Chapitre 565
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 564 : Le Monde qu’on ne peut pas se rappeler (3)
──────
Salut tout le monde ! Petite annonce avant le chapitre. Nous organisons un concours de web novels originaux avec une cagnotte de 1 000 dollars, une chance de publier votre roman sur WeTried et un accès gratuit à vie à la lecture pour les deux gagnants !
Un prix de participation de 500 pièces est également prévu pour tous les participants.
Si vous avez une histoire qui traîne dans un dossier ou que vous avez envie de vous essayer à l’écriture, nous serions ravis de la lire. Il vous suffit de nous envoyer vos dix premiers chapitres, et vous avez jusqu’au 1er janvier 2027 pour participer. Les auteurs débutants sont les bienvenus !
<a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://wetriedtls.com/announcements/webnovel-contest">Tous les détails, les règles et les modalités de participation sont ici !</a> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://wetriedtls.com/announcements/webnovel-contest">https://wetriedtls.com/announcements/webnovel-contest</a>
N’hésitez pas à transmettre l’annonce à vos connaissances qui écrivent. Bonne lecture !
Si vous avez des questions, rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
──────
「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Mes souvenirs ont été manipulés
Méfie-toi
Conseil du Sage : 3」
— Han Ga-in
Je me réveillai dans un lit moelleux.
Dès que j’ouvris les yeux, je vis le message inquiétant inscrit dans la fenêtre de statut.
Mes souvenirs avaient été manipulés ?
Je m’adossai au mur et réfléchis longuement, sans parvenir à comprendre ce qui clochait.
Est-ce que je devais utiliser le Conseil ?
« … »
Ça ne servirait à rien.
La Chouette était celui qui m’avait dit de ne pas résister et d’accepter la situation. Est-ce qu’il m’expliquerait comment résister si je le lui demandais ?
Et puis, j’avais dû écrire ce message à la hâte.
Je l’avais inscrit directement sur la fenêtre de statut au lieu d’agrandir l’espace vide à côté. Résultat, je ne voyais ni la date ni l’endroit où je me trouvais.
Je l’effaçai donc.
「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 38
Emplacement actuel : Laboratoire de recherche Reynolds
Conseil du Sage : 3」
Jour 38 ?
Une journée entière s’était écoulée.
Mon emplacement actuel était indiqué comme étant le Laboratoire de recherche Reynolds.
Reynolds était le nom de quelqu’un ?
« … »
J’avais beau y réfléchir, la plupart de mes souvenirs ne me semblaient pas erronés.
Bien sûr, la personne qui les avait manipulés était peut-être assez douée pour que je ne m’en sois pas aperçu.
Une idée me vint tout de même à l’esprit.
La manipulation ne devait probablement pas être assez importante pour reconstruire mon identité.
Si les dégâts avaient été aussi graves, la Chouette ne m’aurait pas dit d’accepter la situation.
Une information simple, insignifiante en apparence.
Mais d’une importance capitale.
On aurait dit qu’une seule chose avait été déformée.
* * *
En sortant, je trouvai Grand-père en train de boire du thé dans un manoir à l’ancienne.
Il semblait s’être réveillé avant moi.
« Oh, te voilà réveillé ?
— Oui. Il s’est passé quelque chose ?
— J’ai rencontré le propriétaire de ce manoir.
— … C’est un ancien Participant ? »
Sans dire un mot, Grand-père tapota deux fois dans le vide.
Quelqu’un qui n’aurait pas été au courant se serait demandé ce qu’il faisait, mais c’était ainsi que la fenêtre de discussion apparaissait dans le champ de vision de Grand-père.
« Hum…
— Ne baisse pas ta garde.
— Bien sûr.
— Surtout, ne sois pas surpris. On dirait qu’une partie de nos souvenirs a été modifiée.
— Grand-père, tu l’as remarqué aussi ? »
Je l’avais compris tout de suite, puisque je l’avais inscrit dans la fenêtre de statut. Mais Grand-père s’en était rendu compte lui aussi ?
Ça prouvait qu’il n’avait pas obtenu son titre d’ancien agent pour rien.
« La date a changé. Je ne sais pas exactement de combien de jours, mais…
— Un jour.
— Ah ! Je suis bien content que tu sois là. Nous sommes entrés ici hier après-midi, et maintenant il fait jour… Donc, nous avons perdu le souvenir d’une demi-journée ?
— Hum…
— Quoi qu’il en soit, j’ai perdu un souvenir très important.
— Lequel ?
— Désolé. Je ne sais plus comment sortir d’ici.
— Ah… »
C’était un Autre Monde, un endroit où l’on ne pouvait ni entrer ni sortir par des moyens ordinaires.
Le souvenir que Grand-père avait perdu, c’était la façon d’en sortir ?
Qu’est-ce qui avait été modifié dans mes souvenirs ?
…
Je me calmai.
Qu’est-ce que je pouvais faire contre des souvenirs qui avaient déjà disparu ?
Au pire, nous pourrions sortir et demander de l’aide à Eun-sol.
A-ri avait promis de venir nous secourir si nous ne rentrions pas avant longtemps. Nous avions donc un plan de secours.
« Ça va aller. Ce n’est pas comme si nous n’avions aucun plan de secours.
— Ouf… Oui, c’est vrai. »
Un bref silence s’installa.
Puis un visiteur indésirable apparut sur la rambarde, au-dessus de nous.
« Vous êtes tous les deux réveillés.
C’était un Blanc qui devait avoir une quarantaine d’années.
Il faisait à peu près ma taille, autour d’un mètre soixante-quinze, et sa carrure ainsi que les muscles visibles sous ses vêtements indiquaient qu’il était bien entraîné.
Quant au reste de son apparence…
« Tu me dévisages sans aucune discrétion, dis donc.
— Tu as trafiqué mes souvenirs et ceux de mon compagnon. Évidemment que je me méfie.
— Ha ! Mettons les choses au clair. C’est chez moi, et vous êtes des intrus qui avez débarqué sans même prévenir.
— … »
Maintenant que j’y pensais, il n’avait pas tort.
Grand-père sortit alors un pistolet derrière moi et le braqua sur lui.
« Ha ! Petit, arrête tes conneries.
— … Tu es un homme impoli.
N’était-ce pas un peu excessif de le menacer d’une arme dès le départ ?
Est-ce qu’ils s’étaient disputés avant mon réveil ?
— Bzzzt ! Clac ! Grincement !
Cette fois, ce fut au tour de l’homme d’âge mûr.
Dès qu’il lança un regard glacial à Grand-père, des bruits mécaniques résonnèrent dans le manoir.
Des canons surgirent de la rambarde, du dessous des chaises, de l’intérieur des pots de fleurs, à côté des tableaux et de bien d’autres endroits. Tous étaient braqués sur nous.
« Tu vas tirer ? Tu crois que tu gagnes parce que tu as plus de balles ? Tu n’as qu’une tête, tu sais. Une seule balle suffit.
— … »
À cet instant…
— Grincement !
« P-Papa ! Qu’est-ce qui se passe ? »
Une porte du deuxième étage s’ouvrit brusquement, et un garçon blanc prit la parole d’une voix effrayée.
« Non ! Joshua, je t’ai dit de rester là-bas ! Papa va s’en occuper !
— Snif ! »
Une femme poussa un cri de surprise, puis un autre enfant se mit à sangloter.
« Olivia ! Emmène les enfants à l’intérieur !
— Arthur !
— … »
Arthur ?
C’était son nom ?
Quoi qu’il en soit, c’était bel et bien chez lui.
Arthur, que nous avions pris pour un ancien Participant, semblait s’être retiré ici avec sa famille.
Une fois que j’eus compris cela, Grand-père et moi nous retrouvâmes dans une situation embarrassante.
Pour quiconque nous observait, nous étions des cambrioleurs armés qui avaient fait irruption chez une famille ordinaire.
« … »
« … »
Grand-père et moi échangeâmes un regard. Nous avions la même pensée.
Tout cela était inutile.
Des gens du Bureau de gestion s’étaient infiltrés dans le Monde qu’on ne peut pas se rappeler, n’avaient perdu que leurs souvenirs et étaient rentrés vivants.
Arthur n’était pas assez violent pour tuer des intrus sans prévenir, et sa famille vivait ici.
— Clic !
Grand-père abaissa silencieusement son arme.
Arthur désactiva peu après le système de sécurité du manoir d’un simple geste.
« Désolé pour ça.
— Essayons tous les deux de nous tenir correctement, désormais.
— Je vais essayer. »
À ce stade, il était presque certain qu’Arthur était le propriétaire du manoir et un ancien Participant, mais je vérifiai une dernière fois, au cas où.
Han Ga-in : Arthur, nous ne sommes pas venus pour nous battre.
S’il était le détenteur de la Communication, il devrait pouvoir répondre.
Je l’espère aussi.
« … »
Comme la veille, le nom de l’interlocuteur ne s’affichait pas.
Même en me concentrant, je ne vis que le mot « Recherche… », qui ne voulait rien dire.
Je compris soudain comment cet homme avait pu abuser de la fenêtre de discussion en gravissant les étages de l’hôtel.
* * *
À peine sortis du manoir, Arthur prit la parole.
« Je n’aime pas le monde extérieur.
— … »
« C’est un endroit où des horreurs se produisent sans fin.
Je partageais en partie son avis.
La réalité, à l’extérieur de l’hôtel, était bien trop différente du monde paisible dont je me souvenais, autrefois.
« Tu sais quel est le pire de ces endroits ? Le Bureau de gestion.
— … »
« C’est ce que l’hôtel m’a appris. »
C’était étrange.
Peu importait le sujet de notre conversation ; le simple fait de parler avec un autre participant de l’hôtel, qui ne faisait pas partie de mes compagnons, me semblait nouveau.
« C’est pour ça que tu t’es retiré ici avec ta famille ? »
Arthur hocha légèrement la tête.
« Olivia, c’est le nom de ma femme. C’est mon véritable lien.
— Ton véritable lien ?
— Je veux dire que ce n’est pas une illusion créée par un Rêve ! Je ne suis pas amoureux d’un vulgaire jouet fabriqué par l’hôtel. Moi… »
Il voulait dire que sa femme et son fils n’étaient pas des illusions créées par un Rêve au moyen d’une manipulation de la réalité, mais sa vraie famille.
Je comprenais ce qu’il voulait dire, mais Arthur et moi n’étions pas seuls ici.
N’était-ce pas extrêmement désagréable de dire ça devant Grand-père, qui avait fait revivre sa famille grâce à un Rêve ?
« Tu me fais rire. N’importe qui penserait que tu as obtenu un Rêve et que tu as choisi de ne pas t’en servir. Tu as eu de la chance et tu t’es échappé dès le début du deuxième étage !
— Même si j’avais obtenu un Rêve, je n’aurais pas créé une fausse famille. »
Arthur avait-il progressé au début du deuxième étage, puis utilisé un outil d’évasion pour sortir ?
Quoi qu’il en soit, j’avais compris que leurs rapports étaient tendus dès que Grand-père l’avait menacé de son pistolet, mais j’en savais maintenant la raison.
Ils avaient dû parler de leurs familles pendant que j’étais inconscient, et la conversation avait fini par porter sur les Rêves.
Malgré tout, Grand-père était plus émotif que d’habitude.
Était-ce à cause de sa famille et de la modification de ses souvenirs ?
Ou le sujet était-il simplement trop sensible ?
« Calmons-nous. Grand-père, nous sommes venus chercher des informations, pas nous battre.
— … »
« Arthur, Grand-père m’a dit qu’il avait oublié comment sortir d’ici.
— … »
« Puisque tu nous as empêchés de partir, tu dois avoir quelque chose à nous dire. »
Un bref silence s’écoula.
Je fis la première proposition.
« Commençons par nous présenter. Je m’appelle Han Ga-in.
— Arthur. Cette rencontre n’était pas prévue, mais j’espère que nous en tirerons tous les deux quelque chose.
— J’ai beaucoup de questions sur cet endroit et sur toi. Je suis sûr que tu en as aussi. Posons-les chacun notre tour. Et… »
— Froufrou !
À l’apparition du Grimoire, Arthur se raidit visiblement.
« … Un Héritage.
— Arrêtons de nous mentir. Ce serait une perte de temps, non ? »
Je bluffais, comme si le Grimoire me permettait de savoir quand il mentait.
Ce n’était pas tout à fait faux.
En utilisant la Possession, je pourrais le découvrir.
Évidemment, ce serait différent s’il possédait un Héritage protégeant son esprit.
Après un bref silence, Arthur posa la première question.
« Tu as vraiment réussi la salle 207 ?
Ça l’intéressait à ce point ?
À en juger par sa dispute avec Grand-père, il le savait déjà, mais il voulait peut-être que je le confirme moi-même.
Première réponse.
« Oui.
— Ha… C’est incroyable. »
Sa voix exprimait un grognement contenu et une admiration sincère.
« Comme l’a dit le vieux, je me suis échappé au début du deuxième étage. Je ne protesterai pas si tu me traites de lâche.
— Je n’en ai pas l’intention. »
D’abord, sa famille était apparue de façon inattendue. Maintenant, il jouait les faibles en disant que, contrairement à moi qui avais réussi la salle 207, il s’était échappé au début du deuxième étage.
Se vanter était désagréable, mais cette façon de faire semblant d’être faible me mettait tout aussi mal à l’aise.
À l’hôtel, on ne devenait pas forcément plus fort en progressant davantage.
Mi-ro, autrefois, avait été éliminée au milieu du deuxième étage, et pourtant sa force individuelle dépassait celle de presque tous mes compagnons.
Cet homme pouvait être pareil.
Qui sait s’il n’avait pas manigancé quelque chose, raflé un grand nombre d’Héritages du premier étage et accaparé les moyens de s’échapper ?
Deuxième question.
« À mon tour. Quel est le but de cet endroit ?
— Je ne te l’ai pas dit ? C’est pour vivre à l’écart du monde avec ma famille… »
Je fis réapparaître le Grimoire.
« Arrêtons ces jeux de dupes inutiles. J’ai vu le Miroir en entrant.
— … »
Cela signifiait que son seul objectif ne pouvait pas être de vivre à l’écart du monde.
Arthur esquissa un sourire gêné et rectifia ses propos.
« Tu connais le Miroir.
— … »
« Je ne mens pas. Mon but est vraiment de vivre en sécurité avec ma famille. Si tu doutes de moi, tu peux vérifier avec ce livre.
— … »
Il n’avait pas l’air de mentir.
« Alors, à quoi sert le Miroir ?
— C’était le but de mon père.
Son père ?
« Ton père s’appelait Reynolds, par hasard ? »
Arthur ouvrit de grands yeux.
« Comment tu… ! Le Bureau de gestion possède encore des informations sur mon père ?
— … »
Ça n’avait rien à voir avec le Bureau de gestion. J’avais seulement deviné parce que la fenêtre de statut indiquait que je me trouvais au Laboratoire de recherche Reynolds.
« M. Reynolds était un ancien agent ? Cet endroit a été construit pour étudier le Miroir ?
— … Oui. »
Deuxième réponse.
Cet endroit était un laboratoire de recherche construit par Reynolds, un ancien agent et le père d’un participant.
Grand-père prit alors la parole, incrédule.
« Ha ! Arthur. Si ce que tu dis est vrai, alors Reynolds a envoyé son propre fils à l’hôtel ?
— … »
« Hahaha ! Quel père respectable. Il est encore en vie ?
— Ce n’est plus une personne normale. Le Miroir… »
Arthur laissa sa phrase en suspens, le regard chargé d’émotions contradictoires, mais je n’avais pas besoin d’en entendre davantage.
La salle 207 nous avait montré à plusieurs reprises que le Miroir pouvait déformer les gens de façon monstrueuse.
« À mon tour. Le Bureau de gestion a envoyé d’innombrables personnes à l’hôtel pour empêcher la Fin de toute chose.
C’est ce qu’A-ri m’avait raconté.
« Et tu t’es échappé. Tu as atteint ton objectif ?
— … »
« Je te demande si tu as obtenu de l’hôtel le pouvoir d’empêcher la destruction. »
Troisième question.
Le groupe de l’hôtel avait-il obtenu de l’hôtel le pouvoir d’empêcher la Fin des Temps ?
C’était l’objectif du Bureau de gestion, et la question que se posait un ancien Participant vivant retiré dans un endroit secret.
« Probablement.
Nous l’avions obtenu.
Et les deux objets étaient ici.
J’avais le Sablier, et Grand-père avait Encore une chance.
À ma réponse, les yeux d’Arthur s’illuminèrent d’excitation.
« Tu peux me les montrer ? À quel point je… »
« Ils ne sont pas ici.
Premier mensonge.
Mieux valait au moins garder pour la fin ce qu’il désirait le plus.
« Avec tes compagnons ?
— C’est ça. On ne se promène pas avec des objets de valeur sur soi.
— Ça se tient. »
C’était de nouveau à mon tour.
« Sais-tu combien de participants vivent dans le monde réel ?
— À ma connaissance, moins de vingt.
Moins de vingt ? C’était beaucoup trop peu.
Je regardai Grand-père, surpris. Il pencha lui aussi la tête de côté.
« Ça a du sens, selon toi ?
— Pourquoi ça t’étonne ?
— Nous en savons tous les deux assez sur le sujet, alors soyons honnêtes. L’hôtel a dû se répéter d’innombrables fois, à travers l’espace et le temps. Il y a sûrement eu beaucoup de cas où personne ne s’est échappé, mais…
— Il a aussi dû y avoir beaucoup d’évadés. Une fois dehors, ils pouvaient endurer la Boucle, donc ils ne mouraient pas facilement. C’est ce que tu allais dire.
La conversation était facile, puisque nous en savions tous les deux autant.
« Tu oublies un point important.
Un fait que j’avais négligé ?
« Le troisième étage.
— … »
L’Hôtel Pionnier avait un troisième étage.
Maintenant que nous étions dans le monde réel, cela me paraissait irréel, mais n’était-ce pas un problème qui finirait par se poser ?
« Comme tu l’as dit, il y a eu bien plus de vingt évadés. Mais beaucoup sont morts dans le monde réel, tués par des démons ou par le Bureau de gestion. Et…
— Et ?
— Une poignée des plus puissants partent pour le troisième étage. Ceux qui s’en vont ne reviennent jamais.
Les gens qui partaient pour le troisième étage ne revenaient jamais ?
« Qu’est-ce que ça signifie ?
— Je n’en sais rien.
— … »
« Si tu l’apprends, dis-le-moi aussi.
— … »
« Ceux d’entre nous qui sont restés ici-bas parce qu’ils n’étaient pas assez remarquables appellent les partants du troisième étage les Ascendants, à moitié pour plaisanter et à moitié sérieusement.
Les Ascendants.
C’était ainsi que les participants restés dans le monde réel appelaient ceux qui partaient pour le troisième étage.
J’avais obtenu des renseignements sur le troisième étage dans un endroit inattendu.
Rien que pour ça, ce voyage n’avait pas été inutile.
Une voix douce nous interpella alors.
« Vous voulez du café ?
C’était Olivia, la femme d’Arthur, que j’avais vue plus tôt.
L’air inquiet, elle posa trois tasses de café sur la table en nous regardant, Grand-père et moi.
Une tasse de café pour nous éclaircir les idées pendant une conversation importante.
C’était tout à fait approprié.
Ça l’était encore plus maintenant que nous semblions avoir établi un minimum de confiance.
C’est justement pour ça que je me méfiais.
Je ne savais toujours pas quelle partie de mes souvenirs avait été modifiée.
Quoi qu’il en soit, Arthur n’était pas quelqu’un en qui je pouvais avoir confiance.
Le bras d’Arthur se tendit de façon anormale vers la tasse devant moi, et son regard vacilla visiblement.
Sa main bougeait toute seule, comme pour saisir la tasse de quelqu’un d’autre. Évidemment qu’il était décontenancé.
Arthur venait de saisir ma tasse de café et s’apprêtait à en boire une gorgée lorsque…
— Crash !
Le visage livide, Olivia fit tomber la tasse de sa main.
Nous avions trop à apprendre les uns des autres pour nous empoisonner, mais…
J’avais entendu dire que le Bureau de gestion possédait plusieurs sérums de vérité très puissants.
Puisque le père d’Arthur avait été agent, il avait probablement accès à quelque chose de ce genre.
« … »
Les trois hommes gardèrent le silence.
Arthur esquissa alors un sourire amer.
« On dirait que j’ai pris de mauvaises habitudes à l’hôtel. Excuse-moi.
Une habitude qui consistait à mettre des ingrédients désagréables dans le café.
« Ce n’est rien. C’est ce que fait l’hôtel. Moi aussi, j’ai pris de drôles d’habitudes. »
Le regard d’Arthur vacilla.
Ces mots n’étaient pas sortis de ma bouche, mais de celle d’Olivia.
« Aah ! »
Olivia poussa un cri de terreur.
La scène était si calme, si paisible.
Je me dis que la plupart des participants de l’hôtel, à l’exception de notre groupe, devaient vivre comme ça.
« Posons encore une question.
— Ce n’est pas à mon tour, maintenant ?
— Disons que tu as perdu ton tour à cause de ce café.
— … »
« Qu’as-tu découvert en étudiant le Miroir ? »
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>