Chapitre 563
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 562 : Un monde qu’on ne peut pas se rappeler (1)
──────
— Lee Eun-sol
Depuis quelques jours, je dormais mal.
J’étais terrifiée à l’idée des conséquences du Vœu vide que j’avais formulé sur un coup de tête dans l’Autre Monde : « Faites de l’Hôtel Delight le meilleur hôtel de Corée ! »
Comment comptait-il s’y prendre, au juste ?
Allait-il provoquer des séismes dans les trois grands hôtels qui, soi-disant, devançaient l’Hôtel Delight ?!
Si des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes mouraient dans la catastrophe, est-ce que ce serait ma faute ?
Ah !
Et si le Bureau de gestion, furieux, décidait de se débarrasser de Lee Eun-sol, la meurtrière de masse ?
Si j’avais causé autant de dégâts, ne devrais-je pas offrir mon cou sans faire d’histoires et dire : « Tuez-moi, je vous en prie ! » ?
« Directrice, vous n’avez pas bonne mine ces derniers temps. Vous avez l’air malade. Vous ne devriez pas aller à l’hôpital ? »
Si même ma secrétaire me le disait, c’est que j’avais vraiment une sale tête.
« … Je vais encore bien. »
J’allais encore bien.
Parce qu’il ne s’était encore rien passé.
« … »
Est-ce que j’allais vraiment bien ?
C’était normal qu’il ne se passe rien après un vœu ?
Au minimum, le cours de l’action n’aurait-il pas dû grimper pour une raison complètement absurde ?
Ce n’était pas possible.
Quelque chose avait forcément eu lieu, quelque chose qui ferait bondir le classement de l’Hôtel Delight en Corée !
Je ne savais simplement pas quoi.
Un jour, après avoir passé nuit après nuit à me ronger les sangs, j’arrivai tôt au travail et ouvris la porte de mon bureau.
Un inconnu m’y attendait.
« Participant Lee Eun-sol. Permettez-moi de me présenter officiellement. Je travaille pour l’Antenne coréenne du Bureau de gestion. »
Le Bureau de gestion avait envoyé quelqu’un.
Je n’en fus pas surprise.
Depuis qu’un énergumène dont l’identité m’était inconnue avait découvert que j’étais une participante, je m’attendais à ce qu’on reprenne contact avec moi.
« Je ne pensais pas que vous débarqueriez comme ça dans mon bureau. »
« Je vous prie de m’excuser. La nature de mon travail m’oblige à éviter de me faire remarquer par les gens ordinaires. »
« Vous êtes un agent ? »
« Non. Pour faire simple, je suis un employé habilité à accéder à des informations hautement confidentielles. »
Pour une raison ou une autre, sa politesse et ses manières irréprochables m’agaçaient.
Bien sûr, j’aurais encore moins apprécié qu’il se montre menaçant, comme l’homme de l’autre fois.
« Participant Lee Eun-sol, le directeur Park Hyun-min, de l’Antenne coréenne, souhaite vous rencontrer. Partons-nous tout de suite ? »
Il m’appelait ouvertement « participante ».
C’était désagréable, comme s’il voulait insister : « Nous savons qui vous êtes. »
« … »
J’y réfléchis, mais la réponse était déjà évidente.
Si j’avais été seule au monde, ça aurait été une chose. Mais maintenant que je dirigeais une entreprise, je ne pouvais pas les éviter éternellement.
Je leur avais prouvé lors de l’affrontement dans l’Autre Monde qu’ils ne pouvaient pas me prendre à la légère. Ils ne franchiraient donc pas la ligne sans réfléchir.
« Allons-y. »
* * *
Un homme d’âge mûr à lunettes, qui avait l’air épuisé.
Voilà quelle fut ma première impression de Park Hyun-min, directeur de l’Antenne coréenne du Bureau de gestion.
À le voir, rien ne le distinguait d’un homme ordinaire dans le monde extérieur.
Cela dit, A-ri, qui attirait tous les regards alors qu’elle travaillait pour une organisation secrète, était probablement l’exception.
« Participant Lee Eun-sol, j’ai appris ce qui s’est passé récemment, ce “contact inévitable”. Je le regrette. »
Un contact inévitable.
Parlait-il de l’affrontement dans l’Autre Monde ?
« Des regrets, ça ne suffit pas, non ? On aurait dit qu’ils essayaient de me laver le cerveau. »
« Vous laver le cerveau ? Ah, vous pensiez que le Livre des Pactes était ce genre d’objet ? »
Le Livre des Pactes.
Vu les circonstances, il devait parler du parchemin invoqué par l’ancien Participant que j’avais rencontré.
Son nom était si explicite que je devinai aussitôt son effet.
« Si on rédige un contrat sur ce parchemin, il est impossible de le rompre. C’est bien ça ? »
« Comme on pouvait s’y attendre de quelqu’un qui a échappé à l’hôtel, vous comprenez vite. C’est exactement ça. »
« Je ne crois pas que ce soit tout. »
« … »
« Il a une capacité cachée, non ? Par exemple, son propriétaire peut peut-être rompre le contrat. »
« Inutile de me mettre à l’épreuve. Je n’en sais rien non plus. Si vous avez un moyen de vérifier la vérité, n’hésitez pas à l’utiliser. »
Il semblait avoir prévu toutes sortes de capacités surnaturelles.
« Si j’en ai une, je peux m’en servir ? »
« Je pense que cela vous aiderait à me faire confiance, ne serait-ce qu’un peu. Allez-y. »
— Clic !
Le Rêve du papillon s’ouvrit, et un papillon vint doucement se poser sur le bras du directeur de l’Antenne coréenne.
Un pouvoir permettant de détecter la vérité ?
C’était Elena qui avait ça, pas moi.
Mais quand même, il ne serait pas un peu nerveux de voir un papillon mystérieux voleter ainsi autour de lui ?
« Vous bluffez. Vous n’avez aucun pouvoir pour détecter la vérité ? »
« … »
Il avait percé mon bluff à jour sur-le-champ.
« Si l’un de vos compagnons possède un tel pouvoir, vous pouvez l’amener ici. Je veux qu’il y ait au moins un minimum de confiance dans la conversation que nous allons avoir. »
Qu’est-ce qu’il cherchait à faire ?
Essayait-il de repérer les compagnons qui se cachaient ? C’était un peu trop évident, quand même…
« Je n’ai pas d’arrière-pensée. Si vous le souhaitez, je peux demander à l’agente Kim A-ri d’assister à cette conversation. »
« … »
Je n’avais pas dit un mot, et pourtant, j’avais l’impression qu’il venait de lire toutes mes pensées.
Pendant un instant, je soupçonnai même qu’il avait appris à lire dans les esprits.
« Si vous pensez que je peux lire dans vos pensées, vous vous trompez. Je n’en ai pas besoin. »
« … Qu’est-ce que vous voulez dire ? »
« Ce n’est pas la première fois que nous avons affaire à des gens qui ont échappé à l’hôtel. C’est simplement la première fois que je m’en occupe personnellement. »
Une expérience acquise par toute l’organisation ?
Quoi qu’il en soit, j’avais l’impression d’avoir perdu la bataille psychologique.
« Je vais être direct. Mademoiselle Lee Eun-sol, envisageriez-vous de rejoindre le Bureau de gestion ? »
« Je vais être directe, moi aussi. Je veux bien coopérer quand c’est nécessaire, mais je n’ai pas l’intention d’aller plus loin… »
« Voici votre carte d’agent. »
Qu’est-ce que c’était que ça ?
Non, depuis quand avait-il fait une carte d’agent avec ma photo dessus ?!
« Hé, monsieur, vous ne m’avez pas entendue ? »
« Vous avez dit que vous étiez disposée à coopérer quand ce serait nécessaire, n’est-ce pas ? »
« Quel rapport avec le fait de devenir agente et d’être loyale envers le Bureau de gestion ? »
« Vous vous méprenez sur ce que sont les agents. »
« Comment ça ? »
« Les agents ne sont pas loyaux envers le Bureau de gestion. Ils se contentent de s’en servir. »
« Quoi… »
« Réfléchissez. Les agents sont des élus qui considèrent que même la destruction de toute chose n’est qu’un “long sommeil”, des êtres dont la simple existence relève du miracle. »
« … »
« Ce sont de petits rois à l’ego démesuré. Quelle loyauté pourrait bien habiter le cœur des rois ? »
Je restai muette un instant.
Si je ne me trompais pas, Park Hyun-min, directeur de l’Antenne coréenne du Bureau de gestion, semblait jaloux des agents.
Cette comparaison avec de petits rois devait être son opinion personnelle.
Si je demandais à A-ri, elle me raconterait sûrement une tout autre histoire.
Quoi qu’il en soit, je compris aussi autre chose.
La jalousie du directeur de l’Antenne coréenne était bien réelle, mais s’il me la montrait, c’était aussi intentionnel.
« Je n’ai pas l’intention d’exiger votre loyauté. »
« … »
« Servez-vous de nous. Comme ceux qui vous ont précédée et les autres agents, servez-vous du Bureau de gestion. »
« … »
« J’ai mal au bras. Vous avez vraiment si peur de cette toute petite insigne ? »
— Paf !
L’insigne où était inscrit « Agente Lee Eun-sol » atterrit dans ma main.
« Je peux vous poser une question ? »
« Tout ce que vous voulez, si j’en connais la réponse. »
« La personne que j’ai rencontrée il y a quelques jours, l’ancien Participant. »
« Malheureusement, je crois qu’il y a plus de choses que j’ignore que de choses que je sais. Mais allez-y. »
« Il y a beaucoup d’autres anciens Participants, n’est-ce pas ? J’imagine que certains occupent des postes importants au Bureau de gestion. »
« C’est exact. »
« Cette personne a essayé de me maîtriser et de m’entraver, mais elle a échoué. »
« C’est regrettable. »
« Et maintenant, vous me demandez de coopérer sans avoir aucun moyen de me contrôler… »
« Et alors ? »
« Est-ce que vous pouvez me faire confiance ? »
C’était ce que je voulais savoir.
« C’est une question facile. Si vous vous révélez indigne de confiance et que vous nous trahissez, ce sera aussi une information importante. »
« Quoi ? »
« Dans le prochain monde, nous ne répéterons pas la même erreur. Alors, agente Lee Eun-sol, si jamais vous songez à nous trahir, souvenez-vous de ceci : vous n’êtes plus une mortelle, et nous non plus. »
Cette conversation me pesa lourdement.
Juste avant que nous nous séparions, après qu’il m’eut dit qu’il reprendrait contact, je posai encore une question, au cas où.
« Euh, j’ai encore une question. »
« Allez-y. »
« Qu’est-ce qu’il faudrait pour que l’Hôtel Delight se retrouve soudain numéro un du secteur ? »
« … »
Pour la première fois, le directeur de l’Antenne coréenne du Bureau de gestion, qui semblait tout savoir, eut l’air décontenancé.
Il ne répondit pas à ma question, mais ça faisait du bien de le voir comme ça.
* * *
「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 35
Emplacement actuel : Sajik-dong, Jongno-gu, Séoul
Conseil du Sage : 3」
— Han Ga-in
Je bus une gorgée d’americano et réfléchis.
Ce qui s’était déjà passé.
Nous avions échappé à la réalité.
Des catastrophes chaotiques s’étaient produites autour de plusieurs compagnons. Elles semblaient faire partie du plan d’un ancien Participant destiné à nous retrouver et à nous mettre à l’épreuve.
Le Marchand de l’hôtel l’avait prévu, d’où sa consigne : « comportez-vous comme des gens ordinaires ».
Quelques-uns d’entre nous s’étaient fait repérer au passage, mais, heureusement, grâce à la nature de mon vœu, personne ne m’avait encore découvert.
Ce qui allait se passer ensuite.
D’après les conseils du Marchand, un événement important surviendrait dans six mois ou un an.
Après cela, nous n’aurions plus besoin de faire autant d’efforts pour ne pas nous faire repérer.
À un moment indéterminé, la Lumière qui annonce la fin apparaîtrait aussi. L’arrêter était le but d’A-ri et de Grand-père.
La cause de ce phénomène serait-elle la même que celle de la chambre 207 ? Je n’en étais pas sûr.
Alors, que devais-je faire à partir de maintenant ?
« … »
Fermer les yeux, me boucher les oreilles et tenir cinq mois en faisant comme si j’étais quelqu’un de parfaitement ordinaire ?
C’était plus difficile que je ne l’avais cru.
Comment se reposer tranquillement en sachant qu’une catastrophe risquait de survenir plus tard ?
Mais si je me mettais à courir partout, j’avais le pressentiment qu’un ancien Participant louche finirait par essayer de se servir de moi.
« Ces types ne sont vraiment pas fiables. »
La réponse fusa aussitôt.
« De qui tu parles ? »
C’était Grand-père Mook-seong.
Quelques jours plus tôt, après que j’avais brusquement coupé les ponts avec A-ri, elle m’avait fait transmettre un message intéressant par Eun-sol.
« Si tu ne veux plus garder le contact avec moi parce que tu as peur du Bureau de gestion, très bien. Reste plutôt en contact avec Mook-seong. Mook-seong n’est plus un agent du Bureau de gestion. »
Grand-père avait pris sa retraite d’agent.
J’avais entendu dire qu’il avait utilisé un vœu pour effacer du Bureau de gestion toutes les informations le concernant. D’une certaine façon, c’était un compagnon aussi libre que moi.
« Les anciens Participants. Réfléchis. Des gens bien auraient-ils pu s’échapper d’un endroit comme l’hôtel ? Ils ont probablement sauvé leur peau et sont sortis, alors ce sont sûrement les pires… »
« Bon sang ! Quand je t’entends dire ça, j’ai envie de soupirer ! »
« Pourquoi ? »
« Tu crois que ces gens-là ne pensent pas exactement la même chose de nous ? »
« … »
Impossible de leur faire confiance, mais difficile aussi de les considérer comme des ennemis déclarés. Voilà ce qu’étaient les anciens Participants.
Il faudrait bien finir par sortir de cette impasse floue et établir des relations avec eux…
« Donc, Ga-in, si je comprends bien, tu as peur d’agir parce que tu risques de te retrouver mêlé aux manigances d’un ancien Participant inquiétant. Mais si tu ne fais rien, tu redoutes la Lumière qui annonce la fin, qui finira par apparaître. »
« C’est ça. »
« Tu as peur d’agir et peur de rester sans rien faire. Tu es entre le marteau et l’enclume. »
« Exactement. »
« Qu’est-ce que dit le Conseil du Sage ? »
« Il m’aide moins que prévu. On dirait qu’au moins un des anciens Participants possède la Sagesse. »
À cause de ça, chaque question utile déclenchait un avertissement : « violation des règles ».
« Hm… »
Après un bref silence, Grand-père me donna son avis.
« Pourquoi ne partirais-tu pas en voyage avec moi ? »
« Quoi ? Comme ça, tout d’un coup… »
« Tout ce qui t’inquiète, en particulier la surveillance du Bureau de gestion et ses manigances, je le connais mieux que toi. Tu comprends, non ? »
« J’imagine. »
Même avec ma Clairvoyance, quelqu’un qui avait travaillé pour le Bureau de gestion en savait forcément plus que moi sur le Bureau de gestion.
« Fais-moi confiance, cette fois. J’ai trouvé une bonne idée. »
« Laquelle ? »
« Allons recueillir des informations en dehors du territoire du Bureau de gestion. »
En dehors du territoire du Bureau de gestion.
« Il y a un endroit comme ça dans le monde ? »
« Pas dans le monde ordinaire. »
« Quoi ? »
« Ah oui, j’ai entendu dire que tu avais aussi travaillé comme exorciste pendant quelques semaines. Ça tombe bien. »
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