Chapitre 527
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 526 : Chambre 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve, « Le Roi déchu » (12)
──────
- Kim Min-a
…
Je repris lentement conscience.
À mon réveil, la première chose que j’éprouvai fut de la honte.
J’avais voulu faire mes preuves en tant qu’agente du Saint-Siège, mais les Ondes aberrantes de l’évêque Hong Go-hak m’avaient neutralisée en un instant.
Je savais depuis quelque temps qu’il possédait un étrange pouvoir, mais j’avais prévu de le neutraliser au cours d’une fusillade avant qu’il puisse s’en servir…
« Urgh ! »
À travers ma vision brouillée, je vis Ga-in me regarder d’un air inquiet.
Le combat était-il déjà terminé ?
« Ça va ? »
« … Oui. Et Hong Go-hak ? »
« Il est déjà mort. »
Je regardai dans la direction qu’il m’indiquait et aperçus le cadavre d’un vieil homme, la tête éclatée.
Vu sa posture, on aurait dit un suicide, mais Ga-in avait le pouvoir de maîtriser les gens, alors ça n’avait rien de si étonnant.
Je me relevai et m’excusai.
« Désolée. Je voulais aider, mais j’ai l’impression que tout ce que j’ai fait jusqu’ici, c’est conduire. »
« Non. C’est vraiment pas vrai. Tu nous as beaucoup aidés. »
« Quelle consolation bidon… »
--- Clic, clic !
J’esquissai un sourire amer et m’apprêtais à lui demander quel était notre prochain plan lorsqu’un bruit de pas retentit.
Je me retournai aussitôt et aperçus une petite silhouette encapuchonnée.
« Qui êtes-vous ? »
« Ça va. Je la connais. »
« Quoi ? »
« Tu m’as demandé tout à l’heure à qui je parlais, non ? C’est elle. »
C’était elle qui avait tué les monstres autour de nous pendant notre trajet de l’église au parc ?
Ga-in m’avait dit que je la connaissais bien, moi aussi.
--- Clic, clic !
Elle s’approcha lentement de nous.
Les courbes visibles sous sa capuche indiquaient qu’il s’agissait d’une femme.
J’étais un peu gênée de le penser, mais elle avait des formes étonnamment généreuses pour quelqu’un d’aussi petit.
--- Clic, clic !
Je me sentis terriblement mal à l’aise, à un point absurde.
D’après Ga-in, elle avait été ma compagne par le passé, mais chaque pas qu’elle faisait me serrait la poitrine.
Lorsqu’elle se tint enfin devant moi et retira sa capuche…
Je compris quel destin inéluctable m’attendait.
« Ah ! »
Ce seul son contenait tout ce que je venais de comprendre.
Je compris aussi que Ga-in m’avait trompée quelques jours plus tôt !
Les scènes que j’avais écartées malgré mes soupçons me revinrent en mémoire comme un panorama.
La façon dont Ga-in avait habilement esquivé ma question quand je lui avais demandé si A-ri était mon nom.
La façon dont il m’avait dit de choisir comment il m’appellerait.
Même la boue sur l’ourlet de son pantalon !
Il y avait eu tant de détails suspects. Alors pourquoi m’étais-je laissée berner ?
Parce que j’avais désespérément voulu y croire.
Je voulais tellement surmonter la confusion provoquée par mon identité incomplète que j’avais fermé les yeux sur chaque détail suspect.
Et lorsque le Royaume des Rêves avait manifesté ses phénomènes mystérieux, j’avais été submergée par ce mystère comme n’importe qui.
Même le Royaume des Rêves avait-il pu être une supercherie ?
« Ga-in, toi… ! »
Le jeune homme répondit avec une expression inhabituellement désolée.
« Je suis désolé. C’est, euh… on n’y pouvait rien. Alors… »
« Tu n’as pas besoin de t’excuser. »
Sa voix était parfaitement calme.
Une main douce se tendit lentement et me caressa le visage.
J’étais incapable de bouger.
À cet instant, j’étais comme un cerf croisant le regard d’un tigre.
« Ah… Hngh… »
Je ne parvenais même pas à envisager de résister et laissai échapper un faible gémissement.
À l’inverse, l’être qui se tenait devant moi était destiné à la grandeur depuis sa naissance.
Pour la première fois, elle s’adressa à moi.
« N’aie pas peur. »
« Hngh… »
« Tu t’appelais Min-a, c’est ça ? Tu ne vas pas mourir. Tu vas simplement redevenir une seule et même personne. »
« … Une seule ? »
« Oui. Nous avons toujours été une seule personne. »
Lentement, sans se presser, le visage d’A-ri se rapprocha du mien.
Démantèlement.
Désassemblage.
Recombinaison.
Une pièce fut lancée en l’air.
Je me réveillai dans le corps de Kim A-ri.
* * *
- Han Ga-in
--- Boum !
Au moment où le corps de Min-a s’effondra au sol, je tressaillis malgré moi.
Même si je savais qu’il était désormais vide, j’avais l’impression de devoir m’excuser pour quelque chose.
Peut-être que mon air décontenancé l’amusa, car A-ri ricana.
« Qu’est-ce qu’il y a ? Je t’ai dit que tu n’avais pas à t’excuser. »
« C’est ce que toi, tu penses. Min-a ne le voyait peut-être pas comme ça… »
« Les pensées de Min-a sont les miennes, maintenant. »
« … »
« Je te l’ai dit quand on s’est croisés quelques jours plus tôt, non ? La véritable Kim Min-a était quasiment morte depuis qu’elle avait accepté l’un de mes Fragments, il y a des dizaines d’années. »
« C’est vrai. »
Notre conversation avait été très brève, mais j’avais entendu son explication au sujet de Min-a.
Des dizaines d’années plus tôt, par hasard ou à cause des manigances du Saint-Siège, elle avait obtenu l’un des Fragments d’A-ri, dispersés aux quatre coins du monde.
Ce Fragment était maintenant retourné auprès d’A-ri.
« À part les Fragments qu’on ne peut plus récupérer, c’était pratiquement le dernier. Je n’avais pas pu le retrouver parce que j’errais à l’étranger pour échapper aux poursuites du Saint-Siège. »
Tandis que je réfléchissais, A-ri inclina légèrement la tête en direction du corps de Hong Go-hak.
« … Qu’est-ce que tu fais ? »
« Je lui rends hommage à ma façon ? »
« … »
« J’ai entendu ce que ton double a dit avant de se tuer. Je crois qu’il a vraiment atteint un état supérieur. »
« … »
« Quelque chose d’incomparable à la magie… C’était un état spirituel vraiment sublime, non ? Peut-être pas celui d’un Bouddha, mais au moins d’un bodhisattva ? »
« Un bodhisattva… »
Dans ses derniers instants, il avait semblé transcender non seulement sa haine envers moi, mais aussi son désir de survivre.
Cette scène avait dû profondément marquer A-ri, car elle poursuivit, la tête baissée, dans une attitude qui ne lui ressemblait pas.
« Je peux affirmer sans hésiter que même le Praticien au-delà du Voile ne s’attendait pas à ça. »
« Le Praticien ? »
« Un dieu étrange, de l’autre côté du Miroir. Je l’appelle le Praticien. »
Le sujet me mettait un peu mal à l’aise et nous n’avions pas beaucoup de temps ; je changeai donc de sujet.
« Je viens de comprendre quelque chose en repensant aux souvenirs que j’ai récupérés dans le corps de Hong Go-hak. Je crois que le Soleil sacré est avec Sophia. Tu le savais ? Tu m’avais dit que tu étais régulièrement en contact avec elle. »
« Je ne le savais pas. J’étais occupée à fuir les poursuites du Saint-Siège et… »
« Et ? »
« Sophia et moi n’étions pas du genre à nous confier tous nos secrets. »
« … »
« Plus exactement, notre relation aurait pu en arriver là, mais les choses se sont compliquées en chemin. Je t’expliquerai plus tard. »
« Si on retrouve Sophia, on pourra aussi retrouver le Soleil sacré. Il y a quelques jours, tu as dit… »
« Je sais où se trouve Sophia. Elle est en Corée. Partons tout de suite. »
« D’accord. »
« À partir de maintenant, ça va devenir dangereux. »
J’avais utilisé plusieurs stratagèmes avec Min-a, mais je n’avais pas menti en disant que sa simple existence constituait un piège.
Le Saint-Siège ne tarderait pas à comprendre que Kim Min-a avait disparu du monde.
Nous devions retrouver le Soleil sacré avant ça.
« … C’est l’itinéraire que l’Hôtel avait prévu pour nous ? »
« Quoi ? »
« Rien. »
Je remis en ordre dans mon esprit tout ce qui s’était passé jusque-là.
1. Récupérer le Grimoire auprès d’une fille qui l’avait obtenu par hasard à l’Hôtel High, puis nouer une alliance avec l’agente du Saint-Siège présente à l’école.
2. Avec l’aide de l’agente du Saint-Siège, confirmer l’existence du Royaume des Rêves et le récupérer.
3. Entrer en contact avec A-ri, qui se cachait dans le Royaume des Rêves, puis retrouver avec son aide le Pontife Sophia, porté disparu.
4. Récupérer le Soleil sacré auprès du Pontife Sophia.
Il s’était passé beaucoup de choses en chemin, mais nous étions presque arrivés à la quatrième étape.
Que se passerait-il ensuite ?
Juste avant notre départ, A-ri ricana.
« Tu ne sais toujours pas conduire ? »
« … »
« C’est drôle. Le grand Ga-in Horus, qui voit l’avenir, ne sait même pas conduire… »
« A-allons-y. »
En voyant A-ri se rappeler naturellement les souvenirs de ses Fragments, je me sentis à la fois gêné et un peu heureux.
Alors, ce qu’elle avait dit sur Min-a, qui ne mourrait pas, n’était pas entièrement faux.
--- Vroum !
* * *
Les routes étaient toujours dans un état de chaos total.
L’armée du Saint-Siège éliminait des monstres çà et là, mais elle ne semblait pas près d’en venir à bout.
Heureusement — ou malheureusement —, A-ri et moi pouvions ainsi parcourir les routes sans trop être dérangés.
Les Entités du Chaos grouillaient partout et ne nous épargnaient pas sous prétexte que nous étions nous, mais A-ri réglait aussi ce problème sans difficulté.
--- Fchht !
Non, sérieusement, ce n’était pas incroyable ?
Elle pouvait conduire tout en découpant les monstres qui s’approchaient avec le Polyèdre irrégulier ?
Son long séjour dans la chambre 207 avait clairement amélioré sa maîtrise du Polyèdre irrégulier.
--- Fwoosh !
Une fois sortis de Séoul, il n’y eut presque plus de monstres en vue. À la place, le vent et la pluie se mirent à cingler la voiture.
Comme nous avions un peu de répit, je posai rapidement une question.
« A-ri, on peut parler maintenant ? »
« J’attendais que tu me le demandes. »
« J’ai beaucoup de questions sur ce qui se passe. »
« … »
« Dans quel état est Sophia ? Elle va bien ? On dirait qu’elle a utilisé le Soleil sacré. »
« … »
« Et j’aimerais savoir ce qui s’est passé au cours des épreuves précédentes. »
« Autre chose ? »
La dernière question m’était venue pendant ma conversation avec Hong Go-hak.
« Oui. Apparemment, le Saint-Siège a dissimulé le monde derrière le Voile. Qu’est-ce que ça veut dire, exactement ? »
« … »
Un bref silence s’ensuivit.
A-ri avait elle aussi besoin d’un moment pour rassembler ses pensées, alors je ne la pressai pas.
« Je peux répondre à deux de tes questions. Je ne sais pas grand-chose sur l’autre. »
« Vraiment ? Alors, commence par ce que tu sais… »
« Avant ça. »
Sa voix était ferme.
« Tu as beaucoup de questions, mais moi aussi. Et j’ai attendu plus de cent ans pour obtenir des réponses. Je peux commencer par t’en poser une ? »
« Vas-y. »
« Ga-in. Pourquoi as-tu sauvé Aedia ? »
Ma première réponse fut simple.
« Qu’est-ce que tu racontes ? Qu’est-ce que j’ai fait à Aedia ? Je l’ai sauvée ? »
« … »
Apparemment, il fallait d’abord expliquer le contexte.
* * *
--- Fwoosh !
Sous la pluie battante, A-ri m’expliqua plusieurs choses.
Premièrement, Aedia, la Sainte Mère et dirigeante du Saint-Siège, vivait depuis l’époque de l’Égypte ancienne.
Deuxièmement, au fil du temps, Aedia était devenue le plus gros problème de la chambre 207. Seung-yeop et Yumi, mais aussi Elena, Eun-sol et même A-ri s’étaient heurtés à elle.
Troisièmement, d’après les souvenirs de Yumi, c’était moi, dans le passé, qui avais sauvé Aedia.
« Je peux connaître la raison, maintenant ? J’y ai vraiment… réfléchi pendant très longtemps. »
Pourquoi mon moi du passé avait-il sauvé Aedia et provoqué un aussi gigantesque effet papillon ?
C’était une question qui tourmentait A-ri depuis cent vingt ans, et Yumi et Seung-yeop depuis plus de dix fois plus longtemps.
Il était temps de lui répondre.
« D’abord, je ne me souviens pas de l’époque où Mi-ro m’a invoqué. Comme tu le sais, une Entité invoquée et son corps d’origine ne partagent pas leurs souvenirs. »
« Ne me dis pas que… Alors, toi non plus, tu ne connais pas la réponse ? Mais comment… »
A-ri avait l’air si abattue que je m’empressai de la calmer. J’avais peur qu’on ait un accident.
« Non. Je sais. Ou plutôt, je peux deviner. L’invocation ne dure qu’une heure au maximum, pas vrai ? Ce n’est pas assez pour que ma personnalité change beaucoup par rapport à celle que j’ai aujourd’hui. »
« … »
--- Crissement !
« Ah ! »
La voiture s’arrêta.
A-ri se tourna vers moi.
Comme si elle voulait consacrer toute son attention à écouter cette réponse capitale.
Elle semblait tellement désespérée d’obtenir une réponse que le cœur m’en pesa aussi.
« Avant d’entrer dans la chambre 207, il y avait une possibilité que je redoutais plus que tout. »
« … »
« C’était que la scène soit détruite avant même que mon tour commence. Je m’en suis rendu compte en traversant les Salles maudites. »
« … »
« Le monde pouvait s’effondrer bien plus facilement que je ne le pensais. Peut-être que le monde normal où j’avais vécu n’avait survécu que par une chance infime. »
« C’est vrai. »
« Alors, j’ai donné une note à Sang-hyeon. J’y avais écrit : “Veuillez respecter le cours de l’histoire tel que nous le connaissons.” »
« Tu considérais la réalité dont tu te souvenais comme une sorte de réponse correcte. »
« Parce que le monde était resté normal jusque-là. Je lui demandais de suivre cette réponse, si possible. »
« Je comprends. »
« Si un monde qui reste normal jusqu’au vingt et unième siècle est la bonne réponse, alors il lui faut un élément essentiel. »
« … »
« Une organisation qui élimine les Entités du Chaos dans l’ombre, tout au long de l’histoire humaine. Le Bureau de gestion. Alors… »
« J’avais deviné jusque-là. On aurait dit que Yumi l’avait compris aussi, à un moment donné. »
C’était ce qu’A-ri et Yumi avaient deviné.
« Après avoir observé le monde aussi longtemps, j’ai fini par comprendre quelque chose. Aedia est incontestablement une ennemie du Parti de l’Hôtel. Mais elle n’est pas l’ennemie de l’humanité. »
Aedia était l’ennemie du Parti de l’Hôtel.
Cela ne signifiait pas qu’elle était l’ennemie de l’humanité.
« Au contraire, Aedia était la plus grande gardienne de l’humanité. Elle s’opposait à nous non par rancune envers l’Égypte ancienne, mais parce qu’en tant que gardienne de l’humanité, elle nous jugeait dangereux. »
« … »
« Parfois, ça en devenait presque étrange. D’une certaine façon, Aedia méritait vraiment son titre de Sainte Mère. Contrairement à moi, elle aimait l’humanité d’un amour si immense qu’il en était presque incompréhensible. »
Un mot resta coincé dans ma gorge.
« Contrairement à toi ? »
« À un moment, je me suis posé la question. Est-ce pour ça que tu as sauvé Aedia ? Parce que tu pensais qu’elle pourrait veiller sur l’humanité pendant des milliers d’années ? »
A-ri et Yumi avaient compris pourquoi mon moi du passé avait sauvé Aedia.
La réponse, c’était qu’elle était faite pour devenir la fondatrice du Bureau de gestion.
Cette réponse en soulevait une autre.
« En envisageant les choses ainsi, une autre question m’est venue, et je n’arrive pas à la comprendre. »
« … Demande. »
« Pourquoi fallait-il que ce soit Aedia ? Admettons que les gens qui ont lancé les Partis à partir du deuxième aient commencé trop tard. Admettons que Mi-ro ait été trop immature sur le plan psychologique. Mais pourquoi pas Yumi ? »
D’après les critères du premier Parti, Yumi aussi pouvait vivre éternellement.
La question que se posaient A-ri, à présent, et Yumi, autrefois, était légitime.
Pourquoi Aedia devait-elle devenir la fondatrice du Bureau de gestion ?
Pourquoi pas Yumi, Mi-ro après avoir mûri avec le temps, ou Seung-yeop ?
« Nous avons eu plusieurs occasions de tuer Aedia. »
« … »
« Yumi en a eu, et moi aussi. Nous aurions pu tuer Aedia… mais, chaque fois, nous avons renoncé. »
Mes compagnons auraient pu tuer Aedia à maintes reprises, mais ils avaient renoncé.
Parce qu’ils ignoraient pourquoi j’avais choisi Aedia.
Un être capable de voir l’avenir avait choisi Aedia. Et s’ils la tuaient de leur propre chef et gâchaient le scénario ?
Incapables de prendre ce risque, ils l’avaient laissée partir chaque fois, et en avaient souffert.
« J’ai même pensé ça, parfois. D’une certaine façon, Aedia est ton apôtre, ton ange. »
« Une apôtre, un ange… »
« Tu sais ? Aedia le croit elle-même, en partie. “Ton dieu m’a choisie, alors pourquoi essaies-tu de me tuer ?” C’est ce qu’Aedia a dit à Yumi. »
À un moment, j’entendis dans la voix d’A-ri un ressentiment qu’elle ne cherchait pas à cacher.
Elle avait souffert pendant plus de cent vingt ans à cause de mon choix. Prétendre qu’elle n’en éprouvait aucun ressentiment aurait été mentir.
« A-ri. »
« Donne-moi la réponse, maintenant. »
« Aedia n’est probablement pas humaine. »
« Ce n’est pas évident ? Elle a déjà vécu des centaines, des milliers d’années… »
« Je ne veux pas dire qu’elle n’est plus humaine. Il y a des milliers d’années, à l’époque où le Parti de l’Égypte ancienne menait son épreuve, Aedia n’était probablement pas humaine depuis sa naissance. »
« Quel rapport avec… »
A-ri se tut alors.
Elle aussi était une compagne intelligente, et comprit le véritable sens de ma réponse.
Mon moi du passé avait choisi Aedia parce qu’elle était un être qui n’avait pas été humain dès sa naissance.
Parce que cela correspondait à la seule et unique bonne réponse que je connaissais.
Comme si son âme avait quitté son corps, A-ri murmura :
« Le fondateur du Bureau de gestion n’était pas humain non plus. Tu le savais. »
Il y a longtemps, avant d’entrer dans la chambre 207.
J’avais appris un fait stupéfiant auprès d’une fille emprisonnée dans un moi infantile.
On ne pouvait pas compter sur le bétail pour protéger un pâturage où vivaient des bêtes.
Et on ne pouvait pas compter sur les gens pour protéger un pâturage où vivaient des humains.
Notes :
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