Chapitre 556
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 555 : Cha Jin-cheol, agent novice
──────
- Cha Jin-cheol
--- Dring ! Dring !
« Hum, encore Sang-hyeon… Hein ? »
Je crus que Sang-hyeon m’appelait pour essayer une fois de plus de m’en dissuader, mais c’était Elena.
Dès que je décrochai, sa voix enjouée retentit.
« Jin-cheol, tu as reçu l’invitation, n’est-ce pas ? Je te l’ai envoyée par e-mail ! »
« Ha ha, bien sûr. »
« Tu viendras, hein ? J’ai préparé la meilleure chambre pour tout le monde… »
« Hum ! Hum ! Euh, Elena. Je ne crois pas pouvoir venir cette fois. »
« … Ah. »
Sa voix s’emplit de déception.
Je ne pus m’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur à l’idée de décevoir une compagne aussi belle.
Mais j’avais moi aussi beaucoup à faire en ce moment !
« Elena, je ne sais pas si tu es au courant, mais je suis un peu débordé ces derniers temps. »
« Oui. Le docteur m’a dit. Ce n’est pas grave ! Il y aura une autre occasion. »
Elena avait l’air ravie en m’annonçant que Song-i, Eun-sol et même Ga-in viendraient bientôt.
Song-i et Eun-sol mis à part, si Ga-in venait, cela ne suffirait-il pas à Elena ?
Ma culpabilité s’envola.
Maintenant que nous avions enfin quitté l’Hôtel et retrouvé la réalité, j’espérais que son histoire d’amour avancerait un peu.
« Tu as l’air heureuse ces derniers temps, Elena. »
« Bien sûr ! J’ai longtemps réfléchi à la manière d’utiliser mon Rêve, mais je crois que je m’en suis bien servie. »
« Félicitations. »
L’appel prit fin.
« … »
J’avais maintenant une vague idée de la façon dont mes compagnons menaient leur vie.
Penser à Yoo Song-i et Elena me laissa une impression assez étrange.
Aucune des deux n’avait formulé de souhait malveillant.
À vrai dire, ça avait l’air amusant, presque enviable.
Mais qu’en penserait une tierce personne, ou un simple citoyen qui n’aurait pas été l’un de nos compagnons de l’Hôtel ?
« … »
Je commençais à comprendre pourquoi le Bureau de gestion se méfiait de ceux qui avaient échappé à l’Hôtel.
Toutes les deux s’étaient créé leur propre parc d’attractions.
« … Il est temps d’investir. »
* * *
Dix, dix-sept, vingt-deux, trente, trente-cinq, quarante-trois. Le numéro complémentaire était le quarante-quatre.
C’étaient les numéros du loto que je venais de gagner.
Le gain s’élevait à 12,7 milliards de wons. Même après impôts, il me restait environ 8 milliards.
L’argent venait d’arriver sur mon compte bancaire.
Avant d’avoir traversé l’Hôtel, j’aurais sans doute cru rêver ou perdu la tête.
« … »
Je ne ressentis rien.
C’était de la chance factice, que le Bureau de gestion manipulait périodiquement. Et puis, que représentait l’argent pour quelqu’un qui voulait devenir agent ?
« Encore un peu… »
Ce n’était pas encore assez.
En Corée du Sud, des gagnants empochaient le gros lot chaque semaine.
Le Bureau de gestion ne me prendrait donc pas pour un Regressor simplement parce que j’avais gagné au loto.
L’argent du loto n’était qu’un capital de départ. Le vrai travail commençait maintenant.
« C’est vraiment une bonne idée ? »
Je fis une recherche en ligne et téléchargeai un programme bizarre.
C’était soi-disant un logiciel de trading, mais il était incroyablement complexe et avait l’air complètement miteux.
« Hum… Plus je le regarde, plus il me paraît louche. »
D’après A-ri, le cours de ce genre de chose s’envolerait d’ici trois ans.
« … »
Ça tenait vraiment debout ?
Je n’étais pas un expert en économie, mais quand même, ça avait du sens ?
C’était censé être une monnaie, mais on ne savait même pas clairement qui l’avait créée.
Aucune autorité financière n’en contrôlait l’offre, et aucune institution digne de confiance n’en garantissait la valeur.
Mais surtout, personne ne savait à quoi diable cette monnaie pouvait servir.
Je doutais même de pouvoir m’acheter une part de pizza avec !
« Ah, c’est vraiment complètement dingue. Et si les souvenirs d’A-ri étaient erronés ? »
J’avais du mal à croire que des sommes capables de bouleverser le monde entier se déverseraient sur ces bouts de données en trois ans.
Selon A-ri, si cela n’arrivait que maintenant, c’était parce que l’Ajustement du Bureau de gestion avait considérablement retardé la hausse.
« Je vais juste en mettre un peu. Vraiment un tout petit peu… ! »
J’avais gagné cet argent au loto sans rien faire, mais l’idée de le jeter quelque part sur Internet me faisait tout de même mal au cœur.
Je n’en dépenserai que 100 millions de wons.
--- Clic !
Achat de 5 000 bitcoins.
« Voilà. »
Je passai un moment à investir les 8 milliards de wons de cette façon.
Il me restait environ 1,7 milliard de wons.
Il était temps d’acheter les rêves et les espoirs de cinquante millions de Coréens.
* * *
À la périphérie de Yongin, dans la province de Gyeonggi.
Le vieil agent immobilier de l’agence Happy Realty me regarda, les yeux écarquillés.
« M-Monsieur le président ! Euh, vous voulez acheter d’un seul coup le terrain et le bâtiment de la parcelle XX, à Jigot-dong ? »
Était-ce parce que la transaction portait sur 1,5 milliard de wons en liquide et concernait en plus un bien plutôt peu attrayant ?
L’agent immobilier s’était mis à m’appeler « Monsieur le président » sans même y réfléchir.
« Combien de fois faut-il que je le répète ? »
« J-Je comprends ce que vous voulez dire, mais vous devriez au moins aller voir le bien une fois… »
« Contactez simplement le propriétaire. »
J’étais sur le point de dépenser 1,5 milliard de wons dans un bien immobilier sans même avoir vu le terrain ou le bâtiment que j’achetais.
Ça me semblait absurde, alors j’imaginais à quel point ça devait paraître ridicule à l’agent immobilier.
« V-Veuillez patienter un instant. Je vais contacter le vendeur. »
Dépenser 1,5 milliard de wons sans même jeter un œil au bien, c’était un peu exagéré. Est-ce que je ne devrais pas au moins aller le voir ?
Non. Vu mon véritable objectif, ne fallait-il pas que j’agisse de manière suffisamment suspecte pour attirer l’attention ?
Tandis que je me perdais dans ces réflexions, un jeune employé de grande taille me toucha légèrement l’épaule.
« Monsieur le président Cha, pourquoi ne pas aller y jeter un œil ? »
« Ce n’est pas la peine. »
« Il faudra de toute façon attendre un bon moment avant de rencontrer le vendeur. »
« Alors allons voir. »
* * *
Un terrain désolé, un bâtiment miteux.
Voilà comment je résumerais objectivement ce bien d’une valeur totale de 1,5 milliard de wons.
L’immobilier coûtait cher, certes, mais on n’était même pas au cœur de Gangnam. Je ne comprenais pas comment un tel prix pouvait se justifier.
Et pourtant, j’étais venu l’acheter.
« Monsieur le président, voulez-vous aussi faire le tour de ce côté ? »
« … »
À côté de moi, l’employé continuait à me parler des prix récents à Jigot-dong et de la réglementation sur la construction de villas à trois étages.
Il avait dû se renseigner, mais comme le président Cha n’en avait cure, il prêchait dans le désert.
Une trentaine de minutes s’écoulèrent.
Le ciel commençait à s’assombrir quand l’agence nous donna des nouvelles.
« Monsieur le président, ils ont réussi à joindre le vendeur. On y va ? »
« Allons-y. »
L’employé hésita, puis me posa une question.
« Euh… Monsieur le président Cha. »
« Oui ? »
« Pardonnez-moi, mais… »
« Si vous pensez que c’est impoli, mieux vaut vous arrêter là. »
C’était ma philosophie personnelle.
« Euh, hum, vous avez raison, mais je suis vraiment trop curieux. »
« À propos de quoi ? »
« Eh bien… Vous l’avez probablement deviné après que je vous ai parlé des prix du marché, mais, pour être honnête, ce bien ne vaut pas 1,5 milliard de wons. »
« Ah bon ? »
« … Vous auriez reçu des informations privilégiées ? »
Pensait-il que j’avais appris d’un haut fonctionnaire ou d’un politicien que le prix du terrain allait grimper ?
Pour une personne ordinaire, c’était une conclusion raisonnable.
« Qui sait ? Moi-même, je n’en sais rien. »
« Allons ! Qui investit 1,5 milliard de wons dans quelque chose qu’il ne connaît pas ? Vous savez bien quelque chose, non ? »
Il cherchait à me sonder.
Ça m’amusa, alors je jouai le jeu.
« Et si c’était le cas ? Pourquoi êtes-vous si curieux ? »
« Pourquoi je suis curieux ? »
Le jeune homme sourit alors.
« Bien sûr que je suis curieux. Le gouvernement annoncera dans trois mois la création d’une nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse, et le prix de ce bien sera multiplié par douze ! »
Le jeune homme sourit à pleines dents.
« Et pour finir, toutes ces informations ne sont qu’un écran de fumée. La véritable raison, c’est le numéro de série D-0241, enfermé dans le sous-sol du bâtiment ! Je me demande à quel point vous êtes au courant. »
Il ne s’adressait plus à moi avec politesse.
Le Bureau de gestion venait enfin à ma rencontre.
* * *
--- Pas. Pas.
C’était une route tranquille, au début de l’automne, où soufflait une brise fraîche.
Le jeune homme parla d’un ton amusé.
« Ça doit être une période excitante pour toi, hein ? »
« … »
« Tu veux que je te raconte ce qui t’est arrivé ? Comme toujours, tu menais une vie ordinaire quand un truc digne d’un roman t’est tombé dessus. »
« … »
« Une lumière incompréhensible est descendue du ciel et tout a disparu. Quand j’ai repris connaissance, je m’étais réveillé dans le passé. »
« … »
« Ah, pas celle-là ? Tu as entendu un rugissement en mer qui a fait trembler le ciel et la terre. Un tourbillon s’est dressé jusqu’à percer le ciel et a réduit la Corée du Sud en miettes en un instant. Quand j’ai repris connaissance, je m’étais réveillé dans le passé. »
« … »
« Pas celle-là non plus ? Il y a d’innombrables scénarios apocalyptiques dans ce monde maudit, alors sois indulgent avec moi. Bref, le monde a pris fin et tu t’es réveillé dans le passé. »
Un Regressor.
Autrement dit, un candidat au poste d’agent.
« Maintenant que tu es revenu dans le passé, il y a quelque chose que tu dois faire, pas vrai ? Exactement ! D’abord, acheter un billet de loto. Gros lot ! Putain, ça fait du bien ! Et ensuite ? Tu as aussi acheté des bitcoins ? Pourquoi n’en avoir pris que pour 100 millions de wons ? Tu pensais qu’en acheter plus allait d’une façon ou d’une autre déséquilibrer le monde ? Ou tu avais peur de l’effet papillon ? »
Le jeune homme parlait sur un ton taquin.
« Ha ha ! Monsieur le président Cha, vous êtes-vous déjà posé cette question ? Et si la chance dont j’ai profité ne m’était pas réservée à moi seul ? »
« … »
« Il pourrait y avoir d’autres Regressors dans le monde, en plus de moi. »
« Tu en es un ? Ou bien c’est l’organisation à laquelle tu appartiens ? »
Le jeune homme sourit.
« Tu n’es pas complètement à côté de la plaque. »
Il avait au moins cinq ans de moins que moi, et pourtant il continuait à me tutoyer.
Ça ne me dérangeait pas.
S’il était agent, il avait peut-être vécu bien plus longtemps que moi, après tout.
« Et alors ? Tu vas me faire la morale ? Parce que j’ai volé la chance de quelqu’un d’autre ? »
C’était là l’essence même des avantages dont bénéficiait un Regressor.
S’approprier les avantages qui auraient dû revenir à quelqu’un d’autre.
Un gain au loto, les bénéfices d’un investissement en cryptomonnaies, la hausse du prix d’un bien immobilier.
À l’origine, tous ces gains auraient dû revenir à quelqu’un d’autre que moi.
Le jeune homme répondit à ma question en éclatant de rire.
« Pouf ! »
« … »
« Ha ha ! Ah ah ah ! »
« C’est si drôle que ça ? »
« Oui. C’est hilarant ! »
« Qu’est-ce qu’il y a de si drôle ? »
« Voler la chance de quelqu’un d’autre ? Ha ha ! Ce n’est pas tout à fait faux, mais tu crois vraiment que nous, plus que n’importe qui, nous allons te le reprocher ? »
Le Bureau de gestion ne me le reprocherait pas pour cette raison.
« Tu peux deviner d’où je viens, non ? Tu sais où travaillent les types bizarres comme moi. »
« Le Bureau de gestion. »
« Tu t’es déjà posé cette question ? »
C’était une question que tout le monde avait dû se poser au moins une fois.
« D’où vient l’argent du Bureau de gestion ? »
La police fonctionnait grâce au budget de l’État.
L’armée aussi.
C’était du simple bon sens : les organismes publics chargés de protéger le monde vivaient des impôts des citoyens.
Le Bureau de gestion échappait à cette logique.
Aucun particulier, aucune entreprise ni aucun gouvernement ne lui versait d’impôts.
Et pourtant, le Bureau de gestion avait des antennes dans le monde entier et versait de généreux salaires à ses membres.
Les frais de personnel ne représentaient qu’une infime partie de ses dépenses de fonctionnement.
Des armes de guerre en quantité innombrable pour combattre les Entités du Chaos, des satellites et des drones pour surveiller la planète entière, et même des systèmes capables de contrôler Internet !
D’où venaient toutes ces ressources ?
Comme personne ne pouvait le comprendre, les théories du complot s’étaient répandues dans le public.
Le Bureau de gestion était le véritable propriétaire de plusieurs grandes entreprises.
Une partie des impôts versés aux gouvernements finissait dans les caisses du Bureau de gestion.
…
Tout cela était faux.
« Les gens croient n’avoir jamais payé d’impôts au Bureau de gestion. »
« … »
« Ils se trompent. Toute l’humanité nous paie des impôts. Les impôts les plus lourds qui soient ! »
Les gains au loto qui auraient dû revenir à quelqu’un d’autre.
Les bénéfices d’un investissement en cryptomonnaies qu’une autre personne aurait dû empocher.
La plus-value qui aurait dû revenir au propriétaire initial du terrain.
Une organisation qui récupérait toute cette chance dans le monde entier !
Une limousine noire s’arrêta devant moi.
Alors que je m’apprêtais à m’en approcher, le jeune homme posa une main sur mon épaule.
« Jusqu’à hier, tu n’étais qu’un enfant du Terrain de jeu. »
« … Le Terrain de jeu. »
« Félicitations. À partir de maintenant, tu es un être éveillé. Retiens bien cette phrase. »
La phrase que répétaient ceux qui géraient le Terrain de jeu.
« Tous les humains sont égaux. Sauf nous ! »
Notes de bas de page :
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