Chapitre 519
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ S’échapper de l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 518 : Chambre 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve « Le Roi déchu » (4)
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- Cleanup Agent, Kim Min-a
— Bang !
Au moment où j’allais me retourner vers le bruit étrange qui venait de derrière moi, un cri furieux retentit devant.
« J’essayais de me retenir, mais j’en peux plus ! Park Min-seung, espèce de sale enfoiré ! Pour qui tu te prends, bordel, pour… »
« Lâche-moi ! Lâche, lâche-moi ! Putain, j’ai dit que j’étais désolé ! »
« Tu crois qu’il suffit de dire pardon pour que tout s’arrange ? Hein, sale fils de pute ? Espèce de gros déchet… »
Sans prévenir, Ho-jin, le délégué de classe, se jeta sur Min-seung, la brute, à cause de leur dispute précédente !
Les jurons, qui me vrillèrent les oreilles, me laissèrent un instant interdite. Puis le délégué se mit soudain à l’étrangler.
« Rgh ! Ngh ! Glouglou ! »
Le délégué serrait le cou de la brute comme s’il voulait le tuer, les veines des deux bras saillantes. Les autres se levèrent d’un bond, sous le choc.
Ils restèrent pourtant plantés là, embarrassés, sans savoir quoi faire. Personne n’intervint pour les séparer.
Une rage explosive pour une histoire déjà terminée. Des insultes atroces que le délégué n’aurait jamais proférées en temps normal !
J’avais déjà vu ce genre de choses plusieurs fois, non ?
C’était une Catastrophe démoniaque !
« U-un démon ! Un démon a pris possession de Ho-jin… »
Au lieu d’arrêter le délégué, les élèves terrifiés reculèrent.
Alors que je me décidais à intervenir avant que la brute ne meure, le délégué se redressa soudain, le visage vide.
« Hein ? Hein ? Qu’est-ce qui se passe ? »
« Hum ! Hum ! »
« Quoi ? Min-seung ? Ça va ? Pourquoi tu es par terre sous moi ? »
Le délégué avait repris ses esprits ?
Je n’avais jamais vu quelqu’un retrouver ses esprits aussi vite…
— Bang !
Le bruit retentit de nouveau derrière moi, suivi de la voix d’un garçon surpris.
« M-mais qu’est-ce que c’est que ce livre ? »
Tout le monde se tourna vers le fond de la chapelle.
Une des grandes tables où étaient posées les Bibles avait glissé sur le côté. C’était sûrement ça qui avait fait ce bruit.
Quand la table bougea, les genoux d’une élève cachée dessous apparurent.
Un livre noir reposait sur ses genoux.
Il n’avait rien d’une Bible. N’importe qui aurait compris qu’il était dangereux.
« C’est pas Ji-eun ? »
« Quoi ? Hé, Seo Ji-eun ! C’est quoi, ce livre ? Tu l’as trouvé où… »
Ji-eun sursauta et agita les mains. Le livre disparut dans les airs !
« Q-quel livre ? Il n’y avait rien. »
Son mensonge était si maladroit qu’il en était presque risible.
Les quinze élèves environ présents dans la chapelle avaient tous vu le livre. Elle croyait vraiment que le faire disparaître suffirait à les duper ?
Cela ne fit que transformer leurs soupçons en certitude.
Comme s’il n’attendait que ça, la brute, qui toussait par terre, réussit à se relever et lança d’un ton assuré :
« C-c’est elle ! C’est elle ! Tout le monde a vu ce drôle de livre dans les mains de Seo Ji-eun, pas vrai ? C’est forcément elle ! Hé ! Cha Eun-ho ! Attrape-la ! »
Le délégué, qui venait tout juste de reprendre ses esprits, comprit la situation et cria au binoclard qui se tenait près de Ji-eun :
« Eun-ho ! Attrape Ji-eun ! »
« O-okay ! »
Tout le monde lui criant de l’attraper, le binoclard, d’ordinaire timide, trouva peut-être le courage de s’approcher de Seo Ji-eun.
« … Ho. »
Ji-eun sourit doucement et tendit un doigt.
L’instant d’après, le binoclard s’effondra par terre, écumant sans même avoir réussi à crier.
« Ah ! »
La peur se répandit dans la pièce en un instant.
Elle n’avait peut-être plus l’intention de le cacher. Seo Ji-eun sourit ouvertement en promenant son regard sur tout le monde.
« Vous êtes débiles ou quoi ? Qui vous a dit de m’attraper ? Toi, Ho-jin ? »
Le délégué, désigné par son nom, blêmit et se plaqua contre le mur.
« J-Ji-eun… Je t’en prie, épargne-moi ! Je ne t’ai jamais harcelée, pas vrai ? Tu le sais, non ? J’ai toujours essayé de t’aider… »
« D’accord. Je vais laisser Ho-jin tranquille. Et maintenant… Min-seung, c’est ça ? »
La brute devint aussitôt livide.
Contrairement au délégué, qui n’avait jamais été du genre à s’en prendre aux autres, la brute semblait maintenant condamnée.
Il se mit bientôt à s’étrangler lui-même.
« Rgh ! Hum ! »
« Eh bien, Min-seung. On dirait que Dieu ne t’aide pas, hein ? Pourtant, tu as prié tellement fort~ ! »
Sa voix avait presque quelque chose de joueur.
Tous les élèves étaient paralysés par la peur, couchés face contre terre ou plaqués contre les murs. Aucun n’osait même s’enfuir.
…
Ça suffisait.
— Clic !
Il était temps de sortir l’arme de poing cachée sous mon uniforme.
« Seo Ji-eun, pose ce livre tout de suite et… »
Avant que je puisse finir, un garçon à côté de moi me barra la route !
— Boum !
« Non ! »
Surprise, je repoussai l’idiot d’un coup de pied et regardai devant moi. J’entendis des pas précipités s’éloigner de la chapelle.
En un éclair, Seo Ji-eun s’était enfuie !
Pour la première fois, je perdis contenance.
Sa réaction avait été bien trop rapide !
Comme si elle avait su depuis le début que j’étais une agente…
Pas le temps ! À sa poursuite !
* * *
— Bang ! Bang !
Je pressai plusieurs fois la détente en la poursuivant, mais aucun de mes tirs ne l’atteignit.
Ce n’était pas parce que je tirais mal. Elle avait repéré les coups de feu et s’enfuyait en gardant des obstacles comme des bibliothèques ou des portes entre nous !
Heureusement, la course-poursuite prit bientôt fin.
Ji-eun n’avait pas beaucoup d’endurance et, surtout, elle ne pouvait pas quitter le terrain.
« Arrête-toi ! »
« … »
La jeune fille se tenait immobile au milieu du terrain, comme si elle avait l’esprit ailleurs.
Ji-eun devait les voir, elle aussi, maintenant.
Les véhicules blindés noirs qui encerclaient complètement l’école, portail principal compris, et les drones qui volaient tout autour !
La procédure voulait que je l’exécute sur-le-champ.
Le terrain était à découvert. Ji-eun n’avait aucun moyen d’esquiver mes tirs.
« Seo Ji-eun. Dernier avertissement. Pose le livre et rends-toi. »
« … »
« J’ai dit que c’était ton dernier avertissement ! Si tu te rends maintenant, le Bureau de l’Inquisition te laissera peut-être la vie sauve, à condition que le livre soit détruit… »
« … Toi. »
« Hein ? »
« Qu’est-ce que tu en sais ! Qu’est-ce que tu en sais ? Tu es tellement heureuse parce que tu es jolie et que tout le monde t’adore, pas vrai ? Tu crois vraiment être une princesse ou quoi ? Ne prends pas ces grands airs ! Une fille comme toi… »
Hein ?
J’essayais de la sauver, et voilà qu’elle explosait soudain ?
C’était donc de la jalousie qu’elle avait gardée pour elle tout ce temps ?
Même dans un moment pareil…
« Donne-la-moi ! Donne-moi ce corps ! »
Quand le livre sinistre apparut, sa couverture noire semblant recouverte de poussière d’obsidienne, je pris ma décision le cœur lourd.
— Bang !
Le sang jaillit de la poitrine de Ji-eun, et le livre sinistre disparut sans laisser de trace.
…
Comme engourdie, je m’approchai de Ji-eun.
Ce n’était pas pour une raison particulière.
Je voulais simplement assister aux derniers instants de celle que j’avais, à ma façon, considérée comme une amie proche.
« … »
Quand je pris la main de Ji-eun, j’entendis une toute petite voix qui sembla me chatouiller l’oreille.
* * *
La Catastrophe démoniaque de l’Hôtel High se termina ainsi.
« Il y a eu quatre morts. Deux ont été battus à mort avec la batte de cette personne. Le prof de sport, je crois ? L’un d’eux a été écrasé en essayant de s’enfuir. Et la Sorcière a été abattue sur place par une Cleanup Agent. »
À la fin du rapport, j’avais l’air abattue, alors un employé du Bureau de l’Inquisition tenta de me réconforter.
« Agent Min-a ! Ne le prenez pas trop à cœur. Il n’y a eu que quatre morts et vous avez tué la Sorcière. Nous avons maîtrisé l’incident à un coût exceptionnellement bas ! Vous allez enfin pouvoir vous débarrasser de votre étiquette de stagiaire… »
« Hum, hum. J’ai entendu dire que vous étiez assez proche de la Sorcière. »
« Oh là là ! »
« Ah, euh. Quoi qu’il en soit, vous finirez par vous habituer à ce genre de choses… »
« Ça va. »
Je me contentai de répéter que ça allait et quittai ce rassemblement gênant.
…
L’employé n’avait pas menti en disant que nous nous en étions tirés à bon compte avec seulement quatre victimes.
S’ils n’avaient pas trouvé la Sorcière, Ji-eun, le Bureau de l’Inquisition aurait dû tuer tous les survivants de l’Hôtel High.
Heureusement, cela s’était passé sur le terrain.
Comme il s’agissait d’une Catastrophe démoniaque de type érosion mentale, le Bureau de l’Inquisition n’avait pas envoyé d’agents à la légère. En revanche, il avait surveillé la scène en temps réel à l’aide de drones et d’autres moyens.
Autrement dit, tout le monde avait vu Seo Ji-eun mourir.
Grâce à cela, le Bureau de l’Inquisition déclara rapidement l’affaire résolue.
« Agent Kim Min-a. »
« Oui. »
« Vous avez bien travaillé, aujourd’hui. »
« Pas du tout. »
« Vous allez bien ? »
« Oui. »
« … La clinique de santé mentale… »
« Je vais bien. »
« Alors, prenez une semaine de congé. Nous vous contacterons pour votre prochaine mission. »
« Oui. »
* * *
Tard dans la nuit.
Je déambulais dans un salon bien trop spacieux pour une fille vivant seule, perdue dans mes pensées.
« … »
J’avais le cœur un peu lourd et amer.
J’avais dit aux autres que ça allait, mais peut-être que ce n’était pas le cas…
J’avais passé huit ans à me faire passer pour une lycéenne.
Ce n’était pas rien, et j’avais donc connu pas mal de gens que je pouvais presque appeler des amis.
Ji-eun avait-elle compté un peu plus que les autres pour moi ?
Peut-être était-il tout naturel qu’elle me reste en tête parce que je l’avais tuée de mes propres mains, et non parce que nous avions été particulièrement proches.
« … »
Les sentiments des gens étaient si difficiles à comprendre.
J’avais passé des mois avec Ji-eun, mais je ne m’étais jamais rendu compte qu’elle était si jalouse de moi.
Je pensais pouvoir lire facilement les émotions des élèves après avoir passé tant de temps à l’école. C’était peut-être de l’arrogance.
Bien sûr, Ji-eun n’avait pas passé tout ce temps à me jalouser et à me maudire jusqu’à sa mort.
Qu’avait-elle dit à la fin ?
Elle avait prononcé quelques mots d’une voix qui s’éteignait.
« Min-a, pardon… Ce n’était pas moi, tout à l’heure… »
Elle s’excusait sans doute de m’avoir soudain insultée, mais qu’avait-elle voulu dire par « Ce n’était pas moi, tout à l’heure »… ?
« … Hein ? »
À cet instant.
Des souvenirs me revinrent en un éclair, comme un panorama, et des scènes auxquelles je n’avais jamais prêté attention émergèrent dans mon esprit.
Comme si la foudre m’avait frappée derrière la tête !
La première scène.
Quand le délégué possédé avait étranglé la brute dans la chapelle, quelqu’un avait découvert le livre noir invoqué par Ji-eun après le bruit ?
Non ! C’était l’inverse.
Le bruit avait retenti avant que le délégué n’étrangle la brute.
Quelqu’un avait donc déjà déplacé la table de la chapelle et trouvé le livre noir avant que Ji-eun n’utilise la magie, ou au moment où elle avait invoqué le Grimoire pour s’en servir !
La deuxième scène.
Quand quelqu’un avait essayé d’attraper Ji-eun, elle l’avait assommé d’un simple geste.
Ensuite, comme pour montrer son pouvoir à tout le monde, elle avait contrôlé uniquement les mains de la brute et l’avait forcé à s’étrangler lui-même, tout en le laissant conscient !
Elle n’avait jamais montré une telle puissance lorsqu’elle avait semé le chaos dans l’école.
C’était comme si sa maîtrise de la magie avait soudainement grimpé en flèche !
La troisième scène.
Au moment où j’avais essayé de sortir mon arme dans la chapelle, elle avait contrôlé le garçon à côté de moi et m’avait barré le chemin en moins d’une seconde.
Même en y repensant, sa réaction avait été absurdement rapide.
Comme si elle avait su dès le départ que j’étais une agente !
…
Je me rappelai ce qui s’était passé à l’heure du déjeuner.
La folie de la cantinière, survenue juste après, me l’avait fait oublier, mais sur le moment, ça m’avait paru étrange.
J’avais clairement attendu que les autres élèves partent avant de bouger, et pourtant quelqu’un était arrivé par-derrière, comme s’il m’attendait, et m’avait heurtée.
Cette personne avait-elle pu vérifier l’arme de poing que j’avais soigneusement cachée sous mon uniforme ?
« … »
C’était la même personne, à chaque fois.
* * *
Une série de meurtres avait eu lieu.
Si le coupable se trouvait parmi les survivants, mais qu’il était impossible de savoir lequel avait commis les crimes, comment fallait-il réagir ?
Si la décision revenait à un juge, tout le monde serait acquitté faute de preuves, puisqu’on ignorait qui était le coupable.
Le principe fondamental du droit pénal était qu’il valait mieux laisser dix criminels en liberté que punir un innocent.
Si la décision revenait au Bureau de gestion, tous les survivants devraient mourir, puisqu’on ignorait qui était le coupable.
Son principe fondamental était que, même s’il fallait tuer dix innocents, il ne fallait pas laisser un seul coupable s’échapper.
Par conséquent, pour que je survive, il fallait absolument identifier le coupable.
Heureusement, je réussis à récupérer le Grimoire et à quitter les lieux sans trop de difficultés.
…
À part ça, qui était cette agente qui ressemblait vaguement à A-ri ?
J’étais certaine que c’était A-ri…
Elle cachait son arme sous son uniforme exactement au même endroit, dans ce creux discret, qu’A-ri.
Pourtant, ses gestes étaient vaguement maladroits.
Comme si elle était redevenue la Cleanup Agent, cette fausse identité qu’A-ri s’était inventée quand je l’avais rencontrée pour la première fois.
Mais surtout, son âme !
Dès que j’avais récupéré le Grimoire, je l’avais examinée discrètement, et l’état de son âme était étrange.
Que se passait-il donc dans cette pièce ?
Je devrais trouver une occasion de l’approcher.
La secte était la prochaine étape.
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