Chapitre 518
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 517 : Salle 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve : « Le Roi déchu » (3)
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— Cleanup Agent, Kim Min-a
En descendant le couloir, je réfléchis à la situation.
Si l’appel n’avait pas abouti, j’aurais pu supposer qu’un démon inconnu avait utilisé la magie pour bloquer jusqu’au puissant réseau de communication des agentes.
Mais l’appel avait abouti. Le réseau fonctionnait parfaitement, et quelqu’un avait délibérément coupé le contact avec moi.
…
Le Bureau de l’Inquisition avait forcément appris d’une manière ou d’une autre qu’une Catastrophe démoniaque avait eu lieu à l’Hôtel High !
Le problème, c’était que cette catastrophe altérait l’esprit des humains, et qu’ils ne pouvaient donc pas savoir si celui de la Cleanup Agent était encore intact.
Ils évitaient de me parler directement au cas où un démon aurait pris le contrôle de mon esprit.
À la place, en répondant à l’appel avant de raccrocher, ils m’avaient transmis deux informations que je pourrais comprendre si mon esprit était toujours le mien.
Premièrement, le Saint-Siège était au courant de la situation à l’école.
Deuxièmement, puisque le réseau de communication fonctionnait, ils pourraient bientôt intervenir.
* * *
En un rien de temps, l’école était devenue un vrai chaos.
La cantinière, le professeur d’anglais, le prof de sport, le surveillant, la prof de coréen, un élève de la classe 3, un autre de la classe 5 et plus de dix personnes en tout s’étaient déchaînés, semant la terreur autour d’eux.
Bientôt, tout le monde se mit à dire que son téléphone ne fonctionnait plus.
Contrairement au mien, spécialement conçu par le Saint-Siège, les téléphones des autres ne pouvaient plus passer d’appels normalement.
C’est alors que quelques élèves, le visage blanc comme un linge, se mirent à murmurer le mot « démon ».
Pour les gens ordinaires, une Catastrophe démoniaque devait être quelque chose qu’ils ne voyaient qu’aux informations internationales, un événement censé se produire quelque part sur Terre, mais jamais chez eux.
En tant qu’agente, je connaissais une vérité plus cruelle.
Les Catastrophes démoniaques se produisaient des dizaines de fois plus souvent que ne l’imaginaient les gens ordinaires. Si personne n’en savait rien, c’était parce que le Saint-Siège arrivait tant bien que mal à garder l’information sous contrôle.
Les cas qui faisaient la une étaient ceux où le Saint-Siège n’avait pas réussi à étouffer l’affaire, ou ceux qu’il jugeait assez inoffensifs pour être révélés.
…
Pourtant, en voyant les élèves murmurer « démon » devant leurs téléphones morts, une tout autre possibilité me vint à l’esprit.
Et si ce n’était pas un démon ? Et si le Bureau de l’Inquisition mettait le secteur de l’Hôtel High en quarantaine ?
Après tout, pour empêcher une épidémie, la première chose à faire était d’isoler les personnes infectées des gens ordinaires.
En traversant le couloir, j’aperçus mes camarades.
« Min-a ! T-tu es revenue ? »
« Ji-eun, ça va ? »
« O-oui ! On s’en est sortis, je ne sais pas trop comment… Mais tout le monde a encore peur. »
En écoutant Ji-eun, l’une de mes amies les plus proches, s’emballer dans ses explications, je compris ce qui s’était passé dans la classe.
Apparemment, les élèves avaient pris leur courage à deux mains et s’étaient servis des bureaux et des chaises comme boucliers et comme armes pour repousser le prof de sport et s’enfuir.
Bien sûr, un professeur de la classe voisine et d’autres personnes les avaient aussi aidés.
Même si le prof de sport avait été joueur de baseball, il y avait plus de dix garçons pleins d’énergie dans la classe. Ce n’était pas comme s’ils étaient incapables de le maîtriser.
Et une batte de baseball n’allait pas fendre un bureau en deux d’un seul coup.
Ce qui m’impressionnait, ce n’était pas leur force, mais leur courage.
Ils avaient vu le prof de sport battre un élève à mort à coups de batte juste devant eux, et pourtant, ils avaient trouvé le courage de faire front ensemble…
Le courage hérité de leurs ancêtres, qui avaient survécu dans une nature hostile, s’était-il soudain réveillé face à la mort ?
À ce moment-là, le délégué de classe, Lee Ho-jin, je crois, s’approcha de moi.
« Tu es revenue ? Tu es partie si vite que j’ai cru que tu étais sortie. On va rester groupés et se diriger vers le portail principal. »
Le délégué organisait calmement le groupe et attribuait même des rôles aux élèves.
« Toi, prends une chaise et bloque ceux qui s’approchent. Toi, attrape une serpillière et frappe-les. Les filles, restez au milieu », et ainsi de suite.
Les petits délinquants, qui d’habitude se moquaient de tout ce que disaient les profs, obéirent étrangement aux ordres du délégué, même en râlant. Des jeunes comme eux étaient sensibles à ce qu’on appelait la hiérarchie entre camarades.
« Min-a… Pourquoi tu es revenue ? Tu aurais dû sortir et ramener des a-adultes. »
« Ji-eun. N’aie pas peur. »
« D-d’accord. »
S’il y avait des élèves comme le délégué, qui aurait fait un chef de tribu à l’âge de pierre, il était logique qu’il y en ait aussi à l’autre bout du spectre.
Dans la chaîne alimentaire, Ji-eun était un véritable lapin.
« On y va ! »
* * *
En sortant de la classe, nous entendîmes de toutes parts des rumeurs confuses.
Des gens bizarres bloquaient le chemin du portail principal.
Non, on pouvait sortir par le portail principal.
Apparemment, le portail arrière était encore accessible ?
Je vous dis que le portail arrière est bloqué aussi !
Les informations étaient complètement contradictoires.
Je pensais que ceux qui disaient que les sorties étaient bloquées avaient raison.
S’ils avaient coupé le réseau de communication pour contenir une « épidémie », ce serait encore plus étrange qu’ils laissent les gens s’échapper par leurs propres moyens.
Prétendre qu’on pouvait sortir n’était que pure illusion.
Alors que l’ambiance devenait de plus en plus étrange, un binoclard discret, jusque-là fondu dans le décor, leva timidement la main.
« M-monsieur le délégué ! »
« … Quoi ? Vas-y. »
« P-pourquoi ne pas aller à la chapelle ? »
« … »
« Enfin, on dit que le portail principal est bloqué… »
Quelques délinquants lui lancèrent aussitôt des piques.
« Ah, quel abruti. Hé, il faut cinq minutes pour courir jusqu’au portail principal ! Tu nous parles de quelle église ? »
À la surprise générale, certains élèves furent tentés par la suggestion du binoclard.
« Vous n’avez pas entendu que le portail principal était bloqué ? I-il faut se mettre sous une croix pour que Dieu nous protège ! »
Dieu allait nous protéger comme ça, d’un coup ?
Ça semblait dingue, mais réfléchissez-y.
Les démons existaient, et le Saint-Siège invoquait Dieu le Père tous les jours pour exterminer ces démons.
Nous vivions à une époque où 70 % de l’humanité et 80 % des Coréens étaient chrétiens.
Selon les critères ordinaires, il était parfaitement raisonnable que certains élèves espèrent être protégés par Dieu.
Bien sûr, beaucoup trouvaient stupide de choisir la prière plutôt que la fuite, alors qu’ils pouvaient clairement voir le chemin du portail principal.
Au bout du compte, le groupe se scinda en deux.
…
Je rejoignis le groupe qui allait à la chapelle pour une raison toute simple.
Le Bureau de l’Inquisition empêcherait de toute façon quiconque de s’échapper.
À mon avis, il n’y avait qu’un moyen de survivre.
Avant que le Bureau de l’Inquisition ne prenne une « décision douloureuse », je devais trouver et tuer le démon ou le magicien.
* * *
J’étais désolée pour eux, mais ils ne pouvaient pas aller au portail principal.
Et s’il était bloqué ?
Alors, se rendre quelque part d’où ils ne pourraient pas sortir ne serait qu’une perte de temps.
Et s’ils pouvaient s’échapper par là ?
Avec l’école dans cet état, il était impossible que le Saint-Siège ne soit pas au courant.
Dès qu’ils s’échapperaient, le Saint-Siège emmènerait les élèves et les professeurs. Dans ce cas, récupérer le Grimoire deviendrait difficile.
Bref, qu’ils puissent s’échapper ou non, ils ne devaient pas aller au portail principal.
Cela signifiait que les coupables potentiels devaient encore se trouver dans l’école.
Jusqu’à ce que je récupère le Grimoire.
* * *
Le chemin de la chapelle était plus sombre que je ne l’aurais cru, et des bruits étranges résonnaient quelque part, comme des fantômes en train de pleurer.
D’habitude, j’aurais simplement pensé que le couloir était vieux.
Finalement, les élèves terrifiés commencèrent à se disputer.
« Putain, sérieux ! Hé, Lee Ho-jin ! Je t’avais dit qu’on devait aller au portail principal ! »
« Alors vas-y. Tu as entendu dire que le portail principal était bloqué aussi, non ? »
« Putain, alors va vérifier toi-même. On est partis dans une direction complètement bizarre… »
« Hé. Pourquoi tu jures tout le temps ? »
L’instant d’après, le délinquant le fusilla du regard, les yeux écarquillés.
« Espèce de connard… »
En un instant, tout le monde se tendit et observa la scène.
Nous avions déjà vécu ça plusieurs fois.
Quelqu’un se mettait un peu en colère dans une situation qui aurait dû en rester là, puis tentait soudainement de tuer quelqu’un. Jusqu’ici, c’était toujours comme ça que se déroulait cette Catastrophe démoniaque.
« … Hein ? Hein ? Q-quoi ? Non. Ce n’est pas moi ! »
Le délinquant, qui venait enfin de comprendre ce qui se passait, se hâta de protester : ce n’était pas lui.
Tandis que les élèves autour de lui poussaient un soupir de soulagement, je trouvai la situation étrange.
À voir tout ce qui s’était passé jusque-là, ce n’était pas justement le moment idéal ?
Le démon ou le magicien n’était-il pas dans les parages ?
S’était-il enfui par le portail principal, ou avait-il rejoint l’un des autres groupes qui erraient dans l’école ?
Ce serait une bonne nouvelle pour ces élèves.
Pour moi, c’était gênant : je devais trouver le démon.
* * *
Quelles étaient les faiblesses du Grimoire ?
La première, c’était que la portée de sa Possession n’était pas très grande.
Elle dépendait de l’état et de la maîtrise de son utilisateur, alors je ne pouvais pas dire exactement combien de mètres elle couvrait. Mais la cible devait être clairement visible pour moi.
Revenons sur ce qui s’était passé jusque-là.
La cantinière, le professeur d’anglais et le prof de sport.
Tous les trois étaient devenus fous après s’être mêlés aux élèves de notre classe.
Le surveillant, la prof de coréen, et les élèves des classes 3 et 5.
À première vue, ils n’avaient aucun lien avec notre classe. Mais les deux premiers étaient venus arrêter le prof de sport après avoir vu son accès de violence, tandis que les élèves des classes 3 et 5 étaient venus voir ce qui se passait après avoir entendu le bruit provenant de notre salle.
Le coupable était un élève de notre classe.
…
La deuxième faiblesse, c’était qu’il fallait invoquer le Grimoire physique chaque fois qu’on utilisait son pouvoir.
Bien sûr, le Grimoire n’était ni aussi grand ni aussi lourd qu’une encyclopédie, et on pouvait le faire disparaître à tout moment. Il suffisait d’un tout petit abri pour l’invoquer discrètement.
Dans des endroits comme la cantine ou une salle de classe, le coupable pouvait simplement l’invoquer sous un bureau, ce qui expliquait pourquoi je ne l’avais pas encore trouvé.
…
Par précaution, j’avais créé une situation où le coupable pourrait passer à l’action.
Il n’y avait aucun abri dans le couloir, alors s’il invoquait le Grimoire, je le repérerais immédiatement…
Malheureusement, il n’était pas assez stupide pour utiliser le Grimoire dans un endroit pareil.
Je réglerais tout ça à notre prochaine destination : la chapelle.
…
Une pensée me traversa l’esprit.
Pourquoi l’Hôtel avait-il créé un événement aussi étrange ?
Peut-être me demandait-il : « Si quelqu’un d’autre obtenait un Grimoire, comment réagirais-tu ? »
Bien sûr, comme pour tout ce qui se passait à l’Hôtel, ce n’était peut-être que le fruit de mon imagination.
* * *
La dispute précédente avait subtilement divisé le groupe.
Pour simplifier, il y avait le groupe du délégué et celui des délinquants.
Tous les élèves calmes s’étaient rassemblés autour du délégué, tandis que les élèves turbulents qui aimaient le sport s’étaient regroupés entre eux.
Ils chuchotaient pour que l’autre groupe ne les entende pas, même si tout le monde entendait chaque mot. Pourtant, les deux groupes ne s’étaient pas complètement éloignés l’un de l’autre.
Ils avaient trop peur pour avancer séparément.
Et moi, à quel groupe appartenais-je ?
Je m’étais retrouvée avec les délinquants, allez savoir pourquoi.
Kim Min-a, vétérane de huit années de lycée et reine de la vie scolaire, faisait partie des délinquants.
J-je n’y pouvais rien !
Dans l’écosystème du lycée, les filles comme moi, ridiculement jolies et nulles en cours — même si je ne répondais faux qu’exprès pour ne pas me faire remarquer —, finissaient automatiquement avec le groupe des délinquants !
Qu’est-ce que j’étais censée faire quand les élèves turbulents venaient naturellement se planter à côté de moi ?
Le plus drôle, c’était que Ji-eun, qui faisait partie des « lapins » ou des « musaraignes » de l’écosystème de la classe, était elle aussi avec les délinquants.
Bien sûr, ce n’était pas parce que les délinquants avaient accepté Ji-eun. Elle se tenait simplement à côté de moi.
…
L’école était une jungle où de féroces luttes de pouvoir avaient lieu tous les jours.
Les lions et les loups y jouissaient de gloire et d’abondance, tandis que les lapins luttaient simplement pour survivre au quotidien.
Même les lapins les plus faibles avaient leurs propres stratégies de survie.
Si on ne pouvait pas devenir soi-même un loup ou un lion, faire semblant d’être proche d’un loup qui avait l’air gentil, ce n’était pas une autre façon de survivre ?
« M-Min-a ! On y est ! »
« D’accord, d’accord. Entrons. À partir de maintenant, Dieu va tous nous protéger. »
À cet instant, tous les élèves eurent l’air soulagés.
Pas seulement le binoclard discret, mais aussi les délinquants qui crachaient des jurons dégueulasses dès que quelqu’un croisait leur regard.
* * *
Dès que nous arrivâmes à la chapelle, tout le monde s’assit, l’air profondément recueilli.
À vrai dire, c’était assez drôle à bien des égards.
Combien de ces gamins allaient régulièrement à l’église ?
Surtout ce délinquant, là-bas, qui avait l’air de n’avoir jamais mis les pieds dans une église de sa vie…
« H-hé, Jacques 4:7. Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous… »
?
« P-Psaume 23:4 ! Le Seigneur est avec moi. Ta houlette et ton bâton me rassurent. »
Le gamin qui avait le moins l’air d’étudier se mit soudain à réciter des versets de la Bible, au grand étonnement des élèves autour de lui, qui le dévisagèrent.
Le délégué marmonna bientôt, incrédule :
« Hé, Park Min-seung. Tout à l’heure, tu ne disais pas qu’on ferait mieux d’oublier la chapelle et d’aller au portail principal ? »
« E-espèce de connard ! D-Dieu ne nous protège pas uniquement quand on est dans une chapelle. S-si nos cœurs font une place à Sa miséricorde, Il nous accorde Son amour infini où qu’on soit… »
Quel tissu de conneries.
Enfin, si même un délinquant était comme ça, inutile de s’attarder sur les autres.
Bientôt, tout le monde s’agenouilla et se mit à prier, récitant les prières qu’ils connaissaient.
« Père céleste, nous Te prions avec ferveur de nous protéger de la main malfaisante du démon… »
« E-enfants, vous appartenez à Dieu et vous les avez vaincus… »
« Au nom de Jésus-Christ… »
« Amenamenamenamenamen… »
« C’est censé être une putain de prière ? »
« J-je ne connais que “amen” ! »
À ce moment-là, je me levai prudemment et regardai autour de moi.
Le démon ou le magicien était-il quelque part ici ?
— Boum !
À cet instant, un bruit étrange retentit.
* * *
Je t’ai trouvé.
Alors, c’était toi ?
Il était temps de récupérer le Grimoire.
…
On aurait dit que le Saint-Siège avait encerclé l’école.
Après avoir trouvé le Grimoire, il faudrait aussi que je découvre comment m’échapper.
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