Chapitre 534
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 533 : Chambre 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve, « Le Roi déchu » (19)
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- Han Ga-in
« Une chose me tracasse. Ce monde cruel était-il vraiment ce que voulait la Sainte Mère ? »
La discussion partit de cette question.
« Ne réfléchis pas comme un homme ordinaire. Mets-toi dans la peau de la dirigeante du Saint-Siège. »
« Dans la peau de la dirigeante du Saint-Siège ? »
« Elle aurait eu pitié des dix pour cent qui mouraient dans d’atroces souffrances. Bien sûr. Mais du point de vue du Saint-Siège… »
« Il y avait déjà autant de gens qui souffraient dans l’Ancien Monde ? »
« Voilà. »
Le terrible résultat de la fusion des rêves de Marx et de Hitler.
Mais qu’en était-il si je voyais le monde du point de vue d’Aedia, à la tête du Saint-Siège ?
Même dans l’Ancien Monde, près de dix pour cent de l’humanité souffraient, pour une raison ou une autre, aux mains des Entités du Chaos.
Le Paradis n’était donc pas un endroit où dix pour cent souffraient, mais un endroit où quatre-vingt-dix pour cent avaient été sauvés.
--- Toc !
Grand-père tapota légèrement la table et prit la parole.
« Le boss final de la chambre 207, c’est Aedia. Ou le Miroir. Vous êtes tous d’accord ? »
Tout le monde acquiesça, moi compris.
Maintenant que la fin de la chambre 207 se dessinait vaguement, je pensais qu’il faudrait vaincre la Sainte Mère Aedia et détruire le Miroir originel qu’elle possédait pour résoudre l’épreuve.
« On va faire comme ça. Ga-in, vole jusqu’à la lune et bats-toi contre Aedia ! Profites-en pour découvrir toute l’étendue de ses pouvoirs. Ce serait formidable si tu la tuais, mais ce n’est pas grave si tu échoues. Si tu échoues… »
« Mook-seong peut remonter le temps. Il nous reste presque trois semaines, pas vrai ? »
« Exactement ! »
Le plan de grand-père était simple.
Je filerais droit vers la lune, affronterais Aedia et déterminerais de quoi la Sainte Mère était capable.
Si je gagnais, tant mieux. Si je perdais, nous remonterions le temps pour retenter notre chance dans des conditions plus favorables.
Le plan se tenait, mais il y avait un problème.
« Vous avez oublié le message ? »
「Horus, méfie-toi du ciel. Si tu te fais trop remarquer, on te repérera.」
« … »
« Il y a un œil inconnu dans le ciel. Pour l’instant, il ne peut pas nous trouver grâce aux mesures prises par Aedia. »
« Si on se fait remarquer, on nous repérera… Est-ce que voler jusqu’à la lune, ça compte ? »
« Évidemment. »
Tout le monde se tut.
La Sainte Mère se trouvait sur la lune, mais pour l’atteindre, je devrais affronter cet œil.
Gaspiller trop d’énergie à le combattre avant même d’avoir rencontré la Sainte Mère me semblait inutile.
« On ne ferait pas mieux de remonter le temps tout de suite ? Si on retournait avant qu’Aedia ne modifie la réalité, cet œil n’existait pas encore. »
A-ri souligna aussitôt le défaut de ce raisonnement.
« Idiot. Il faudrait alors l’affronter sans rien savoir de ses pouvoirs. »
J’étais sur le point de me perdre dans mes pensées, m’attendant à une longue réunion, quand quelqu’un frappa.
Un employé de l’hôtel ?
--- Ding-dong !
Pendant que grand-père, Mi-ro et moi enfilions nos vêtements à la hâte, A-ri sortit. Elle revint avec une invitée emmitouflée de la tête aux pieds comme nous.
« Aah ! A-ri, je ne suis pas encore complètement habillée… »
« Ce n’est pas grave. Enlève-les, alors. »
« Pouf ! Vous êtes tous trop mignons. »
« Sophia ! »
Notre visiteuse n’était autre que Sophia !
Comme on pouvait s’y attendre d’une grande sorcière, un crash d’avion n’était rien pour elle.
Enlever ses vêtements ?
Même si c’était Sophia, si elle éprouvait une répulsion instinctive à notre égard…
« Sophia fait partie des dix pour cent. »
Ça réglait la question.
* * *
Les explications de Sophia durèrent longtemps.
Contrairement à nous, qui venions de reprendre conscience quelques heures plus tôt, Sophia avait passé la semaine écoulée à arpenter le monde transformé, l’esprit parfaitement clair. Elle en savait bien plus que nous.
« Comme A-ri l’a dit, je faisais partie des dix pour cent qui n’ont pas changé. C’était probablement le choix d’Aedia. »
Aedia avait dit qu’elle nous utiliserait comme assurance en cas d’échec.
Sophia faisait partie de ce « nous ».
« À cause de ça, j’ai passé un très mauvais moment ! Partout où j’allais, les gens voulaient me tuer. Ça m’a rappelé mon enfance, à l’époque où les chasses aux sorcières faisaient rage. »
« … Tu as dû avoir une enfance difficile. »
« Bien sûr. Mais j’ai tenu bon. J’ai attendu que vous vous réveilliez tous. »
« Tu as été courageuse. »
Ensuite, nous racontâmes à Sophia le plan que nous avions élaboré.
Nous fûmes obligés de lui expliquer brièvement Encore une chance. Il n’y avait pas d’autre moyen de lui faire comprendre.
« T-tu peux remonter le temps ? C’est possible ? »
« Oui. »
Apparemment sous le choc, Sophia se leva et fit plusieurs fois le tour de la pièce.
« Tu t’es calmée ? »
« Oui. »
« Tu as compris le plan, ainsi que le problème qu’il pose ? »
« Oui. Le Gardien est le problème, c’est bien ça ? »
L’être qui nous avait acculés quelques heures plus tôt s’appelait le Gardien.
Les habitants de ce monde transformé croyaient que le Gardien était un Apôtre envoyé par Dieu.
« Il protège vraiment le monde. C’est comme un vaccin qui élimine les démons déchaînés. »
« Hmm… »
Cette explication me permit de comprendre dans les grandes lignes la structure du Paradis créé par Aedia.
D’abord, elle avait implanté chez quatre-vingt-dix pour cent de l’humanité une distorsion semblable à l’Affinité de Song-i.
Les élus se souciaient les uns des autres et s’aimaient, tandis que les Entités du Chaos éprouvaient de l’affection pour eux.
Cela pouvait réduire considérablement le nombre d’Entités du Chaos qui faisaient du mal aux humains, mais pas les éliminer complètement.
Même Song-i, la véritable détentrice de l’Affinité, avait été attaquée à de nombreuses reprises.
Il y avait des créatures comme les vampires, qui devaient faire du mal aux humains pour survivre, et des monstres qui se déchaînaient simplement parce qu’ils étaient fous.
Les premiers étaient contenus en offrant les dix pour cent en « Sacrifice », tandis que les seconds étaient éliminés par le pouvoir du Gardien.
« … Tout ça paraît plus abouti que je ne le pensais. Mais est-ce que cela peut vraiment libérer quatre-vingt-dix pour cent de l’humanité de la peur des Entités du Chaos ? »
Mi-ro pencha la tête en posant la question.
« Mais, euh… Ce scénario est bien considéré comme un échec par l’Hôtel, non ? »
C’était pour cela que l’Hôtel l’avait récupéré, adapté et transformé en salle de la Porte.
C’était bel et bien une mauvaise réponse.
Je ne savais simplement pas pourquoi.
--- Toc !
Grand-père frappa de nouveau la table pour attirer notre attention.
« Ça suffit, les questions philosophiques ! L’important, c’est de résoudre la chambre 207 ! »
« … »
En temps normal, j’aurais été d’accord avec lui.
Mais cette fois, une étrange intuition me titillait l’esprit.
Pourquoi était-ce la mauvaise réponse ?
J’avais l’impression que trouver la réponse à cette question pourrait être important pour la chambre 207…
Sophia reprit la parole.
« Laissez-moi résumer votre plan. Vous voulez aller sur la lune et déterminer de quoi la Sainte Mère est capable. Si vous gagnez, tant mieux. Si vous perdez, vous remonterez le temps et vous vous battrez dans des conditions plus favorables. Mais le Gardien vous empêche d’aller sur la lune. C’est bien ça ? »
« Exactement. »
« Une solution me vient à l’esprit… »
« Oh ! Dis-nous. »
« Le Gardien est incroyablement puissant, mais il n’y en a qu’un. »
« Ah ? »
« Il suffit que quelqu’un d’autre attire l’attention de cet œil. »
En clair, quelqu’un d’autre que moi détournerait l’attention du Gardien pendant que je partirais sur la lune affronter la Sainte Mère.
A-ri posa la question la plus importante.
« Qui ferait ça ? »
« Euh… »
« Tu sais bien que ça ne servirait à rien que quelqu’un sème le chaos en Floride pour attirer son attention, puis se fasse tuer par le rayon de l’œil du Gardien en zéro virgule une seconde ? »
« … »
Il ne suffisait pas d’attirer son attention.
Il fallait tenir tête au Gardien jusqu’à ce que j’atteigne la lune et découvre la puissance de la Sainte Mère.
« Je ne suis pas sûre d’en être capable. C’est un monstre qu’Aedia a créé pour protéger toute la planète. »
« J-j’ai un Fragment du Miroir, alors… »
A-ri coupa fermement Sophia.
« Le Miroir est un Artefact magique qui rend réel le pouvoir de Yaldabaoth. Le Gardien est un monstre créé par Yaldabaoth à la demande d’Aedia. »
« … »
« Tu veux dire que tu vas utiliser le pouvoir de Yaldabaoth pour tuer l’Apôtre de Yaldabaoth ? Tu crois que Yaldabaoth va te prêter son pouvoir ? »
Au bout du compte, la question était de savoir qui, à part moi, pouvait affronter le Gardien, dont la présence écrasante rayonnait dans le ciel.
Si nous ne trouvions pas de solution, il ne nous resterait qu’à remonter le temps et à partir pour la lune sans la moindre information.
La discussion retomba dans une impasse.
« Est-ce que je… Euh, je pourrais essayer ? »
Mi-ro prit la parole avec hésitation.
Mi-ro de Minuit pourrait sans doute affronter le Gardien.
Était-ce le bon moment pour sacrifier Mi-ro de Minuit ?
On aurait dit que oui.
« Mi-ro. »
« Oui ! »
« Comme tu l’as dit, le moment est peut-être venu de sacrifier Mi-ro de Minuit… »
--- Ding-dong !
La sonnette retentit de nouveau.
Sophia nous ayant déjà rejoints, cette fois, ce devait être un employé de l’hôtel !
« Les vêtements ! Les vêtements ! »
« Là-bas ! Passe-moi mon haut ! »
« Sophia ! Ton masque, ton masque ! »
« Hi ! Seigneur Horus, pourquoi vous enlevez soudain votre haut… »
« Non, je n’essayais pas de l’enlever… »
« Sophia, Ga-in est toujours comme ça. »
Tout le monde s’habilla en hâte.
A-ri, qui était repartie accueillir l’employé à notre place, revint aussitôt.
Elle avait une expression étrange.
« Sophia. »
« Q-quoi ? C’est un employé ? J’ai presque fini de m’habiller… »
« Sophia. »
Sophia finit par sentir que quelque chose clochait et la regarda, perplexe.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Toi, il y a cinquante ans… »
« Il y a cinquante ans ? »
« … Tu n’as pas dit que tu avais tué Fortuna ? »
Et alors…
--- Crac !
La porte se fendit en un instant.
A-ri plissa les yeux et invoqua le Polyèdre irrégulier.
Grand-père invoqua instinctivement Encore une chance.
Sophia serra si fort le Fragment du Miroir dans sa main que du sang lui coula de la paume.
Au milieu de tout ça, un jeune homme entra d’un pas absolument assuré.
Dans cette étrange tension, il me regarda et lança :
« Waouh ! Grand frère Ga-in ! Ça fait une éternité ! »
À l’instant où j’entendis cette voix familière, toute ma tension retomba.
Du moins, la mienne.
* * *
Un bref moment de paix s’ensuivit.
Dans cette pièce, au moins deux personnes, Mi-ro et moi, n’avaient jamais affronté Fortuna. Nous pouvions donc le traiter simplement comme Park Seung-yeop.
Il le savait aussi, alors il ne s’adressa qu’à Mi-ro et à moi.
« Grand frère Ga-in, tu n’as pas été un peu dur ? Après tout, tout le monde a souffert à cause d’Aedia… »
« J-je suis désolé. Je t’expliquerai tout en détail une fois qu’on sera sortis. »
« Ce n’est pas grave. Tu es intelligent, grand frère Ga-in. Tu avais sûrement un plan. Je suis vraiment content de te revoir. Ah, ça fait un bail, Mi-ro ! »
« Ah bon ? J’ai l’impression de t’avoir vu il n’y a pas si longtemps. »
« Ha ha ! C’est grâce au Sarcophage de l’immortalité ? Je suis jaloux. Moi, ça fait tellement longtemps que je suis réveillé que ça m’a épuisé. »
« J-je suis désolée. »
« Tu n’as pas à l’être. Je suis juste content qu’on se soit retrouvés. »
Il semblait réprimer avec raison toute la rancœur ou la déception qu’il pouvait éprouver envers moi.
Même envers Mi-ro, qui avait passé un séjour confortable dans le Sarcophage de l’immortalité, contrairement à lui, il disait être heureux de la revoir.
Il avait mûri.
C’était justement pour ça que la situation me mettait mal à l’aise.
Était-ce parce que, dans mes souvenirs, Seung-yeop était un collégien qui ne pensait qu’aux jeux vidéo ?
« J’ai entendu votre conversation en venant. J’ai une très bonne ouïe. »
« Oh ! C’est aussi un art martial ? Tu dois être sacrément fort, maintenant. »
« Ha, grand frère Ga-in. À partir de maintenant, appelle-moi Park Seung-yeop, le plus grand maître d’arts martiaux sous le ciel. »
« Ha ha ! »
« Le problème, c’est de savoir qui va attirer l’attention du Gardien, pas vrai ? Je m’en charge. »
Quoi qu’il en soit, dès que nous nous mîmes à parler, la tension retomba naturellement.
J’avais entendu tant d’histoires inquiétantes sur Fortuna de la part des autres, mais le jeune homme devant moi ressemblait en tout point à Park Seung-yeop, pas à Fortuna.
Était-il assez doué pour me tromper ?
J’avais beau l’observer, Seung-yeop ne me semblait pas du genre à devenir bon comédien avec le temps.
A-ri l’avait dit elle-même.
Fortuna était Seung-yeop, déformé par le Miroir, et l’« hypnothérapie » d’A-ri le ramenait à son état d’origine.
Il était donc tout naturel que ce jeune homme soit Park Seung-yeop…
« Tout le monde, reculez ! Tout de suite ! »
Il y avait ici une personne qui ne pourrait jamais pardonner à Fortuna.
--- Ting !
Sophia fit luire le Fragment du Miroir. Seung-yeop fronça les sourcils et tout le monde resta interdit.
« Sophia ! »
« Seigneur Horus, on vous trompe en ce moment même ! »
« … »
« Cet homme est un monstre. Vous savez ce qu’il a fait, n’est-ce pas ? »
A-ri tenta de nouveau de la convaincre.
« Sophia, je te l’ai déjà dit plusieurs fois. Il est différent du Fortuna que tu connais. Il est redevenu celui qu’il était avant que le Miroir ne le déforme, à l’époque où il était… euh, l’ange d’Horus… »
« Tais-toi ! »
A-ri se tut, prise de court par cette brusque explosion.
Elle sentait la colère, le chagrin et la rancœur déferler comme une tempête.
Ce n’était pas le moment de faire appel à la raison.
« Cet homme était déjà mort ! Je l’ai tué avec le Miroir ! Je l’ai changé en une masse de chair qui se tortillait ! »
« … Sophia. »
« Seigneur Horus, je vous en prie, écoutez-moi. Ce monstre doit être tué. »
« Ce n’est pas Fortuna. C’est Park Seung-yeop, mon compagnon… non, mon ange. »
Le regard de Sophia se vida.
« … Vous me donnez un ordre ? »
« Quoi ? »
« Si vous m’ordonnez de ne pas attaquer, j’obéirai. Je suis votre Pontife. »
Je ne m’y attendais pas tout à fait.
La contraindre à m’obéir ?
J’en étais capable, mais c’était la fille d’Eun-sol, pratiquement une compagne qui m’avait attendu si longtemps. Ça me semblait aller trop loin…
À cet instant,
le jeune homme se tourna vers Sophia avec un sourire amer.
« Tu me détestes toujours. »
« Évidemment ! J’ai passé des milliers de nuits à attendre le moment où je pourrais te tuer ! Même après mille ans, comment pourrais-je oublier avoir enterré ma mère les mains couvertes de sang ? »
« Tu as donc utilisé ton maître comme appât ? »
Elle avait utilisé son maître comme appât ?
Qu’est-ce que ça voulait dire ?
Je regardai A-ri, perdu, mais elle n’en savait pas plus que moi.
À bien y réfléchir, aucun de nous ne savait exactement comment Sophia avait tué Fortuna.
Sans un mot, Seung-yeop s’approcha de la fenêtre et posa la main sur la vitre, comme s’il dessinait la silhouette de quelqu’un.
« Après que sœur A-ri m’a tiré de ma longue torpeur, je me suis mis à penser à quelque chose. »
La première pensée de Fortuna après être redevenu Seung-yeop.
« Je devais remettre Yumi dans la Boîte des âmes. »
« Ah… ! »
A-ri entrouvrit la bouche.
« Heureusement, le dernier Fragment de Yumi était encore dans ce monde. Je pensais pouvoir la sauver en le plaçant à l’intérieur. »
« Seung-yeop, tu… »
Le regard de grand-père vacilla.
« Yumi ne serait peut-être plus saine d’esprit. Sa personnalité aurait pu se fragmenter et faire d’elle une folle. Mais ce n’était pas grave. Je pouvais la garder près de moi et prendre soin d’elle. Même si elle ne pouvait pas guérir ici, si je parvenais à l’emmener dehors… »
Yumi ne pouvait pas guérir dans la chambre 207.
Et après être retournés à l’Hôtel ?
Et si nous utilisions la Flûte d’Eun-sol ?
Et si nous obtenions un moyen spécial auprès du Marchand ?
Je pensais que c’était possible.
À ma connaissance, l’Hôtel était ce qui se rapprochait le plus de l’omnipotence dans l’univers.
« Alors, Sophia, j’ai suivi tes indications jusqu’à la grotte. Je comptais remettre Yumi, à moitié effondrée, dans la Boîte des âmes. Pour ça, je devais en retirer mon âme. »
Le moment où Fortuna avait perdu son immortalité pour remettre Yumi dans la Boîte des âmes.
« Ce jour-là, tu m’as tué une fois. Et je n’étais pas le seul à mourir. Pris dans la malédiction sauvage que tu avais déclenchée, le dernier Fragment de Yumi a lui aussi disparu à jamais. »
Sophia avait tué Seung-yeop et Yumi.
« Et tu n’as toujours pas renoncé à ta rancune. »
Tout le monde resta sans voix.
Puis une voix froide et moqueuse se fit entendre.
« Désolé, mais ce n’est pas moi qui ai déchiqueté mon maître. C’était la Sainte Mère. Tu es l’esclave de la Sainte Mère. Et tu me reproches la mort de mon maître ? »
Eh bien, ce n’était pas tout à fait faux.
Seung-yeop l’admit sans détour.
« Tu as raison. Entre toi et moi, en tout cas, je ne suis pas en position de faire le fier. »
« Si tu le reconnais… »
« Alors, moi aussi, je t’ai préparé un cadeau. »
« Quoi ? Ha ! La seule chose que tu puisses m’offrir, c’est la mort ! »
« Écoute encore un peu, Pontife Sophia. »
« Quoi… »
« Je vais te faire une offre que tu ne pourras pas refuser. »
Une offre qu’elle ne pourrait pas refuser ?
« Je vais… t’envoyer… »
« Quoi ? »
« Au Paradis. »
Tout le monde se figea, stupéfait.
Seung-yeop ajouta une dernière chose.
« Dans ce monde, je suis le seul à pouvoir t’envoyer au Paradis. »
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