Chapitre 523
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 522 : Chambre 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve « Le Roi déchu » (8)
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— Kim Min-a
— Clic !
Le bruit d’un stylo-plume ancien qui tapotait sur un bureau en bois.
Par ce simple geste, l’homme d’âge mûr assis devant moi manifesta clairement son mécontentement. Kim Hak-yeon, responsable de l’Antenne coréenne du Bureau de l’Inquisition, prit la parole.
« Hum… Pour tout le remue-ménage que vous avez provoqué, votre rapport est plutôt maigre. »
« Je suis désolée. Je pensais trouver quelque chose dans le dépôt de reliques, alors j’ai agi, mais il s’est avéré que ce n’était guère plus qu’un musée d’art. »
« Un agent qui s’y était infiltré auparavant avait déjà établi ce fait. Si je me souviens bien, nous avions même conclu que les objets vraiment précieux étaient conservés dans l’archidiocèse américain… »
Le responsable de l’Antenne coréenne avait de bonnes raisons de me réprimander.
Comme il l’avait dit, un autre agent avait déjà infiltré le dépôt de reliques de l’Antenne coréenne de l’Église d’Horus et établi que l’endroit n’était guère plus qu’un simple musée d’art.
Du point de vue du Bureau de l’Inquisition, Eun-ho et moi avions créé des problèmes inutiles en nous infiltrant dans le dépôt de reliques.
Je n’eus d’autre choix que de baisser profondément la tête.
« Je suis désolée. J’ai dû être trop enthousiaste. Je pensais que les choses seraient différentes si j’y allais moi-même. »
Après tout, il était normal qu’une personne tout juste sortie du statut de stagiaire se montre enthousiaste, non ?
J’essayai de jouer là-dessus.
« Hum… Enfin, je ne vous réprimande pas. Comme vous l’avez dit, il aurait pu y avoir quelque chose là-bas. Comment voulez-vous que qui que ce soit fasse son travail si on lui reproche chaque fois qu’il ne trouve rien ? »
« C’est vrai. »
Il laissait passer l’affaire plus facilement que prévu.
Compte tenu de la politique du Saint-Siège — « mieux vaut tuer dix innocents que laisser un seul criminel s’échapper » —, cela se tenait, j’imagine.
Le travail d’un agent comportait son lot de fausses pistes.
« J’ai entendu dire que vous gardiez un étudiant ordinaire auprès de vous. »
« Il est plutôt doué, alors je l’ai convaincu de me donner un coup de main. Pour le moment, je lui confie un rôle de soutien. S’il me semble à la hauteur, nous pourrons le recruter plus tard comme nouvel agent… »
« Et s’il ne l’est pas, vous lui administrerez un agent d’effacement de mémoire de niveau 2 ou supérieur ? »
Eun-ho craignait que le Saint-Siège ne trouve suspecte notre collaboration, mais c’était simplement parce qu’il ne comprenait pas la situation.
Les agents étaient très peu nombreux et s’occupaient de toutes sortes d’affaires dans tout le pays. Comment auraient-ils pu tout faire seuls ?
Il était extrêmement courant de faire appel à des civils après les avoir convaincus d’une manière ou d’une autre.
Les services de renseignement classiques évitaient généralement d’impliquer des civils pour des raisons de sécurité, mais nous n’avions pas besoin de nous en soucier.
Si quelqu’un avait du potentiel, nous pouvions le recruter comme nouvel agent. Sinon, il suffisait de lui administrer un agent d’effacement de mémoire par la suite.
Quoi ?
Les agents d’effacement de mémoire de niveau 2 ou supérieur provoquaient des troubles mentaux à une fréquence non négligeable ?
Le Bureau de l’Inquisition n’était pas le genre d’organisation à se préoccuper de détails aussi insignifiants.
« C’est exact. Je pense qu’il a quelques dispositions pour devenir agent. »
« Je vois. »
Malgré tout, c’était étrange qu’il s’en tienne à un simple « je vois ».
Si j’avais été une autre agente, il m’aurait au moins demandé quelque chose comme : « Il y a plein d’autres civils compétents. Pourquoi faire appel à un lycéen ordinaire comme Cha Eun-ho ? »
…
Je l’avais vaguement senti depuis l’époque où j’étais agente de nettoyage.
Le Saint-Siège me traitait un peu différemment des autres agents.
« Voilà qui conclut le rapport. Bon travail, et… »
« Directeur, j’ai une requête. »
« Hum ? »
« Pourrais-je obtenir un outil capable de détecter les mensonges ? Comme vous le savez, je me fais passer pour une adepte de l’Église d’Horus et, quand je côtoie les fidèles… »
« Nous en avons un, mais… hum. »
« Ce serait compliqué ? »
« Non. Je vais vous y autoriser. Mais soyez prudente. Un détecteur n’est pas fiable. Un escroc suffisamment rusé peut facilement le tromper. »
« Je m’en souviendrai. »
Alors que je m’apprêtais à partir, mon rapport terminé, le responsable de l’Antenne, Kim Hak-yeon, me posa une question en passant.
« Agent Kim Min-a. Avez-vous vécu des expériences étranges dernièrement ? »
« Pardon ? »
« Par exemple, quelqu’un vous a-t-il contactée en rêve ? »
« … Je ne comprends pas où vous voulez en venir. »
« Si vous ne voyez pas, cela suffit. Vous pouvez y aller. »
* * *
Quand je retournai à la planque où nous avions allongé Cha Eun-ho, inconscient, il avait repris connaissance.
« Tu es réveillé ? »
« Grâce à toi. »
« Tu as regardé le tableau ? »
« Oui. Tu as dû avoir du mal à le trouver. Merci. »
Tandis que nous échangions quelques politesses, j’activai discrètement le détecteur de mensonges dissimulé dans la poche intérieure de ma veste.
On disait que c’était un outil mis au point grâce aux avancées conjointes des sciences et de l’occultisme. J’aimais bien son petit format.
Je me sentais un peu écœurée de moi-même d’avoir apporté un détecteur de mensonges alors que je le considérais comme un « compagnon », mais je n’avais pas le choix.
Eun-ho pouvait me mentir sur mon passé.
Je ne pouvais toujours pas lui faire entièrement confiance.
« Alors… Tu as utilisé le tableau, c’est ça ? »
« Oui. Pour commencer, présentons-nous à nouveau. Je m’appelle Han Ga-in. Cha Eun-ho, c’est… un pseudonyme temporaire. »
« … Pfft ! »
« Quoi ? »
« Désolé. On dirait un peu un prénom de fille. »
« On me le dit souvent. »
Han Ga-in.
Le détecteur ne réagit pas, mais au-delà de ça, je sentais que ce nom était le vrai.
En l’entendant, quelque chose résonna en moi.
Ga-in poursuivit.
« J’ai vérifié avec le Royaume des Rêves. Il y a actuellement trois compagnons en vie. »
« Trois ? »
« A-ri, Mook-seong et Mi-ro. »
En entendant le nom d’« A-ri », je ressentis la même résonance douloureuse que tout à l’heure.
Grâce à cela, je n’eus pas besoin de demander lequel des trois noms était le mien.
« “A-ri”, c’est mon nom, pas vrai ? Mook-seong et Mi-ro sont aussi des compagnons ? »
Ga-in esquissa un sourire.
« A-ri, Mook-seong et Mi-ro. Tous les trois sont mes compagnons. »
À ces mots, le brouillard qui me rongeait l’esprit depuis si longtemps se dissipa d’un coup.
Un passé dont je ne me souvenais pas.
Une famille qui n’existait nulle part.
Un lieu de travail qui me cachait tant de choses.
Ce monde avait toujours été rempli de points d’interrogation, mais ce que je comprenais le moins, c’était mon propre passé.
Juste avant que mon cœur ne s’apaise, l’avertissement du responsable de l’Antenne coréenne me revint à l’esprit.
« Un détecteur n’est pas fiable. »
« Un escroc suffisamment rusé peut facilement le tromper. »
Ah ! Pas encore.
Les paroles de Ga-in et le verdict du détecteur, selon lequel il ne mentait pas, ne suffisaient pas.
S’il existait une preuve matérielle indéniable…
« Viens toucher le tableau. »
« Hein ? »
Comme s’il avait lu le trouble dans mes pensées, Ga-in sourit.
« Tu as trouvé le tableau, alors tu devrais l’examiner. À te voir, tu ne l’as même pas touché une seule fois. »
« Je pensais que c’était peut-être un Artefact magique dangereux. »
« Je suis juste là. »
Je fis semblant de ne pas entendre les paroles de Ga-in, qui ressemblaient vaguement à une phrase de drague bon marché, et m’approchai.
Quand je touchai le Royaume des Rêves comme il me l’avait demandé, la surface du tableau ondula étrangement et se mit à m’aspirer.
« Et hop, en haut ! »
Avant que le Royaume des Rêves ne puisse m’engloutir, Ga-in me ramena dans la réalité.
« Tu as vu, pas vrai ? »
« Q-Qu’est-ce que j’ai vu ? »
« Le tableau a réagi à ta présence. »
« … »
« Je te l’ai dit, non ? Seuls mes compagnons et moi pouvons utiliser ce tableau. C’est pour ça que l’Église d’Horus l’avait simplement accroché au mur, et que l’agent du Bureau de l’Inquisition infiltré dans le dépôt de reliques n’y avait rien trouvé d’anormal. »
« … C’est vrai. »
« Le Royaume des Rêves réagit à ta présence. »
Un tableau mystérieux, que seuls les compagnons de Han Ga-in pouvaient utiliser, avait réagi à moi.
C’était une preuve matérielle que je ne pouvais vraiment pas nier.
« Ah… »
Toute tension me quitta et je m’adossai au mur, comme si j’allais m’effondrer.
Peu après, Ga-in se mit à me parler des « autres compagnons », chose qu’il n’aurait jamais faite auparavant.
« Quand tu utilises le Royaume des Rêves, tu peux entrer dans le rêve d’un compagnon et te téléporter en vous réveillant ensemble. »
« Je comprends. »
« Mais il y a une condition : il faut que la personne rêve. »
Apparemment, les autres compagnons ne rêvaient pas en ce moment.
« Il faut attendre la nuit pour retrouver les autres ? »
« Non, ça ne suffira pas. »
Il poursuivit d’un ton teinté de regret.
« D’après la situation, Mi-ro ne dort pas normalement. Elle est plongée dans un sommeil extrêmement, extrêmement profond. Même l’activité minimale du subconscient nécessaire pour rêver est endormie. »
« On dirait qu’elle est en sommeil cryogénique ou quelque chose comme ça. »
« C’est probablement quelque chose de semblable. »
« … Et Mook-seong ? »
« Il ne dort pas aussi profondément que Mi-ro. C’est plutôt comme si… »
« Comme si ? »
« … Je pense qu’il pourrait faire un bref rêve si on attend, mais tout dépend du moment. »
Tandis que Ga-in réfléchissait à la manière de retrouver les autres compagnons, je lui posai une question importante.
« Alors, nous avons le temps avant de les retrouver. »
« C’est ça. »
« Raconte-moi mon passé. »
« Hum… »
Silence.
« … »
« … »
N’y tenant plus, je lui reposai la question.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Comment veux-tu que je t’appelle, maintenant ? Min-a ? A-ri ? »
« … Appelle-moi A-ri. Il faut que je m’habitue à mon nom. »
« D’accord. A-ri, ça risque de te bouleverser, mais écoute-moi bien. Je pense que ton existence même est un piège tendu par le Saint-Siège pour m’attirer. »
« … »
« Tu as travaillé pour le Saint-Siège pendant si longtemps que tu ne sais même plus depuis combien de temps. Pense à la photo des années quatre-vingt que tu m’as montrée. Le Bureau de l’Inquisition a probablement… »
« Au moins trois fois. Ils ont effacé mes souvenirs. »
« C’est ça. Ils ont pris plusieurs mesures contre toi à ton insu. Par exemple, il est possible que le Bureau de l’Inquisition s’en aperçoive dès que tu retrouveras la mémoire. »
Quand j’entendis Ga-in dire qu’il se méfiait du Bureau de l’Inquisition, je repensai à l’étrange question que m’avait posée plus tôt le responsable de l’Antenne coréenne.
« Avez-vous vécu des expériences étranges dernièrement ? »
« Quelqu’un vous a-t-il contactée en rêve ? »
« Oh non ! »
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Le Bureau de l’Inquisition sait que tu peux voyager dans les rêves ! »
« … »
« Je me demandais ce que signifiait l’avertissement du responsable de l’Antenne ! Il voulait vérifier si, après avoir récupéré le Royaume des Rêves, tu m’avais contactée. »
« Hum… C’est étrange. Ils n’ont pas reconnu le Royaume des Rêves accroché dans le dépôt de reliques, mais ils savent que je peux voyager dans les rêves ? »
« C-C’est vrai. »
Maintenant que j’y pensais, c’était bizarre.
Ils n’avaient pas reconnu que le Royaume des Rêves était un tableau spécial, mais ils savaient que Ga-in pouvait entrer dans les rêves de ses compagnons ?
C’était comme reconnaître les pouvoirs du roi Arthur sans reconnaître Excalibur elle-même.
Ils avaient des renseignements, mais ils étaient pleins de lacunes.
Quoi qu’il en soit, en repensant à ma conversation avec le responsable de l’Antenne, je ne pouvais qu’être entièrement d’accord avec Ga-in.
Les autres compagnons, Mi-ro et Mook-seong, étaient actuellement incapables de rêver correctement.
Par conséquent, Han Ga-in était le seul à pouvoir reconnaître la « moi du passé » et me rendre mes souvenirs.
Comme il l’avait dit, j’étais peut-être un piège destiné à attirer Ga-in.
« Attends encore un peu. »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« L’Église d’Horus. J’y ai caché une capacité puissante. C’est probablement le Soleil sacré. Elle serait utile pour étendre l’influence de l’Église. »
« Qu’est-ce que ça changera si on la retrouve ? Même si je me souviens de mon passé, le Bureau de l’Inquisition continuera de nous traquer… »
« Ça change tout. »
« Quoi ? »
Quand je levai les yeux, je vis un jeune homme au visage assuré.
« Une fois le Soleil sacré retrouvé, nous n’aurons plus à craindre les poursuites du Bureau de l’Inquisition. De toute façon, à partir de là, ce sera la guerre totale. »
Notre prochain objectif était le Soleil sacré.
…
Juste avant que nous nous séparions, je remarquai de la terre sur le bas du pantalon de Ga-in.
Il aurait dû passer tout ce temps au lit. D’où venait cette terre ?
Notes de bas de page :
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