Chapitre 516
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 515 : Salle 207, Salle de la Porte – Quatrième Épreuve, « Le Roi déchu » (1)
──────
— Han Ga-in
…
Je me réveillai dans une maison silencieuse.
Il n’y avait aucun signe de la présence de quelqu’un d’autre ; j’étais donc apparemment seul.
L’air était frais. Je regardai dehors, puis vérifiai l’heure : l’aube venait de se lever.
À peine l’épreuve avait-elle commencé qu’un titre clignota au bord de mon champ de vision, avant de disparaître.
« C’est quoi, ce titre ? C’est tellement enfantin. »
Le Roi déchu. Rien qu’à l’entendre, on aurait dit un terme tiré d’un jeu vidéo.
La fenêtre de statut, qui avait parfaitement fonctionné pendant le trajet en train, avait disparu.
L’Hôtel avait-il scellé ma Bénédiction ?
A-ri avait dit que si l’Hôtel avait le moindre sens de l’éthique commerciale, il nous laisserait utiliser les pouvoirs acquis juste avant d’entrer dans la salle 207.
Elle voulait dire qu’A-ri et Grand-père Mook-seong pourraient se servir de leurs héritages, tandis qu’Elena pourrait utiliser sa Bénédiction.
Ça se tenait, alors je m’attendais à ce que l’Héritage soit scellé. À ma grande surprise, c’était la Bénédiction qui l’était.
Bon, il ne me restait plus qu’à compter sur le Grimoire et le Soleil sacré…
« Quoi ? »
Ni le Grimoire ni le Soleil sacré ne réagirent.
Comme si elle n’attendait que ça, une notification apparut.
「Votre Bénédiction et votre Héritage ont été scellés ! Veuillez consulter la table.」
Je restai bouche bée, incrédule.
Les deux avaient été scellés, pas un seul ?
J’aurais juré avoir entendu qu’un seul serait scellé…
Puis je me rappelai les paroles exactes du Marchand dans le train.
« D’abord, au moins une de vos Bénédictions ou de vos Héritages peut être scellée. »
Pas une seule. Au moins une.
Comme toujours, l’Hôtel n’avait pas menti, cette fois non plus.
« … »
Ce ne fut qu’alors que je compris le sens du titre : Le Roi déchu.
J’avais autrefois pensé que les plus grandes forces du groupe de l’Hôtel étaient la confiance et la communication.
À l’inverse, si le groupe de l’Hôtel des profondeurs marines, que Mi-ro dirigeait, avait échoué, c’était surtout par manque de confiance et de communication.
Et moi, à présent ?
Je faisais des plans tout seul, cachais les informations autant que possible et tentais de déplacer mes compagnons comme des pièces d’échecs.
J’étais loin d’être le dirigeant démocratique que Sang-hyeon espérait.
J’avais mes raisons.
Mais selon cette logique, Mi-ro avait elle aussi ses raisons, autrefois.
Sans m’en rendre compte, j’étais devenu un roi qui gardait ses secrets.
À présent que j’avais perdu ma Bénédiction et mon Héritage, j’étais bel et bien un roi déchu.
Ce titre se moquait-il de ma situation actuelle ?
« Ça suffit, l’introspection. »
Après avoir mis fin à cette réflexion inutile d’une seconde, j’examinai le petit mot posé sur la table, comme indiqué.
* * *
Récupérez vos propres pouvoirs.
Vous pourrez retrouver votre Héritage et votre Bénédiction aux endroits indiqués.
1. École
2. Secte
3. Han Ga-in
* * *
L’école, ça se comprenait, au moins.
Mais qu’est-ce que cette histoire de secte voulait dire, bon sang ?
Une église ? Un temple ? Une sorte de secte ?
Et le dernier élément, Han Ga-in, n’était même pas un endroit. C’était mon nom.
Le mot était tellement absurde que je laissai échapper un rire sans joie.
« … »
Pour commencer, je devais rassembler quelques informations de base sur la situation.
Heureusement, il y avait un ordinateur, une connexion Internet et un téléphone. Je pus donc me faire une idée générale du monde sans trop de difficulté.
La quatrième épreuve se déroulait en Corée du Sud, au vingt-et-unième siècle, et le Bureau de gestion de ce monde s’appelait le Saint-Siège.
La Chine était divisée entre la Chine du Sud et la Chine du Nord, car, dans la salle 207, la guerre civile chinoise s’était achevée par un cessez-le-feu.
Il y avait d’autres différences, comme l’Alaska, qui appartenait à la Russie, ou la dynastie héréditaire nord-coréenne, dont le nom de famille était Park.
Un détail particulièrement étonnant était que l’Église d’Horus exerçait une influence considérable, aux côtés des quatre grandes religions que l’on disait être le christianisme, l’islam, l’hindouisme et le bouddhisme.
Est-ce que tout cela aurait une incidence sur l’épreuve ?
Impossible de le savoir pour le moment.
…
Peut-être parce que la Clairvoyance avait disparu, mon esprit me semblait plus clair à certains égards.
Je comparai soigneusement le plan que j’avais préparé avant d’entrer avec la situation actuelle.
* * *
Mes compagnons avaient tendance à considérer la Clairvoyance comme de la précognition.
C’était sans doute plus facile à comprendre ainsi, mais l’Hôtel distinguait la Sagesse, la Prévoyance et la Chance.
Toutes trois permettaient de faire le bon choix, mais elles fonctionnaient différemment.
La Sagesse consistait à choisir la bonne réponse en s’appuyant sur des éléments probants.
La Prévoyance consistait à observer la bonne réponse en faisant abstraction des preuves.
Évidemment, personne n’avait obtenu la Prévoyance, alors je ne pouvais pas en être certain.
Enfin, la Chance, c’était choisir sans connaître ni les preuves ni la réponse, puis se rendre compte : « Hein ? C’était ça, la réponse ? »
Pour interpréter correctement les possibilités que je voyais grâce à la Clairvoyance, je devais réfléchir aux éléments qui les avaient fait apparaître.
Par exemple, chaque fois que je regardais A-ri, je voyais une masse chaotique de possibilités qui se transformaient sans cesse.
J’avais évoqué trois images relativement claires, mais elles n’étaient que la partie émergée de l’iceberg.
Pourquoi les possibilités d’A-ri étaient-elles les seules à être aussi chaotiques ?
J’en avais conclu qu’A-ri vivrait plus longtemps que mes autres compagnons et qu’elle connaîtrait bien des choses différentes.
Sur quoi reposait cette conclusion ?
Contrairement aux autres, A-ri était immortelle depuis sa naissance et avait même travaillé comme agente du Bureau de gestion.
Elle avait donc bien plus de chances de vivre longtemps que les autres.
Bien sûr, tout cela relevait de la probabilité.
En réalité, un compagnon envoyé dans l’Égypte ancienne pouvait acquérir un pouvoir qu’il n’avait jamais possédé et survivre pendant des milliers d’années.
Un compagnon envoyé au Moyen Âge pouvait acquérir un pouvoir qu’il n’avait jamais possédé et survivre pendant des centaines d’années.
Mais ces possibilités étaient des variables que ni la Clairvoyance ni même la Chouette ne pouvaient prévoir.
En revanche, il était tout à fait probable qu’A-ri vive longtemps et connaisse de nombreuses expériences.
Une fois que j’eus mis tous les éléments bout à bout, la conclusion fut simple.
Il y avait de fortes chances qu’A-ri soit toujours en vie quelque part dans le monde, à cette époque.
…
Contrairement aux possibilités changeantes d’A-ri, celles de Mi-ro étaient relativement fixes.
Une ambition qu’elle ne pourrait jamais réaliser, dès le départ.
Un plan qui échouait lamentablement.
La destruction qui attendait Mi-ro dans l’horloge, tandis qu’elle prenait son mal en patience.
Une pauvre fille engloutie par quelqu’un de plus puissant qu’elle.
Sur quoi reposaient ces possibilités ?
Sur mes conversations avec Mi-ro adulte, que j’avais rencontrée à deux reprises, et sur le moi intérieur de Mi-ro que j’avais vu grâce au Royaume des Rêves.
Bien des pensées me vinrent à l’esprit, mais une chose était claire.
Elle devait survivre jusqu’au tout dernier moment, jusqu’à la quatrième épreuve.
La Clairvoyance avait prévu la présence de Mi-ro dans l’horloge. Le premier groupe devait donc avoir pu utiliser ses Héritages.
Dans ce cas, je faisais confiance à la version de moi qui se trouvait dans le Prêteur de temps pour avoir réglé les choses comme il fallait.
…
Au bout du compte, les possibilités les plus importantes étaient celles qui me concernaient.
Un avenir où j’étais réduit en morceaux, éparpillés aux quatre coins de la planète !
Étonnamment, cet avenir misérable était le plus inébranlable de toutes les possibilités que j’avais vues, et il ne changeait pas, même lorsque j’utilisais la Clairvoyance à répétition.
Cela signifiait que les chances qu’il se réalise étaient incroyablement élevées.
C’était étrange de lui attribuer un chiffre, mais elles dépassaient les 99 %.
Pour le rappeler, le plus important dans l’interprétation de la Clairvoyance, c’étaient les preuves.
Sur quels éléments la Clairvoyance s’était-elle fondée pour prévoir cet avenir terrible, mais certain ?
J’envisageai deux choses.
Premièrement, qui cherchait à me faire du mal ? Autrement dit, qui était l’ennemi ?
Deuxièmement, quel moyen utiliserait-il pour me nuire ?
…
Vu les périodes couvertes par la première et la quatrième épreuve, la salle 207 s’étendait sur des milliers d’années.
Il y avait naturellement bien plus de variables que je ne pouvais l’imaginer, et ni la Chouette ni moi ne savions exactement comment les événements se dérouleraient.
Avec autant de variables, qu’est-ce que cela signifiait si mon avenir misérable était certain ?
Cela voulait dire qu’une entité dont l’existence était incertaine ne pouvait pas en être la cause.
Par exemple, le Service national du renseignement ou le Parti communiste chinois ne pouvaient pas être les ennemis.
Si la Corée du Sud avait perdu la guerre de Corée, le pays n’existerait peut-être même pas, et encore moins son Service national du renseignement. Si Tchang Kaï-chek avait remporté la guerre civile chinoise, le Parti communiste aurait disparu.
Ça semblait absurde, mais tout était possible dans la salle 207.
Mon ennemi devait donc être un groupe qui apparaissait à chaque répétition de l’histoire.
Seul un groupe présent à chaque fois, même si la salle 207 se répétait des centaines, voire des milliers de fois, pouvait me garantir une destruction certaine.
Étonnamment, de tels groupes existaient bel et bien.
Dans les salles maudites dont le cadre et l’histoire étaient complètement différents, chaque fois que le décor était la Terre et que l’humanité en était l’espèce principale, un groupe apparaissait toujours.
Le Bureau de gestion.
Son nom variait — le Bureau de gestion, le Saint-Siège, l’Ordre de la Raison, entre autres —, mais une organisation qui réprimait les Entités du Chaos et protégeait l’humanité finissait presque toujours par voir le jour.
Le Bureau de gestion était donc le principal suspect dans la salle 207.
Bien sûr, un démon pouvait aussi surgir de l’espace au vingt-et-unième siècle, sans aucun rapport avec tout ça. Mais il était impossible de se préparer à une telle éventualité, alors je l’exclus de mes plans.
…
Je ne pouvais pas encore savoir quel serait le moyen employé, mais je pouvais déduire une chose.
Ce ne serait pas quelque chose conçu par le Bureau de gestion, comme la Raison indomptable ou le Fourneau des âmes.
Le rythme du progrès technologique variait d’une époque à l’autre ; il ne pouvait donc pas produire un avenir certain.
Il fallait que ce soit quelque chose tombé de l’espace.
Il y avait de fortes chances que cette chose soit tombée quelque part sur Terre dès l’époque de l’Égypte ancienne.
Une fois qu’ils auraient trouvé quelque chose de ce genre, ils pourraient s’en servir.
…
En résumé, voici comment j’interprétais l’avenir que la Clairvoyance m’avait montré.
Une organisation semblable au Bureau de gestion, apparue naturellement dans la salle 207, mettrait la main sur une terrible Entité du Chaos tombée quelque part sur Terre, puis utiliserait son pouvoir pour me réduire en morceaux et m’éparpiller aux quatre coins de la planète.
Mon objectif était d’empêcher cet avenir et de terminer la salle 207.
Quant au plan détaillé pour y parvenir…
Je n’en savais encore rien.
Je finirais bien par le découvrir en essayant, non ?
— Dring ! Dring ! Il est sept heures !
« Cette sonnerie est assourdissante ! Il est déjà sept heures ? »
* * *
Il était sept heures du matin.
Un lycéen ordinaire devrait être en train d’enfiler son uniforme et de partir pour l’école à cette heure-ci.
« … »
J’étais actuellement élève au lycée Hôtel High.
Le nom de l’établissement était déjà assez ridicule, mais me retrouver lycéen du jour au lendemain ?
Je voulais oublier l’école et avancer dans l’épreuve, mais d’après le mot posé sur la table, le premier de mes pouvoirs était caché là-bas.
Il allait donc falloir que j’aille en cours.
— Clic !
« Hein ? »
Je découvris un fait inattendu en voyant la carte d’étudiant tombée de mon uniforme.
Non seulement mon nom avait changé, mais mon apparence aussi était très différente.
J’avais à peu près la même carrure et, depuis l’aube, j’étais trop occupé à réfléchir assis sur le lit pour regarder dans un miroir. Je ne m’en étais donc pas aperçu.
« Hmm… »
Le nom, à la rigueur, mais mes traits avaient beaucoup changé.
L’Hôtel m’avait en quelque sorte donné une nouvelle identité. Dès que je m’en rendis compte, une autre pensée me vint naturellement à l’esprit.
L’ennemi connaissait mon vrai nom et mon visage !
L’Hôtel avait-il organisé tout ça pour empêcher le Saint-Siège de tirer un missile sur ma maison dès le début de l’épreuve ?
« … »
S’ils connaissaient mon nom et mon visage, ils devaient sans doute aussi en savoir beaucoup sur mes capacités.
Je devais me méfier.
— Dring ! Dring ! Il est sept heures et demie ! Si tu pars plus tard, tu seras en retard ! En retard !
« … »
Il était temps d’y aller.
Je devais désormais récupérer le Grimoire, le Soleil sacré et la Bénédiction de la Sagesse, dispersés aux quatre coins du monde, puis affronter l’épreuve finale.
Mon nouveau nom était…
* * *
Un espace étrange, baigné d’une mystérieuse lueur.
Dans ce monde, le mystère était synonyme de chaos. C’était donc aussi un royaume rempli d’un chaos trouble.
Au milieu de cette étrangeté incompréhensible, qu’aucun humain ordinaire ne pourrait saisir, même à l’article de la mort, une silhouette magnifique se dressa.
« Ah ! Tu es enfin revenu ? »
L’attente avait été interminable.
Une éternité passée à attendre quelqu’un qui n’était jamais revenu auprès de la Sainte Mère.
Et pourtant, toute attente finissait par prendre fin.
Elle le savait, tout simplement.
Personne ne le lui avait dit, aucun subordonné ne le lui avait annoncé. Elle le savait, tout simplement.
C’était peut-être parce qu’elle aussi avait doucement pénétré dans le royaume du destin.
Enfin, Horus était revenu dans ce monde.
« … »
Même si le don de l’oubli avait dévoré bon nombre de ses souvenirs au fil de sa vie incommensurablement longue…
Certains souvenirs ne disparaissaient jamais, et celui d’Horus en faisait partie.
« Ouf. »
Une pensée lui vint soudain.
Que voulait-elle faire quand elle le retrouverait ?
« … »
— Ting !
Elle tendit légèrement la main et donna une pichenette au Miroir. La réponse lui apparut.
« C’est donc ça. »
Bien sûr.
Pour la Sainte Mère, le Miroir était la solution à tous les problèmes du monde.
« Le Miroir connaît toujours la réponse. »
Cette fois ne ferait pas exception.
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