Chapitre 536
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 535 : Salle 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve, « Le Roi déchu » (21)
──────
— Han Ga-in
Je me levai avant l’aube et arrivai au célèbre centre spatial Kennedy, en Floride.
« … Centre spatial Happyhappy ? »
Ce n’était pas Kennedy.
Le président Kennedy n’existait donc pas dans la salle 207 ?
Même ainsi, le président américain qui avait remplacé Kennedy ne pouvait pas s’appeler Happyhappy.
« Qu’est-ce qu’il y a d’étrange là-dedans ? »
A-ri ne trouvait pas du tout le nom Happyhappy étrange.
Apparemment, dans la réalité extérieure à l’hôtel aussi, il s’appelait Happyhappy ou quelque chose dans le genre.
« Laisse tomber. On y va. »
Le plan était simple.
Pendant que Fortuna détournerait l’attention du Gardien, je me rendrais à la Base lunaire, où se trouvait Aedia.
Ensuite, nos compagnons nous rejoindraient par le Royaume des Rêves.
Le plan était simple, mais comme notre destination était la Lune et non la Terre, il fallait prendre en compte bien des choses.
Par exemple, comment nos compagnons étaient-ils censés survivre sur la Lune ?
Même le Sang ancien d’A-ri avait ses limites.
Voilà pourquoi nous devions récupérer divers équipements au centre spatial, notamment des combinaisons spatiales.
* * *
À notre arrivée, nous nous installâmes dans un coin à l’écart, où il y avait peu de monde, et attendîmes.
Nous devions passer à l’action après le début du combat entre Fortuna et le Gardien.
Si nous semions le trouble au centre spatial avant cela, le Gardien risquait de s’en prendre à nous.
Nous devions aussi garder un œil sur Fortuna par l’intermédiaire de Sophia, au cas où il ferait quelque chose de bizarre.
Un employé du centre spatial s’approcha alors de nous.
Ce n’était pas bien grave.
Grand-père et moi étions couverts de la tête aux pieds, et A-ri n’avait qu’à inventer une excuse toute simple.
Dans un monde normal, les gens se seraient méfiés de nous en nous voyant entièrement couverts, mais les habitants de cette utopie communiste ne se soupçonnaient pas les uns les autres…
« Hé ! Qui êtes-vous ? Monstre répugnant, tu sais où tu te trouves ? »
À son cri furieux, tout le monde sursauta et se regarda.
Dans ce bref instant, je vis Mi-ro retirer son masque !
« … ! »
« Toi… ! »
« Espèce d’inconsciente… »
Tous les trois, nous restâmes sans voix, tandis que Mi-ro souriait gentiment.
« J’étouffais… Hihihi ! »
Voyant l’employé s’approcher en criant, A-ri se leva d’un air déterminé.
« Bonjour ! »
À la vue d’A-ri, si « ravissante », l’employé se radoucit, contrairement à sa réaction devant Mi-ro, si « répugnante ».
« Oh, bonjour ! Tu es au lycée ? Vous avez une sortie scolaire aujourd’hui ? »
« Ce n’est pas une sortie scolaire. »
« Ma chérie, c’est quoi, ce monstre derrière toi ? »
Mi-ro ressemblait presque trait pour trait à A-ri.
Pourtant, dès qu’elle avait retiré son masque et dévoilé son visage, l’employé l’avait traitée de « monstre » sans hésiter.
Voilà comment ce monde traitait les dix pour cent de gens qui n’avaient pas été choisis.
A-ri répondit simplement :
« C’est mon animal de compagnie. Allez, aboie ! »
Un instant, le silence retomba sur les lieux.
« Qu’est-ce que tu attends ? Pourquoi tu n’aboies pas ? »
A-ri insista.
L’employé se demanda si ce monstre était vraiment un animal de compagnie.
Mi-ro baissa la tête sans un mot, apparemment peu encline à dire « ouaf ».
Finalement, je lui tapotai l’épaule.
« Dépêche-toi. »
« … O-ouaf ! »
Je la frappai une nouvelle fois.
« Plus fort ! »
« Ouaf ! Ouaf ! »
A-ri se retourna avec un grand sourire.
« Elle sait aussi faire des tours. »
« Des tours ? »
« Couche-toi et roule deux fois sur le sol ! »
Mi-ro se tut de nouveau.
Cette fois, je lui donnai une tape derrière la tête.
« Pourquoi tu ne roules pas déjà ?! »
« … »
Mi-ro se coucha sur le sol crasseux et roula deux fois.
« Vous voyez ? Elle est plutôt mignonne, non ? »
« Hmm… Eh bien, si tu la trouves mignonne, tant mieux. Elle a l’air assez bien dressée, mais elle ne semble pas très inoffensive. »
Qu’est-ce que l’employé avait vu dans cette scène ?
Une lycéenne qui se promenait avec un python réticulé pour animal de compagnie ?
Quoi qu’il en soit, nous venions de surmonter une première crise.
« Mi-ro. »
« … »
« Si tu refais une bêtise pareille, cette fois, tu te promèneras toute nue. »
« … A-ri fait peur. »
« Ça suffit. Fortuna et Sophia sont arrivés dans le centre-ville de Jacksonville. On dirait que ça commence. »
J’empruntai les yeux de Sophia pour observer la situation.
Après avoir créé un double, j’avais installé sa conscience dans Sophia.
On pouvait parler d’une utilisation avancée du Grimoire, et même pour moi, ça exigeait beaucoup d’endurance.
Peu après, une conversation inattendue commença.
« … »
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
Mi-ro avait révélé à Fortuna l’existence du Royaume des Rêves.
Si je le racontais à A-ri, Mi-ro devrait-elle traverser le centre spatial toute nue ?
« Ce n’est rien. »
Mi-ro, je vais fermer les yeux pour cette fois.
« … »
La conversation inattendue se poursuivit.
Fortuna se définissait comme autre chose que Park Seung-yeop.
C’était exactement ce que j’avais voulu éviter…
Mais il avait décidé de nous aider, alors ça n’avait pas d’importance.
Quand j’annonçai aux autres la résolution de Fortuna, ils affichèrent tous un air partagé.
Pas seulement Mi-ro, mais aussi les deux membres du Bureau de gestion.
« Je lui ai fait une promesse. »
« Une promesse ? »
« Celle de ramener Yumi à la vie. »
« … »
« Quand on retournera à l’hôtel, il y aura bien un moyen. Un Ticket ou quelque chose comme ça. »
« … Tu vas tenir ta promesse ? »
« J’en ai envie. Bref, le Gardien est apparu à Jacksonville. On y va. »
* * *
Il nous fallut moins de cinq minutes pour prendre le contrôle du centre spatial Kennedy… ou plutôt Happyhappy, et récupérer l’équipement dont nous avions besoin.
De toute façon, nous ne comptions pas embarquer dans un vaisseau spatial ; inutile donc de demander la coopération des employés.
Pendant qu’A-ri et Grand-père s’occupaient de plusieurs appareils étranges dont j’ignorais même le nom, Mi-ro fit une découverte inattendue.
« Regardez ! J’ai trouvé la combinaison de protection ! »
Elle avait mis si longtemps à apparaître que j’avais presque oublié son existence, et voilà que la combinaison de protection était ici ?
Grand-père resta bouche bée.
« Non mais, ces fous de l’hôtel l’avaient cachée dans un centre spatial ? Comment étions-nous censés la trouver ? »
« Mais on l’a trouvée, au bout du compte. »
« Seulement parce que les choses ont tourné comme ça ! Réfléchis à la façon dont on s’est retrouvés en Floride ! »
« … »
Nous avions pris l’avion au Texas pour l’Espagne, mais nous avions été exposés à la Lumière qui annonce la fin.
Après avoir tenu bon de justesse grâce au Sablier, nous nous étions écrasés et avions repris connaissance en Floride.
Nous étions arrivés en Floride par une succession de coïncidences.
L’hôtel avait-il réellement prévu toutes les possibilités et placé la combinaison de protection ici ?
« Je viens d’y penser… »
« À quoi ? »
« Cette combinaison de protection n’est-elle pas apparue ici il y a peu ? »
L’hôtel nous avait-il simplement observés, puis l’avait-il placée ici quand il avait décidé que nous en aurions besoin ?
Impossible de le savoir.
« On est prêts. Ga-in, tu peux partir maintenant… »
À cet instant précis,
« Aah ! »
« Aaaah ! »
« L-le ciel nous tombe dessus ! »
Une pression écrasante, si intense que ma peau en picotait, s’abattit sur tout le monde.
Submergés en un instant, les gens levèrent les yeux vers le ciel, hébétés.
Le ciel se fendit.
La lumière des étoiles, venue des cieux lointains, se rassembla en une seule épée qui finit par briser la frontière entre la Terre et l’espace.
C’était absolument mystique.
Sans m’en rendre compte, je sentis mon cœur s’emballer.
À cet instant, Fortuna semblait être le protagoniste du monde.
Mi-ro ressentait-elle la même chose ?
Elle joignit soudain les mains et nous fit signe.
« Vite ! »
« Pourquoi tu joins soudain les mains… »
« Non, pas ça, euh… le poing, le… »
Grand-père laissa échapper un rire incrédule.
« Le salut du poing et de la paume ? Petite, il faut fermer une main en poing pour le faire. »
« Comme ça ? »
« Voilà. »
Tous deux exécutèrent naturellement le salut du poing et de la paume.
Finalement, A-ri et moi les imitâmes.
« Euh… Ga-inie ! Dis un truc classe ! Vite ! »
« … »
Après un bref silence, une phrase appropriée me vint à l’esprit.
« Fortuna, le plus grand artiste martial sous les cieux. Formé par Yi Ja-seong, l’Épée de tous les cieux, il passa des milliers d’années dans un rêve avant de dépasser enfin ses limites et de franchir un nouveau cap. »
A-ri termina la phrase à ma place.
« … Il restera à jamais dans nos mémoires. »
« Pfft ! »
« Ne ris pas. La tienne était à peu près pareille. »
À vrai dire, c’était enfantin.
Mais Song-i n’avait-elle pas dit quelque chose de ce genre, un jour ?
Cette part d’enfant, c’était simplement un autre nom pour l’innocence qui subsistait même une fois adulte.
Je trouvais que c’était le plus bel adieu que nous pouvions lui offrir.
Il était temps de rejoindre l’étape finale.
— Grondement !
* * *
Une fois arrivé sur la Lune, je fermai les yeux un instant.
C’était aussi l’un des pouvoirs que le Soleil sacré m’avait accordés.
« La capacité de m’endormir quand je le veux. »
Quel genre de superpouvoir, ça ?
Un être humain ordinaire ne pouvait pas s’endormir en une seconde sur la Lune. C’était donc bel et bien un superpouvoir incroyable.
…
Peu après, A-ri et Mi-ro me rejoignirent.
Mi-ro portait la combinaison de protection, tandis qu’A-ri avait enfilé une combinaison spatiale trouvée au centre spatial.
Je me demandai si la combinaison spatiale fonctionnait correctement, mais A-ri avait sûrement tout vérifié.
A-ri me tendit quelque chose qui ressemblait à un casque.
— Grésillement !
« Tu m’entends ? »
« Oui. »
L’espace : un endroit où même une conversation aussi simple était impossible sans équipement spécial.
« La Base lunaire se trouve à quatre cents kilomètres au nord. Aedia doit s’y trouver. »
« Tu as trouvé ça avec un truc comme un GPS ? »
« C’est complètement différent, mais disons que ça y ressemble à peu près. »
« D’accord. »
« Regardez ça ! »
Mi-ro bondit de toutes ses forces, même dans ces circonstances, puis regarda avec émerveillement son corps flotter doucement vers le haut.
À voir ça, on aurait moins cru que nous étions venus combattre Aedia que partis en excursion sur la Lune.
A-ri prit soudain un air dubitatif.
« C’était vraiment une bonne idée de l’emmener… ? On aurait peut-être dû la laisser sur Terre avec Mook-seong et prendre Sophia à la place. »
« Pense à Mi-ro de Minuit. »
Tandis que nous nous dirigions tous les trois vers la Base lunaire, je leur racontai le conseil que m’avait donné « Fortuna ».
« Qu’est-ce que vous en pensez ? »
« Dans ce monde, il y a des obstacles qu’on ne peut pas franchir en deux ou trois tentatives, des murs qu’on ne peut traverser qu’en essayant une première fois… »
« On dirait qu’il voulait dire qu’on ne devrait pas compter sur Encore une chance. »
« Ga-in, Fortuna a clairement atteint un grand niveau dans ses derniers instants, mais c’est un maître en arts martiaux. Ce n’est pas un sage capable de voir l’avenir. »
« C’est vrai. »
« Ça a l’air intéressant et convaincant, mais il n’y a aucune logique derrière tout ça. On devrait tout donner dans une seule tentative ? Pourquoi, si on a Encore une chance ? »
« … »
« Ce n’est pas l’hôtel qui nous a dit, au départ, qu’il nous fallait Encore une chance pour la salle 207 ? »
L’hôtel nous avait dit que l’Héritage de la salle 206 et le Sablier étaient des trésors nécessaires pour sauver la réalité.
Pas la salle 207 !
« Il n’a jamais dit qu’il nous le fallait pour la salle 207. Il a dit qu’il nous le fallait pour “la réalité”. »
« Quoi… »
« Réfléchis. On pensait avoir besoin du Sablier pour résister à la Lumière qui annonce la fin, pas vrai ? Mais ce n’était pas le cas. Sophia va bien alors qu’elle n’était pas protégée par le Sablier. »
« … »
« Même sans le Sablier, Aedia ne nous aurait pas déformés. »
Le Sablier n’avait pas été indispensable dans la salle 207.
Alors, peut-être qu’Encore une chance ne l’était pas non plus.
A-ri souleva un autre point.
« Notre objectif n’est pas de nous éveiller au rang de plus grand artiste martial de la galaxie et de détruire le Dieu maléfique avec l’Entaille qui efface le chaos. »
« L’Entaille qui efface le chaos ! Je veux apprendre cette technique ! »
« Mi-ro, tais-toi. On doit simplement résoudre le problème de la salle 207. Et, au-delà de ça, sauver aussi la réalité extérieure à l’hôtel. »
« … »
À bien y réfléchir, l’interprétation de celui qui écoutait comptait davantage que l’intention de celui qui parlait.
Le conseil de Fortuna m’avait moi aussi ouvert les yeux.
« Peut-être… »
« Peut-être quoi ? »
« Peut-être qu’Encore une chance ne servirait à rien contre notre véritable adversaire. »
« Quoi ? »
« Je vois ! Je vois ! »
Peut-être commençait-elle enfin à sentir la tension monter, car la respiration de Mi-ro s’était faite saccadée.
Une immense Base lunaire apparut devant nous.
Et…
Un Miroir si gigantesque qu’il semblait capable de refléter la Terre entière !
Une dernière question me vint à l’esprit.
En quoi consistait exactement la résolution finale de la salle 207 ?
La mort d’Aedia ?
La destruction du Miroir ?
Ou, si ce n’était ni l’une ni l’autre…
Notes de bas de page :
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