Chapitre 504
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 503 : Chambre 207, salle de la porte — Troisième épreuve « Université Miskatonic » (5)
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— Kim Mook-seong
Ces derniers temps, une question me revenait souvent à l’esprit.
Qu’est-ce que la jeunesse ?
Certains insisteraient sur la différence d’espérance de vie ou de fortune personnelle, mais, ces derniers temps, je ressentais la différence la plus importante jusque dans mes os.
La jeunesse, c’était pouvoir se gaver de viande jusqu’à plus faim sans se demander si on allait la digérer.
C’était aussi pouvoir se désaltérer avec de la bière et du vin sans avoir à se rappeler ce que le médecin vous avait dit le mois précédent !
Quoi ? Si on adorait la viande et l’alcool quand on était jeune, on en souffrait en vieillissant ?
Et alors ?
C’était à l’Hôtel de veiller sur ma santé, pas à moi !
« Une autre bière, par ici. »
Je savourai la mousse onctueuse en regardant autour de moi. L’endroit était bondé d’étudiants pleins de vie.
Un bon nombre d’entre eux étaient déjà rouges comme des tomates, visiblement trop jeunes pour connaître leurs limites.
Nous étions en 1897, à une époque où les étudiantes et les professeures étaient rares.
Il y avait pourtant des exceptions partout, et le Département des études occultes de l’Université Miskatonic en était un parfait exemple.
Était-ce parce que le groupe de l’Hôtel, composé de gens venus pratiquement du futur, était intervenu dans le Département des études occultes ou dans le groupe qui l’avait précédé ?
Là où il y a des fleurs, les abeilles accourent. C’était ainsi que va le monde.
Le Département des études occultes comptait beaucoup d’étudiantes, si bien qu’un nombre impressionnant d’étudiants d’autres départements s’y étaient rendus dans l’espoir d’en profiter.
Le département ne semblait pas non plus vouloir empêcher les étudiants des autres filières de venir.
Peut-être pensaient-ils que ce genre de relations naturelles entre hommes et femmes aiderait à agrandir leur groupe.
« … »
J’avais dit à A-ri que j’allais à la fête pour glaner des informations, mais je n’avais rien obtenu de concret.
La seule chose que j’avais apprise, c’était que les étudiants de l’Université Miskatonic faisaient de leur mieux pour assurer l’avenir du Nouveau Monde.
À chaque fois que je tournais la tête, je voyais des hommes et des femmes se mêler dans les coins sombres, travaillant sans relâche à faire grimper le taux de natalité du Nouveau Monde.
Mais si un loup-garou et un yéti s’accouplaient, quelle race serait leur enfant ?
Il fallait régler ce genre de détails pour le bien de leurs futurs enfants !
Un yéti-loup ?
« Waouh ! J’ai eu du mal à vous trouver, mais vous voilà ! »
« … »
« Hé, vous vous appelez… euh, Mook-seong ? »
Un groupe d’étudiants s’approcha de moi, l’air amical.
En temps normal, je leur aurais parlé pour obtenir des informations, mais leurs intentions étaient si évidentes que je ne pus m’empêcher de soupirer.
« Alors, euh… »
« Vous voulez savoir où est A-ri ? »
« Vous avez compris vite ! Mais pourquoi cette noble dame vampire n’est-elle pas à la fête ? Ma famille entretient depuis toujours des liens avec les Nobles de Sang d’Europe… »
« Il y a beaucoup d’étudiants qui ne font pas partie du Département des études occultes. Ça ne vous gêne pas de parler de ça devant eux ? »
« Haha, tout le monde est ivre et ils prennent le Département des études occultes pour un rassemblement de cinglés, alors ils s’en fichent. Tant que personne ne se transforme, ça va. »
« … »
« Alors, où est mademoiselle A-ri ? »
Quel crétin naïf !
On m’avait demandé où était A-ri au moins un million de fois aujourd’hui !
Et c’était quoi, ces conneries sur sa famille ?
Si son père le voyait aussi pitoyable, il lui couperait les vivres et lui écrirait pour lui ordonner de rentrer immédiatement.
« … Vous vous appeliez Karl, c’est ça ? »
« C’est ça ! »
« Il y a un événement spécial à cette fête ? À part manger, boire et danser. »
« Hein ? Un événement spécial… ? C’est une fête d’ouverture. Manger, boire et danser, ça ne suffit pas ? »
« … »
Pas faux.
Pour une bande de gamins, il ne fallait que de la nourriture, des boissons et de la danse pour faire la fête.
Des protestations s’élevèrent alors derrière moi.
« Ah, merde ! »
« Hé ! Regardez où vous allez ! »
« Des violons ? Le conseil étudiant a aussi invité un chanteur ? »
Des gens portant des étuis à violon commencèrent à entrer dans la salle.
Ils se déplaçaient assez brutalement et les étudiants qu’ils bousculaient protestaient, mais les musiciens n’en avaient cure.
« Hein ? Qu’est-ce que… ? »
L’idiot qui cherchait A-ri quelques instants plus tôt avait l’air décontenancé.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Euh, euh… »
« Quoi ? »
« Je… euh, je suis au conseil étudiant. On n’a invité aucun artiste. »
Le conseil étudiant n’avait invité personne ?
Alors, qui…
« Merde ! »
« Hein ? Pourquoi tout à coup ? Où est-ce que vous allez ? »
Décider vite, agir discrètement !
Sans hésiter, je me glissai dans un angle mort de l’éclairage.
Heureusement, l’Université Miskatonic avait eu la prévenance de prévoir quantité de coins sombres et lugubres où je pouvais me cacher, pour favoriser le taux de natalité du Nouveau Monde.
« Oh là là ! Hiii ! »
« Qu’est-ce qu’il fout, ce connard ? »
Évidemment, des gens rêvant d’un amour au-delà des frontières raciales étaient déjà là !
« Hé, toi ! T’es en première année, pas vrai ? Putain d’Asiatique, tu ne connais pas ta place… »
« Mademoiselle, cet homme a deux femmes qui l’attendent chez lui. »
« Q-quoi ? »
« Espèce de sale… »
« Il a aussi trois enfants. Voici le poing de la justice, mademoiselle. »
J’envoyai un crochet à l’idiot qui me dévisageait, bouche bée. Il s’effondra aussitôt. L’étudiante s’enfuit, sous le choc.
« … »
J’observai la fête depuis l’obscurité.
Bientôt, les individus suspects déguisés en musiciens, qui s’étaient mêlés aux étudiants, commencèrent à échanger des regards.
— Clic !
— Ratatat !
En un instant, ils dégainèrent des armes automatiques et tirèrent dans tous les sens !
« Espèces de cinglés ! »
C’étaient les hommes du Saint-Siège, pas vrai ?
Ils ouvraient vraiment le feu avec des armes automatiques au beau milieu d’une université ?
Même pour un agent du Bureau de gestion, c’était exagéré !
Enfin, nous faisions parfois des choses tout aussi dingues.
— Ratatat ! Bang !
« Hiii ! »
« Argh… »
« Grrrk ! »
En un instant, la tête d’innombrables étudiants explosa et des membres volèrent dans les airs.
Un grand nombre d’étudiants restèrent simplement là, tremblants, la bouche ouverte, avant de se faire massacrer comme des moutons.
Peut-être avaient-ils cru à une hallucination d’ivrognes jusqu’au moment de mourir.
« Grrr… »
Au moment où je serrai les dents et le poing, un objet rond et dur apparut dans ma paume.
Le pouvoir capable de résoudre toute cette situation : « Encore une chance ».
« … »
Je réprimai de justesse l’envie de faire sauter la pièce tout de suite.
Pas encore. Ce n’était pas le moment.
« Encore une chance » n’était pas un Héritage dont je pouvais me servir en toute sécurité et sans souci, comme le bracelet de Song-i ou la Flûte d’Eun-sol !
L’Hôtel lui-même avait parlé du Prix de la défiance envers le Ciel. Il y avait donc de fortes chances que le nombre d’utilisations soit limité.
J’attendrais le tout dernier moment, jusqu’à ce qu’une balle me transperce le ventre et que je sois sur le point de rendre mon dernier souffle !
— Tap, tap, tap !
Je tentai tout ce qui me passait par la tête : me cacher derrière des arbres pour m’en servir comme boucliers, plonger dans des étangs.
Heureusement — ou malheureusement —, les fanatiques du Saint-Siège, ivres de massacre, ne me prenaient pas pour cible à moi seul, si bien que je parvins tant bien que mal à tenir bon.
Après ce qui m’avait paru durer cent ans, alors que quatre ou cinq minutes s’étaient écoulées, quelque chose finit par changer.
— Grondement !
Une silhouette humaine s’abattit du ciel comme un éclair.
Il apparut dans un coup de tonnerre, un être qui dépassait de loin les limites de l’humanité.
C’était un vieil homme.
C’était celui qui nous avait avertis, A-ri et moi, de ne pas toucher aux spécimens naturalisés quelques jours plus tôt.
C’était aussi le doyen.
« Le maître s’éloigne, et la vermine rapplique ! »
La voix furieuse du doyen retentit, et des éclairs jaillirent dans toutes les directions.
Les soldats qui massacraient les étudiants comme s’ils chassaient des sangliers furent réduits en cendres par groupes de trois ou quatre, d’un simple geste du doyen.
« Visez ! Équipe Alpha, tirez-lui dans la tête ! »
« Gamma, Gamma ! Les armes ne marchent pas ! Un mur invisible… Aaaargh ! »
Les soldats du Saint-Siège lui tinrent tête sans peur, preuve qu’ils étaient des combattants d’élite, mais ils n’étaient que des renards face à un tigre.
Comment une infanterie humaine aurait-elle pu arrêter une Entité du Chaos de haut rang, capable de bloquer les balles avec une barrière opaque et de lancer des éclairs ?
Bientôt, le doyen captura un homme qui semblait être le chef des forces spéciales du Saint-Siège.
« Espèce d’ordure… ! Je… je vais te faire découvrir les limites de la souffrance humaine ! »
« Hahaha ! Minable sorcier, quoi que tu fasses, ça ne changera rien ! »
« … »
« Regarde autour de toi ! Les jeunes démons de cette université grotesque ont répandu leurs entrailles partout sur le sol ! N’est-ce pas magnifique ? »
À cet instant, aucun mot maladroit inventé par les humains n’aurait pu décrire l’expression du doyen.
« Vous… Qu’est-ce que… ? »
« Quoi ? Tu as quelque chose à dire ? »
« Tu sais seulement que la plupart des étudiants de l’Université Miskatonic n’ont rien à voir avec notre conflit ? »
« Hé… C’est pour ça que tu as fondé une université ? Tu pensais qu’en vous cachant parmi les civils du Nouveau Monde, nous n’oserions pas agir à la légère ? »
« … »
L’échange entre le soldat du Saint-Siège et le doyen était riche en informations.
Pourquoi le groupe du doyen avait-il fondé une université ?
Était-ce simplement pour former de jeunes Entités du Chaos et des occultistes ?
Ce n’était pas possible. Comme l’avait dit le doyen, le Département des études occultes n’était qu’une partie de l’Université Miskatonic.
En clair, les étudiants ordinaires qui étudiaient l’économie, la politique, l’administration, le droit et d’autres matières étaient des civils innocents, qui ne savaient rien des vampires ni des loups-garous.
…
Le doyen avait pensé qu’en mêlant les étudiants à une majorité d’humains ordinaires, le Saint-Siège respecterait au moins certaines limites !
Même s’ils envoyaient des assassins, avait-il cru qu’ils viseraient précisément les professeurs et les étudiants du Département des études occultes ?
Peut-être n’était-il tout simplement pas habitué aux armes automatiques individuelles.
« Héhéhé… Monstre qui as vieilli pour rien ! Écoute. »
« … »
« Tu as déjà vu du pain moisi, pas vrai ? »
« … »
« Qu’est-ce que tu faisais ? Tu découpais la partie moisie pour manger le reste ? Haha ! Bien sûr que non ! Putain ! Il n’y a qu’une seule miche ? Il y en a combien, des miches ? Comment tu pourrais continuer à faire ce genre de conneries ? »
« … »
« Et tu crois que les parties qui ont l’air saines le sont vraiment ? Bien sûr que tu fous le feu à tout le pain… ! »
Je retins mon souffle.
Parce que je me surprenais à penser que le raisonnement du soldat du Saint-Siège se tenait.
Ce monde immense et sans limites, avec ses huit milliards d’habitants, une population qui continuait de croître sans répit jusqu’à aujourd’hui.
Les ressources du Bureau de gestion étaient insondables, mais la Terre était encore plus vaste et sa population encore plus nombreuse.
Quand une catastrophe du Chaos se produisait, fallait-il examiner chaque être humain dans la zone touchée pour déterminer s’il avait subi une Corruption ?
Un seul arrondissement de la minuscule Corée du Sud comptait trois ou quatre cent mille habitants.
Et pouvait-on être sûr que les civils d’une ville où se cachaient des adorateurs de démons étaient vraiment innocents ?
Il fallait les tuer.
Pas parce que nous étions cruels et mauvais.
Pas parce que nous jugions négligeable le poids de cent mille vies, mais pour empêcher la peste de se propager aux dix millions d’habitants de Séoul, aux cinquante-deux millions de Coréens et aux huit milliards d’êtres humains !
« … »
L’instant suivant, je vis l’université, où le sang coulait comme une rivière.
Des étudiants criblés de balles roulaient sur le sol.
La plupart d’entre eux ne savaient probablement même pas qui était le doyen.
Je vis aussi le doyen, dont l’expression trahissait quelque chose qui dépassait la colère et la tristesse, et ressemblait plutôt au vide.
Et je parvins à une conclusion limpide.
Qu’importe que le raisonnement du Saint-Siège ou celui du Bureau de gestion soit juste ou non…
Ceux qui en faisaient les frais ne pouvaient jamais l’accepter !
« Si vous comptez vraiment franchir la limite au nom de la protection des gens, alors je n’ai pas d’autre choix que de la franchir moi aussi ! »
— Crépitement !
Une pression indescriptible, à la fois tangible et intangible, émana du doyen.
S’apprêtait-il à utiliser une sorte d’atout ?
Qu’allait-il faire…
Une voix perçante retentit alors dans les airs.
« Lucas ! »
La jeune femme qui descendait du ciel avait une magnifique chevelure blonde, impossible à dissimuler même dans l’obscurité.
Son apparence saisissante me permit de la reconnaître aussitôt.
N’était-ce pas Emily, celle qui ne quittait pas A-ri depuis hier ?
« Lucas, s’il te plaît, calme-toi ! Tu vas oublier les enseignements de notre maître ? Yaldabaoth n’est pas le genre d’être que tu crois… »
« Sophia. »
Sophia ? Pas Emily ?
« Sophia, j’ai suffisamment réfléchi à la question. Je sais aussi très bien quel genre d’être est Yaldabaoth. »
« Lucas ! Le maître… »
« Le maître ! Ce foutu maître ! Sophia, tu respectes encore cet imbécile qui a cherché Horus jusqu’à son dernier souffle ? »
« … Lucas. Le maître n’est pas encore mort… »
« Je ne crois en rien. Ni au maître, ni à Horus, ni à quoi que ce soit ! »
Les informations se déversaient sans interruption. Je me concentrai de toutes mes forces pour ne pas en perdre une miette.
Emily s’appelait en réalité Sophia.
Le doyen s’appelait Lucas, et Sophia était sa condisciple.
Leur maître avait cherché Horus jusqu’à son dernier souffle.
Horus, c’était Ga-in, pas vrai ?
Si c’était le cas, il était fort possible que leur maître ait fait partie du groupe de l’Hôtel…
— Grondement !
La foudre s’abattit de nouveau.
« Aaaargh ! »
Sophia hurla et s’effondra, apparemment sans s’être attendue à ce que le doyen l’attaque.
« Regardez ! C’est la seule réponse que j’ai trouvée ! Ah… »
Une puissance magique incompréhensible déforma tout ce qui nous entourait, tandis qu’une incantation étrange jaillissait de la bouche du doyen.
« Pour ceux qui sont véritablement grands, il n’existe aucune distinction entre le commencement et la fin. Enfin, le véritable Créateur se lèvera et remodèlera le faux monde… Je vous en prie, devenez notre salut. Si vous ne le pouvez pas, alors devenez plutôt la fin de toute souffrance. »
Enfin, une porte d’un autre monde, brillante comme le crépuscule, commença à répandre une lueur sinistre.
Lorsque je sentis, au-delà, un être lointain, si vaste que je craignais ne serait-ce que de croiser son regard…
Je sus que le moment était venu de tout recommencer.
— Ting !
La pièce d’or tourna une fois sur elle-même.
…
À cet instant ultime, deux questions me vinrent à l’esprit.
Premièrement, A-ri garderait-elle ses souvenirs après la régression provoquée par « Encore une chance » ?
Deuxièmement, qu’était donc le Prix de la défiance envers le Ciel dont l’Hôtel m’avait averti ?
— Boum !
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