux et relevai la tête. Le lit à côté du mien était vide.
« Song-i ? »
Où était passée Song-i ?
Notes de bas de page :
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