Chapitre 562
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 561 : La grande évasion, l’arnaque téléphonique
──────
- Lee Eun-sol
「C’est accordé.」
Au moment où un grondement tonitruant fit trembler l’air, le visage de l’autre personne blêmit.
Contrairement à moi, elle semblait savoir ce qu’était ce bruit.
« Quoi… Comment as-tu invoqué ça ?! »
Apparemment, je venais d’invoquer quelque chose.
Ça va.
Je suis en sécurité, alors tu ferais mieux de t’inquiéter pour toi !
--- Grondement !
Un deuxième rugissement retentit, comme si le monde entier tremblait.
Une présence indescriptible, immense comme une montagne, se mit à peser sur moi de toutes parts !
« L’Arche arrive ! En arriver à une mesure aussi extrême… ! »
L’instant d’après, l’homme qui m’avait menacé de façon pitoyable agita la main et rappela le parchemin, comme s’il ne pouvait plus attendre.
L’Arche ?
Qu’est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ?
Surtout, pourquoi rappeler le parchemin, son Héritage, en pleine urgence ?
Ce n’était pas un Héritage qui permettait d’échapper au danger, comme ma Flûte ou le bracelet de Song-i ?
Je n’avais pas le temps d’analyser calmement la situation.
Le corps de l’homme se mit à changer étrangement après la disparition du parchemin !
Sa carrure grossit.
Sa chair se transforma et prit un éclat noir bleuté !
Comme s’il n’avait plus besoin de faire semblant, il fonça sur moi sans hésiter.
Plus exactement, il fit un pas en avant pour se jeter sur moi.
--- Grondement !
Un troisième rugissement éclata, comme s’il l’attendait.
Une onde de choc écrasante m’emporta et me projeta dans les airs.
« Aaaah ! »
L’endroit où nous nous étions tenus quelques instants plus tôt avait disparu !
Un tourbillon. Un tourbillon !
Un immense tourbillon venait de surgir dans la mer sombre et avait broyé le navire fantôme en décomposition !
« Argh ! »
Mon corps flottait dans les airs.
La formidable onde de choc balayait tout autour de moi, et je dérivais sans but dans le ciel comme un ballon gonflé à l’hélium.
Et si je m’écrasais contre les débris de ce navire fantôme ?
Lee Eun-sol allait-elle finir en une masse de chair qui avait autrefois été Lee Eun-sol ?
« Argh… »
Je devais y croire.
Le prix de la Main avide ne me tomberait jamais dessus !
--- Striiiident !
J’avais l’impression que mes tympans allaient éclater.
Le bruit était si fort que je ne parvenais même pas à comprendre ce que c’était.
Une masse de lumière blafarde apparut au centre du tourbillon.
J’avais mal à la tête.
J’avais l’impression que mon cerveau fondait.
« Grrraah ! »
Un cri me parvint faiblement.
Ce salaud qui n’avait fait que proférer des menaces pitoyables.
Puisqu’il possédait ce parchemin, cet Héritage inconnu, il avait probablement quitté l’Hôtel avant moi.
Son cri résonnait comme une douce berceuse.
C’était ça.
C’était exactement ça.
Si possible, crève ici !
« … »
Il n’était pas facile de rester conscient.
C’était le cas depuis l’apparition de la masse lumineuse.
--- Fiiiou !
Je soufflai dans la Flûte du Repos.
Le tourbillon qui m’entourait l’empêchait de produire un son correct.
Pourtant, la Flûte du Repos m’enveloppa d’une chaleur bienfaisante, comme si cela suffisait.
La Flûte du Repos.
Mon précieux Héritage.
Elle ne pouvait pas accomplir toutes sortes de miracles comme le Sang ancien.
Elle ne possédait pas la puissance écrasante du Soleil sacré.
Elle ne pouvait pas remonter le temps comme Encore une chance, ni donner vie aux PNJ comme la Boîte des âmes.
Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était offrir un instant de repos à un monde rongé par le Chaos.
C’était tout.
Mais pour cette unique chose, elle était la meilleure de l’univers.
« … Ah. »
Un regard lointain se posa sur moi.
Un être que nous ne pouvions atteindre, même en poussant nos Bénédictions à leur limite et en acquérant trois ou quatre Héritages.
Un être capable de réduire tous nos efforts à de simples gesticulations d’insectes.
Un être capable d’inspirer l’humilité même aux agents qui avaient acquis l’infini et étaient devenus arrogants.
Un dieu, un démon… ou, pour employer des termes plus familiers, un être du niveau d’un Prisonnier.
Alors, même après être revenus à la réalité, il existait des monstres aussi absurdes.
Non, attends !
N’avais-je pas déjà vu quelque chose de semblable ?
Si ma mémoire était bonne…
J’entendis une voix.
「Je t’envie…」
C’était mon dernier souvenir de cet étrange monde.
* * *
« … »
Je me réveillai dans un lit moelleux.
- Bloup, bloup !
Le bruit d’une marmite en ébullition et la bonne odeur de bouillie de poulet me mirent l’eau à la bouche.
Je me redressai, encore dans le brouillard, et m’adossai au mur. Une personne que je connaissais bien apparut alors.
« Tu es réveillée ? »
« … »
« Il y avait de quoi faire de la bouillie de poulet dans le frigo, alors j’en ai préparé. Tu en veux ? »
C’était A-ri.
Dès que je la vis, j’éclatai de rire.
« Pfft ! »
« Qu’est-ce qui te fait rire ? »
« Je me réveille après m’être évanouie, et la première chose que je sens, c’est de la bouillie de poulet… A-ri, tu serais une fée du logis ? »
« Tu veux aussi un baiser pour te réveiller ? »
« Non merci. Et merci. »
Tandis que je mangeais quelques cuillerées de bouillie, A-ri m’expliqua lentement la situation.
L’Esper avait fait l’objet d’une enquête du Bureau de gestion dès son arrivée au port.
Comme Lee Eun-sol avait été signalée disparue, A-ri avait utilisé le Royaume des Rêves pour me retrouver endormie dans cet étrange monde.
« Eun-sol, où étais-tu, exactement ? Sans le Royaume des Rêves, je ne pense pas que ç’aurait été facile de te retrouver ou de te faire sortir. »
A-ri posa la question que je voulais justement lui poser.
« Tu peux parler librement. Au cas où ça t’inquiéterait, il n’y a pas de surveillance du Bureau de gestion ici. »
A-ri affirma avec assurance que le Bureau de gestion ne nous surveillait pas.
Comme elle était elle-même agente, c’était une réponse fiable, mais aussi vide de sens.
Puisqu’A-ri était elle-même une agente du Bureau de gestion.
Pouvais-je lui dire ce que j’avais appris ?
Les mots restèrent coincés dans ma gorge.
L’homme que j’avais rencontré un peu plus tôt appartenait sans aucun doute au Bureau de gestion.
Il savait même que j’avais échappé à l’Hôtel.
A-ri lui avait-elle transmis des informations à mon sujet ?
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
Autant lui demander directement.
« A-ri, tu m’as signalée au Bureau de gestion, pas vrai ? Qu’est-ce que tu leur as raconté ? »
Je n’avais pas envie de me méfier et de me lancer dans des jeux d’esprit pénibles.
Je n’en avais pas la force, et je ne voulais pas faire ça avec une compagne.
A-ri répondit aussitôt.
« Non. Je leur ai presque rien dit. »
« … »
« J’ai dit qu’on s’était échappés dans la confusion et qu’on ne savait même pas combien de personnes avaient réussi à sortir. J’ai aussi prétexté que mes souvenirs étaient incomplets parce que j’avais été frappée par une force inconnue. »
Puis, comme pour se justifier, elle ajouta quelques détails.
« J’en ai quand même rapporté un tout petit peu. Des choses qu’ils auraient découvertes de toute façon, comme Mi-ro, notre sexe et nos tranches d’âge approximatives… Mais je ne leur ai rien dit d’essentiel, comme nos Héritages ou nos Bénédictions. »
Un poids me quitta la poitrine.
Logiquement, j’aurais dû commencer par me demander si elle mentait, me méfier et me lancer dans toutes sortes de jeux d’esprit…
Je décidai de ne pas douter d’elle.
Je pensais que notre relation le permettait.
Était-ce parce qu’elle m’avait préparé de la bouillie de poulet quand j’avais faim ?
Quelle pensée idiote.
Je souris en lui répondant.
« Attends, A-ri, ils ont accepté un rapport aussi vague ? »
A-ri ricana.
« Pas vrai ? Je pensais qu’on allait m’embarquer pour m’interroger quelque part. Mais ils m’ont crue sans faire d’histoires. Peut-être que… »
« Peut-être que quoi ? »
« Ils pensent peut-être que ça ne sert à rien de me mettre la pression. Oublie l’interrogatoire, il y a même une rumeur bizarre qui circule. »
« Une rumeur bizarre ? »
« Je crois que je vais bientôt être promue. Je pourrais devenir l’une des Silencieux. »
C’était intéressant.
On aurait dit qu’il y avait toute une histoire derrière, mais A-ri elle-même ne semblait pas savoir pourquoi.
« Je vais te raconter ce qui m’est arrivé. »
Je lui parlai prudemment de trois choses.
D’abord, j’avais rencontré quelqu’un qui semblait avoir quitté l’Hôtel avant nous.
« C’était un homme de grande taille. Je n’ai pas réussi à distinguer ses traits. Son Héritage était un parchemin enroulé et, à en juger par les circonstances, il ne servait pas au combat. Il l’a rappelé quand il s’est retrouvé en danger. »
A-ri m’écouta avec la plus grande attention.
« Et sa Bénédiction ? »
« Je ne sais pas. Il avait une capacité de transformation assez bizarre. »
« Un ancien Participant, grand, avec un parchemin non destiné au combat comme Héritage. Il peut se transformer. D’accord, ensuite ? »
Deuxièmement, il savait que j’avais échappé à l’Hôtel et avait tenté de me recruter en mêlant menaces et propositions.
« Il savait qui j’étais. Je ne sais pas comment, mais… »
« Je n’ai pas raconté les détails. »
« Je sais. Enfin, s’il fait partie des dirigeants du Bureau de gestion, il doit avoir plein de moyens de le découvrir. Bref, il m’a demandé de le rejoindre. »
« Tu as refusé ? »
« … Pour être honnête, si l’ambiance avait été détendue, s’il était venu ouvertement à l’Hôtel Delight, je crois que je lui aurais parlé. »
« Ah, mais il t’a enfermée dans un Autre Monde hideux et s’est adressé à toi comme s’il te menaçait, alors tu n’avais plus envie de discuter ? »
« Exactement. Pourquoi faire ça ? Ça crée de l’hostilité là où il n’y en avait pas ! »
C’était absurde, même d’y repenser.
Je ne pensais toujours pas que le Bureau de gestion était notre ennemi.
A-ri et Grand-père en faisaient partie et, en plus, l’importance de son rôle m’avait frappée à de nombreuses reprises à l’Hôtel.
Mais s’ils m’abordaient en me menaçant de la sorte, je ne pouvais pas non plus leur répondre tranquillement.
« … Est-ce que je peux essayer de le défendre ? »
A-ri allait défendre l’attitude de cet homme inconnu.
Je comprenais.
A-ri était ma compagne, mais aussi une agente du Bureau de gestion.
Cet homme était peut-être son supérieur ou son collègue.
« Vas-y. »
« Pour le Bureau de gestion, les gens qui ont échappé à l’Hôtel sont extrêmement dangereux. »
« … »
« Euh, il y a de fortes chances qu’ils aient survécu en trahissant, en manigançant, en fraudant et en poignardant les autres dans le dos, alors… »
« Comme ta mère ? »
« … »
Oh, là !
C’était brutal !
« Désolée… »
« Oui. Comme Mi-ro autrefois. »
A-ri le reconnut sans détour.
« Alors, quand il a eu l’occasion de te voir en tête-à-tête, il comptait sans doute te passer les menottes. »
« … »
« Mais ça, je peux te le garantir. »
« Quoi donc ? »
« Cet homme ne pense pas comme l’ensemble du Bureau de gestion. Il y aura aussi des gens qui voudront t’approcher pacifiquement. »
Cet homme ne représentait pas tout le Bureau de gestion.
Ça, je le comprenais.
Comme l’avait révélé la chambre 202, La Petite Sirène, le Bureau de gestion comptait lui aussi plusieurs factions.
« Ils reviendront bientôt te voir. »
« Probablement. C’est tout ce que tu avais à me dire ? »
« Non, il y a une troisième chose. »
Troisièmement, le dieu de l’Autre Monde qui était apparu quand j’avais utilisé la Main avide pour m’échapper.
« Il était incroyablement puissant. Il est apparu et s’est emparé du monde entier. »
« Il ressemblait à un Prisonnier ? »
« Presque. »
A-ri réfléchit un instant, puis sourit, comme si la situation l’amusait.
« Donc, Eun-sol, tu as utilisé la Main avide à pleine puissance, un dieu absurde est apparu et a réglé la situation, puis tu t’es réveillée ici après t’être évanouie ? »
« Oui. »
« Ça m’intrigue, franchement. Est-ce que l’apparition de ce dieu de l’Autre Monde et le fait que je t’aie retrouvée étaient tous les deux guidés par ta Main avide ? »
« Probablement… »
« Incroyable ! C’est vraiment incroyable ! Mais c’est qui, au juste, ton Sponsor ? Je me demandais à quoi il pensait en te donnant le shopping en ligne comme Bénédiction. Il attendait ce moment depuis le début ? »
« … »
C’était vraiment possible ?
Si c’était le cas, mon Sponsor était extraordinaire à plus d’un titre.
« Plus important, A-ri. »
« Oui ? »
« J’ai déjà vu quelque chose de semblable à ce dieu de l’Autre Monde. »
« Hein ? »
Pour la première fois, les yeux d’A-ri s’écarquillèrent comme ceux d’un lapin.
« À l’Hôtel ? »
« Oui. »
« Comment… c’est possible ? Normalement, les Prisonniers ne devraient exister qu’à l’intérieur de l’Hôtel. »
« Non, j’en suis sûre, même après y avoir repensé. C’était beaucoup trop ressemblant. Je l’ai tout de suite su. »
« … Ressemblant à quoi ? »
Dès que j’avais vu le dieu de l’Autre Monde, je l’avais vaguement senti.
C’était peut-être parce que la protection de la Flûte m’avait permis de le regarder assez longtemps.
« Le Seigneur. »
Il ressemblait énormément au Prisonnier de la chambre 104, le Seigneur.
Ce n’était peut-être pas le même être, mais c’était un dieu créé selon des principes similaires !
* * *
Après avoir entendu ma réponse, A-ri réfléchit longuement avant de se décider.
« Je devrais appeler Ga-in. Tu as son numéro, pas vrai ? »
« Oui, mais… Tu ne sais toujours pas. »
« Savoir quoi ? »
« Ga-in m’a dit que son Sponsor lui avait dit : “Ne va pas contacter le Bureau de gestion en premier.” »
« … C’est à Ga-in qu’il a dit ça, non ? »
« Quoi ? »
« Il a dit à Ga-in de ne pas prendre l’initiative de contacter le Bureau de gestion. Ça ne veut pas dire que j’ai un problème si, moi, je l’appelle en premier. »
C’était comme ça que ça marchait ?
À bien y réfléchir, elle n’avait pas complètement tort.
« Donne-moi son numéro. »
Peu après, A-ri et Ga-in entamèrent leur premier appel téléphonique.
« Salut, ça fait longtemps. Monsieur l’Exorciste, comment allez-vous… »
« Qui est à l’appareil ? »
Quoi ?
« … Arrête de plaisanter. Le Bureau de gestion… »
« Ah, le Bureau de gestion, mon œil ! Hé ! J’ai tout entendu aux infos ! Tu crois que je ne sais pas que c’est une arnaque téléphonique ? »
--- Clic !
L’appel prit fin.
Le sourcil d’A-ri tressaillit.
« … »
--- Dring, dring !
« Si tu plaisantes encore une fois… »
En chinois : « Arrête d’arnaquer les gens et trouve-toi un vrai boulot, d’accord ? »
--- Clic !
Je ne pus plus me retenir !
On aurait dit que Ga-in estimait que le moment n’était pas encore venu de contacter le Bureau de gestion.
Mais je n’aurais jamais cru qu’il prendrait A-ri pour une arnaqueuse au téléphone !
Ga-in avait-il décidé de réagir comme une personne ordinaire ?
Après tout, quand quelqu’un appelle à l’improviste en disant « Je suis procureur ! », les gens ordinaires se méfient généralement des arnaques téléphoniques.
« Oh là là, hahaha ! Ah, franchement, pfft ! »
« … »
« A-ri, il t’a dit d’arrêter les arnaques téléphoniques et de trouver un vrai boulot… »
« Je vais geler tous les avoirs de Han Ga-in. »
« C-calmement… »
« Je suis agente. Si je dis que je vais le faire, je le ferai. »
Tandis qu’A-ri tremblait de colère, je m’efforçai de retenir mon rire et sortis dans le salon.
« Hé ! Hahaha ! Ah ! Franchement, ces gens ! »
Alors que je riais à m’en tordre, un souvenir que j’avais oublié me revint.
« … »
Les souhaits que j’avais formulés avec la Main avide.
Je les avais faits sur le moment, puis tout ce chaos avec le dieu de l’Autre Monde était arrivé et je les avais oubliés.
Le premier, c’était de m’échapper, et le deuxième…
« J’ai souhaité que l’Hôtel Delight devienne le numéro un des hôtels de Corée. »
Je m’inquiétais.
Tout à coup, je m’inquiétais terriblement !
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