Chapitre 525
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 524 : Salle 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve « Le Roi déchu » (10)
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- Han Ga-in
Pour être honnête, la force destructrice qui s’était abattue sur Séoul me laissa un instant désemparé.
J’entendais de tous côtés les citoyens hurler, mêlés au chant sinistre que produisaient d’innombrables Entités du Chaos.
Si nous avions été dans une Salle maudite, c’aurait été le moment où je comprenais que notre tentative était vouée à l’échec et où je commençais à envisager la fuite.
Mais nous étions dans la Salle 207, la Salle de la Porte.
Un endroit d’où l’on ne pouvait pas s’échapper et où nous n’avions qu’une seule chance.
Il existait une technique appelée Encore une chance, un Héritage dont l’effet ressemblait à une seconde tentative, mais son propriétaire ne nous avait pas encore rejoints.
Je n’avais pas le temps d’envisager des options impossibles.
Je devais simplement choisir parmi les options possibles !
« Min-a, tu as entendu cet appel, pas vrai ? »
« C-cette voix, à l’instant, c’était bien Hong Go-hak, non ? Je n’ai même pas ouvert mon téléphone, mais… »
« Contacte le Saint-Siège et demande-leur de localiser sa position. Qu’ils retracent l’appel, utilisent des satellites, peu importe, mais qu’ils le trouvent ! »
« Tu vas rejoindre Hong Go-hak ? M-même si on trouve où il est, ça pose problème ! Il y a des monstres partout. Pour une raison ou une autre, ils ne semblent pas pouvoir entrer dans cette église, mais si on sort… »
« Je m’occuperai de ça. »
« … D’accord. »
Pendant que Min-a contactait le Saint-Siège, j’appelai quelqu’un à mon tour.
--- Dring-dring !
« Tu as vu ce qui se passe dehors, pas vrai ? »
「…」
« J’ai besoin de ton aide, maintenant. L’endroit, c’est l’entrée de l’église dont je t’ai parlé hier. Si tu utilises une appli de cartographie… »
「Je te rejoins ?」
« Pas encore. Élimine simplement les monstres autour de nous à distance. »
「- Clic !」
Je raccrochai et me tournai vers Min-a. Elle venait déjà vers moi.
« Je l’ai trouvé ! Il était tellement facile à repérer qu’on n’a même pas eu besoin de le localiser. »
« Il était en plein air ? »
« Il y a un parc sur la route d’ici à Yeouido… »
« Si tu sais où il est, ça suffit ! On peut y aller à pied ? »
« On a une voiture ! On part tout de suite ? »
« Non, attends un peu. »
Les monstres dehors semblaient prêts à se ruer sur nous dès qu’on ouvrirait les portes de l’église.
Ils avaient aussi essayé d’entraîner les fidèles dehors. Une sorte de pouvoir protégeait-il cette église ?
Min-a me demanda alors prudemment : « À qui tu parlais, tout à l’heure ? »
« … »
« Cette personne va s’occuper des monstres autour de nous ? C’est un allié ? D’après ce que tu m’as expliqué hier… »
« C’est quelqu’un que tu connais bien, toi aussi. Tu vas bientôt le rencontrer. »
« Quoi ? »
« Je t’expliquerai bientôt. On a du pain sur la planche, non ? Allons-y. »
* * *
Pendant toute la course jusqu’au parking, Min-a ne put cacher sa surprise ; ses yeux étaient écarquillés comme ceux d’un lapin.
Un épais brouillard envahit les environs, et les monstres qui tentaient de nous prendre pour cible fondirent les uns après les autres.
À vrai dire, j’étais tout aussi surpris à chaque instant.
Ils n’avaient pas ce genre de pouvoir, à l’origine ?
L’avaient-ils acquis en entrant dans la Salle 207 ?
Cette épreuve durait depuis si longtemps que des événements imprévisibles comme celui-ci pouvaient se produire.
« Les clés de la voiture ! »
« Tiens ! »
Le temps pressait, alors j’écrasai l’accélérateur sans hésiter.
--- Vroum !
Je vérifiai l’emplacement que Min-a m’indiquait sur son téléphone…
--- Boum !
J’évitai les monstres qui semaient le chaos partout, en en percutant parfois quelques-uns…
--- Crissement ! Craquement !
Je fronçai les sourcils en voyant un monstre dévorer un citoyen juste devant moi…
--- Boum ! P-pitié, aidez-moi !
À ce moment-là, Min-a finit par craquer.
« Hé ! »
« … »
« Tu crois que c’est une auto-tamponneuse ? Pourquoi tu fonces dans tout ce qui se trouve sur ton chemin ? »
« J-je fais de mon mieux. »
« Pourquoi tu conduis aussi mal, bon sang ? Tu as dit que tu avais tout vécu ! »
C’était injuste.
J’avais traversé toutes sortes de merdes à l’Hôtel, mais j’avais à peine eu à conduire une voiture !
Même si je passais cent ou deux cents ans à cavaler à l’époque préhistorique, ça n’améliorerait pas ma conduite. Qu’est-ce que j’étais censé faire ?
--- Pouet ! Pouet !
« Pourquoi tu klaxonnes ? Tu crois que les clowns mangeurs d’hommes vont s’écarter en entendant le klaxon ? »
« C-c’est juste un réflexe ! »
« Et appuyer sur l’accélérateur au lieu du frein, c’est aussi un réflexe ? »
« … »
À bien y réfléchir, m’installer au volant avait été une erreur.
Mais imaginez un peu.
Je montais dans une voiture tout en échafaudant des plans assez compliqués pour me faire exploser la tête, et la personne à côté de moi était une lycéenne.
Dans une telle situation, 99,9 % des hommes adultes prendraient naturellement le volant !
Et Min-a s’était installée côté passager comme si c’était tout à fait normal…
« Bouge ! Bouge, je te dis ! »
« … »
--- Fffou !
À présent, Séoul était balayée par le vent et la pluie.
La route, envahie de silhouettes humaines qui se balançaient, semblait tout droit sortie d’un cauchemar.
Un véhicule de sécurité transportant une fille du Saint-Siège qui ignorait jusqu’à sa propre nature, et un jeune homme capable de voir l’avenir, mais qui confondait souvent l’accélérateur et le frein, traversa les rues sinistres.
* * *
Quand nous atteignîmes le parc désert, je sus que les informations du Saint-Siège étaient exactes.
Hong Go-hak ne cherchait absolument pas à dissimuler sa position.
En m’approchant, je me demandai comment les choses avaient pu tourner aussi mal.
« … »
Au début, quand je ne savais rien, j’avais prévu de voler le Soleil sacré que les dirigeants de l’Église d’Horus étaient censés posséder.
Après être entré dans le Culte, j’avais appris que l’Horus qu’ils vénéraient, c’était moi. Je m’étais dit qu’il n’y aurait donc pas besoin de me battre.
C’était pour cette raison qu’en cours de route, j’avais changé mon objectif à court terme et décidé de m’emparer du Royaume des Rêves.
Vu les circonstances, mes compagnons avaient dû fonder l’Église d’Horus. Si je les contactais, l’Église d’Horus tomberait naturellement entre mes mains, elle aussi.
Une fois le Culte en ma possession, le Soleil sacré ne finirait-il pas lui aussi par m’appartenir ?
J’avançais donc étape par étape, quand Hong Go-hak s’était soudain mis à tout ravager comme un fou !
« … »
Quand j’entrai en contact avec Hong Go-hak, je le sentis vaguement.
Au fond de son cœur se trouvait une distorsion bizarre.
« Évêque. Pourquoi faites-vous ça ? »
Le vieil homme joignit poliment les mains et prit la parole.
« Qu’ai-je fait ? »
« … »
« Si la tragédie qui frappe Séoul vous choque, je ne peux que vous dire que j’ai révélé la vérité. »
« Comment ça ? »
« Le Saint-Siège a trompé tout le monde pendant d’innombrables années à l’aide de son grossier Voile. Les mensonges finissent toujours par être dévoilés. »
J’avais l’impression de comprendre ce qu’il voulait dire, mais aussi de ne pas le comprendre.
Si je devais interpréter ses paroles, Séoul était déjà devenue un enfer pour une raison ou une autre, et le Saint-Siège semblait avoir dissimulé cette tragédie grâce à un puissant miracle.
Hong Go-hak avait-il percé un minuscule trou dans un barrage solide et rompu d’un coup l’équilibre qui le maintenait ?
« Même si tout ce que vous dites est vrai, c’est vous qui avez fait tomber le Voile. »
« C’est une illusion qui se serait effondrée un jour ou l’autre. Aujourd’hui n’est que le début. »
« Quoi… »
« Le Saint-Siège le sait aussi. Cette imbécile derrière vous n’en sait peut-être rien, mais la Sainte Mère Aedia, recroquevillée en Espagne, le sait. »
Je refermai la bouche et attendis.
L’évêque semblait sur le point de dire quelque chose d’important.
« … »
« … »
Cinq secondes de silence, longues ou courtes selon le point de vue.
Puis Hong Go-hak éclata soudain de rire.
« H-ha ha ! Qu’avez-vous pensé de mon imitation, à l’instant ? »
« … Une imitation ? »
« On aurait dit que je connaissais tous les secrets du monde, non ? C’était plutôt convaincant, comme numéro ? »
« … »
« Seigneur Horus. »
Enfin, ce nom fut prononcé.
Je ne démentis pas celui du prêtre qui m’appelait Horus.
« J’ai servi le Pontife Sophia pendant de nombreuses années, et elle avait une drôle d’habitude. »
« … »
« Quand on lui posait une question, elle ne répondait jamais clairement. Elle adorait les énigmes et les sous-entendus. »
« … »
« À cause de ça, beaucoup pensaient que Sophia était encore plus mystérieuse et secrète. Mais j’ai fini par comprendre autre chose. »
« Qu’avez-vous compris ? »
« Ah ! Cette personne est humaine, elle aussi ! Si elle ne répond pas clairement, c’est parce qu’elle ne connaît pas elle-même la réponse exacte. Et si elle aime les énigmes, c’est parce que ça lui permet de piéger les autres grâce à son intelligence. »
« … »
« J’ai tort ? »
Plus je l’écoutais, plus je trouvais qu’il n’avait pas tort. C’était même un peu drôle.
Je ne l’avais pas encore rencontrée, mais le comportement du Pontife Sophia me rappelait vaguement celui de la Chouette.
« Ça se tient. Quand je ne suis pas sûr de mes connaissances, mais que je veux intimider quelqu’un, il faut bien bluffer un peu. »
« Je vois ! »
« Alors, Hong Go-hak, vous allez imiter Sophia à partir de maintenant ? »
« Ha ha, je n’en ai pas le droit ? »
Il n’était même pas la Chouette, et pourtant il voulait jouer aux devinettes avec des informations à moitié comprises ?
--- Frouf !
Quand le Grimoire, auréolé d’une aura sinistre, apparut, le vieil homme sourit d’un air déçu.
« On dirait qu’il faut quand même du pouvoir pour imiter un dieu. »
--- Criii !
Une fois encore, je fus assailli par une sensation indescriptiblement désagréable.
Des pensées étranges, qui se répétaient sans fin, engloutirent mon esprit !
Uncarrédansuncarrédansuncarrédansuncarrédansuncarré.
Mouvementcirculairecoincémouvementcirculairecoincéuncerclecoincé.
Unhommevoitàtraversl’odeurdesavonlesvaisseauxsanguinsdanslesquelscouledusavon.
Mais qu’est-ce que c’était que ce bordel ?
Treizeenfantscourentverslaroute.
(Laroutedevraitêtreuneimpasse.)
Lepremierenfantditqu’ilapeur.
Ledeuxièmeenfantditqu’ilapeur.
Letroisièmeenfantditqu’ilapeur-
C’était l’œuvre de ce poète excentrique, célèbre à en perdre la tête ![1]
Deuxcompagnonsunhommeetunefemmevenantd’arriverdevantlaportedurestaurantfontdemi-tour
Unmorceaudesucrerougid’encrebleuestchargésuruntricycle
Desbottesmilitairespiétinentdescartesdevisite.Despotsdefleursartificiellestorturentdesmeubles.
« Je » endurai ces enchaînements de mots chaotiques qui semblaient sur le point de me rendre fou, et j’attendis.
Heureusement, l’issue du combat ne tarda pas.
Car je possédais la Deuxième Phrase !
「Si ce qui appartient à autrui peut t’appartenir, ne peux-tu pas, toi aussi, devenir autrui ?」
« Ghh ! Q-qu’est-ce que c’est ? »
Je regardai l’ombre mystérieuse qui venait d’apparaître derrière Hong Go-hak.
C’était moi, et pourtant ce n’était pas moi.
« … »
Pendant un instant, je fus intrigué.
Quand je m’étais séparé en deux pour la première fois, j’avais placé la folie du Grimoire d’un côté et l’Envahissement du Soleil sacré de l’autre, en les maintenant à part. Qu’en était-il, maintenant ?
Peut-être que cette distinction elle-même n’avait aucun sens.
« Ghh ! »
En voyant tout le corps de Hong Go-hak tressaillir, je ne pus m’empêcher de l’admirer, pour être honnête.
Il possédait des pouvoirs spéciaux, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il résiste aussi bien à la Possession tentée par un autre moi.
Mais ce n’était qu’une question de temps.
Hong Go-hak possédait un pouvoir magique qui ébranlait l’esprit, mais il n’avait pas le rang nécessaire pour résister au Grimoire.
Enfin.
Le vieil homme, qui tressaillait, s’immobilisa soudain.
« Ça a marché ? »
« Oui. »
Chaque fois que je me parlais à moi-même comme ça, ça me faisait drôle.
Bientôt, les informations que cet autre moi avait obtenues grâce à la Possession commencèrent elles aussi à remonter naturellement dans mon esprit.
« … »
La crise, le désespoir, la douleur, la frustration et… la trahison !
« Voilà donc ce qui s’est passé. »
Après la disparition de Sophia, l’Église d’Horus avait été plongée dans une crise faute de dirigeants.
Les attaques du Saint-Siège étaient devenues de plus en plus féroces.
Les fidèles ordinaires, qui ressemblaient à des humains normaux, s’en sortaient mieux. Mais les hauts dignitaires du Culte vivaient pratiquement en sursis.
« Beurk… Il y avait tant de non-humains ? »
Beaucoup de hauts responsables de l’Église d’Horus étaient des êtres non humains intelligents, comme des loups-garous et des yétis. Ce n’étaient pas vraiment des gens auxquels le Saint-Siège aurait fait grâce.
« … »
Dans ces souvenirs, Hong Go-hak perdait chaque jour des amis et des êtres chers.
La veille, il avait perdu un ami qu’il connaissait depuis vingt ans. Ce jour-là, il avait perdu un disciple qui l’avait servi pendant de longues années.
Au milieu de tout ce désespoir…
Horus ne lui avait jamais tendu la main pour le sauver.
« … Je vois. »
Au dernier instant, alors que la bougie de la Foi était sur le point de s’éteindre,
quelqu’un murmura à Hong Go-hak :
« Prêtre insensé, tu cherches encore un dieu qui ne te répondra pas ? Je t’accorderai le véritable salut. »
« Hong Go-hak est donc devenu le larbin d’un inconnu ? »
Un autre moi répondit :
« Incapable de supporter les persécutions du Saint-Siège, il a trahi le Culte. Le problème est venu après. Il avait abandonné sa Foi, mais, contre toute attente, le dieu est ensuite revenu. »
« … C’est un peu triste. »
« Puisque le dieu était revenu, un prêtre ordinaire aurait joint les mains et prié, comme celui de l’église tout à l’heure. Mais pas Hong Go-hak. Il avait déjà commis un péché impardonnable. »
« Si tu parles d’apostasie, je pense que je lui aurais pardonné s’il s’était mis à genoux. »
« C’est ce qu’on se dit. Mais, dans sa tête, il avait probablement l’impression qu’il ne pouvait plus faire marche arrière. Ce serait une chose, sauf que… »
Il pencha de nouveau la tête.
« C’est caché dans ses vêtements ? »
« Quoi ? »
« Il est écrit que le “véritable salut” est caché dans ses vêtements. Attends, je vais le sortir. »
Bientôt, cet autre moi fouilla les vêtements de Hong Go-hak et trouva quelque chose.
« On dirait que quelqu’un a donné quelque chose comme ça à l’évêque. »
Un petit objet enveloppé dans un tissu doux.
« C’est vraiment minuscule. »
« Ouais. »
Une fois le tissu retiré, j’aperçus un petit éclat de verre qui luisait d’une lumière inquiétante.
« On dirait un morceau de miroir. Qu’est-ce que c’est que… »
--- Ting !
Notes de bas de page :
[1] Les passages aux mots agglutinés citent « Architecture, hexaèdre infini » et « Vue à vol de corbeau : poème no 1 » de Yi Sang ; l’absence d’espaces est délibérée.
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