Chapitre 551
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 550 : Hôtel Delight (3) Fin
──────
「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 0
Emplacement actuel : Hôtel Delight, arrondissement de Yeongdeungpo, Séoul
Conseil du Sage : 0」
— Han Ga-in
À peine revenu à la réalité et confronté à ce que le Bureau de gestion appelait une catastrophe du Chaos, plusieurs pensées me traversèrent l’esprit.
Qu’était-il advenu de l’année de repos promise par l’Hôtel ?
J’avais cru que cela signifiait littéralement qu’il ne se passerait rien pendant un an, mais le chaos avait déjà éclaté dès le Jour 0.
« … »
Je me rappelai que, malgré les assurances d’Eun-sol, qui prétendait qu’il n’y avait aucun prix à payer, l’Hôtel lui avait pris son « véritable œil » quand elle avait emprunté l’œil de l’Oiseau géant monoculaire.
L’Hôtel ne mentait pas, mais ses critères différaient quelque peu de ceux du monde ordinaire.
Autrement dit, pour l’Hôtel, un événement de cette ampleur n’était rien. Ce n’était qu’un incident mineur pendant notre période de repos.
Alors, si l’on retournait la question…
Même selon les critères de l’Hôtel, un événement majeur se produirait dans un an ?
L’événement lié à la Lumière qui annonce la fin, dont A-ri avait parlé, commencerait-il dans un an ?
A-ri avait laissé entendre qu’elle-même ignorait à quelle date exacte cela arriverait.
« … »
Je freinai le flot de pensées qui partait dans tous les sens.
Pour l’instant, je devais me concentrer sur l’Hôtel Delight.
Devais-je les sauver ?
Devais-je pénétrer dans un Autre Monde inconnu pour sauver des gens que je n’avais jamais rencontrés ?
Ou faire comme si je n’étais au courant de rien et ne pas m’en mêler ?
Après tout, même à l’Hôtel, je ne m’étais guère soucié des PNJ qui n’étaient pas mes compagnons.
Mais Eun-sol était propriétaire de cet hôtel.
Si la rumeur se répandait que des clients étaient morts à cause d’un phénomène surnaturel, elle risquait de devoir fermer l’établissement !
— Clac !
« Ouf… »
Je me donnai une légère claque sur la joue pour me ressaisir.
Je pesais le risque de partir sauver les disparus face aux dégâts que subirait la réputation de l’hôtel si je ne faisais rien.
Quelle attitude abominablement calculatrice.
Alors que je me précipitais vers Eun-sol, une dernière pensée me traversa l’esprit.
La différence entre les PNJ et les vraies personnes.
Certains diraient que cette distinction n’avait aucun sens, mais j’avais toujours tracé une ligne nette entre les deux.
Maintenant que j’étais dehors, allais-je traiter même les vraies personnes comme des PNJ ?
Que signifiait seulement la « réalité » pour quelqu’un comme moi ?
Si je continuais à penser ainsi, je finirais par devenir un spectre prisonnier d’un faux monde pour l’éternité.
Je les sauverais.
Je sauverais les gens coincés dans cet étrange monde à cause de mes actes.
Pas pour qui que ce soit d’autre, mais pour me sauver moi-même de l’enfer !
* * *
— Ding !
À peine arrivé dans la salle de conférence du septième étage, je m’approchai d’Eun-sol.
Le personnel de l’hôtel tenta de m’arrêter, mais une voix aiguë retentit :
« Laissez-le entrer ! »
Les employés se mirent à chuchoter entre eux.
Peu après, la secrétaire d’Eun-sol, que j’avais rencontrée un peu plus tôt, ajouta : « C’est, euh… une sorte d’exorciste très puissant. »
Un exorciste puissant ?
C’était amusant, mais pas complètement faux.
Le personnel parut convaincu et s’écarta.
Dans un monde où même les gens ordinaires acceptaient naturellement l’existence des fantômes, des monstres et des démons, le mot « exorciste » ne devait surprendre personne.
« Ga-in… »
« Allons les sauver. Il faut partir avant qu’il ne soit trop tard. S’ils sont morts, au moins, on récupérera leurs corps. »
Eun-sol eut l’air un peu surprise.
« Tu es plus entreprenant que je ne le pensais. Je le savais, parce que tu es une vraie personne… Très bien. On part tout de suite ? »
« Oui. »
Juste avant notre départ, un homme d’âge mûr, qui semblait être un cadre de l’hôtel, arrêta Eun-sol, alarmé.
« Directrice ! N-ne me dites pas que vous partez aussi ? »
« … »
« Je ne sais pas ce qui se passe, mais c’est dangereux ! Laissez faire l’exorciste et signalez l’incident au Bureau de gestion… »
Un bref silence s’installa.
Eun-sol parla assez fort pour que tout le monde l’entende.
« J’ai déjà travaillé avec le Bureau de gestion. »
Tous écarquillèrent les yeux.
« Je peux m’occuper de la plupart des choses, alors retournez tous travailler. Et ! »
Tous les regards se tournèrent vers elle.
« Pendant la prochaine heure, personne n’utilise l’ascenseur numéro 3 ! Prévenez aussi les clients. Dites-leur qu’il est en panne et qu’ils doivent prendre uniquement l’ascenseur numéro 1 ou le numéro 2 pour descendre dans le hall ! »
« Compris. »
« Appelez l’ascenseur dans une heure ! C’est clair ? »
« Vous voulez dire que personne ne doit l’utiliser pendant une heure, puis qu’on doit appeler l’ascenseur qui est monté, une heure après ? »
« Exactement. »
C’était pour préparer notre fuite.
* * *
— Ding !
L’ascenseur arriva.
« Alors, c’est celui-là, l’ascenseur numéro 3. »
« C’est comme ça qu’on les distingue. Les clients disparus ont aussi eu des ennuis en prenant cet ascenseur. Qu’est-ce qu’on va faire… ? »
« Tu as dit que tu avais travaillé avec le Bureau de gestion. Pourquoi as-tu menti ? »
« Mentir ? Pourquoi ce serait un mensonge ? J’ai travaillé avec A-ri et Grand-père. »
« C’est vrai, mais quand même. »
« Je sentais que des choses étranges allaient continuer à se produire. Il fallait rassurer le personnel. »
« Parce qu’ils auraient pu tous démissionner et que la réputation de l’hôtel aurait pu en pâtir ? »
« … Ça peut sembler calculateur, mais… »
« Non. »
Je ne trouvais pas ça calculateur. Quand on dirige un établissement, se soucier de sa réputation n’a rien d’égoïste. C’est une responsabilité.
« À ton avis, quelle est la condition pour que l’ascenseur, plus précisément le numéro 3, monte au vingt-deuxième étage ou plus haut ? Ça n’arrive pas à chaque fois. Sinon, tous les clients auraient disparu. »
Il fallait que ce soit quelque chose qui ne se produisait pas en temps normal.
Et il fallait aussi que ce soit ce qui s’était passé quand j’avais fait irruption dans l’ascenseur, tout à l’heure.
« J’ai repassé en revue tout ce dont je me souvenais en venant ici. Puis j’ai soudain compris quelque chose. »
À cet instant, tandis que nous parlions dans l’ascenseur, aucun de nous n’avait appuyé sur le bouton d’un étage.
En temps normal, l’ascenseur n’aurait pas dû bouger.
— Bzzzz.
Il se mit en marche !
« Je le savais ! C’était ça, la condition ! »
Entrer dans l’ascenseur et attendre longtemps sans appuyer sur aucun bouton !
* * *
Comme la fois précédente, l’ascenseur s’arrêta au vingt-septième étage.
« Sortons. »
« … »
« Ga-in ? Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Rien. C’est juste que l’emplacement est… absurde. »
« Ah, l’emplacement actuel indiqué dans ta fenêtre de statut ? »
« Allons-y. Pero ! »
— Grrrr !
Peu après, Pero se transforma en Perroquet grotesque, dévoilant une apparence hideuse — ou peut-être rassurante.
« J’ai un mauvais pressentiment. Pero, reste ici. »
— Grrr ?
Eun-sol pencha la tête un instant, puis hocha la tête.
« Tu vas demander à Pero de garder l’ascenseur ? »
« Ce serait embêtant s’il redescendait. »
« J’ai bien dit à tout le monde de ne pas utiliser l’ascenseur numéro 3… Mais, dans une situation pareille, on ne peut pas vraiment faire confiance au personnel. »
On se serait cru dans une légende urbaine.
Une force inconnue pouvait prendre le contrôle des employés.
« Hup ! »
— Glouglou !
J’attrapai Pero et le calai entre les portes de l’ascenseur.
« Reste là. Quoi qu’il arrive, ne le laisse pas redescendre. Compris ? »
* * *
Eun-sol et moi fouillâmes rapidement le vingt-septième étage.
Comme je l’avais déjà fouillé une première fois, cela ne prit pas longtemps, mais la famille disparue était introuvable.
« Où sont-ils passés ? Ne me dis pas qu’un monstre les a dévorés… Mais alors, où est le monstre ? »
« Eun-sol, tu as une photo de la famille disparue, non ? »
« Si tu parles de la photo du titulaire de la réservation, la voilà. »
C’était une petite photo d’une femme d’une quarantaine d’années.
Tandis que je la fixais, Clairvoyance me montra une faible possibilité.
Un espace sombre, mal éclairé.
Sss ! Sss ! Le bruit venait de toutes les directions.
J’avais déjà entendu ce son.
« Ce bruit… »
« Un bruit ? Tu entends aussi des sons grâce à la Clairvoyance ? »
La Clairvoyance relevait d’une forme de prédiction. Elle ne montrait pas un avenir certain.
Au lieu de regarder la possibilité qu’elle me révélait en me disant : « Voilà, c’est ça », je devais me demander : « Pourquoi cette possibilité est-elle apparue ? » C’était ainsi que je pouvais obtenir des informations plus pertinentes.
Comment la famille disparue avait-elle réagi ?
Ils étaient entrés dans l’ascenseur, puis quelque chose s’était produit et ils n’avaient appuyé sur aucun bouton.
Il y avait un jeune enfant dans la famille ; il avait peut-être soudainement commencé à pleurer.
Ensuite, l’ascenseur avait rejoint l’inexistant vingt-septième étage.
Ce n’était qu’à ce moment-là qu’ils avaient compris qu’il se passait quelque chose d’étrange.
Ils étaient sortis au vingt-septième étage et, désorientés, avaient probablement erré dans les couloirs comme nous l’avions fait auparavant.
Comme de simples gens, ils n’auraient pas facilement deviné qu’ils devaient remonter dans l’ascenseur reliant l’Autre Monde à la réalité.
Et même s’ils y avaient pensé, ils ne possédaient aucun pouvoir surnaturel comme la Main avide ; ils n’auraient donc pas pu appeler l’ascenseur.
Qu’auraient-ils fait, alors ?
« Les chambres. »
« Quoi ? »
« Ils ont dû essayer de demander de l’aide aux autres. »
S’ils s’étaient rendu compte que l’Hôtel Delight n’avait pas de vingt-septième étage, ils auraient dû comprendre qu’il ne pouvait pas non plus y avoir de clients ordinaires dans les chambres.
Mais des gens ordinaires n’auraient peut-être pas poussé la réflexion jusque-là.
La terreur les aurait empêchés de penser rationnellement.
Nous retournâmes dans le couloir bordé de chambres.
« On dirait qu’ils sont entrés dans l’une d’elles, mais laquelle… »
« Je crois que c’était la chambre 2704. »
Je regardai dans la direction indiquée par Eun-sol. Le tapis devant la chambre 2704 était le seul à être couvert d’une bonne couche de saleté.
Comme si plusieurs personnes avaient fait les cent pas avec anxiété en frappant à la porte.
« … Ouf. »
Eun-sol se tenait devant la chambre 2704, incapable de dissimuler sa nervosité.
J’avais pourtant traversé toutes sortes d’épreuves, mais l’instinct humain restait si fragile.
Dans ces moments-là, il fallait faire preuve d’assurance.
— Fwoosh !
« Hein ? Ga-in, tu… »
— Boum !
La porte vola en éclats dans un fracas assourdissant !
« Bwahaha ! Sortez ! C’est Horus ! »
« … »
Eun-sol eut l’air légèrement écœurée.
Au moins, elle ne semblait plus avoir peur, et c’était déjà ça.
* * *
La pièce était aménagée comme une maison ordinaire.
Et, bien sûr, elle avait aussi ses occupants.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
C’étaient des choses qui avaient forme humaine.
Pour les décrire au mieux, c’étaient des ombres qui se tortillaient avec des amas de chair, imitant des êtres humains.
Quelqu’un de fragile aurait probablement perdu connaissance à la vue de ces monstres.
Mais Eun-sol et moi avions depuis longtemps dépassé le stade où ce genre de chose pouvait nous effrayer.
Avant d’ouvrir la porte, j’étais tendu parce que je ne savais pas ce qui allait en sortir. Mais une fois la porte ouverte, je n’y trouvai rien de bien terrible.
Je m’étais échauffé grâce à l’incroyable puissance du Soleil sacré. Il était temps de montrer la puissance du Grimoire !
Bientôt, la magie sinistre de l’Avatar jaillit en traînées ondulantes.
Au moment où je dévorai un Humain de l’Ombre avec le Pouvoir de l’Avatar…
« … ? »
Pour la première fois, je sentis que quelque chose clochait.
« Tu as découvert quelque chose ? »
Eun-sol avait l’air inquiète.
« Attends un instant. »
Les étranges créatures semblaient terrifiées et se roulaient par terre.
J’empruntai brièvement le corps de l’une d’elles.
« … »
« Tu viens d’utiliser Possession et de revenir, c’est ça ? Tu as trouvé la famille disparue ? »
« Il y a une porte qui mène au sous-sol, là-bas, dans le salon. »
« Pourquoi y aurait-il un sous-sol dans une chambre d’hôtel… Non, laisse tomber. Je vais vérifier. »
Pendant qu’Eun-sol s’absentait, je fis face aux cinq Humains de l’Ombre de la pièce.
Parler d’affrontement était généreux. Les Humains de l’Ombre n’avaient pas l’air de vouloir se battre contre moi.
Ils restaient simplement plaqués au sol.
« … »
Un par un.
J’utilisai Possession à plusieurs reprises pour lire les informations contenues dans leur esprit.
« … »
Qu’est-ce que c’était que ces informations ?
Quel genre d’endroit était-ce, et qu’étaient-ils ?
J’étais perdu.
J’avais quitté l’Hôtel. J’étais revenu à la réalité…
Et pourtant, elle était encore pleine de secrets insondables.
« Ouuiiin ! »
« Chut ! Sun-a, ne pleure pas ! »
« Oh là là… Agent ! On a cru que les monstres nous avaient attrapés et qu’on allait mourir… »
« Silence. Suivez-moi. »
Les gens sortirent à la suite d’Eun-sol.
Puisqu’ils l’appelaient « agent », on aurait dit qu’Eun-sol s’était fait passer pour une agente du Bureau de gestion.
« Allons-y. »
Juste avant que je me détourne, un garçon essoufflé m’interpella : « M-monsieur ! Monsieur l’agent ! »
« Oui ? »
« V-vous ne devez pas tuer les monstres ? »
« … »
« Tu ne peux pas te taire ? L’agent saura quoi faire ! Je suis désolée. L’enfant… »
« Allons-y. »
* * *
Heureusement, Pero avait bien gardé l’ascenseur.
Quand nous y fûmes de retour, les membres de la famille se laissèrent tomber au sol, l’air hagard.
« Merci… Merci… »
« Ça va aller. Reposez-vous. »
« O-on pourra rentrer quand ? »
« Il reste environ vingt minutes. »
« Encore si longtemps ? Ah, non, ça va. »
Pendant qu’Eun-sol rassurait discrètement les autres, je m’absorbais dans l’emplacement actuel indiqué par ma fenêtre de statut.
「Emplacement actuel : Atlantide — Recherche d’un emplacement précis」
« … »
Les informations absurdes que j’avais obtenues en fouillant l’esprit des Humains de l’Ombre.
Cet endroit, c’était l’Atlantide.
Nous étions au cœur de la catastrophe du Chaos qui se déroulait dans une paisible maison de l’Atlantide.
* * *
— Park Seung-yeop
Un soleil chaleureux.
Une terre paisible.
Ah… C’est vrai.
Rien au monde ne durait éternellement, et même les combats finissaient par prendre fin.
Enfin, une terre paisible…
— Clac !
« Aïe ! »
Qui était-ce ?
Qui osait frapper le plus grand maître martial sous le ciel ?
« Hé, toi ! Park Seung-yeop ! »
« … »
C’était le professeur de maths.
« Si tu veux dormir, essaie au moins de ne pas le montrer aussi clairement ! En plus, tu ronflais ? »
« … Désolé. »
« Va au fond de la classe, les mains en l’air ! »
Pff, quelle plaie !
Quand j’avais utilisé Rêve, j’aurais dû demander à devenir un lycéen en terminale qui venait de passer le Suneung, comme Ga-in.
Pourquoi avais-je oublié ça ?
Quel vrai moment « Oups~ ! »
Mon corps avait gardé le même âge, alors j’étais de nouveau collégien ?
Ça voulait dire que je devais retourner à l’école !
Je détestais vraiment l’école.
« Pfft ! »
Un élève pouffa, visiblement amusé par ma punition.
C’était qui, déjà ? Je ne connaissais même pas son nom.
« … Tu ris ? »
Il m’était toujours inférieur.
« … »
« Je t’ai demandé si tu riais. C’est drôle ? Ça te fait rire parce que je suis puni ? »
« N-non. »
« Si tu ris encore une fois, t’es mort. »
« P-pardon. »
Petit salaud !
Je le laissai s’en tirer pour cette fois.
Mais qui étais-je ?
Park Seung-yeop, le caïd du collège de Bangbae !
À cet instant, une voix ténue, que j’étais le seul à entendre, me chatouilla l’oreille.
« Ah… Je pensais que tu serais devenu quelqu’un d’à peu près décent en retournant à l’époque où tu n’avais pas encore été corrompu et transformé en Fortuna ! J’arrive pas à croire que tu sois aussi idiot ! »
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