Chapitre 522
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 521 : Salle 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve « Le Roi déchu » (7)
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— Han Ga-in
D’après les renseignements recueillis par le Saint-Siège en surveillant l’Église d’Horus, le Royaume des Rêves était entreposé dans le dépôt de reliques sacrées du diocèse coréen.
« Ils les appellent des reliques sacrées, mais, à ma connaissance, ce ne sont que des œuvres d’art. Les objets vraiment mystérieux, ceux qui accomplissent de véritables miracles, sont sans doute conservés dans l’archidiocèse américain. »
Min-a semblait toujours douter que le Royaume des Rêves fût réellement un objet mystérieux.
S’il renfermait vraiment un miracle, il n’y avait aucune chance qu’on le garde dans le diocèse coréen.
Les objets achetés à l’Hôtel ne pouvaient pas être utilisés par les PNJ qui ne faisaient pas partie du groupe de l’Hôtel.
L’Église d’Horus avait donc probablement considéré le Royaume des Rêves comme un simple tableau de grande valeur, à l’instar de la Joconde ou des Tournesols.
Peu après, Min-a me confia plusieurs « outils d’infiltration » fournis par le Saint-Siège.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Disons que c’est un masque de déguisement. Essaie-le. »
J’enfilai ce qui ressemblait à un masque en cuir et me plaçai devant un miroir. Un parfait inconnu me regardait.
C’était un homme d’une trentaine d’années, qui ne ressemblait ni à mon véritable moi, Han Ga-in, ni à Cha Eun-ho, mon apparence dans la salle 207.
« C’est incroyable. »
« Ne compte pas trop dessus. Une Entité du Chaos puissante le percera facilement à jour et il se brisera au moindre coup de feu. Il sert seulement à tromper les gens ordinaires. »
« Ah, d’accord. »
« Bon, je vais t’expliquer le plan d’infiltration… »
« Attends. »
J’avais une dernière requête.
« Quoi ? »
« Tu ne peux pas en trouver un ? »
« Non… Je pourrais, mais ça sort de nulle part. Et je pense que ça va nous gêner pendant l’infiltration. »
« J’ai pris ça en compte. »
« … D’accord. »
* * *
L’aube approchait et une pleine lune ronde illuminait le ciel nocturne.
Je me mis en route, étrangement ému de voir que ce monde avait une lune tout à fait normale.
Il ne fut pas difficile de pénétrer dans le bâtiment où se trouvait le dépôt de reliques sacrées.
À force de progresser dans l’Hôtel, j’avais pris l’habitude de faire des choses dignes d’un agent secret, et le Saint-Siège avait déjà rassemblé beaucoup de renseignements.
« Arrête-toi six secondes. Fais cinq pas vers la droite. Avance de nouveau. »
En suivant des instructions de ce genre, j’arrivai bientôt dans une pièce silencieuse.
L’endroit ressemblait moins à un entrepôt rempli de trésors qu’à une galerie d’art. Des sculptures et des tableaux y étaient exposés un peu partout.
Peut-être y organisait-on parfois des expositions pour des personnalités influentes de tous les milieux ?
— Clac !
Quelque chose bougea dans le sac que je portais. Min-a fronça aussitôt les sourcils et me lança un regard.
Je compris ce qu’elle voulait me dire rien qu’à son expression.
« Je savais que ça arriverait dès que tu as fait cette drôle de demande ! Ça gêne l’infiltration. »
Heureusement, la chose dans le sac ne nous avait pas fait repérer. Je lui adressai donc un sourire gêné, comme si de rien n’était.
Après avoir posé le sac dans un coin discret, je fouillai la pièce avec prudence.
Min-a finit par trouver le Royaume des Rêves accroché au mur.
Elle me lança un regard qui semblait demander : « C’est bien celui-là ? » J’acquiesçai et examinai attentivement le cadre.
Est-ce que je devais l’emporter avec son cadre ?
Il était trop lourd, mais casser ou démonter le cadre ferait du bruit…
Soudain…
« … ! »
Une puanteur violente, assez forte pour me transpercer les narines, me frappa.
Ce sens de l’odorat extrêmement développé qui se manifestait parfois depuis que j’avais atteint le deuxième étage !
A-ri et Grand-père m’avaient dit que c’était l’un des pouvoirs acquis après l’élévation de mon Rang d’âme.
Le plus important, c’était que quelqu’un approchait. Quelque chose qui n’était certainement pas humain.
Dans un endroit pareil, personne qui s’approchait de nous ne pouvait être un allié.
Environ trois secondes plus tard, le visage de Min-a se durcit et elle glissa la main sous ses vêtements.
Comptait-elle sortir un pistolet et engager une fusillade ?
Il y avait des œuvres d’art de grande valeur partout. En face, ils voudraient sans doute éviter un échange de tirs, si possible.
En tenant compte de ça, on avait peut-être une chance de nous en sortir sans verser de sang…
« … »
Non.
J’avais prévu une carte pour ce genre de situation.
« Min-a. Mets-toi à genoux à côté de moi et attends. »
« … ? »
« Dis-le à voix haute. À quoi bon chuchoter ? »
L’ennemi avait déjà repéré l’intrusion. Il n’y avait aucune raison de rester silencieux.
« Eun-ho, qu’est-ce que tu… »
« Ça ne marchera pas, finalement. Le cadre est trop lourd. Je n’ai besoin que du tableau. Et toi, je t’ai dit de te mettre à genoux. »
— Boum !
La porte du dépôt de reliques sacrées s’ouvrit à la volée. Des gardes armés se précipitèrent à l’intérieur, complètement déplacés dans la Corée du Sud du vingt et unième siècle.
Je leur fis face avec assurance.
— Crac !
Je fracassai le cadre contre le mur.
« Bande d’ordures ! »
Ils avaient peut-être reçu l’ordre de ne pas abîmer les œuvres. Le garde en tête, celui qui empestait de façon répugnante, se renfrogna.
« Vous êtes assez ignorants pour ne pas savoir ce qu’est l’art ? »
« Baissez vos armes. »
Je pris la voix la plus grave et la plus sonore possible, tout en me donnant un air inutilement solennel.
« Qu’est-ce que tu racontes, bordel ? Espèce de taré ! »
Bien sûr, ça ne suffisait pas.
Je tendis naturellement la main, et le Grimoire apparut au-dessus de ma paume.
Les gardes furent surpris par ce miracle évident, mais leur étonnement ne dura qu’un instant. Celui qui empestait comme une bête ouvrit de grands yeux.
« Ce ne sont pas des gens ordinaires ! Veillez à ne pas endommager les œuvres… »
C’était la carte que j’avais préparée pour cet instant précis.
Le sac que j’avais discrètement laissé dans un coin du dépôt s’ouvrit, et l’oiseau s’envola.
— Flap !
Des plumes blanches et brillantes.
Une fine poudre blanche se dispersant doucement dans toutes les directions.
Un perroquet d’une beauté féerique se posa sur mon épaule.
Une personne ordinaire se serait peut-être simplement demandé : « Pourquoi y a-t-il un perroquet, tout à coup ? »
Mais où étions-nous ?
Dans un lieu secret appartenant à une secte qui considérait les perroquets comme des messagers de Dieu.
Je pris donc la parole avec assurance.
« Savez-vous qui je suis ? »
Les gardes commencèrent à paniquer.
Plusieurs d’entre eux avaient l’air de partager la même pensée.
« Se pourrait-il que… ? »
J’ajoutai une phrase à voix basse.
« Hong Go-hak, le fidèle que vous servez, ne vous a-t-il rien dit ? L’heure est venue. »
Ce vieux Hong Go-hak avait fait tout un discours sur le retour imminent d’Horus dès notre première rencontre.
Il avait forcément répété la même chose des dizaines de fois à son entourage.
Sentant que quelque chose clochait, plusieurs gardes balayèrent les alentours du regard avant de se tourner vers le grand homme qui empestait.
Je m’en étais douté depuis le début, mais ce géant à l’allure inhumaine semblait être leur chef.
Si je le faisais plier, les autres suivraient naturellement.
— Grrr…
Un grondement sourd sortit du bec de l’oiseau sacré.
Le perroquet leva la tête et fixa le garde, presque comme un humain.
« Pourquoi dévoiles-tu encore des intentions aussi impures ? »
Les perroquets savaient imiter la parole humaine, mais ces gens avaient-ils déjà vu un perroquet parler de cette façon ?
C’était grotesque.
Mais c’était aussi divin.
Dans ce monde, le mal et le mystère étaient indissociables. Le grotesque lui-même était un symbole de Dieu.
Le géant, en sueur froide, répondit avec précaution.
« J-je m’appelle Park Seong-jin. Je suis responsable de la sécurité du diocèse coréen, et… »
« Et ? »
« J-j’ai reçu un rapport disant que des v-voleurs s’étaient introduits… »
« Où voyez-vous des voleurs ? »
Je redressai le dos et me tins fièrement devant les gardes décontenancés.
Pour jouer ce genre de rôle, il fallait tout faire avec assurance.
Cette fois, le perroquet et moi prîmes la parole chacun notre tour, comme si nous convers ions.
« Tout ce qui se trouve sous les cieux repose dans Sa main. Ce temple appartient à l’être honoré. »
« Je suis descendu pour accomplir Sa volonté. »
« Alors, Seong-jin, y a-t-il un endroit où je n’ai pas le droit d’aller ? »
Park Seong-jin était déjà à genoux.
Les autres gardes derrière lui s’agenouillèrent à leur tour, avec une certaine gêne.
« Nulle part ! »
« Et y a-t-il quelque chose que je n’ai pas le droit de prendre ? »
« Rien ! »
Je soulevai une nouvelle fois le cadre et le frappai contre le mur.
— Crac !
Personne ne m’arrêta tandis que je retirais tranquillement le Royaume des Rêves de son cadre, sous les yeux de tous.
« Hum… »
Une fois débarrassé de son cadre, il ne restait qu’une feuille légère qui flottait entre mes mains.
Puisque j’avais déjà créé l’ambiance, autant pousser le mystère encore plus loin.
J’enroulai le tableau, l’attachai avec une ficelle et la nouai à la patte du perroquet.
« Seong-jin, il fait sombre. Ouvre une fenêtre. »
« Une fenêtre… Vous voulez dire le conduit d’aération, là-bas ? »
« Une fenêtre, un conduit d’aération, peu importe. »
« Ah, compris. »
Peu après, j’envoyai le Royaume des Rêves et le perroquet par le conduit d’aération.
« … Beurk. »
Une vague de vertige me submergea.
Ça ne dura qu’un instant, mais utiliser le Pouvoir de l’Avatar sans la fenêtre de statut restait éprouvant.
Je ne pouvais en faire autant que parce que j’avais accepté la Deuxième Phrase.
Il était temps de partir.
Je fis un petit signe et Min-a, qui comprenait vite ce genre de choses, se releva avec respect.
Il ne nous restait plus qu’à quitter le dépôt de reliques sacrées d’un pas assuré, à nous débarrasser du masque spécial de déguisement du Saint-Siège et le crime parfait serait accompli !
Ha ha ! J’avais bien fait d’amener le perroquet, finalement.
Si j’avais demandé à Min-a de trouver le perroquet à l’allure la plus mystérieuse et la plus belle possible, ce n’était pas pour rien.
Puisque j’avais appelé l’oiseau New Pero, je devrais de temps en temps lui demander un « coup de main » à l’avenir.
J’étais prêt à me battre si nécessaire, mais tout s’était déroulé facilement et sans heurts…
Non.
Chaque fois que je me disais : « C’était plus facile que prévu », il arrivait toujours quelque chose de bizarre.
Je ne devais donc pas penser ça.
Je devais cesser de penser au fait de ne pas y penser.
Je devais vider mon esprit de la décision d’arrêter.
Je ne devais pas m’attacher à la décision de vider mon esprit.
Je devais cesser de m’inquiéter de ne pas m’y attacher.
Je devais lâcher prise sur mon inquiétude d’arrêter.
Je devais oublier jusqu’à cette inquiétude de lâcher prise.
Je devais me débarrasser du poids de l’oubli…
— Biiiiiiiiip !
Une sensation d’un désagrément indescriptible.
L’interminable enchaînement de pensées qui se poursuivaient les unes les autres s’interrompit.
En un instant, dans mon champ de conscience qui s’était étendu à l’infini, je « sentis » un vieil homme.
Il possédait un pouvoir magique monstrueux.
C’était un mage capable de manipuler l’esprit humain.
C’était Hong Go-hak, l’évêque à la tête du diocèse coréen.
Je vis le vieil homme.
Le vieil homme me vit.
Nous étions encore séparés par plusieurs kilomètres, trop loin pour nous voir ou nous entendre physiquement.
Pourtant, le vieil homme ne douta pas de cette Communication incompréhensible.
C’était quelqu’un qui croyait sans réserve à l’existence des miracles.
Dans cette conversation silencieuse, le prêtre me sentit et je le sentis.
Je perçus la distorsion dans la foi de celui qui avait autrefois été fidèle.
« Tu es arrivé trop tard. »
— Crépitement !
« … Non. Je ne suis pas arrivé trop tard. »
« Aïe ! Q-qu’est-ce que tu as dit ? »
Quand je tournai la tête, Min-a se couvrait les oreilles des deux mains.
« J’ai mal à la tête ! C’était quoi, ça ? Regarde, les gardes se sont tous effondrés aussi… »
« Sortons d’abord d’ici. »
* * *
À peine de retour dans notre logement, Min-a s’exclama, tout excitée :
« Waouh ! C-c’était quoi, ça ? Ça n’avait rien à voir avec Ji-eun ! C’était d’un tout autre niveau. C’est parce que ce pouvoir était à toi, à l’origine ? Je suis vraiment curieuse, alors… »
« … »
« Je demande juste comme ça. T-tu ne serais pas vraiment Dieu ou quelque chose du genre, quand même ? Enfin… »
« Min-a, je suis épuisé. Laisse-moi me reposer un moment. »
« Hein ? »
J’avais mal à la tête.
Je ne pouvais plus tenir. Je crachai le sang qui s’était accumulé dans ma bouche.
« Ah ! Pourquoi tu saignes ? »
« … »
Ma maîtrise du Livre de l’Avatar s’était améliorée après avoir accepté la Deuxième Phrase, mais il y avait des limites.
J’avais déjà utilisé le Pouvoir de l’Avatar à outrance à l’Hôtel High, sans la protection de la fenêtre de statut, et je venais de recommencer. Forcément, il y aurait un contrecoup.
« … Je vais dormir un peu. »
Mon corps céda d’un coup. Min-a me demanda avec inquiétude :
« Le perroquet ! Il est où ? Il faut retrouver le tableau ! »
« … Je sais pas. Cherche-le. C’est un oiseau, il est peut-être perché quelque part dans un arbre. »
« Quoi ? »
Je me sentais mal pour Min-a, mais j’avais perdu le contrôle de New Pero à cause de ma confrontation avec Hong Go-hak.
Il était probablement redevenu un perroquet ordinaire depuis longtemps et pépiait quelque part, terrorisé.
Avec un peu de malchance, un corbeau ou un faucon crécerelle l’avait peut-être déjà emporté et tué…
Enfin, tant que le tableau était intact, c’était tout ce qui comptait.
« Retrouve le tableau, surtout. Moi, je vais dormir. »
« Hé ! Hé ! Donne-moi au moins une idée d’où il est… »
C’est ainsi que je perdis connaissance.
* * *
…
…
…
Quand je me réveillai, transi par l’air froid, j’étais seul.
Min-a cherchait-elle encore New Pero ?
« Ah. »
Le Royaume des Rêves était posé sur la table.
Heureusement, Min-a avait dû le retrouver pendant que j’étais inconscient.
« … »
Enfin, j’avais un moyen de retrouver mes compagnons.
Et un moyen d’évaluer l’identité de Min-a.
— Frouf !
Le Royaume des Rêves se déplia.
Notes :
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