Chapitre 537
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 536 : Salle 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve « Le Roi déchu » (22)
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- Han Ga-in
--- Flash !
Au moment où j’entrai dans la Base lunaire, une lumière multicolore emplit brièvement le champ de vision de tout le monde.
Quand ma vue redevint nette, A-ri et Mi-ro avaient disparu.
« … »
Je m’y étais attendu.
J’ouvris rapidement le Royaume des Rêves et vérifiai que toutes deux étaient en vie, puis le refermai.
Une partie de moi voulait les rejoindre, mais le Royaume des Rêves ne fonctionnait correctement que si l’utilisateur et sa cible étaient endormis.
Je pourrais peut-être m’endormir, mais il était impossible qu’A-ri ou Mi-ro baissent leur garde et trouvent le sommeil dans un endroit aussi étrange.
De toute façon, tout le monde se dirigeait vers Aedia. Je devais croire que nous finirions par nous retrouver.
* * *
Je marchai sans fin dans un espace silencieux, bordé de cloisons grises.
Du matériel électronique incompréhensible se trouvait partout, mais tout semblait hors tension. Même quand je le fracassais, il ne se passait rien.
« … »
Je m’étais attendu à une bataille acharnée contre les armes tactiques ou les drones déployés par Aedia, mais il n’y avait rien de tel.
Je continuai simplement à suivre un chemin interminable qui descendait sous terre, jusqu’à ce qu’à un moment donné, je me mette à courir.
Bientôt, je me laissai naturellement aller à réfléchir.
Quelles étaient les conditions pour réussir la Salle 207 ?
Après que Mi-ro nous eut rejoints, nous avions appris ce qu’était la première épreuve.
Après qu’A-ri et Grand-père nous eurent rejoints, nous avions appris ce qu’était la troisième épreuve.
La deuxième épreuve restait floue, puisqu’il n’y avait eu aucun survivant, mais nous avions obtenu des informations indirectes grâce à Sophia.
Une idée me vint naturellement à l’esprit.
L’« Hôtel » avait-il vraiment désigné l’obstacle final, le boss, de chaque épreuve ?
Et si c’était nous qui choisissions les boss ?
À cette pensée, un coin de mon champ de vision se brouilla légèrement.
「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)」
« Ha ! »
C’était donc ça, quand il avait dit que l’endroit où se cachait la troisième puissance, la bénédiction, était « Han Ga-in » ?
J’avais secrètement cru que je devais retrouver mon véritable corps, caché quelque part dans la Salle 207 !
J’étais complètement à côté de la plaque.
La bénédiction était littéralement en moi.
C’était un problème bien plus classique que je ne l’aurais cru !
Un rire m’échappa et je m’adressai à celui qui, j’en étais sûr, m’observait encore.
« Tu veux que je réfléchisse par moi-même pour me rapprocher de la réponse ? »
J’entendis alors une voix fantomatique, comme si l’Hôtel me murmurait à l’oreille.
« Tu n’as jamais été sage de ton propre chef. Qui veux-tu blâmer ? Prouve que tu mérites d’obtenir la Sagesse. »
Réfléchissons avec plus de sagesse.
Lors de la première épreuve, mes compagnons avaient considéré Menes comme le boss et l’avaient vaincu.
Alors, qu’avait été Malkab ?
Un simple mini-boss ?
Malkab était bien trop puissant pour ça.
Même le fait que Menes se soit joint à eux pour vaincre Malkab était étrange, si l’on raisonnait comme dans un jeu.
En plus, ils n’avaient même pas eu besoin d’affronter Menes.
Menes ne leur avait-il pas ouvert une issue de secours, en leur disant de partir seuls et de bâtir une civilisation ?
C’était nous qui avions « choisi » Menes comme boss.
Ce choix concernait à la fois le boss et le scénario.
Mes compagnons avaient choisi d’exécuter Menes parce qu’ils ne pouvaient pas rester les bras croisés à regarder les Reptiliens régner sur l’humanité, ni accepter que l’histoire de celle-ci soit ainsi déformée.
L’Hôtel s’était contenté d’accepter leur choix.
…
Lors de la deuxième épreuve, mes compagnons avaient considéré Fortuna comme le boss et avaient été vaincus après l’avoir affrontée.
Avec le recul, le fait même que Fortuna soit le boss était étrange.
Fortuna était Seung-yeop sous une forme déformée. Elle n’avait donc pas pu apparaître naturellement dans la Salle 207.
Autrement dit, le boss n’avait jamais été déterminé d’avance.
Eun-sol et Elena avaient « choisi » un scénario, et quelqu’un correspondant à celui-ci s’était simplement présenté.
Quel choix avaient-elles fait, toutes les deux ?
Il faudrait que je le leur demande une fois sortis pour savoir exactement comment les choses s’étaient déroulées, mais je pouvais déjà émettre une hypothèse.
Elles savaient que le Saint-Siège était, au fond, une organisation semblable au Bureau de gestion, mais elles s’étaient tout de même opposées à lui.
Elles considéraient la justice du Saint-Siège comme de la violence et, plutôt que d’éliminer Sophia, une menace évidente, puis de la livrer, elles avaient choisi de la réformer.
Et si A-ri et Grand-père avaient été à leur place ?
J’avais de la peine pour Sophia, mais ces deux agents auraient percé à jour le numéro de l’enfant en un instant, l’auraient attrapée par la peau du cou et attachée à un pieu.
En s’opposant au Saint-Siège, elles avaient choisi pour boss Fortuna, la meilleure épée d’Aedia.
…
Lors de la troisième épreuve, mes compagnons avaient considéré le doyen Lucas comme le boss et l’avaient exécuté.
Avec le recul, les événements avaient dû sembler absurdes du point de vue de Lucas.
Lucas n’avait jamais considéré A-ri et Grand-père comme des ennemis.
Il ne les avait jamais attaqués le premier et, même au moment de mourir, il ne s’était pas attendu à ce qu’A-ri l’attaque.
Le Saint-Siège avait massacré tous les étudiants auxquels il tenait. Il avait simplement perdu la raison. A-ri l’avait vu, avait désigné le doyen comme boss, remonté le temps et rendu son jugement.
À bien y penser, cela montrait à quel point A-ri avait une façon de penser proche de celle du Bureau de gestion.
Au bout du compte, c’était son choix.
Elle avait dû ressentir une profonde aversion pour l’Université Miskatonic, ce groupe fondé par des Entités du Chaos qui s’étaient rassemblées pour échapper aux persécutions du Saint-Siège.
Et si elles avaient pleinement pris le parti de l’Université Miskatonic et choisi de s’opposer au Saint-Siège ?
L’Hôtel l’aurait accepté aussi.
Le rôle du boss de la troisième épreuve serait revenu à l’un des puissants du Saint-Siège, à l’exception de Fortuna.
「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 2 008 924」
Waouh, il comptait depuis l’Égypte antique ?
Quel décompte impressionnant.
Une fois sorti, il faudrait que je demande à Chouette de le réinitialiser.
« … »
Une porte se dressait au bout du long couloir.
Aedia se trouvait sûrement derrière.
--- Grincement !
* * *
À l’instant où la porte s’ouvrit, un éclair bleu fonça sur moi.
J’avais déjà invoqué le soleil, alors le bloquer ne fut pas difficile.
« Qu’est-ce que ça signifie ? »
« Juste une petite salutation. »
Aedia se tenait au centre d’une immense salle dont le plafond était percé d’une ouverture. Elle me tournait le dos et contemplait le Miroir.
« Je peux te poser une question ? »
« Bien sûr. »
« Tu nous as séparés. Je pensais que tu allais nous éliminer un par un, mais non. Pourquoi nous séparer si c’est tout ce que tu comptais faire ? »
« Contrairement à toi, les deux autres passent un très mauvais moment. »
« … Pourquoi ? »
« Parce que je voulais parler avec elles. Et cette fille aux cheveux noirs m’est particulièrement insupportable. »
« Tu parles d’A-ri ? J’ai entendu dire qu’elle te considérait comme son aînée. »
« Ha ! »
Aedia éclata de rire, comme si l’idée était ridicule, puis répondit d’un nouvel éclair bleu.
--- Ting !
L’espace, le monde du vide, où tout semblait figé.
Les deux seuls êtres en mouvement échangeaient sans relâche des attaques et des contre-attaques habiles.
Pour certains, cela aurait pu ressembler à des anges engagés dans une bataille sanglante…
Pour moi, ce n’était qu’une guerre d’usure absurde. Flash ! Flash ! Boum !
Trop intense pour être un jeu, trop dérisoire pour être sérieux.
Voulait-elle vraiment parler ?
« J’ai encore une question. Pourquoi la Lune ? »
« … Je suis désolée. »
« Si tu ne veux pas en parler… »
« Ce n’est pas que je ne veux pas. Je ne sais pas. »
« Quoi ? »
« Tu savais qu’un mystère incompréhensible résidait sur la Lune ? »
« Lequel ? »
« Je ne le sais pas non plus. Je faisais des recherches. »
La conversation déviait subtilement de son sujet.
Autrefois, j’aurais été perplexe, mais plus maintenant.
Une intuition venue d’ailleurs jaillit, très loin de moi.
Le mystère de la Lune ne concernait pas la Salle 207.
L’Hôtel ne te permettrait pas encore de connaître le mystère de la Lune.
Quitte cet endroit et découvre-le dans la réalité.
Mais il n’y avait pas de Lune dans la réalité. Que signifiait donc cette intuition ?
Une chose était certaine.
La Clairvoyance me revenait peu à peu.
« Très bien. Inutile de poursuivre cette discussion. »
« … »
À cet instant, le regard d’Aedia se fit glacial.
« Tu as vu quelque chose. »
« … »
« Je… Nous avons passé des décennies à étudier la Lune sans rien apprendre… Et toi, tu sais, après un seul regard ? »
« … »
« Ce regard. Il est toujours le même, même après des milliers d’années. Je l’ai vraiment détesté. »
« Quoi ? »
« Toi, tu te prends pour un dieu omniscient ? »
--- Grondement !
Ses attaques devinrent bien plus sérieuses qu’auparavant.
Malgré tout, je pouvais encore les gérer.
Je remarquai alors qu’Aedia évitait mon regard.
…
Je me rappelai une chose que Grand-père avait dite longtemps auparavant, quand nous avions traversé l’épreuve du Maître absolu de la Salle 205.
Il avait dit que les artistes martiaux pouvaient apprendre à se connaître après un seul affrontement. Sang-hyeon avait trouvé ça ridicule.
「« Dans le Monde martial, les artistes martiaux peuvent savoir si quelqu’un est bon ou mauvais après l’avoir affronté. »
« J’ai entendu beaucoup de conneries dans ma vie, mais c’est la première fois que j’entends une théorie psychologique aussi débile… »
« Je t’ai dit que ce n’était pas de la psychologie ! Pour quelqu’un du Monde martial, toute la vie d’une personne se trouve à la pointe de son épée ! »
« Ha ha ! Mook-seong, d’habitude je laisse passer tes remarques à cause de ta carrière au Bureau de gestion, mais je suis médecin diplômé de Harvard ! »」
Avec le recul, les paroles de Grand-père n’étaient pas complètement absurdes.
Je pouvais sentir l’état émotionnel d’Aedia au fil de notre affrontement acharné.
« Je sens ton désespoir et ta douleur. »
« Tu sais lire dans les pensées, maintenant ? »
« C’est une déduction plus raisonnable que de la lecture de pensées. »
« Une déduction ? »
« Tu vis cloîtrée dans une pièce isolée de ce taudis lunaire, comme une ermite. Ce serait étonnant que tu ne sois pas déprimée. »
« Ha ! »
Aedia abaissa bientôt la masse de chair palpitante qui semblait prête à cracher une malédiction maléfique.
« Avant de lancer le Salut, je t’ai dit que si j’échouais, je voulais vous garder comme assurance, pas vrai ? »
« Oui. »
« J’ai sauvé l’humanité. Quatre-vingt-dix pour cent de l’humanité a été libérée de la peur et de la douleur ! Alors pourquoi essaies-tu de tout renverser ? »
« C’est une question de point de vue. »
« De point de vue ? »
Pourquoi le choix d’Aedia était mauvais.
Pourquoi je devais choisir à nouveau !
« Tu n’as pas libéré quatre-vingt-dix pour cent de l’humanité. Tu en as tué quatre-vingt-dix pour cent et les as transformés en monstres, puis tu as précipité les dix pour cent restants en enfer. »
« Ceux que le Miroir a bénis ne sont plus humains ? Quelle preuve as-tu ? »
Une foule d’idées me traversa l’esprit.
Le bateau de Thésée.
Comment des êtres dont l’esprit avait été déformé, livrés à un amour et à une haine inexplicables, pouvaient-ils être humains ?
Pour le dire crûment, quatre-vingt-dix pour cent de l’humanité était simplement devenue des animaux à l’intelligence diminuée.
De plus, le pouvoir que le dieu extraterrestre derrière le Miroir avait accordé aux Humains évolués n’était qu’une imitation de l’Affinité.
Même l’Affinité originale avait de nombreuses limites. Comment une imitation pourrait-elle sauver l’humanité ?
Une autre idée me vint également.
Des gens privés de leur égoïsme pour empêcher les conflits pouvaient-ils préserver la civilisation ou la faire progresser ?
…
Ces réflexions avaient toutefois un défaut : une grande partie n’était que spéculation de ma part.
Les suppositions que je faisais grâce à la Clairvoyance étaient bien plus précises que celles d’une personne ordinaire, mais elles ne pouvaient toujours pas convaincre qui que ce soit.
En revanche, il y avait un argument qui ne pourrait convaincre personne au monde, sauf Aedia.
« Tu as dû envisager la plupart des idées qui me sont venues dans cette petite pièce. Alors je ne vais pas les énumérer une par une. »
« Si tu n’as rien à dire… »
« Je n’ai rien à dire. Parce qu’à partir de maintenant, c’est toi que je compte interroger. »
« Quoi ? »
Je souris et baissai les bras, pour lui montrer que je n’avais pas l’intention de me battre.
Aedia se contenta de me fixer de ses yeux troubles. Elle ne pouvait plus attaquer.
Tout comme la Sagesse avait été enfouie au fond de mon cœur, la réponse à la question d’Aedia se trouvait en elle.
C’était quelque chose qu’A-ri avait souligné encore et encore.
« Aedia était la plus grande protectrice de l’humanité. »
« Parfois, c’en était presque étrange. D’une certaine façon, elle méritait vraiment le titre de Sainte Mère. »
« Contrairement à moi, elle éprouvait pour l’humanité un amour si profond qu’il en était incompréhensible. »
Un être extraterrestre à l’apparence de lézard, qui n’était pas humain, avait découvert sa véritable identité et continuait pourtant d’aimer l’humanité sans limites.
Même lorsqu’une foule égyptienne s’était soulevée et avait massacré les siens, elle avait laissé tomber toute rancune.
Bien qu’elle fût elle-même une Entité du Chaos, elle avait serré les dents et fondé une organisation destinée à éradiquer les Entités du Chaos.
C’était incompréhensible.
C’était pour cela que cet amour relevait du miracle.
Tout comme mes compagnons, qui avaient été humains, avaient contemplé l’autre côté du Miroir avant d’en revenir emplis de haine envers l’humanité et d’amour pour les Êtres déformés…
Un être qui n’avait jamais été humain avait simplement acquis le sentiment opposé.
« Alors dis-moi, Aedia. Si tu crois vraiment avoir sauvé le monde, regarde-moi droit dans les yeux et dis-le-moi. Ressens-tu de l’amour pour les quatre-vingt-dix pour cent de l’humanité que tu as sauvés de tes propres mains ? »
« Mes émotions ne sont… que des choses sans valeur, créées par l’instinct… »
« Pourtant, tu as suivi ces instincts quand tu as créé le Saint-Siège et tenté de sauver le monde, non ? Soit tu assumes ces instincts, soit tu les rejettes. Choisis. »
「Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 2 008 924
Lieu actuel : Salle 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve « Le Roi déchu »」
Dans la Salle 207, le dénouement de chaque épreuve avait toujours dépendu des choix de mes compagnons.
Enfin, le moment était venu pour moi aussi de faire un choix.
…
Le Miroir, dont l’éclat était sinistre, me renvoya mon reflet.
Notes de bas de page :
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