Chapitre 503
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 502 : Chambre 207, Salle de la porte — Troisième épreuve « Université Miskatonic » (4)
──────
— Kim A-ri
L’endroit que Mook-seong avait découvert était une sorte de réserve d’artefacts.
Apparemment, elle regorgeait d’objets mystérieux rassemblés par la faction menée par le doyen, avant même la fondation de l’Université Miskatonic.
Rien qu’en l’apprenant, je me dis : Waouh ! Il faut absolument qu’on y aille !
Il y avait toutefois un problème.
« Je pourrais juste jeter un petit coup d’œil à l’intérieur ? »
« Non. »
« Juste un instant. C’est tout ce qu’il me faut… »
« J’ai dit non. »
« … Je vais seulement regarder. »
« Franchement ! Pourquoi les étudiants d’aujourd’hui sont-ils si mal élevés ? Mademoiselle Kim A-ri, vous ne m’avez pas entendue dire non ? Cette zone est interdite aux étudiants ! »
Seuls les membres du corps enseignant avaient le droit d’entrer dans la réserve d’artefacts.
Pour Mook-seong et moi, « interdit aux étudiants » ressemblait plutôt à « entrez en douce », mais s’infiltrer dans les lieux n’avait rien de facile.
Mook-seong s’était fait prendre par la responsable de la réserve alors qu’il essayait d’y entrer en douce.
« Alors, est-ce que je pourrais au moins emmener Mook-seong avec moi ? »
« Oh là là, vous connaissez cet étudiant malpoli de tout à l’heure ? »
« Oui. »
« Je suis désolée, mais il mérite une bonne réprimande ! Vous aussi, retournez à votre dortoir ! »
« … Oui. »
* * *
Vers le soir, Mook-seong réapparut trempé jusqu’aux os.
« Cette salope de responsable… »
« Tu n’es pas un vieux qui a passé sa vie à faire n’importe quoi ! Surveille ton langage ! »
« … Qu’est-ce que ça veut dire ? À t’entendre, on croirait que j’ai fait n’importe quoi avant. »
« Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi tu es trempé ? »
« Cette responsable a utilisé une drôle de magie et m’a aspergé d’eau. Elle m’a dit que je pouvais déjà me préparer à être renvoyé si je tentais encore une fois de m’infiltrer. »
« … »
« Bon sang ! Je réessaierai ce soir… »
« Toi et moi, on est des agents du Bureau de gestion. »
« … »
« Il n’y a même pas de systèmes de sécurité électroniques à cette époque. Et tu t’es fait attraper dix secondes après avoir commencé ? »
Mook-seong était un agent chevronné du Bureau de gestion.
Un type comme lui s’était fait prendre dix secondes après le début de son infiltration ?
Il ne faisait aucun doute qu’une puissance surnaturelle protégeait cet endroit.
« Tu veux dire que cette vieille femme a placé une sorte de magie de détection dans toute la réserve ? »
« Je n’en suis pas sûr. Je ne crois pas que ça vienne uniquement de la responsable. »
« Pas de la responsable ? »
« Le doyen a peut-être fait quelque chose. »
« … Alors ça va être difficile de passer. »
« C’est ce que je pense aussi. »
Pouvions-nous facilement franchir la magie de sécurité d’un être à demi divin qui avait combattu seul le Saint-Siège pendant des siècles ?
Si on faisait une bêtise et qu’on se faisait renvoyer, tout se compliquerait.
« Et si on essayait une fois, puis qu’on utilisait Encore une chance en cas d’échec ? »
Il avait peut-être encore du ressentiment à cause de sa douche forcée, car Mook-seong n’arrivait pas à renoncer aussi facilement.
« Tu as oublié le Prix de la défiance envers le Ciel ? On ne sait pas ce que c’est, mais si l’Hôtel nous a prévenus, ça ne peut pas être un prix anodin. Encore une chance, c’est notre dernier recours. On devrait la garder pour le combat contre le boss, quand on pensera qu’on va mourir tous les deux. »
« Ouf… Tu as raison sur toute la ligne. Je suppose que redevenir jeune m’a rendu un peu émotif. »
« Non. Tu as toujours été émotif, jeune ou vieux. »
« Et toi, comme tu as toujours été vieux, tu n’as aucune émotion ? »
« Tu cherches la bagarre ? Tu veux que je te montre ce que c’est, la colère ? »
« Hé, A-ri, c’est toujours toi qui commences à te moquer de moi… »
« Pfft ! »
Je ris malgré moi.
Je sais. Je sais que ce n’était pas le moment.
Mais revoir le « jeune Mook-seong » pour la première fois depuis si longtemps me rappela de vieux souvenirs, et je ne pus pas me retenir.
« Ah, ça me rappelle le bon vieux temps. Il fut un temps où tu tremblais à la vue d’un fantôme et où tu disais : “M-monsieur !” »
« … »
« Monsieur ! Si je meurs, dites à mes parents, là-bas… »
« Arrête, s’il te plaît… »
« L’agent Kim Mook-seong a fait de son mieux pour le monde… »
« Argh ! Monsieur, c’était quand, ça ? Comment tu peux encore t’en souvenir ? »
« Comment pourrais-je oublier tes dernières paroles ? »
« Je ne suis pas mort ! »
« Je sais. Ça aurait été vraiment classe si tu étais mort à ce moment-là. »
Mook-seong finit par se couvrir le visage des deux mains et baissa la tête.
Je ferais vraiment mieux d’arrêter.
« Hum, revenons à notre discussion sérieuse. Cette expérience n’a fait que me conforter dans mon idée : il faut qu’on aille voir la réserve d’artefacts. Tu es d’accord, Mook-seong ? »
« … Oui. Le fait qu’ils la cachent si bien prouve qu’il y a quelque chose d’inhabituel à l’intérieur. »
« Il faut qu’on trouve un moyen d’entrer. Retournons au dortoir pour l’instant. Au fait, tu as vu l’annonce affichée ce matin, non ? »
« La soirée d’ouverture ? »
« Ouais. »
Comme beaucoup d’universités, l’Université Miskatonic organisait une soirée d’ouverture au début de chaque année scolaire.
« C’est demain soir. A-ri, tu comptes y aller ? »
« Une soirée, en plein dans une période pareille ? Je compte plutôt explorer l’université. Ce sera l’occasion de regarder les lieux sans que les autres me gênent. »
« Hmm, ça se tient. Alors, séparons-nous. Toi, explore l’université, A-ri. Moi, j’irai à la soirée et je ferai connaissance avec quelques personnes. »
Ce n’était pas une mauvaise idée.
On pouvait trouver des informations à la bibliothèque, mais aussi auprès des gens.
Ce ne serait pas plus mal que l’un de nous aille à la soirée pour nouer quelques contacts.
« D’accord. »
* * *
Le temps passa vite.
Depuis notre tentative ratée d’entrer dans la réserve, la veille au soir, nous n’avions recueilli aucune information utile de toute la journée.
Nous avions aussi été occupés à assister aux cours, comme nous l’avions promis à Emily.
Vers le coucher du soleil, Mook-seong me fit signe qu’il partait pour la soirée.
Comme prévu, les étudiants partirent à la soirée d’ouverture, laissant les environs du Département des études occultes dans le calme.
J’en profitai pour examiner les spécimens préhistoriques éparpillés un peu partout et aller à la bibliothèque sans craindre d’être observée.
…
La situation était restée ainsi jusqu’à il y a trente minutes.
À présent, une observatrice dont je me serais bien passée était collée à moi.
« A-riii~ ! Ces livres-là sont vraiment si intéressants ? »
« … »
C’était Emily, la fille qui me tournait autour d’une façon étrange depuis la veille.
« Emily, tu ne devrais pas être à la soirée d’ouverture ? »
« Si ! »
« Alors pourquoi tu n’y retournes pas ? J’ai entendu dire qu’on t’avait même invitée à danser. »
« Oh là là, j’allais dire la même chose ! Si tu allais à la soirée, A-ri, tu pourrais devenir la reine, avec tous les étudiants qui te dévoreraient des yeux ! »
Et qu’est-ce que j’en ferais, d’être reine à l’Hôtel ?
« Je n’aime pas les soirées. »
« Moi, j’aime les soirées. »
« Alors, vas-y. »
« Mais tu es là, A-ri. »
« Et alors ? »
« On est amies ! »
« … »
Lui parler me rappelait étrangement mes conversations avec Mi-ro.
Bien sûr, ma longue carrière d’agente me permettait de sentir la différence.
Le comportement enfantin de Mi-ro venait d’un esprit vraiment puéril, sans la moindre comédie.
En revanche, le comportement soi-disant enfantin de cette fille avait quelque chose d’artificiel.
À ce stade, même un idiot aurait senti que quelque chose clochait, et je n’étais évidemment pas une idiote.
Qui était cette fille ?
Avait-elle vraiment des arrière-pensées ?
« Emily, si tu as quelque chose à dire, dis-le. »
Tandis que je continuais à la fixer d’un regard perçant, son attitude se mit peu à peu à changer.
Son air enjoué, puéril et presque mignon disparut comme s’il n’avait été qu’un mensonge.
À la place, elle afficha une expression de poupée, dénuée de toute émotion.
« … »
« … »
Un silence pesant.
J’observais Emily, et Emily m’observait.
Soudain, Emily glissa la main dans ses vêtements et en sortit une feuille de papier roulée.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Regarde. »
C’était un dessin en noir et blanc représentant une fille et un vieil homme.
Un dessin au crayon ?
Pour être honnête, il était assez mal fait pour qu’on ait du mal à distinguer les détails, mais en y regardant de plus près, je vis une phrase inscrite dans un coin.
「Elle est en fait incroyablement belle ! Elle a les cheveux noirs, les yeux rouges et une beauté si irréelle qu’on ne peut pas détacher les yeux d’elle quand on la voit pour la première fois !」
C’était censé parler de moi ?
「Un vieil homme qui a au moins la cinquantaine, du moins en apparence ? Il prend soin de lui, alors il a une excellente carrure, et on se dit qu’il devait être beau quand il était jeune. Il a un regard saisissant et un nez proéminent, à l’arête bien marquée.」
La vue du dessin et de la description de Mook-seong me coupa le souffle.
On aurait pu faire le portrait de ma personne en m’observant ici.
Mais décrire Mook-seong âgé, c’était une tout autre histoire.
Dans la troisième épreuve, Mook-seong était un homme d’une vingtaine d’années !
Comment un personnage de l’épreuve pouvait-il connaître et décrire le Mook-seong plus âgé ?
Cela signifiait que ce dessin était une trace laissée par un compagnon d’une époque passée !
« Emily, où as-tu trouvé ce dessin ? »
Ils ne savaient pas que le Mook-seong qui apparaîtrait dans le futur aurait l’air d’avoir la vingtaine. Ils avaient donc dû laisser un dessin représentant un vieil homme.
« … »
Au lieu de répondre à ma question, la belle jeune fille me regarda d’un air absent.
« Emily, je t’ai demandé où tu l’avais trouvé. »
« Alors, c’était vrai… »
« Quoi ? »
« C’était réel. »
« Qu’est-ce que tu… »
L’instant d’après, ses yeux se remplirent de larmes.
« Q-quoi ? Pourquoi tu pleures tout à coup ? »
« Maman… Tu pouvais vraiment voir l’avenir ? »
« L’avenir… »
« Je n’y comprends toujours rien, même après tout ce temps… Comment… Comment as-tu pu ! »
Une tempête d’émotions violentes se déchaîna sur le beau visage de poupée d’Emily.
« Ah, ah, ah… Maman, maman, maman… J’ai peur. Pourquoi, comment, par quel moyen… »
La joie et la tristesse, le désespoir et l’espoir, ainsi qu’un regret trop profond pour être exprimé par des mots.
Des émotions si diverses qu’il semblait impossible qu’une seule personne les ressente toutes déferlèrent sur elle en un instant.
J’en eus moi aussi le souffle coupé.
Je voulais trouver un moyen de la calmer et de lui parler… !
À en juger par la situation, cette « maman » devait être une compagne. Qui cela pouvait-il être ?
Emily était incroyablement belle et avait les cheveux blonds, alors peut-être Elena ?
Ou…
Hein ?
L’expression d’Emily changea brusquement et elle regarda dehors.
« Hein ? »
« Qu’est-ce qu’il y a, Emily ? »
« Hein ? Hein ? Ah ! »
« Il s’est passé quelque chose dehors… »
Tandis que je parlais, je commençai à l’entendre, moi aussi.
« Aaaah ! »
« À l’aide ! »
« Q-qu’est-ce que vous foutez, bande de tarés ?! »
Des cris d’étudiants retentissaient de toutes parts, mêlés au bruit métallique et froid des armes !
— Bang !
Emily remit son masque de lycéenne et sortit en courant.
Je me levai aussitôt et la suivis.
Bon sang !
Je savais qu’il se passait quelque chose de grave dehors, oui, mais quelle ironie du sort !
Emily était sur le point de me révéler quelque chose d’important !
— Toc toc toc !
Alors que je quittais la bibliothèque en courant, une prise de conscience glaçante me traversa l’esprit.
Emily avait remarqué l’anomalie dehors bien avant moi.
« … »
* * *
Quand j’arrivai dehors, le chaos avait déjà englouti l’université.
Les étudiants couraient en hurlant dans tous les sens, tandis que des coups de feu retentissaient sans relâche de toutes parts.
Je compris très vite ce qui se passait, car les ennemis ne cherchaient même pas à cacher leurs intentions.
« Purifiez-les tous ! Le Christ veille sur nous ! »
« Amen ! »
Des soldats vêtus de noir, sortis de nulle part, abattaient tous les étudiants qu’ils voyaient !
— Tatatat ! Tat-tat !
La puissance de feu des armes automatiques qui tiraient sans arrêt était si absurde qu’elle me laissa sans voix !
Moi, une agente du Bureau de gestion, j’étais vraiment surprise par des armes à feu ?
Bien sûr que oui !
Nous étions en 1897 !
On débattait encore de la toute première arme à feu automatique individuelle, mais même si on situait son apparition le plus tôt possible, ce serait pendant la Première Guerre mondiale.
Autrement dit, elle ne se répandrait pas avant les années 1920.
Et les véritables fusils d’assaut, du calibre de ceux qu’utilisaient ces types, ne feraient leur apparition que dans les années 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale !
Il était donc très facile d’identifier l’ennemi.
Dans ce contexte, une seule organisation pouvait utiliser des armes avec cinquante ans d’avance sur son époque : le Saint-Siège.
— Clic !
Les soldats m’aperçurent et pointèrent leurs armes dans ma direction.
Je n’avais pas le temps de cacher mes pouvoirs ni de réfléchir aux conséquences.
— Fwouh !
Je puisai dans le pouvoir du Sang ancien et pris mon élan.
Les soldats n’arrivaient pas à suivre des mouvements aussi rapides et leurs regards affolés cherchaient dans toutes les directions.
Bien sûr, je n’avais pas l’intention de leur laisser la moindre chance.
« Haya ! »
Suspendue dans les airs, j’agrippai « l’espace » à deux mains.
Au moment où une distorsion née d’un royaume au-delà de la perception humaine balaya les environs…
— Tranchés !
Six ? Non, sept !
Tout un groupe de soldats fut découpé en morceaux, leurs entrailles éparpillées partout.
« Aaaah ! »
C’était un jeune homme qui semblait à peine avoir passé la vingtaine.
Quelques instants plus tôt, il criait « Amen ! » et tirait sans hésiter sur les étudiants de l’université. À présent, des larmes de sang coulaient sur son visage tandis qu’il agrippait ses entrailles répandues sur le sol.
Je l’ignorai, poursuivis ma course et réfléchis à la situation.
Alors, Emily était sur le point de révéler sa véritable identité de mon côté, c’est bien ça ?
Quelque chose était-il arrivé à Mook-seong, lui aussi, à la soirée ?
Mook-seong avait-il été abattu avant même d’avoir pu essayer d’utiliser Encore une chance ?
C’était quoi, cette absurdité…
— Boum !
Non, ce n’était pas ça.
J’avais largement sous-estimé l’agent chevronné Kim Mook-seong.
Au son tonitruant qui venait d’au-delà du ciel, tout le monde leva les yeux.
Peut-être l’avaient-ils tous senti instinctivement.
Tout ce qui s’était passé jusque-là était sur le point de retomber dans le néant !
« … »
Peu après, un miracle que seul le Créateur aurait pu accomplir se déroula sous mes yeux.
Les morts revinrent à la vie, et ceux qui les avaient tués disparurent de nouveau dans les ténèbres.
Mook-seong et moi avions eu droit à une seconde chance.
— Flash !
À l’ultime instant, je ne m’inquiétai que d’une chose.
« … Le Prix de la défiance envers le Ciel. »
* * *
「Troisième épreuve : Université Miskatonic」
— Kim A-ri
« … »
Je me réveillai, sentant la lumière entrer par la fenêtre.
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