Chapitre 500
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 499 : Chambre 207, Salle de la Porte — Troisième épreuve : « Université Miskatonic » (1)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour ---
Emplacement actuel : Chambre 207, Salle de la Porte
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
Le train filait sans fin sur les rails.
Un bon moment s’était écoulé depuis notre départ de la deuxième gare, où Jin-cheol, Eun-sol et Elena étaient descendus.
— Clac ! Clac !
Grand-père était peut-être nerveux, lui qui n’avait pas affronté d’épreuve depuis un moment. Il dit qu’il voulait rester seul quelque temps, puis partit dans le wagon arrière.
Grâce à ça, la fille qui me faisait battre le cœur rien qu’en la regardant était assise en face de moi.
« J’ai réfléchi à la structure de la Salle de la Porte. »
« … »
« Après y avoir pensé, j’en suis arrivée à deux conclusions. D’abord, le groupe a été séparé. Repense aux autres chambres. La plupart du temps, on commençait simplement à des endroits différents, et dès qu’on comprenait comment ça fonctionnait, on pouvait se retrouver assez vite. »
« C’est vrai. C’est la première fois qu’on nous envoie dans des épreuves complètement différentes ? »
« Ensuite, pourquoi fallait-il commencer dans un train ? Ce n’était pas nécessaire, si ? »
« Exact. »
Chacun devait passer une épreuve différente, et il était déjà décidé dans laquelle chacun entrerait.
Si nous avions été dans l’hôtel habituel, il nous aurait envoyés directement à nos emplacements respectifs.
Il devait y avoir une raison pour laquelle il avait créé un système où nous descendions chacun à notre propre « gare », à bord d’un train.
Le Marchand l’avait même souligné dès le début.
« À un moment, j’ai compris quelque chose. Et si, à plus grande échelle, nous étions en train de résoudre une seule et même épreuve ? »
« … »
« La première épreuve se déroulait dans un passé lointain, et les deuxième, troisième et quatrième étaient liées dans le temps. Chaque gare semble correspondre à un endroit différent, mais en réalité, c’est comme un seul monde relié par des rails. »
« … »
« Vu comme ça, le groupe n’a pas été séparé. Avant, nous étions séparés dans l’espace. Cette fois, nous sommes seulement séparés dans le temps. »
J’étais assez impressionné.
J’avais vaguement compris la même chose, mais ma conclusion découlait des différentes scènes que j’avais observées grâce à la Clairvoyance.
A-ri, elle, avait deviné tout ça en se fondant simplement sur le décor du train.
« Comme prévu, tu le savais déjà. »
Sa petite pique me fit sourire avec gêne.
« Je n’en étais pas sûr. La plupart des informations que je reçois sont comme ça. »
Je le pensais vraiment.
Les informations que j’obtenais grâce à la Clairvoyance relevaient toutes de possibilités ou de probabilités. Il n’y en avait presque aucune de certaine.
En clair, la Clairvoyance était une version ultime de la Compréhension du scénario.
La Compréhension du scénario présentait par écrit le scénario le plus probable, ou le scénario unique voulu par l’Hôtel. La Clairvoyance, elle, semblait montrer d’innombrables scénarios possibles sous forme d’images.
Sans tenir compte de mon excuse, A-ri poursuivit :
« Si tu l’avais vu à l’avance, tu n’aurais pas pu simplement le dire à tout le monde ? »
Pourquoi ne pas partager avec mes compagnons les informations que j’avais vues grâce à la Clairvoyance ?
Dès que je les leur révélais, leurs actions changeaient. Et une fois leurs actions modifiées, les possibilités que j’avais vues devenaient inutiles en un instant.
Alors la Clairvoyance montrait de « nouvelles possibilités ».
Et si je leur révélais ces nouvelles possibilités à leur tour ?
La même chose se reproduirait.
Les nouvelles possibilités s’effondreraient et la Clairvoyance en montrerait « d’autres, encore nouvelles ».
Pour sortir de ce cycle absurde, je n’avais pas d’autre choix que de cesser de partager les informations.
A-ri, comme les autres, avait vaguement compris cette particularité de la Clairvoyance.
C’était pour ça qu’ils ne me pressaient pas de tout leur raconter.
« Tu sais pourquoi. »
« Oui. Je sais pourquoi tu ne nous racontes rien. Mais être à tes côtés, c’est quand même assez agaçant. »
Un monopole de l’information.
Une rupture de la communication.
Des secrets inévitables.
Ce n’était clairement pas une situation souhaitable, mais pour le moment, il n’y avait pas de bonne solution.
« Tu as vraiment l’air d’un agent du Bureau de gestion, maintenant. Plus précisément, je dirais que tu as l’air d’un des Silencieux. »
C’était un terme que je n’avais jamais entendu.
« C’est quoi, ça ? »
« En gros, les dirigeants du Bureau de gestion. »
Les dirigeants du Bureau de gestion, les Silencieux.
« … Tu as le droit de me dire ça ? Ça devrait être un secret d’État, comme concept. »
Au lieu de répondre, elle s’adossa doucement à la fenêtre.
Comme pour me demander pourquoi je m’inquiétais soudain de chaque petit détail.
« Et moi, je n’ai pas droit à une lettre ? »
« Hein ? »
« Tu en as donné une à Sang-hyeon, non ? Je crois que tu en as aussi donné une à Elena. »
« … »
« Tu n’as rien pour moi ? Même un petit “Tu peux le faire !”, ça m’irait. »
« Pfft ! »
Surpris, je recrachai l’eau que j’étais en train de boire !
Mais comment avait-elle deviné le « Tu peux le faire ! » ?
Ne me dites pas qu’Elena avait ouvert la lettre en cachette et l’avait montrée à tout le monde…
« Elena ne sait rien. »
« … »
« Je suis la seule à savoir. »
« Attends, pourquoi es-tu la seule à savoir ce qu’il y avait dans la lettre que j’ai donnée à Elena, alors qu’Elena elle-même l’ignore ? »
« Je l’ai ouverte pour la lire pendant qu’Elena somnolait. »
Je restai sans voix.
« … Tu n’es même pas Mi-ro. Pourquoi faire un truc pareil ? »
« Je suis la fille de Mi-ro. »
A-ri me sourit de toutes ses dents. Je me mis à sourire à mon tour, incapable de rester fâché.
« Alors, tu n’as pas une lettre ou quelque chose à me dire ? »
« Non. »
« Pourquoi ? Ne me dis pas que tu boudes, là ? »
Bouder…
Elle me prenait vraiment pour Mi-ro ou Park Seung ?
Je ferais mieux de lui dire franchement.
« Je n’ai rien vu de certain. Chaque fois que je me concentre sur toi, A-ri, des scènes complètement différentes défilent comme un diaporama, mais elles n’ont rien en commun. »
A-ri me regarda, la bouche entrouverte.
« Qu’est-ce que tu as vu ? Si ce n’était de toute façon que des informations inutiles, tu peux me le dire. »
Si j’avais vu quelque chose d’utile, je n’aurais pas pu le lui dire, pour préserver la valeur de cette information.
Mais si on retournait ça dans l’autre sens ?
Ça voulait dire que je pouvais lui raconter si je n’avais vu que des scènes confuses et sans intérêt, non ?
À bien y réfléchir, ça se tenait.
« Parfois, tu marches sous un ciel bleu, vêtue d’une robe d’un blanc immaculé. Puis, l’instant d’après, tu es couverte de poussière au milieu de ruines qui semblent avoir été frappées par une météorite. Un peu plus tard, tu es assise dans un amphithéâtre miteux, vêtue de noir et de blanc. Et puis… »
« Ça va, arrête. J’ai compris. Il y a plein d’images mélangées, alors tu n’arrives pas à savoir ce qu’elles signifient, c’est ça ? »
« Exactement. »
A-ri poussa un petit soupir.
« Pourquoi est-ce que je suis la seule à être aussi paumée ? »
« … Peut-être. »
« Peut-être ? »
« J’y ai pensé aussi. Peut-être que ces informations ne sont pas inutiles. Et si toutes ces scènes t’arrivaient vraiment, A-ri ? »
Le moment où elle marchait sous un ciel bleu, vêtue d’une robe d’un blanc immaculé.
Celui où elle était couverte de poussière au milieu de ruines où tout avait été détruit.
Celui où elle était assise dans un amphithéâtre miteux, habillée de noir et de blanc.
Et si tous ces instants étaient des « moments importants » qui pouvaient réellement se produire…
« Ah, j’y comprends toujours rien. »
Même moi, qui utilisais la Clairvoyance, j’étais perdu. A-ri, qui n’en entendait parler que par moi, devait l’être encore plus.
Elle finit par abandonner et changea de sujet.
« Reprenons ce dont on parlait tout à l’heure. Toutes les épreuves sont liées dans le temps. »
« Oui. »
« Mais les intervalles sont assez grands. Même à la louche, plusieurs milliers d’années séparent la première épreuve de la suivante. Après ça, il y a au moins plusieurs centaines d’années à chaque fois. »
« C’est vrai. »
« Est-ce qu’il y a un moyen de franchir ces intervalles et de se retrouver ? Même pas tous ensemble, juste quelques-uns d’entre nous ? »
Il y en avait un.
Je ne savais pas lequel, mais j’étais certain qu’il existait.
Parce que j’avais vu une possibilité où Mi-ro et moi traversions une épreuve ensemble !
« Je pense que oui. Peut-être qu’il y en a un dans chaque épreuve. »
« … »
« Il faudra le chercher. »
Apparemment, elle avait fini de me dire ce qu’elle avait à dire. A-ri se leva.
On aurait dit qu’elle voulait discuter un peu avec Grand-père, qui allait traverser l’épreuve avec elle.
Je venais à peine de me détendre et de m’adosser à mon siège quand…
— Fwouh !
« Aïe ! Qu’est-ce qui te prend ? »
A-ri se retrouva soudain juste devant moi !
Elle était beaucoup trop près.
Ses yeux, déjà irréels, se mirent à briller d’un rouge éclatant, et ma tête se mit à tourner.
Par réflexe, j’essayai d’agrandir la fenêtre de statut pour me cacher la vue, mais A-ri s’éloigna déjà, comme si ce n’était plus nécessaire.
Je la regardai, intrigué par cette drôle de plaisanterie, et elle sourit.
« Alors, comment c’était ? »
« … Tu m’as fichu la trouille. »
« Quand je te regarde comme ça, tu as l’air humain. »
Quand elle me regardait comme ça, j’avais l’air humain.
Ça voulait dire que, vu autrement, je n’avais pas l’air humain ?
« Je ne vais pas te sortir une banalité du genre : “Tu dois préserver ton humanité.” Je voulais juste te dire ça. »
« Je t’écoute. »
« Tu m’as dit que tu avais atteint l’Éveil lié au Soleil sacré vers la fin de la Chambre 206, non ? »
L’Éveil ?
Avec le recul, ce n’était rien d’aussi grandiose.
J’avais seulement cessé de traiter le Soleil sacré comme un objectif, alors qu’il n’était qu’un moyen.
« Souviens-toi de ça. Tu es peut-être retombé dans un piège similaire. »
« … »
« Bon, j’y vais. Je devrais aussi parler à Kim Mook. »
Retombé dans le même piège…
Voulait-elle dire que la Clairvoyance était le pouvoir qui m’avait piégé cette fois ?
A-ri s’en alla peu après, et je me retrouvai seul.
Comme lorsque nous étions montés à bord du Train de la Porte, l’obscurité recouvrait le paysage extérieur et je ne voyais rien.
La vitre du train ressemblait donc à un miroir trouble.
Je regardai ce miroir.
Je m’y observai.
« … »
Les possibilités de mes compagnons que j’observais grâce à la Clairvoyance n’étaient jamais uniques.
Les cas aussi compliqués que celui d’A-ri étaient rares, mais les possibilités que présentaient mes autres compagnons étaient elles aussi nombreuses et difficiles à définir.
Il n’y avait qu’une exception.
« Han Ga-in. »
Tout le monde avait un destin aussi coloré qu’un arc-en-ciel, mais le mien était unique.
« … »
Dans le miroir, je me vis déchiré, dispersé et réduit en morceaux.
Je me vis éparpillé à travers une étoile entière, fragmenté si finement que je ne pouvais plus conserver le sentiment d’être moi-même.
« Pfiou… »
Une fois encore, je m’assis devant un plateau de go que je ne pouvais partager avec personne.
Il n’y avait qu’un seul but ultime.
Changer mon avenir !
「La troisième épreuve va commencer ! Participants, veuillez vous préparer.」
* * *
「Troisième épreuve : Université Miskatonic」
— Kim A-ri
« … »
Je me réveillai sous la lumière qui filtrait par la fenêtre.
Une notification floue clignota pendant trois secondes.
「La Bénédiction du participant va maintenant être scellée. Veuillez en prendre note.」
Comme prévu, ma Bénédiction était scellée.
Après tout, Kim Mook avait reçu Encore une chance, et moi, le Polyèdre irrégulier, non ?
Ce serait vraiment abusé de sceller nos Héritages avant même qu’on ait pu les utiliser correctement.
— Grincement !
La chambre était plutôt miteuse, avec un lit en bois grinçant.
On aurait dit que je vivais dans une pauvreté assez prononcée.
À la soirée, je m’étais réveillée dans une robe plutôt élégante, mais la réalité était tout autre.
Un petit livret était posé sur la table de chevet.
On aurait dit qu’il m’invitait à découvrir dans quelle situation je me trouvais.
…
L’épreuve se déroulait à l’Université Miskatonic, située à Arkham, une grande ville du Massachusetts, aux États-Unis.
Nous étions en 1897 et, d’après l’identité qui m’avait été attribuée, j’étais étudiante à l’université.
« Une étudiante en 1897. »
Nous n’étions pas en Corée du Sud au vingt-et-unième siècle.
À cette époque, il était déjà rare que les femmes aillent à l’université.
Mon identité avait donc forcément quelque chose de particulier, non ?
Une fois cette idée en tête, je quittai le dortoir.
* * *
L’atmosphère de l’Université Miskatonic se résumait en deux mots : sombre et inquiétante.
Le ciel lui-même était couvert de nuages noirs. J’arrêtai plusieurs étudiants qui se hâtaient et leur demandai ; ils répondirent que le temps était comme ça depuis plusieurs jours.
En plus, il y avait partout des ossements d’étranges créatures que je n’avais jamais vues, ainsi que d’horribles tableaux qui semblaient peints avec du sang. Je ne pus m’empêcher de froncer les sourcils.
Même une personne normale ne finirait-elle pas folle après six mois dans une université pareille ?
Heureusement ou malheureusement, la plupart des étudiants semblaient tout à fait ordinaires.
Je le voyais aux garçons qui rougissaient chaque fois qu’ils me croisaient.
« Excusez-moi. Euh, pardon, vous auriez un instant ? »
« Ah ! B-bien sûr, mademoiselle ! »
Mademoiselle, mon œil !
On était à une réception ou quoi ?
J’attrapai le jeune homme au visage rouge comme une tomate par le col et lui soutirai quelques renseignements sur l’université.
« L-l’université ? Mademoiselle A-ri ! L’Université Miskatonic est une vénérable université généraliste fondée en 1797, et… »
Tandis qu’il me racontait tout un tas de choses, une question me vint naturellement à l’esprit.
« Euh… Thomas, dans quel département est-ce que je devrais aller ? »
Même en posant la question, j’avais failli éclater de rire.
Je ne savais même pas à quel département j’appartenais. Comment quelqu’un d’autre aurait-il pu le savoir…
« Ha ha ! Vous plaisantez, n’est-ce pas ? Ah, vous voulez que je devine ? Facile ! Mademoiselle A-ri, vous êtes forcément au Département des études occultes. Pas vrai ? »
« … »
Le Département des études occultes ?
Rien que le nom me faisait me demander ce que c’était que ce truc.
« Le Département des études occultes rassemble les étudiants les plus étranges et les plus mystérieux du monde. Mademoiselle A-ri, euh… ça se voit tout de suite que vous en faites partie. »
« … Vraiment ? Alors, pouvez-vous m’indiquer où se trouve le département ? »
« Vous voyez ce platane, là-bas ? Tournez à droite à son niveau, puis… »
Vers la fin de notre conversation, il ajouta en rougissant :
« Euh, mademoiselle A-ri… Si nous pouvions reprendre contact plus tard… »
« Au revoir. »
* * *
En approchant du bâtiment du Département des études occultes que Thomas, si serviable, m’avait indiqué, je compris quelque chose.
L’essentiel de l’atmosphère étrange et lugubre de l’Université Miskatonic venait de ce quartier.
Un squelette vivant ou un vampire se prétendant professeur aurait tout à fait eu sa place ici.
Je me jurai donc de ne pas m’étonner pour moins que l’extraordinaire.
« … »
Je suivis les étudiants qui semblaient être dans ma classe et arrivai devant un amphithéâtre qui m’était inconnu.
En apercevant la plaque fixée sur la porte, je m’arrêtai, incapable de cacher ma surprise.
Il y était écrit :
「Introduction à la démonologie」
Notes :
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