Chapitre 530
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 529 : Salle 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve « Le Roi déchu » (15)
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— Han Ga-in
En regardant le monde se fendre, je me demandai :
Était-ce le problème final que nous devions empêcher, la Lumière qui annonce la fin ?
La Lumière qui annonce la fin n’était pas simplement une épreuve de la salle 207. C’était la fin de la réalité à laquelle nous serions un jour confrontés.
C’était aussi le plus grand problème que A-ri, Grand-père et le Bureau de gestion voulaient résoudre.
C’était peut-être ce qui nous attendait au terme du long périple que nous avions vécu dans l’Hôtel.
…
Non, probablement pas.
J’avais déjà vu la Lumière qui annonce la fin pendant le dîner, et elle ne ressemblait pas du tout à ça.
À l’époque, aucun présage spectaculaire comme un ciel qui s’ouvrait ne l’avait annoncée.
Mais alors, qu’est-ce que c’était que ce phénomène ?
Un instant plus tard, le monde entier répondit à ma question.
La pluie se mit à tomber du ciel.
Des gouttes faites de clous de fer acérés s’abattirent d’en haut !
« Aaah ! »
La première victime eut l’épaule transpercée par un clou. A-ri, qui se tenait derrière moi, fut la première à réagir.
« Haah ! »
Elle tendit la main vers le ciel et un mur invisible apparut, bloquant les objets acérés.
— Clang ! Boum ! Ting !
En un instant, une quantité innombrable de clous s’accumula dans les airs !
Bientôt, des fidèles terrifiés se précipitèrent vers moi, paniqués.
« S-Seigneur Horus ! »
« Aïe ! »
« S-Sauvez-nous ! »
La foule sombra aussitôt dans le chaos. Alors qu’ils semblaient sur le point de se piétiner à mort avant même que les clous ne les tuent…
« Je suis ici, devant vous. Qu’avez-vous à craindre ? Gardez votre calme. »
Je parlai en libérant aussi intensément que possible la présence surnaturelle du Soleil sacré, et les gens terrifiés se remirent à m’obéir.
Mais ce n’était que le début de la crise.
La terre se mit soudain à onduler, et un mille-pattes de la taille d’une voiture en jaillit !
Je le réduisis en cendres avec un rayon de chaleur brûlant, mais un faucon à trois têtes fondit alors sur nous et se mit à picorer la tête des gens.
Les fidèles étaient à moitié fous et mes compagnons n’étaient pas moins désorientés !
« G-Ga-in ! Qu’est-ce qu’on fait ? Les m-monstres n’arrêtent pas d’arriver ! »
Mi-ro était collée à A-ri. Elle avait déjà invoqué le Prêteur de temps, mais la montre à gousset ne pouvait rien contre sa peur.
« … »
A-ri transpirait déjà abondamment.
Bloquer les clous de fer qui tombaient du ciel semblait l’amener à ses limites.
Grand-père invoqua instinctivement Encore une chance, mais il avait dû régler le point de retour sur le moment juste après son réveil ; ça ne servait donc à rien.
Cela ne remontait qu’à une dizaine de minutes. Qu’est-ce que ça changerait de revenir dix minutes en arrière ?
Puis le visage de Sophia se durcit.
« Vous devez quitter cet endroit ! »
« … Sophia. »
« Ce phénomène ne se produit pas dans toute l’Amérique. Il est limité à un rayon d’environ trente kilomètres autour d’ici. »
« … »
« Il suffit de partir. Ou alors, tu comptes lutter sans fin contre les monstres qui en sortent ? Si tu fais ça… »
Le pouvoir du Soleil sacré était épuisable.
Sophia le savait aussi. C’était pour ça qu’elle disait ça.
Pourtant, derrière Sophia se tenaient des milliers de personnes tremblantes.
Pour être honnête, je n’avais pas la noble intention de me sacrifier pour eux.
Le problème, c’était que pas mal de gens avaient apporté des caméras pour prendre des photos avec Horus et filmer des « fancams d’Horus », qu’ils mettaient en ligne en direct.
Que se passerait-il si un dieu abandonnait ses fidèles et prenait la fuite ?
Le Culte s’effondrerait presque à coup sûr et je devrais renoncer à recharger le Soleil sacré !
« J’ai pris ma décision. »
« Je vais donner l’ordre de battre en retraite immédiatement… »
Je baissai les yeux vers les huit mille fidèles terrifiés et parlai calmement.
J’avais peut-être l’air de parler tout seul, mais grâce au pouvoir du Soleil sacré, tout le monde m’entendrait.
« Toute cette terre baignée par les rayons du soleil est notre Paradis. Où irions-nous donc ? Je saluerai le soleil de demain aux côtés de mes fidèles. Tel est le grand destin annoncé depuis les origines… »
Je tentai de rendre aussi héroïque que possible ma décision de rester auprès des fidèles au lieu de fuir.
Qu’en penses-tu, Sophia ? Plutôt classe, non ?
Les dieux devaient savoir transformer « Les dieux ne fuient pas » en quelque chose de grandiose et de dramatique. C’était ça, un sermon.
Au moment où Horus prit cette noble décision, les sourcils de Sophia se froncèrent brusquement.
« Non, Horus… Hé ! Tu es vraiment devenu fou ? »
« Sophia, ce n’est pas ainsi qu’une Pontife doit s’adresser à un dieu. »
« T’as perdu la tête, espèce d’abruti ?! »
Cette fois, je chuchotai pour que Sophia seule puisse m’entendre.
« Tu as une voiture, non ? On se tire d’ici tous les deux, vite. »
« … Pardon ? »
Sophia, soudain redevenue polie, me regarda d’un air complètement perdu.
D’abord, j’avais annoncé que je resterais auprès des fidèles jusqu’au bout. Et maintenant, je lui disais qu’on devrait s’enfuir tous les deux.
Même moi, je trouvais cet ordre incompréhensible et bizarre.
Mais c’était possible pour moi.
* * *
— Vrooom !
Un énorme tout-terrain traversa la boue humide comme s’il s’agissait d’une route pavée.
Après avoir roulé plus d’une heure, nous aperçûmes enfin un ciel dégagé.
« … On dirait qu’on s’en est sortis. »
« Ici, il ne pleut pas de clous. Et il n’y a ni oiseaux à trois têtes ni singes qui mangent de la chair humaine. »
Tout le monde avait échappé à cette terre maudite, infestée de monstres et ravagée par les carnages !
Bien sûr, par « tout le monde », je voulais dire les survivants du groupe de l’Hôtel et un tout petit nombre de personnes, dont Sophia.
Des milliers de personnes étaient entassées dans une forêt peuplée de monstres tout droit sortis d’un film d’horreur, et il fallait rouler longtemps pour atteindre un lieu sûr.
Comment aurions-nous pu faire sortir des milliers de gens ordinaires ?
Si j’avais utilisé le pouvoir du Soleil sacré sans me retenir, peut-être que ça n’aurait pas été impossible…
Mais je pensais qu’il existait une « meilleure solution ».
Ne supportant plus l’ambiance morose, Mi-ro demanda prudemment : « Ga-in. »
« Ouais ? »
« Alors… euh, dans quel état est ton double ? Il protège toujours les fidèles ? »
« Bientôt, tout le monde sera avec moi. »
« … »
Pour une raison ou une autre, Mi-ro eut l’air effrayée et se cacha derrière A-ri.
A-ri demanda calmement : « Tu contrôles deux corps en même temps, là, pas vrai ? Ton vrai corps s’est enfui en voiture et… »
« Je ne me suis pas enfui. C’était une décision tactique. »
« … Tu as battu en retraite pour des raisons tactiques, et le double qui utilise le Soleil sacré est toujours dans la forêt ? »
« C’est ça. »
« Alors, tu es conscient des deux endroits à la fois ? Ça ne te donne pas mal à la tête ? »
« Ça va. »
« Tu comptes récupérer ton double quand ? »
« Très bientôt… Hein ? Ah ! Arrête, arrête la voiture ! »
— Crissement !
Grand-père pila et me regarda, surpris.
Au même moment, A-ri et Mi-ro, ainsi que Sophia, qui avait écouté en silence, me fixèrent, les yeux écarquillés.
« Q-Qu’est-ce qu’il y a ? »
« … »
« Seigneur Horus ? »
« Ga-in ? »
« Tu m’as fichu la trouille pendant que je conduisais, petit con ! »
J’annonçai à tout le monde la nouvelle stupéfiante.
« Aedia vient d’apparaître devant mon double. »
* * *
— Han Ga-in
Si l’enfer dans lequel tombaient les pécheurs après leur mort existait vraiment, il pourrait ressembler à cet endroit.
Une forêt remplie de démons nés avec la haine de la vie au fond du cœur.
Là, je pris dans mes bras les faibles et les malheureux.
À bien y réfléchir, tous ceux qui se trouvaient ici n’étaient pas des fidèles dévoués.
Certains étaient des jeunes écervelés venus voir une célébrité une fois dans leur vie.
D’autres, des vidéastes indépendants qui espéraient gagner de l’argent en filmant des « fancams d’Horus ».
Il y avait aussi des pasteurs venus chasser les démons.
C’était un groupe vraiment hétéroclite.
Mais lorsque la destruction inéluctable s’abattit sur eux, ils ne firent plus qu’un.
« Mes enfants, venez près de moi. Je vous ai préparé un Paradis. »
Au début, beaucoup étaient si effrayés que je leur paraissais vraiment être un démon, et ils reculèrent.
Je ne les retins pas.
Dès qu’ils franchissaient les limites du territoire sacré que j’avais créé, il ne restait que l’enfer.
Ils n’avaient nulle part où fuir après m’avoir abandonné.
« Venez. Je souhaite sincèrement vous mener à la Terre pure de la Félicité ultime. »
« Ah… ! »
À la fin, fidèles comme infidèles acceptèrent leur sort et se rassemblèrent autour de moi.
Un, deux, trois.
Bientôt, près de huit mille personnes furent lentement réunies dans un seul réceptacle.
Je me demandai soudain à quoi cette scène ressemblait aux yeux du monde entier, à travers leurs caméras.
J’espérais qu’on aurait dit des fidèles en route vers le Paradis.
Je les avais sauvés des griffes des démons.
Il était tout naturel que les bonnes actions soient récompensées.
Le pouvoir du soleil devint encore plus abondant.
C’est alors qu’une silhouette pâle apparut devant moi.
« Quel dommage. C’est donc la seule réponse que tu as trouvée, toi aussi ? »
Je n’avais jamais rencontré cet être auparavant, mais dès que je la vis, je sus qui elle était.
C’était Aedia, la Sainte Mère !
« Qui êtes-vous ? »
« Je m’appelle Aedia. Mais tu le sais déjà. »
« … »
« Quand j’ai levé le Voile, j’ai secrètement espéré que tu aurais peut-être un moyen de mettre fin à cette souffrance… C’était un espoir vain. Si tu avais chassé les démons et sauvé les gens grâce à un pouvoir sans limites, j’aurais au moins pu reconnaître ta force. »
« … »
« Qu’est-ce que c’est ? Tu dévore l’âme de tes fidèles ? Enfin, c’est toujours un peu mieux que d’être déchiqueté par les démons. »
« … »
« À la rigueur, on pourrait appeler ça de l’Euthanasie. Rien de plus. »
Elle n’avait pas tort, alors je ne pris pas la peine de la contredire.
Partout dans le monde, les fidèles étaient sans cesse tués par les Entités du Chaos.
Je ne pouvais pas gaspiller à la légère le pouvoir épuisable du Soleil sacré pour les en empêcher ; l’Euthanasie était donc ma seule option.
En plus, je pouvais renforcer le pouvoir de l’Héritage. À bien des égards, c’était donc le choix le plus sage.
Bien sûr, il était permis de se demander si les âmes à l’intérieur du Soleil sacré seraient réellement « en paix »…
« Tu es venue pour te moquer de moi ? Si c’est le cas, je n’ai rien à dire. Comme tu l’as dit, c’est ma limite, pour le moment. »
« Pour le moment ? Et plus tard ? »
Y avait-il une autre solution ?
Je n’en étais pas certain, mais une idée vague m’avait traversé l’esprit.
Si j’avais la Sagesse, si je pouvais lire le destin grâce à la Clairvoyance, peut-être aurais-je pu faire un autre choix.
« Ce sera peut-être différent quand j’aurai retrouvé la “Sagesse”. »
C’était une réponse qui ne voulait pas dire grand-chose.
Aedia ne faisait pas partie du groupe de l’Hôtel ; elle ne pouvait donc pas comprendre ce que signifiait le mot Sagesse.
« La Sagesse ? Tu n’as pas encore retrouvé le pouvoir de voir l’avenir ? »
Je fus un peu perplexe.
Aedia n’avait pas l’air d’être venue pour se moquer de ma situation ou rire de moi.
« Je ne sais pas. »
« C’est une question importante. Je vous en prie, répondez-moi. »
« … »
Aedia était polie à sa manière.
Je me souvins soudain de ce qu’A-ri m’avait raconté sur les souvenirs de Yumi concernant Aedia.
« Le monde dans lequel nous vivons est vraiment étrange. »
« Pour sauver cent personnes, j’en ai brûlé cinq, noyé vingt et pendu trente à des poteaux. »
« Quand j’ai repris mes esprits, aucun être n’avait tué autant de gens que moi. »
« Que dois-je faire ? »
Elle avait permis à l’humanité de subsister pendant un temps incommensurable, tout en se couvrant les mains de sang sans relâche.
Elle n’allait pas me faire la leçon pour avoir dévoré à peine huit mille âmes.
« La réponse consiste à fuir ce carrefour où chaque chemin mène à l’enfer. À bâtir un ordre entièrement nouveau. »
« Regardez ! Voilà la réponse à tous les problèmes du monde ! »
Quand mes pensées en arrivèrent là, je compris enfin pourquoi Aedia était venue me trouver.
« Tu essaies de refaçonner tout l’ordre du monde grâce à une sorte de pouvoir, en pensant que ça apportera le Salut au monde. »
Aedia esquissa un sourire.
« Mais tu ne sais pas si tu vas réussir ou échouer. C’est pour ça que tu es venue me demander. Parce que je suis un être capable de voir l’avenir et ses possibilités. »
« Si vous avez lu dans mes pensées, dites-moi donc la réponse. »
J’ignorais exactement ce que la Sainte Mère comptait faire.
Mais j’en connaissais l’issue.
J’avais déjà vu la Lumière qui annonce la fin attendre au terme de la salle 207 et de la réalité elle-même !
« Aedia. »
« Je vous écoute. »
« Ce qui t’attend au bout de ton choix, c’est une tragédie. La Lumière qui annonce la fin t’attend. »
« … Seigneur Horus. Existe-t-il une autre voie pour nous ? »
Je ne voulais pas mentir et je ne pensais pas que ça aurait marché, même si j’avais essayé.
Elle n’avait peut-être pas la Clairvoyance, mais Aedia possédait elle aussi une capacité à lire le destin.
« Je ne sais pas. »
Le désespoir envahit son regard.
« Alors, je vais faire un pas en avant. Même s’il y a de fortes chances que la destruction m’attende au bout de ce choix ! Parce que, parce que… »
Je le voyais.
Je sentais ce qu’Aedia pensait à cet instant.
« Tu crois que si tu ne fais rien, ce monde est condamné à cent pour cent. Alors, même si ton plan a plus de quatre-vingt-dix pour cent de chances d’échouer, tu dois le tenter. »
« … »
« Peu importe que moi, Horus, je te prévienne que tu vas échouer. Tu ne crois pas non plus qu’Horus puisse lire l’avenir à la perfection. Tu te dis qu’il existe peut-être une chance de réussir que je n’ai pas vue, pas vrai ? »
La Sainte Mère répondit à mes paroles par un sourire.
Tandis que son illusion s’effaçait lentement, elle prononça ces derniers mots :
« Tu dis ne pas avoir retrouvé la “Sagesse”. Pourtant, tu es déjà sage. »
Je me retrouvai seul dans la forêt infernale.
Entouré de monstres grouillants, je contemplai l’immense univers dévoilé au-dessus de moi et réfléchis.
« … »
Aedia, la grande Sainte Mère qui avait soutenu pendant des milliers d’années l’histoire humaine de la salle 207.
Qu’avait-elle exactement découvert comme « Salut de l’humanité » ?
Je savais que cela avait un lien avec le Miroir, mais rien de plus.
Même si cette tentative se soldait par un échec, même si la Lumière qui annonce la fin attendait au bout de chacune d’elles…
Je voulais au moins voir une fois la réponse trouvée par la Sainte Mère.
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