Chapitre 517
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 516 : Salle 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve « Le Roi déchu » (2)
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— Agente de nettoyage, Kim Min-a
Je m’appelle Kim Min-a. Je suis une Cleanup Agent de l’équipe d’intervention en cas de Catastrophe démoniaque du Bureau de l’Inquisition de la Sainte Église.
« Sainte Église », « Bureau de l’Inquisition », « Catastrophe démoniaque », « agente ».
Rien que ces mots, ça en jette, non ?
Dommage que je ne puisse jamais en employer aucun quand je me présente.
Avant, je me faisais généralement passer pour « une étudiante qui travaille dans une salle d’étude », « une employée à temps partiel du Happyhappy Convenience Store » ou « une employée à temps partiel du Star Cafe ».
Mon travail consistant à mener toutes sortes d’opérations secrètes dans les coulisses du monde, je savais bien que je n’avais pas le choix, mais c’était quand même dommage de devoir cacher mon identité.
Les plus observateurs avaient sûrement remarqué que le rôle que je jouais le plus souvent était celui d’une « employée à temps partiel ». La raison était simple.
J’avais l’air incroyablement jeune, à un degré surnaturel.
Il suffisait de m’enfiler un uniforme scolaire pour que tout le monde me prenne pour une lycéenne !
« Min-a, bonjour ! »
« Salut ! »
* * *
Une scolarité pouvait être heureuse ou pénible, selon les personnes, mais mon avis était sans appel.
Si on ne se préoccupait pas des notes, le lycée était plutôt sympa.
C’était ma huitième année à l’Hôtel High, et j’avais déjà obtenu mon diplôme deux fois. Tout le monde devrait écouter l’avis de la plus grande experte du lycée en Corée.
Comment avais-je pu passer huit années entières dans un établissement au nom aussi étrange que l’Hôtel High ?
Avant, je soupirais, incapable de comprendre, mais à présent, je commençais à voir pourquoi.
J’avais entendu une rumeur secrète circuler parmi les agentes chevronnées.
D’après cette rumeur, quelqu’un, dans les hautes sphères de la Sainte Église, pouvait voir l’avenir.
On disait que le « Prophète » vivait depuis très longtemps et qu’il était devenu de plus en plus puissant au fil des ans.
Le Prophète avait vu l’avenir.
Il avait forcément découvert qu’une terrible Catastrophe démoniaque frapperait un jour cette école !
Mais comme il ignorait quand exactement, il y avait affecté une seule Cleanup Agent.
…
Présenté comme ça, je me sentais mieux.
J’avais l’impression de ne pas perdre mon temps pour rien, mais de rendre un grand service à l’humanité.
Très bien !
Et si je profitais gaiement d’une nouvelle journée interminable de vie lycéenne ?
« Bâââille ! »
— Paf !
« Qui t’a permis de bâiller en classe ? »
« … Désolée. »
« Les mains en l’air ! »
* * *
À la fin de ce cours ennuyeux d’histoire coréenne, en quatrième période, je forçai mes paupières qui se fermaient à rester ouvertes et regardai autour de moi.
Comme prévu, les garçons étaient déjà prêts à détaler dès que la sonnerie retentirait.
— Ding ! Dong ! Daeng ! Dong !
« Ouais ! »
Comment ces idiots pouvaient-ils refaire exactement la même chose depuis huit ans ?
La nourriture de la cantine était-elle vraiment si bonne, même quand on en mangeait tous les jours ?
Bien sûr, je n’avais pas l’intention de courir comme une idiote.
Même en prenant mon temps, il resterait plein de plats d’accompagnement…
— Crac !
« Ah ! »
« Ouh ! D-désolé ! »
« … »
« D-désolé. Je ne s-savais pas que tu étais là. Enfin, je… »
« C’est bon. Va manger. »
Un des garçons stupides m’était rentré dedans par-derrière.
À sa tête, je reconnus l’un des élèves que j’avais classés parmi les « bons élèves » au début du semestre.
Pourquoi un type comme lui courait-il à toute allure ?
Après avoir soupiré, j’arrivai tranquillement à la cantine, juste à temps pour assister au premier « truc bizarre ».
« Aïe ! C’est chaud ! »
« C-c’est chaud ! »
« … »
On aurait dit qu’une des dames de la cantine avait fait une erreur en servant la soupe brûlante.
Elle avait dû en renverser une sacrée quantité, parce qu’un élève la fusillait du regard et lui criait dessus.
Ah, je me souvenais de lui.
Un des élèves que j’avais classés parmi les « voyous » au début du semestre.
Bon, après avoir servi des repas des milliers, voire des dizaines de milliers de fois, n’importe qui pouvait faire une erreur.
Un petit « excusez-moi » n’aurait-il pas suffi à régler le problème ?
L’élève était un voyou, alors ça risquait de faire un peu de bruit.
« Toi… »
« Madame, mon blazer est trempé… »
« Petit merdeux mal élevé ! C’est comme ça que ta mère t’a élevé ? »
Un silence tomba un instant sur la cantine.
Le voyou qui s’était plaint, mais aussi les élèves à côté qui observaient la scène en ricanant, restèrent bouche bée, le regard affolé.
« Espèce de bâtard, je vais t’arracher les tripes et les faire frire ! Bâtard né d’une pute ! Je vais te verser de l’huile bouillante dans la gorge… »
Les paroles ne lui suffirent pas : la dame de la cantine plongea réellement sa louche dans la friteuse où cuisaient les escalopes de porc !
« Aïe ! »
« M-mais qu’est-ce qui vous prend ?! »
« Elle est folle ! Elle est folle ! »
Le visage rouge de rage, la dame de la cantine recueillit de l’huile bouillante !
À ce stade, même si le voyou avait été un gangster en activité, il aurait d’abord battu en retraite.
Naturellement, les élèves, épouvantés, s’écartèrent en hâte. Les autres dames de la cantine et les professeurs à proximité, sous le choc, se précipitèrent pour la retenir.
Fallait-il vraiment que ça dégénère à ce point ?
Si elle avait simplement dit : « Je suis désolée, mon garçon. J’ai fait une erreur », l’élève aurait sans doute râlé un peu, puis serait allé manger…
Tout le monde toucha à peine à son repas avant la fin de la pause déjeuner.
* * *
Était-ce dans ma tête ?
Pour que ce ne soit rien de plus qu’un accès de colère incontrôlé, c’était arrivé trop brusquement, sans le moindre signe avant-coureur.
Si ce n’était pas dans ma tête…
* * *
Cinquième période : anglais.
À peine le professeur entrée, quelques garçons turbulents lancèrent : « T’as un petit ami ? » et enchaînèrent avec des plaisanteries gênantes que je n’aurais pas voulu répéter.
« L-les garçons ! Taisez-vous, s’il vous plaît. Cette partie tombera forcément au contrôle de mi-semestre ! »
Je soupirai en voyant la professeure d’anglais se débattre, impuissante.
Ça pouvait sembler vieux jeu, mais j’étais vieille école. Les élèves n’écoutaient qu’après s’être fait cogner. Leur parler gentiment ne servait à rien.
Quoi ? Ça tombera au contrôle de mi-semestre ?
Ces idiots se souciaient-ils seulement des contrôles de mi-semestre ?
— Toc ! Toc !
« H-hé ! Sang-min, la prof s’énerve ! »
« Hé hé ! Hi hi ! Désolé, madame ! »
« Quoi ? Waouh ! Vous allez nous frapper, madame ? »
« C’est de la maltraitance sur mineur ! De la maltraitance ! »
Quand on ne pouvait pas se servir d’une baguette, il fallait les impressionner par sa seule présence. Malheureusement, tout le monde n’en était pas capable.
Seul un grand professeur ou quelqu’un qui avait des années d’expérience pouvait y arriver. C’était impossible pour une jolie professeure d’une vingtaine d’années.
La professeure d’anglais allait devoir subir ça pendant des années…
— Paf !
Hein ?
« Aïe, ah… »
« Aah ! »
« F-folle ! M-madame ! Qu’est-ce que vous foutez… »
— Paf ! Paf ! Paf ! Paf ! Paf ! Paf !
« Aaaah ! »
Elle avait perdu la tête ?
La prof venait de poignarder un élève plus de dix fois avec un stylo ?!
« R-retenez la prof ! »
« Allez chercher le prof de coréen dans la classe d’à côté ! »
« Aïe ! »
« A-amenez Sang-min à l’infirmerie ! »
Quand les élèves et le robuste professeur de coréen de la classe voisine réussirent enfin à maîtriser la professeure d’anglais et à l’emmener, le haut du corps de Sang-min était couvert de sang, tout ça parce qu’il avait trop ouvert sa grande gueule.
…
Quand la police arriva, la professeure d’anglais avait l’air complètement hébétée.
Comme si elle n’avait aucune idée de ce qu’elle avait fait.
« Min-a… Tu ne trouves pas que l’école est vraiment bizarre, aujourd’hui ? Je devrais peut-être partir plus tôt ? »
« … Si tu peux. »
« Hé hé. Je plaisante. Partir plus tôt, et puis quoi encore… »
« Non. Si tu peux, fais-le. »
« Hein ? »
La première fois, ce n’était qu’un soupçon. La deuxième, j’en fus certaine.
Il se passait quelque chose d’étrange dans cette école !
* * *
La colère soudaine de la dame de la cantine, sans le moindre avertissement.
La professeure d’anglais, devenue violente comme si elle se fichait des conséquences.
Aucune des deux n’avait agi de son plein gré.
Quelqu’un se servait forcément d’un Grimoire.
Alors c’était ça, « récupérer le Grimoire » !
* * *
Bientôt, les élèves se mirent à croire que ce qui s’était passé ce jour-là était un incident troublant.
C’était vrai, non ?
Le monde avait toujours été rempli de violences absurdes.
On arrêtait un cinglé qui poignardait des gens dans le métro, on lui demandait pourquoi, et il répondait : « Aujourd’hui, la vie est vraiment trop merdique. »
En comparaison, la dame de la cantine avait été insultée par un élève, et la professeure d’anglais avait subi des injures. À leur façon, elles avaient quelques raisons d’être en colère.
À la fin des cours, les élèves bavardaient comme s’ils avaient complètement oublié le bain de sang de quelques heures plus tôt.
L’étude du soir commença dans cette ambiance.
— Boum !
« Tout le monde assis ! »
Une silhouette massive frappa le bureau du professeur avec une batte de baseball et cria en fusillant la classe du regard.
C’était le professeur de sport de l’école. Apparemment, il avait joué au baseball avant de devenir enseignant.
Après avoir traîné dans les ligues mineures sans jamais se faire un nom, il avait pris sa retraite. Mais comme il était un ancien sportif, sa carrure était impressionnante.
Mais… qu’est-ce qu’il fichait avec une batte de baseball ?
Aussitôt intimidés, les élèves s’assirent lourdement, en laissant échapper des sons perplexes.
Le délégué de classe, qui venait de comprendre que quelque chose clochait, leva la main.
« Euh… Monsieur, pourquoi avez-vous apporté une batte ? »
Comme le professeur de sport ne répondait pas, le délégué fronça les sourcils et se leva.
« Excusez-moi ! Pourquoi avez-vous apporté une batte en classe… »
« Bande de petits merdeux ! Rasseyez-vous tout de suite ! »
« Non, mais… »
« Délégué ! Si tu ne te rassis pas immédiatement, je vais t’arracher la tête ! »
Le délégué avait une carrure assez solide et imposait le respect aux autres élèves.
Pourtant, même lui ne résista pas à cette pression démente et se rassit en bredouillant, perplexe.
Mais qu’est-ce qui se passait, bordel ?
Le grand professeur promena son regard dans la classe et se mit à parler comme s’il leur faisait la leçon.
« Vous êtes-vous déjà demandé à quel point votre comportement pourri avait blessé la professeure d’anglais ? Délégué ! »
« O-oui ! »
« Réponds-moi ! »
Ayant repris un peu contenance, le délégué répondit calmement.
« Tout d’abord, je suis désolé. Beaucoup d’élèves vont trop loin dans leurs plaisanteries, alors la professeure d’anglais a dû passer un mauvais moment. En tant que délégué, je vais, euh, veiller à ce que ça ne se reproduise pas… »
« C’était qui ? »
« Pardon ? »
« Quel connard faisait des blagues, espèce d’idiot ? »
Tandis que le délégué hésitait, le professeur de sport se dirigea vers le fond, sa batte à la main, comme s’il connaissait déjà la réponse.
Puis, quand le colosse s’arrêta près d’un bureau au fond de la classe…
— Crac !
« Espèce de petit merdeux ! Aujourd’hui, je vais te réduire en bouillie ! »
La batte de baseball s’abattit comme l’éclair et fracassa le crâne d’un des fauteurs de troubles !
La suite ressemblait à une scène de film d’horreur de série B.
Le coup à la tête de l’élève fut si violent qu’un œil jaillit de son orbite et roula sur le sol, tandis que ses dents se détachaient en pluie et volaient dans tous les sens.
…
Quand je repris mes esprits, la classe avait sombré dans le chaos total.
Une terreur écrasante se répandit à toute vitesse et la salle entière retentit de cris. Certains élèves s’étaient même effondrés après s’être pissés dessus.
Je détalai hors de la classe !
* * *
C’était étrange et brutal.
Quelqu’un qui avait eu la chance de mettre la main sur un Grimoire semblait s’en servir pour faire du mal aux élèves, mais j’ignorais pourquoi.
Pour se venger de ce qu’avait subi la professeure d’anglais ?
Ça ne collait pas. La violence commise en prenant le contrôle de la professeure avait probablement à moitié détruit sa vie.
* * *
Alors que je dévalais le couloir, essoufflée, l’école était en train de perdre complètement la tête.
L’annonce diffusée par les haut-parleurs ressemblait aux divagations d’un fou !
« Ah, ah ! Test du micro. Élèves de l’Hôtel High, chaque mot d’anglais que vous mémorisez aujourd’hui changera le visage de la personne que vous épouserez plus tard. Vous avez déjà entendu cette phrase, n’est-ce pas ? »
« Saviez-vous qu’on avait omis la phrase suivante ? »
« Ça ne changera pas seulement le visage de votre conjoint, mais aussi le vôtre ! »
« Aaaaah ! »
— Clic ! Clic !
« Pourquoi fallait-il que ça arrive… Pourquoi… »
Qui était derrière tout ça, bordel ?!
J’étais une agente.
J’avais une arme pour me défendre en cas d’urgence.
On m’avait aussi appris quand et comment m’en servir.
Mais à cet instant, je n’avais aucune idée de l’identité de l’ennemi !
— Dring ! Clic !
Heureusement, l’antenne coréenne du Bureau de l’Inquisition décrocha.
Je pensais que des phénomènes magiques pouvaient empêcher les appels téléphoniques, mais après tout, c’était un téléphone fabriqué par la Sainte Église !
« Agente, agente Kim Min-a à l’appareil. À l’Hôtel High, actuellement… »
— Clic !
L’appel fut coupé.
Ce n’était pas que l’appel n’avait pas abouti. Quelqu’un, à l’antenne coréenne, avait bel et bien décroché…
Quelqu’un avait délibérément raccroché.
Comme si on m’avait abandonnée dans cette horrible école, tel un pion dont on n’avait plus besoin.
* * *
Qui était le coupable ?
Qui avait obtenu un Grimoire grâce aux manigances de l’Hôtel et commettait ces actes cruels ?
C’était encore difficile à dire.
Il y avait tout simplement trop de monde.
Si le nombre de personnes diminuait fortement, je pensais pouvoir réduire le nombre de suspects…
Une chose était sûre.
La portée de la Possession du Grimoire n’était pas très étendue.
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