Chapitre 553
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 552 : Seul à l’école (2)
──────
- Park Seung-yeop
Ma première pensée fut : *L’hôtel m’a piégé !*
« T-tu m’avais dit de me reposer pendant un an… »
Il m’avait clairement parlé par l’intermédiaire du Marchand et m’avait dit de me reposer pendant un an, comme si de rien n’était !
Je pris une grande inspiration et me calmai.
Maintenant que c’était arrivé, ça ne servait à rien d’accuser qui que ce soit.
« Tu gardes étrangement ton calme en pleine crise. »
Le ton direct de Sophia m’aida à reprendre un peu mes esprits.
Que nous soyons proches ou non, j’étais heureux de ne pas être le seul à avoir été pris dans ce phénomène étrange.
« Qu’est-ce qui s’est passé pendant que je dormais ? »
« Aucune idée. »
« … Comment ça ? »
« Je ne sais pas, monsieur. »
« Je ne te reprochais pas ta façon de le dire. Je te demandais pourquoi tu ne savais pas. »
« Parce que je dormais aussi. »
« … »
Je ne sus quoi répondre.
On pouvait donc dormir dans la Boîte des âmes.
Mais était-ce vraiment une coïncidence si quelque chose était arrivé pendant que Sophia et moi dormions tous les deux ?
« Dormir ensemble pourrait être une sorte de condition ? »
« Peut-être… Allons voir les alentours. »
* * *
En inspectant la salle de classe, nous découvrîmes bien d’autres choses étranges, en plus de la disparition de tous les autres.
« Ce n’est pas tout à fait le collège de Bangbae dont je me souviens. »
« En effet. »
Par exemple, il n’y avait pas de climatiseur au plafond.
À la place, plusieurs vieux ventilateurs, qui semblaient à moitié cassés, y étaient suspendus. Ils étaient incroyablement démodés.
« Regarde ça ! Un ventilateur qu’on allume en tirant sur une ficelle. »
« … »
« Je n’en avais jamais vu de pareil. »
« Même parmi les ventilateurs mécaniques, c’est un modèle exceptionnellement ancien. »
Nous ne tardâmes pas à confirmer nos soupçons.
Les bureaux, les chaises et les casiers au fond de la salle avaient tous été remplacés par de vieux meubles en bois.
« Sophia, je crois que cet endroit… »
« … »
« C’est le collège de Bangbae, tel qu’il était il y a plusieurs décennies au moins. »
* * *
--- Clac !
« Ça ne s’ouvre pas. »
Toutes les sorties de l’école étaient bloquées, y compris l’entrée principale et la porte de derrière, près du bureau des professeurs du rez-de-chaussée.
Était-ce fermé au cadenas ?
Ça ne semblait pas être le cas. Même quand je me jetai contre la porte vitrée, elle ne bougea pas d’un millimètre.
« Fortuna, tu ne peux pas l’ouvrir avec tes pouvoirs ? »
Sophia était actuellement liée à la Boîte des âmes.
Si elle utilisait sa magie destructrice à tort et à travers, le temps qu’il lui restait diminuerait rapidement.
C’était pour ça qu’elle me le demandait.
« Je t’ai dit que je n’étais plus Fortuna ! Pousse-toi. »
Après avoir pris une grande inspiration, une chaleur brûlante jaillit de mon cœur et insuffla de la vitalité à tout mon corps.
L’étape où je faisais surgir l’Âme d’Aksha !
« Ha ! »
« Qu’est-ce que c’était ? »
« À l’époque, je ne réussissais à peine qu’une fois sur cinq à franchir la première étape pour puiser dans mes pouvoirs ! »
« … Tu peux vraiment dire que tu la maîtrisais ? Tu n’étais qu’un apprenti. »
« C’est vrai. »
Maintenant que j’y repensais, dire que j’avais appris les arts martiaux était exagéré.
Comme Sophia l’avait dit, je n’étais qu’un apprenti.
« Haaah ! »
Ma main fusa comme l’éclair et frappa la porte vitrée.
--- Boum !
Un choc terrible secoua non seulement la porte vitrée, mais aussi toute la zone où Sophia et moi nous tenions.
Pourtant, le verre ne se fissura même pas.
« … Quoi ? »
Ce n’était pas normal.
Cadenas ou pas, l’entrée principale n’était qu’une porte en verre opaque.
Elle n’aurait pas dû être faite d’un matériau capable de résister à une force suffisante pour faire trembler tout ce qui se trouvait à plusieurs mètres à la ronde !
« Il doit y avoir une barrière magique. »
Mon regard se posa dans un coin de mon champ de vision.
Mon deuxième souhait exaucé par Rêve.
「Éveil」
Une seule fois.
Je pouvais devenir le plus grand artiste martial sous le ciel, capable de fendre les cieux !
« Ne l’utilise pas. »
« … Qu’est-ce qui te prend, tout à coup… »
« Ne l’utilise pas si je te le dis. C’est un pouvoir à usage unique, non ? Ne le gaspille pas pour une broutille. »
« J-je n’allais pas l’utiliser. »
« Continuons à fouiller l’école plus soigneusement. »
* * *
Nous fouillâmes l’école de fond en comble, du premier au troisième étage.
Nous inspectâmes toutes les salles de classe et tous les bureaux des professeurs, et nous essayâmes même d’utiliser un téléphone, bien qu’il ne captât aucun réseau.
Sophia et moi fîmes tout notre possible pour échapper à cet incompréhensible phénomène : nous réveiller dans un collège vieux de plusieurs décennies après une sieste.
Puis, au-delà du troisième étage, nous atteignîmes la cage d’escalier du quatrième, qui menait au toit.
« … Cette odeur. »
« Beurk ! C’est incroyablement fort ! »
Mais qu’est-ce que c’était que cette odeur ?
Comme si toutes les sécrétions que pouvait produire un corps humain avaient été mélangées puis laissées à fermenter ?
J’avais presque peur d’être plus précis.
« Il doit y avoir quelque chose sur le toit. »
Sophia semblait tendue.
Je serrai le bâton en bois que j’avais trouvé en fouillant.
Il n’avait rien de spécial, mais avec mes arts martiaux, j’étais sûr de pouvoir battre un gorille à mort.
--- Grincement !
La porte du toit n’était pas verrouillée.
* * *
--- Froissement !
La première chose que je découvris fut une quantité de déchets phénoménale.
Une montagne d’ordures faites d’emballages de goûters, de bouteilles en plastique vides et de papier aluminium.
Il y en avait tellement qu’elles recouvraient tout le toit, en quantité impossible à dénombrer.
Plusieurs bouteilles et sacs en plastique contenaient des « sécrétions humaines », mais je ne pus me résoudre à les examiner de plus près.
Au milieu du toit se dressait une tente miteuse, ou peut-être une cabane.
J’avais compris quelque chose, à ce stade.
« Quelqu’un doit vivre dans cette tente. »
« Depuis très… longtemps. »
La puanteur qui envahissait le toit prouvait que quelqu’un vivait là.
J’écartai les déchets avec mon bâton pour me frayer un chemin.
« Oh ! »
« Quoi ? »
« Je pensais que tu serais en train de vomir et de gigoter dans tous les sens, mais tu gardes étonnamment ton calme. »
« … »
Que pensait vraiment Sophia de moi ?
J’étais le plus grand artiste martial sous le ciel !
Et puis, Sophia aussi restait calme, alors qu’elle avait tout d’une beauté blonde classique sortie d’un film.
Était-ce normal, vu qu’elle était en réalité une sorcière qui avait vécu plusieurs centaines d’années ?
« Hmm. Tu n’es pas très malin, mais au moins tu prends des initiatives. »
« Arrête de m’insulter par habitude… »
Même A-ri ne se comportait pas aussi mal !
Je tapotai la tente avec mon bâton.
« Uuugh… Uuugh… »
Des gémissements faibles s’élevèrent de l’intérieur.
« Peu importe qui c’est, cette personne n’a pas l’air en forme. »
« Personne ne serait en bonne santé dans un endroit pareil. Il faudrait être un monstre. »
N’ayant pas d’autre choix, je soulevai le rabat de la tente miteuse et entrai. La scène devant moi me laissa sans voix un instant.
« … »
Une personne âgée, vêtue de haillons.
Ses bras et ses jambes étaient décharnés, et sa peau couverte de taches noires.
L’un de ses yeux semblait aussi ne plus fonctionner, à cause d’une cataracte.
Même si on la laissait tranquille, elle n’avait pas l’air de pouvoir vivre encore longtemps.
« Bonjour ? »
« Uuugh… »
Son seul œil valide se tourna lentement vers moi.
Cinq secondes de silence s’écoulèrent.
Puis les yeux de la personne âgée s’écarquillèrent.
« E-enfin ! »
« … »
« V-vous êtes venu… ! Vous êtes venu me sauver de cet… de cet enfer ! »
« … »
Qu’est-ce que j’étais censé répondre ?
La personne serait-elle déçue si je lui disais que je n’étais pas venu la sauver et que j’étais moi aussi piégé ici ?
Non, le choc risquait de la tuer, pas seulement de la décevoir.
« C-ce n’est pas le moment ! Quelle heure… quelle heure est-il ? »
« L’heure ? On est presque le soir… »
« Entrez ! Là-dedans, tout de suite ! »
« … »
La tente était à peine assez grande pour une personne.
J’étais déjà à l’intérieur, mais Sophia se tenait à l’entrée de cette cabane miteuse qui ressemblait à une tente.
« V-vous là-bas, agent ! V-vous devez fermer la porte ! »
Sophia esquissa un sourire gêné.
Sans même parler du fait que nous n’étions pas des agents, la personne âgée empestait à un point inimaginable.
À côté de son odeur, le tas d’ordures dehors aurait pu passer pour un jardin de fleurs.
Il fallait une détermination à toute épreuve pour rester enfermé dans cette cabane avec elle.
« Q-quand le soleil se couchera ! Quand le soleil se couchera, ce sera dangereux ! Pas seulement l’école, mais le monde entier… »
- Fhhhh… !
Comme si elle avait attendu ce moment, une étrange respiration se fit entendre quelque part.
Sophia referma aussitôt l’entrée et entra.
« Ça va comme ça ? »
« M-maintenant, ne faites plus de bruit… »
« … »
Je réfléchis en silence.
Une personne âgée qui semblait avoir survécu plusieurs années au moins dans ce monde bizarre.
Je me demandais comment elle trouvait à manger et à boire, mais ce qui comptait davantage, c’était de savoir comment elle avait survécu.
« Hmm… On est sur le toit. Vous vous êtes servi de cette cabane pour éviter d’être exposé directement à ce qui se trouve dehors ? »
« Uuugh… »
La personne âgée semblait déjà à bout de forces après cette brève conversation.
« Euh… monsieur Seung-yeop. »
« Pourquoi tu m’appelles monsieur ? Retourne là-bas. »
N’en pouvant plus de l’odeur, Sophia retourna dans la Boîte des âmes.
Ce n’était pas très grave, puisqu’il ne semblait pas qu’on doive se battre tout de suite.
« Uuugh… Uuugh… »
Le seul problème, c’était de rester seul dans une cabane qui empestait, avec une personne âgée à l’agonie.
* * *
- Kim A-ri
« A-ri ! Tu… tu as bien compris ce que je t’ai dit, hein ? Seung-yeop… »
« Je sais. Reste à la maison et attends. »
--- Clic !
C’était déjà le troisième appel de Mi-ro.
Elle répétait la même chose, elle devait donc avoir perdu son sang-froid.
Cela dit, Mi-ro n’avait jamais été particulièrement calme.
« … »
Seung-yeop et Sophia avaient soudainement disparu.
L’école était déjà en plein chaos, et les parents de Seung-yeop, qu’il avait fait venir grâce à Rêve, étaient arrivés sur place.
Les professeurs, et même les parents de Seung-yeop, soupçonnaient que ce gamin immature s’était enfui sur un coup de tête.
Ça me fit rire. Il n’inspirait vraiment pas confiance à son entourage.
« Pfft ! Ce n’est pas le moment de rire. »
Seung-yeop et Mi-ro ne le savaient peut-être pas, mais ils n’étaient pas les premiers.
Ga-in et Eun-sol étaient les premiers.
Puis Seung-yeop et Mi-ro. Ah, mais Mi-ro n’avait pas encore été entraînée là-dedans, n’est-ce pas ?
Quoi qu’il en soit, depuis une semaine ou deux, mes compagnons se faisaient entraîner les uns après les autres dans des Catastrophes du Chaos.
Était-ce vraiment une coïncidence ?
La réalité était-elle vraiment aussi chaotique ?
Impossible !
Les Catastrophes du Chaos ressemblaient à des accidents de la route.
À l’échelle nationale, il s’en produisait au moins plusieurs dizaines par jour et, en tant qu’agente, j’avais parfois l’impression que le monde entier en était rempli…
Mais un citoyen coréen lambda n’en vivrait peut-être que deux ou trois dans toute sa vie, au mieux.
« … »
Une main invisible s’en prenait-elle à nous ?
Je n’en savais rien.
Si quelqu’un nous empoisonnait ou nous tirait dessus, ce serait une chose, mais pouvait-on provoquer délibérément notre participation à des Catastrophes du Chaos ?
Et puis, s’il y avait une telle intervention malveillante, l’hôtel ne nous aurait pas dit de nous reposer pendant un an…
« Pfiou… »
Mes compagnons me reprochaient, à moi, agente du Bureau de gestion, de toujours leur cacher des choses, mais cette situation était difficile à comprendre pour moi aussi.
Tout était trop confus.
À cet instant…
--- Ding !
Une alerte d’urgence apparut sur mon téléphone professionnel du Bureau de gestion.
「L’entité évadée, “Garçon Chanceux (M - 3274)”, est entrée en contact avec un Sacrifice !」
« … Seung-yeop, tu t’es déjà attiré des ennuis ? »
Ça lui ressemblait tellement que je n’en fus même pas surprise.
「La procédure de Confinement du “Souffle pâle” pourrait poser problème. Si nécessaire, éliminez le Garçon Chanceux…」
L’éliminer ? L’éliminer ?!
Je contactai aussitôt quelqu’un.
Il s’agissait de Park Hyun-min, responsable de l’Antenne coréenne du Bureau de gestion.
--- Clic !
« Agente Kim A-ri, vous avez vu l’alerte d’urgence ? Nous allons bientôt dépêcher l’Équipe d’assaut… »
« Annulez. »
« Pardon ? »
« Annulez l’ordre d’élimination et celui d’envoyer l’Équipe d’assaut. »
« … Si la procédure de Confinement du Souffle pâle pose problème… »
« Je m’en occupe. Faites ce que je vous dis. »
« … »
Park Hyun-min ne put cacher son malaise.
En tant que responsable de l’Antenne coréenne du Bureau de gestion, bien peu de gens avaient officiellement le pouvoir de lui donner des ordres.
Naturellement, je n’en faisais pas partie : je n’étais qu’une agente.
Mais je connaissais bien cet homme.
Comme beaucoup de gens au Bureau de gestion, Park Hyun-min rêvait de gravir les échelons, d’obtenir davantage de pouvoir et de percer plus de secrets.
C’était pour ça qu’il n’osait pas tenir tête aux gens importants, ni à ceux qui le deviendraient bientôt.
« Très bien. Mais, agente Kim A-ri, surveillez votre ton. Même si vous figurez sur la liste des candidats des Silencieux ! »
Il était temps de partir sauver mon compagnon.
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