Chapitre 552
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 551 : Seul à l’école (1)
──────
- Park Seung-yeop
Je détestais l’école pour d’innombrables raisons.
Je détestais devoir passer mes journées dans la même classe que des gamins dont je n’étais même pas proche, et je détestais qu’on me force à étudier des choses qui me donnaient mal à la tête.
--- Bzzz !
« Sans l’école, vous seriez plus proche d’un australopithèque que d’un être humain, monsieur, non ? »
C’était censé être impoli ou poli ?
Je détestais aussi Sophia, qui m’envoyait des piques dès qu’elle en avait l’occasion.
« Moi aussi, je te déteste. »
--- Bzzz !
En plus, elle était puérile.
Yumi n’était pas du tout comme ça !
Elle disait être la disciple de Yumi. Qu’avait-elle donc appris ?
« À peu près autant que toi auprès de Yi Ja-seong. »
« Hum ! »
Je restai un instant sans voix.
Elle n’avait même jamais rencontré mon maître. Qu’est-ce qu’elle en savait ?
--- Bzzz !
« Tu ne viens pas de cocher la mauvaise réponse ? »
« Je ne me trompe jamais. »
Tout ce qui ressemblait à une erreur n’était que la guidance de la Chance…
« Silence pendant le contrôle ! »
Les pouvoirs magiques de Yumi et de Sophia étaient très différents.
Sophia n’avait pas de pouvoirs liés à la manipulation du corps, contrairement à Yumi. En revanche, elle pouvait faire quelque chose que Yumi ne pouvait pas : converser avec moi dans ma tête. C’était pratique.
Le seul problème, c’était que je n’y étais pas habitué et qu’il m’arrivait de faire des erreurs, comme à l’instant.
« À mon avis, la réponse à la question dix-sept, c’est la troisième. »
C’est la quatre.
« Tu devines au hasard. Pourquoi tu as l’air aussi sûr de toi ? »
J’ai confiance en moi.
« Non, tu devines au hasard ! »
Je suis le Garçon Chanceux.
--- Ding dong !
« Rendez vos copies ! »
Le contrôle surprise d’histoire de Corée prit fin.
* * *
J’eus soixante-dix points.
Mon évaluation fut…
« C’était si facile, et tu as eu soixante-dix ? Les questions sortaient tout droit du manuel. »
C’était la meilleure note que j’avais jamais eue en histoire de Corée.
« Tu serais pas chinois, par hasard ? »
« Hé ! »
Quand je ne pus plus me retenir et que je criai, les élèves autour de moi tournèrent vers moi des regards surpris.
Je quittai donc la classe avec un sourire gêné.
J’étais encore plus à l’aise à voix haute.
« C’est un peu dur ! J’ai même dépassé la moyenne de la classe. »
« À bien y réfléchir, tu t’en es bien sorti. Les autres ont répondu aux questions, toi, tu as deviné. Avoir soixante-dix points à un questionnaire à cinq choix en devinant au hasard, c’est impressionnant ! »
« Donc… »
« Et tu es fier d’avoir deviné assez bien pour obtenir soixante-dix. »
« Bien sûr. Ma Bénédiction est aussi l’un de mes pouvoirs. »
Je n’en doutais pas.
Le plus grand artiste martial sous le Ciel ne se souciait pas de la jalousie des simples mortels.
« Tu souhaitais vraiment devenir doué pour deviner les réponses aux contrôles ? »
Sa question me prit un peu au dépourvu.
Mon talent pour deviner les réponses n’avait rien à voir avec le Rêve. Il venait de ma Bénédiction de la Chance.
Mes compagnons n’allaient tout de même pas confondre les deux ?
Sophia et moi étions revenus à la réalité depuis une dizaine de jours, et elle ne savait toujours pas grand-chose de mes pouvoirs.
« Non, ça, c’est ma Bénédiction. Mon souhait était tout autre. »
« N-ne me dis pas que… Le numéro un du collège de Bangbae… »
« C-ce n’est vraiment pas ça ! »
Sophia me prenait parfois pour un idiot !
Elle était folle ou quoi ?
Pourquoi aurais-je souhaité devenir le numéro un du collège de Bangbae ?
J’avais formulé deux grands souhaits.
D’abord, ramener mes parents à la vie.
Ce souhait s’était parfaitement réalisé.
Ensuite !
« Hé hé… ! »
Rien que de penser au nouveau pouvoir que j’avais obtenu me rendait déjà fier.
Une petite voix me chatouilla alors l’oreille.
« Pourquoi n’as-tu pas ressuscité ton maître ? Elle était mon maître, mais elle devait être ta bien-aimée. »
« … »
* * *
Vers l’heure du déjeuner, je me dirigeai vers la classe de troisième année, cinquième division.
Pas mal de garçons, en plus de moi, étaient déjà sur la pointe des pieds à épier la salle de classe. Je devinais pourquoi.
Une personne plutôt célèbre se trouvait dans la classe de troisième année, cinquième division.
« Hé, t’as entendu ? »
« Elle va bientôt devenir apprentie idole ! »
« Hein ? J’ai entendu dire qu’elle allait devenir actrice. »
Je ne pus m’empêcher de rire en entendant les rumeurs qui la voyaient déjà devenir actrice ou apprentie idole.
À ma connaissance, ce n’était pas le genre à partir s’entraîner assidûment à la danse.
C’est alors qu’un phénomène étrange se produisit.
Le regard des élèves se vida soudain.
Comme s’ils sortaient d’un rêve, ils secouèrent légèrement la tête, puis s’éparpillèrent dans différentes directions.
C’était l’effet de la Barrière d’inhibition de la reconnaissance, une fonction étrange du smartphone du Bureau de gestion.
Comme si elle l’avait attendu, une fille sortit de la salle de classe.
« Bâââille ! »
« … »
« Idiot ! Qu’est-ce que tu fais planté là ? Allez, on va à la cantine. »
Mi-ro, la numéro deux du collège de Bangbae.
« Tu lui as demandé son accord avant de lui attribuer ce classement ? »
« Hum. Allons-y. »
Tandis que nous nous dirigions vers la cantine de l’école, les élèves se remirent à chuchoter.
Mi-ro était simplement trop remarquable pour passer inaperçue.
« Pff, quelle galère. Regarde bien. C’est ça, la vie difficile des gens d’exception comme moi. »
C’était quoi, cette lubie de princesse sortie de nulle part ?
Je voulais raconter ça à Ga-in plus tard.
« Je vais devoir les faire partir encore une fois… »
--- Vlan !
Au moment où Mi-ro sortit le smartphone du Bureau de gestion qu’elle avait reçu d’A-ri, je le lui arrachai aussitôt des mains.
« Hé ! Qu-qu’est-ce qui te prend ? »
« Idiote. A-ri ne t’a pas dit de ne pas t’en servir trop souvent ? »
« … »
« Tu viens de l’utiliser et tu veux recommencer ? »
Elle n’en faisait vraiment qu’à sa tête.
Elle était bête ou quoi ?
Pas exactement.
Elle savait qu’utiliser trop souvent la Barrière d’inhibition de la reconnaissance avait des effets néfastes sur les gens ordinaires, mais ça ne l’empêchait pas de s’en moquer.
Autrement dit…
« Donc, elle n’est pas bête, elle a juste mauvais caractère. »
Les remarques cinglantes de Sophia contenaient souvent des vérités bien tristes.
* * *
--- Clic !
« Voilà. Maintenant, personne ne pourra entrer. »
Je ne lui demandai pas comment elle avait fait.
C’était probablement l’un des sortilèges de Sophia, et même si elle m’expliquait, je n’y comprendrais rien.
Quoi qu’il en soit, nous pouvions désormais nous détendre tous les trois dans la salle de classe vide.
« Ah ! Je déteste vraiment l’école ! »
« Moi aussi… »
Mi-ro et moi partagions ce sentiment sincère.
La jeune femme aux cheveux blond pâle poussa alors un soupir.
« Désolée, mais vous allez devoir passer encore dix ans à l’école avant de devenir des êtres humains convenables. »
« Seung-yeop, pourquoi est-ce qu’elle dit toujours des trucs qui me vexent ? »
« Tu connais l’expression : les têtards ne se souviennent pas qu’ils ont été des grenouilles ? »
« Quel rapport entre les têtards et les grenouilles ? »
« Les têtards deviennent des grenouilles. »
« Non, ce n’est pas vrai. »
« Si, c’est vrai. »
« Seung-yeop, tu n’as jamais élevé de têtards, hein ? »
« Euh… »
« Idiot. Moi, si. Les têtards gigotent dans l’eau pendant un mois environ, puis ils meurent tous. »
« I-ils sont tous morts parce que tu t’en es mal occupée, Mi-ro ? »
« Ha ! Tu n’as même jamais élevé de têtards et… »
--- Clap !
Sophia frappa dans ses mains pour interrompre la conversation.
« S’il vous plaît ! Taisez-vous tous les deux. »
Sophia avait l’air sur le point de pleurer.
« Seung-yeop a raison : les têtards deviennent des grenouilles. Il voulait dire que les grenouilles ne se souviennent pas d’avoir été des têtards. Il voulait sans doute dire que je suis à l’école depuis si longtemps que j’ai oublié ce que c’était d’être jeune. »
« Haha ! C’est ça ! Tu as entendu, Mi-ro, idiote… »
« S’il te plaît. Tais-toi. »
« … »
La salle de classe retomba dans le silence.
Sophia affichait un air las. Mi-ro, elle, grommela :
« Elle est vraiment bizarre. Même sa façon de parler change tout le temps ! »
« J’essaie toujours de vous parler poliment. Le problème, c’est que parfois, vous me faites perdre patience. »
« Ga-in me manque. »
Chaque fois que Mi-ro disait que Ga-in lui manquait, je trouvais ça un peu étrange.
Pas mal de gens l’appréciaient, mais rares étaient ceux qui le disaient aussi franchement que Mi-ro.
Que pensait Sophia de Ga-in, tandis qu’elle fronçait légèrement les sourcils ?
Était-il toujours un objet de vénération pour elle ?
Ou bien…
Impossible à savoir.
Plus important encore, nous avions une autre raison de nous retrouver aujourd’hui.
« J’ai un message d’A-ri ! »
Sophia et moi reportâmes toute notre attention sur Mi-ro.
« D’abord, la réponse à la demande de Sophia. »
La demande de Sophia.
Après être arrivée dans la réalité avec moi, Sophia avait compris dans quelle situation elle se trouvait à l’intérieur de la Boîte des âmes et avait formulé une demande.
« Tu peux me faire sortir de la Boîte des âmes ? »
Pour un PNJ, la Boîte des âmes était comme un bateau qui traversait les dimensions.
C’était un outil qui permettait à ceux qui n’étaient pas des participants d’entrer dans des salles maudites ou de les quitter pour rejoindre la réalité.
Une fois arrivé dans la réalité, il n’y avait aucune raison de rester à bord du bateau.
Pour être honnête, cette demande m’arrangeait aussi.
Garder Sophia dans la Boîte des âmes était extrêmement contraignant pour moi aussi.
Surtout, ce n’était pas sa place.
« Ils pensent que c’est possible. Comme on peut remplacer l’âme à l’intérieur de la Boîte des âmes, ils peuvent t’en faire sortir. Ils ont dit qu’ils pourraient sceller l’âme de Sophia dans un “outil spécial” après l’avoir retirée, puis la transférer dans un corps préparé par le Bureau de gestion. »
Rien qu’en l’entendant, ça avait l’air incroyable.
Pour être honnête, c’était un peu effrayant.
« Mais ils demandent si tu es prête à “servir” le Bureau de gestion. »
« … Je vais y réfléchir encore un peu. »
« Ensuite ! Celui-là, c’est pour toi, Seung-yeop. »
« Hein ? »
« Ils disent de faire attention. A-ri et moi, le Bureau de gestion nous a “récupérées” dès le début, et toi, tu as commencé dans la même école que moi. »
« C’est vrai. »
« Ils disent qu’ils nous surveillent tous. »
« … »
« Alors ils nous ont dit de ne pas approcher à la légère les autres compagnons qui n’ont pas encore été repérés. »
« Je m’en souviendrai. »
Mi-ro et A-ri étaient tombées sous la surveillance du Bureau de gestion dès le début.
Comme j’allais dans la même école que Mi-ro, on devait déjà me surveiller, moi aussi.
Il y avait de fortes chances qu’ils aient également découvert l’existence de Sophia.
Bien sûr, Sophia voulait l’aide du Bureau de gestion pour sortir de la Boîte des âmes, alors ça ne la dérangeait peut-être pas.
Autrement dit, nous étions déjà compromis.
C’était pourquoi nous devions éviter de rencontrer imprudemment les compagnons qui n’avaient pas encore été repérés par le Bureau de gestion.
Sophia répondit calmement :
« C’est étrange. »
« Hein ? »
« Je parle d’A-ri. Vu qu’elle a rejoint le Bureau de gestion dès le début, elle semble extrêmement loyale envers l’organisation, mais… »
« … »
« À entendre cette conversation, on dirait aussi qu’elle vous fait passer avant le Bureau de gestion. »
« Euh, et voici la question de Papi. »
La question de Papi ?
« Hum ! »
Mi-ro prit bientôt la voix de Papi, d’un ton enjoué.
« Seung-yeop, pourquoi n’as-tu pas ressuscité Yumi ? Je pensais que tu la ramènerais grâce au Rêve. »
« … »
C’était la deuxième fois qu’on me posait cette question aujourd’hui.
Les autres compagnons se demanderaient sans doute la même chose quand ils me reverraient.
Pourquoi je n’avais pas invoqué Yumi grâce au Rêve.
« … Parce que ça ne marche qu’une fois. »
« Quoi ? »
« Le Marchand m’a dit qu’il était possible de remplacer la réalité par le Rêve pour une seule Boucle. »
« … »
« Je ne veux pas de ce genre de résurrection. Si je réveille Yumi un jour, je veux qu’on se retrouve pour l’éternité, sans jamais devoir se séparer à nouveau. »
Je sentis mes joues rougir sans m’en rendre compte.
Argh !
C-ces mots venaient vraiment de sortir de ma bouche ?
Contrairement à Mi-ro, qui avait elle aussi rougi, Sophia me lança d’un ton sec :
« Alors pourquoi as-tu ramené tes parents ? Ton maître, ta bien-aimée, compte-t-elle plus pour toi que tes parents ? »
« … »
« C’est peut-être ça. On dit que les enfants oublient leurs parents quand ils grandissent. »
Encore une remarque cinglante, et dans un moment pareil !
« Plus important, tu envisages de passer à la Boucle suivante ? »
« Hein ? »
De quoi parlait-elle ?
« Tu ne l’envisages pas vraiment, tu en as simplement l’impression ? Si c’est le cas, c’est un pressentiment très inquiétant. »
Notre brève réunion à trois prit fin là-dessus.
* * *
Le cours de maths reprit, en septième période.
Comme toujours, je sombrai dans un profond sommeil.
…
Je me réveillai frais et dispos.
À partir de cet instant, quelque chose clochait.
Une petite sieste en classe était censée faire du bien, mais se réveiller en pleine forme n’avait rien de normal.
D’habitude, le professeur ou l’élève assis à côté de moi me réveillait avant que j’aie assez dormi.
Je me sentais frais et dispos.
Parce que personne ne m’avait réveillé.
Parce qu’il n’y avait personne pour me réveiller.
Autrement dit…
« Q-qu’est-ce qui se passe ?! »
Tous les êtres humains, à l’exception de Park Seung-yeop, avaient disparu du collège de Bangbae !
Notes de bas de page :
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