Chapitre 566
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 565 : Le Monde qu’on ne peut pas se rappeler (4)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 38
Emplacement actuel : Laboratoire de recherche Reynolds
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
Ma conversation avec Arthur, après ça, ne fut pas très productive.
Était-ce parce que même le peu de confiance qui nous restait s’était envolé à cause de ce foutu café ?
Non. Le café n’en était pas la cause. C’en était la conséquence.
En réalité, il n’y avait jamais eu la moindre confiance entre nous.
« Quel âge avez-vous, monsieur Ga-in ? »
« C’est difficile à dire, vu le temps que j’ai passé à l’Hôtel. »
Des banalités sans intérêt.
« Arthur, le Bureau de gestion ne sait rien sur vous. Comment est-ce possible ? »
« Mon père a probablement effacé toutes les informations liées à cet endroit. Je n’en sais pas grand-chose. »
Encore une réponse qui revenait à dire qu’il n’en savait rien.
Nous nous contentions d’échanger des questions et des réponses inutiles, chacun s’empressant d’éviter les sujets importants.
« … »
Cela ne voulait pas dire que nous n’avions rien appris.
Nous avions au moins découvert ce que l’autre voulait savoir par-dessus tout.
Je voulais obtenir des informations sur les autres participants et sur le but de ce laboratoire de recherche.
Arthur voulait connaître l’identité des trésors que nous avions réunis pour arrêter la Lumière qui annonce la fin, ainsi que des informations sur notre groupe.
« Ouf… Et si vous faisiez tous les deux une pause, histoire de vous éclaircir les idées ? »
« D’accord. »
* * *
Je parcourus le luxueux manoir, où se dissimulaient partout des systèmes de sécurité mortels, tout en réfléchissant.
À un moment, la conversation avait cessé d’être productive. Et, surtout, il m’était de plus en plus difficile de faire confiance à Arthur.
Il avait révélé sans hésiter l’existence de sa famille, qui aurait pu être considérée comme son point faible.
Il avait également dévoilé de son plein gré un détail crucial : il s’était échappé dès le début, au deuxième étage.
À première vue, tout cela semblait d’une stupidité incroyable, ce qui rendait la chose encore plus suspecte.
« … »
Et si le fait qu’il ait dévoilé ses faiblesses aussi facilement signifiait qu’elles n’en étaient pas vraiment ?
M’avait-il montré de fausses faiblesses pour me pousser à baisser ma garde, sachant que je le sous-estimerais ?
Et s’il se fichait complètement de sa famille ?
« Papy. »
« Hmm ? »
« On devrait partir, maintenant ? »
« J’ai l’impression qu’on perd notre temps. Mais on ne sait pas comment sortir, alors… »
« Hmm. »
Est-ce que je ne ferais pas mieux de prendre possession de son corps avec le Grimoire pour lui soutirer les informations ?
Il devait savoir comment sortir, lui aussi.
Comme s’il n’attendait que ça, Papy s’approcha et murmura :
« Je ne crois pas qu’on ait encore besoin de se retenir. »
« … »
« On n’a qu’à maîtriser Arthur et lui soutirer les informations. Tu peux le faire, non ? »
« … »
« Qu’est-ce qui ne va pas ? Être toujours sur ses gardes n’est pas forcément la solution. »
Il n’avait pas tort.
Arthur ne pouvait pas résister au pouvoir du Grimoire.
Et puis, ce n’était pas comme si j’évitais toujours les combats.
Nous avions plusieurs mesures de sécurité, notamment Encore une chance de Papy et l’intervention d’A-ri en cas de problème.
En temps normal, c’était le moment de passer à l’action.
« … »
Je n’en avais pas envie.
Et, sans trop savoir pourquoi, je savais que cette réticence venait de ma Clairvoyance.
Quelque part dans ce monde, un autre participant partageait sa Sagesse avec moi, ce qui affaiblissait aussi ma Clairvoyance…
Malgré tout, ma Clairvoyance m’avertissait par une intuition qui dépassait la logique, comme elle le faisait en cet instant.
« Hé, morveux ! Approche pas ! On est des gens dangereux, tu sais ? »
Papy se mit soudain à crier.
Je regardai dans la direction où il fixait les yeux et vis le fils d’Arthur, qui était apparu brièvement un peu plus tôt.
Comment s’appelait-il déjà ? Joshua ?
Il était bien plus jeune que Seung-yeop, mais il avait déjà une jolie frimousse.
Arthur n’étant pas particulièrement beau, Olivia devait avoir de sacrés bons gènes. Elle avait été plutôt jolie.
« Ne faites pas de mal à mon papa. »
« … »
« … »
Papy et moi restâmes tous les deux silencieux devant ces paroles innocentes.
Honnêtement, je ne me considérais pas comme quelqu’un de particulièrement bien selon les critères habituels, mais jouer ouvertement les méchants devant un gamin me semblait déplacé.
Cela dit, il était étranger, et pourtant son coréen était incroyablement bon.
« Hum. Eh bien, tu parles vraiment bien coréen. »
J’essayai maladroitement de détendre l’atmosphère en lui faisant un compliment.
« La ferme, idiot ! »
« … »
C’était tellement puéril que je ne savais même pas quoi répondre.
Bref, c’était un petit Blanc qui parlait incroyablement bien coréen…
« Attends. »
À bien y réfléchir, Arthur et toute sa famille étaient des Blancs tout ce qu’il y avait de plus typiques.
En général, il était déjà assez rare qu’ils parlent coréen. Et même s’ils l’avaient appris, leur prononciation ou leurs tournures auraient normalement dû trahir une certaine maladresse.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
Il ne faisait pas la moindre faute de prononciation ou de grammaire.
J’aurais pu croire qu’il était né et avait grandi en Corée.
C’était étrange.
J’aurais au moins dû trouver ça bizarre et leur demander pourquoi ils parlaient si bien coréen.
Pourquoi ne m’étais-je jamais posé la question ?
« … »
Paradoxalement, c’était à cause de mon expérience à l’Hôtel.
À l’Hôtel, nous avions toujours pu communiquer, même dans des endroits où le coréen n’aurait jamais dû être parlé, et même avec des Entités du Chaos extraterrestres.
J’étais tellement habitué à cette facilité que je continuais de croire à cette idée fausse, même après être revenu à la réalité.
« Papy, cet endroit, le Monde qu’on ne peut pas se rappeler… »
« Tu as compris quelque chose ? »
Tout comme à l’Hôtel, nous pouvions communiquer sans aucun problème même si nous avions appris des langues différentes.
J’avais l’impression qu’Arthur et sa famille parlaient un coréen courant, mais, de leur point de vue, je devais sûrement parler anglais ou une autre langue étrangère.
« C’est comme à l’Hôtel. »
Au moment où je compris la ressemblance entre le Monde qu’on ne peut pas se rappeler et l’Hôtel, une révélation me frappa comme la foudre.
« Quoi ? »
Dès que je tendis la main, Joshua se mit à s’étrangler lui-même.
« Tu le savais, pas vrai ? C’est pour ça que tu m’as traité d’idiot ? »
« Ghk ! »
« A-attends ! Ga-in, pourquoi tu… »
Depuis le début, les actes d’Arthur étaient difficiles à comprendre.
Pourquoi nous avait-il révélé l’existence de sa famille, qui aurait pu devenir son point faible ?
Pourquoi n’avait-il pas caché qu’il s’était échappé dès le début, au deuxième étage ?
Faisait-il semblant d’être faible pour que je baisse ma garde ?
Même dans ce cas, n’était-il pas allé trop loin ?
Toutes ces questions avaient une réponse très simple.
Peu lui importait de dévoiler ses faiblesses.
Cet endroit, le Monde qu’on ne peut pas se rappeler, était un Hôtel d’imitation recréé grâce au Miroir et à la technologie du Bureau de gestion !
Et si l’on ajoutait à cela que les agents et employés qui avaient infiltré le Monde qu’on ne peut pas se rappeler par le passé avaient perdu la mémoire, une seule conclusion s’imposait.
Arthur pouvait remonter le temps dans cette zone !
« Parle. »
« C’est, c’est déjà trop tard ! Espèce d’idiot… »
Comme s’il n’attendait que cet instant, un bruit retentit dans tout le manoir.
— Grondement !
Ce son m’était familier.
J’en avais entendu de semblables un nombre incalculable de fois à l’Hôtel.
Au même moment, un rire sans joie m’échappa.
Combien de fois étais-je déjà tombé dans les pièges d’Arthur ?
Trois fois ? Quatre ?
Peut-être même davantage.
Mon moi du passé n’avait probablement pas remarqué le tour d’Arthur avant le tout dernier instant.
Ce n’était qu’une fois la Boucle commencée que j’avais compris que quelque chose clochait, et griffonné à la hâte un message vague, du genre : « Ma mémoire a été modifiée. Méfiez-vous », dans les quelques secondes qu’il me restait.
Cette fois, c’était différent.
Depuis l’instant où j’avais compris, jusqu’à maintenant, ma main droite n’avait pas cessé d’écrire, pas une seule seconde.
« Joshua, je l’admets. Tu m’as mené par le bout du nez comme un idiot. Mais à partir de maintenant, les choses vont changer. »
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 38
Emplacement actuel : Laboratoire de recherche Reynolds
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
Je me réveillai dans un lit moelleux.
Dès que j’ouvris les yeux, je vis, tout en bas de la fenêtre de statut, un texte si dense qu’il me donna le tournis.
« … »
C’étaient les notes que j’avais laissées avant de perdre la mémoire.
Je compris rapidement la situation.
Je pouvais aussi deviner dans les grandes lignes ce que je devais faire ensuite.
La dernière note, toutefois, était un peu étrange.
[Inutile de poursuivre la conversation. Évade-toi immédiatement.
+ N’utilise pas Possession sur Arthur (Clairvoyance)]
Il n’y avait rien à gagner à poursuivre un bras de fer avec quelqu’un qui pouvait remonter le temps.
Je comprenais donc pourquoi la note me disait d’arrêter de discuter et de m’enfuir.
« Ne pas utiliser Possession ? C’est une conclusion de la Clairvoyance ? »
C’était la seule partie que j’avais du mal à comprendre.
Mais si je ne me faisais pas confiance, qui le ferait ?
* * *
En sortant de la chambre, je trouvai Papy en train de boire du thé dans le manoir à l’ancienne.
On aurait dit qu’il s’était réveillé avant moi.
« Oh, te voilà. »
« Tu te souviens de quelque chose ? »
« J’ai rencontré un type qui disait être le propriétaire de ce manoir. »
« Quoi ? »
« Quoi ? Ah, tu parles de souvenirs ? De quels souvenirs ? »
Papy avait complètement perdu la mémoire.
Contrairement à moi, il n’avait pas de fenêtre de statut. Nous ne pouvions donc rien faire.
Je poursuivis naturellement la conversation en attendant qu’Arthur apparaisse.
Peu après, l’invité dont nous ne voulions pas apparut au-dessus de nous, sur la balustrade.
« Vous êtes réveillés tous les deux. »
C’était un Blanc qui semblait avoir une trentaine d’années.
Il faisait à peu près ma taille, dans les 175 à 180 centimètres. À en juger par sa carrure et les muscles visibles sous ses vêtements, il devait être bien entraîné.
Quant à son apparence…
« Vous m’examinez sans vous cacher, dites donc. »
Maintenant que je connaissais la vérité, tout cela me paraissait d’une imprudence incroyable.
Comment pouvait-il se montrer aussi ouvertement alors qu’il n’avait aucun moyen de résister à mon Grimoire ?
Parce qu’il avait deviné notre objectif.
Puisque nous voulions des informations, il avait dû supposer que nous ne l’attaquerions pas à la légère.
Au lieu de répondre, je regardai Papy.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
D’après mes notes, il y avait de fortes chances que des dispositifs de surveillance soient installés partout, et Arthur pouvait même peut-être espionner la fenêtre de discussion.
Je n’avais donc aucun moyen d’expliquer mon plan à Papy.
Mais avais-je vraiment besoin de tout lui expliquer ?
On se comprenait sans avoir besoin de parler, non ?
« Maîtrisons-le. »
— Frouf !
J’invoquai aussitôt le Grimoire et utilisai le Pouvoir de l’Avatar pour immobiliser Arthur de la tête aux pieds.
Sans hésiter une seconde, Papy dégaina son pistolet à la vitesse de l’éclair et le pointa sur la tête d’Arthur.
« Qu’est-ce qui se passe ? »
À cet instant, la manie de Papy de dégainer d’abord et de poser des questions ensuite me parut particulièrement rassurante.
« Ce type peut remonter le temps dans le manoir. »
« Quoi ? »
Cette explication suffit.
« On n’a qu’à sortir d’ici. Ah, mais il faut d’abord récupérer des informations. Ga-in, utilise Possession sur ce type et… »
« Ça dit de ne pas utiliser Possession. »
« Quoi ? »
« On dirait qu’il a une technique spéciale. »
« … »
Papy réfléchit un instant, puis proposa quelque chose de cruel.
« Dans ce cas, il va falloir lui demander directement comment sortir. »
« … Tu as déjà torturé quelqu’un, pas vrai ? »
« Tu crois que je n’en suis pas capable ? »
Inutile de raconter en détail ce qui se passa ensuite.
Disons simplement qu’il y eut du sang et des morceaux de chair dans tous les sens, et qu’Olivia, qui avait assisté à la scène, s’évanouit.
Arthur ne tint pas aussi longtemps que je l’avais imaginé.
Je n’avais pas envie de me moquer de lui.
Je n’étais pas sûr de pouvoir tenir longtemps, moi non plus, si je subissais la même chose.
Juste avant de nous enfuir, je posai une dernière question à l’homme essoufflé.
« Une seule chose. Ce que votre père cherchait à accomplir grâce au Miroir… c’était de recréer l’Hôtel ? »
« … »
Le trouble dans son regard me suffit comme réponse.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 38
Emplacement actuel : ville de Taebaek, province autonome spéciale de Gangwon
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
« Waouh… Ça ne fait vraiment qu’un jour. »
« Et pourtant, je suis incroyablement fatigué. »
« C’est normal. »
Le bilan n’était pas mauvais.
Nous avions appris quelques petites choses sur les participants qui vivaient dans le monde réel, ainsi qu’un fait étrange : le Bureau de gestion avait autrefois tenté de recréer l’Hôtel.
Et comme nous avions aussi obtenu quelques informations sur le troisième étage, ça en valait la peine.
Il y avait tout de même une chose qui me tracassait un peu.
« À ton avis, pourquoi c’était comme ça ? »
« Comment ça ? »
« La première altération de la mémoire. La Chouette m’a dit de laisser faire une fois. »
« Hmm… Si on ne l’avait pas laissée faire cette première fois, peut-être qu’il n’aurait pas essayé de nous parler ? »
Si nous n’étions pas tombés dans le piège une première fois, Arthur nous aurait simplement chassés ?
C’était plausible.
« Alors, où vas-tu maintenant ? »
« À l’Hôtel Delight. »
« Vraiment ? »
Par précaution, je devrais demander à Eun-sol de jouer de la Flûte une fois, puis en finir avec tout ça.
« Je ne comprends toujours pas. »
« Qu’est-ce que tu ne comprends pas ? »
« Pourquoi je ne devais pas utiliser Possession sur le corps d’Arthur ? »
« Eh bien, c’est un ancien évadé de l’Hôtel, après tout. Il a probablement une sorte de protection mentale. »
« Hmm. »
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