Chapitre 493
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 492 : Chambre 207, salle de la Porte — Première épreuve : « Vie éternelle et résurrection » (10) Fin
──────
- Aedia
Memphis n’était plus qu’un champ de ruines en flammes, rempli de gens qui hurlaient.
Un être incompréhensible était apparu près de mon vieil ami, une belle jeune fille qui ressemblait à un flocon de neige.
Horus tourna son regard vers moi.
« Princesse Lézard, à quoi penses-tu en ce moment ? »
Je retins mon souffle.
Mon cœur se mit à battre à tout rompre et mon âme glacée fondit en un instant.
Les mots qui pouvaient décrire cet être me vinrent à l’esprit les uns après les autres.
Celui qui lit le destin.
Le plus grand de tous.
Le vénérable dieu, Horus.
…
Pas un dieu.
La fin de l’Égypte.
Un monstre, un démon, mon ennemi juré !
L’idée que mes pauvres congénères se faisaient massacrer à chaque instant par les émeutiers me remplit d’une rage insoutenable.
« Aaargh ! Crève ! »
Je hurlai comme une folle et me lançai en avant.
Bien sûr, je savais parfaitement que je ne pouvais pas tuer Horus.
Même le grand Menes n’avait pas réussi à vaincre ce démon. Qu’est-ce qu’une jeune fille aussi faible et inexpérimentée que moi pouvait bien faire ?
Je le savais mieux que quiconque.
Aujourd’hui, j’allais mourir de la main de ce dieu cruel.
Mais…
Même si je devais mourir, je voulais au moins brandir mon épée une fois.
« Crève ! »
À cet instant, un livre noir comme la nuit la plus sombre apparut.
--- Frouf !
Une puissance terrifiante immobilisa aussitôt mon corps.
C’était une magie maléfique que quelqu’un d’aussi faible que moi ne pouvait ni comprendre ni repousser.
Puis ma main, échappant à mon contrôle, se mit à serrer ma propre gorge.
« Ghh… Hrk ! »
Je n’arrivais pas à respirer.
J’avais été maîtrisée avant même d’avoir pu brandir correctement mon épée une seule fois.
Je n’avais même pas touché le col de ce démon abject !
Mon corps et mon cœur pleuraient.
Hier encore, j’étais la princesse d’Égypte. Aujourd’hui, je mourais, à la merci de mon ennemi…
C’était insupportable.
« Hngh ! »
Je serrai les dents et relevai la tête.
Je voulais au moins mourir dans la dignité.
Et ce fut la meilleure décision que je pris de toute cette journée.
« Yaaah ! »
Un homme vêtu de noir se changea en trait de lumière et bondit sur Horus !
Quel retournement miraculeux !
Horus, le Dieu maléfique qui avait même fait plier Menes, laissa un simple humain frapper le premier.
En un instant, les vêtements d’Horus furent tachés de rouge.
L’être dont le visage semblait incapable de changer, même si le monde devait prendre fin le lendemain, perdit l’équilibre sous le choc !
« Ghh… Espèce de salaud ! »
À cet instant, la main qui me serrait la gorge m’obéit de nouveau et je pus respirer.
« Taio ! Comment as-tu… ! »
Comme s’il n’attendait que ça, Taio répondit :
« Dame Aedia ! Fuyez ! Vous devez vivre ! »
Ah… !
Taio avait raison.
Je n’étais toujours pas assez forte pour vaincre ce monstre !
Je courus sans réfléchir.
J’entendis quelqu’un s’effondrer derrière moi.
Cela signifiait que Taio n’avait plus tenu le coup et était tombé.
Allais-je réussir à m’échapper ?
Je me retournai, la peur assez forte pour engloutir mon âme, et assistai à mon deuxième miracle.
Une jeune fille retenait Horus en agrippant son col ensanglanté.
Mi-ro retenait Horus, les larmes aux yeux.
Aussi ridicule que cela puisse paraître, cette vision me réconforta un peu.
Comme je l’aimais, elle devait elle aussi tenir à moi.
…
Comment en était-on arrivé là ?
Comment quelqu’un d’aussi faible que moi avait-il réussi à échapper aux griffes de ce terrible démon ?
Une révélation me frappa comme la foudre.
Même la clairvoyance apparemment sans limites d’Horus avait une faille.
Et regardez ce sang !
Ce dieu arrogant n’était qu’un être de chair tendre, après tout.
Autrement dit, il pouvait mourir.
« Ha ! »
Mon grand ancêtre, le souverain absolu des lézards.
Les mots qu’il avait lancés fièrement à Horus.
« À partir de maintenant, je déciderai de mon destin de mes propres mains. »
Alors je me fis cette promesse, non pas au ciel ni au soleil.
Je suis Aedia.
Un jour, quand Horus reviendra sur cette terre, je le tuerai.
* * *
- Mi-ro
Je restai sans voix.
Je ne savais pas quoi dire.
Même maintenant, l’image d’Aedia qui fuyait, les yeux injectés de sang grands ouverts, restait gravée dans mon esprit.
« … »
Ga-in passa une main sur ses vêtements tachés de sang. Un homme vêtu de noir gisait devant lui.
Bientôt, « Taio » se releva.
Si Aedia avait vu ça, elle se serait évanouie de stupeur, mais l’homme n’était pas vraiment mort.
« Waouh, vu de l’extérieur, c’est incroyable. »
L’homme s’adressa à Ga-in comme à un ami.
« Quoi donc ? »
« Ton jeu d’acteur ! Ton jeu d’acteur ! Tu t’es juste égratigné, mais à voir la scène, on aurait cru que tu avais reçu un coup en plein cœur ! »
« C’était convaincant ? »
« J’ai cru que tu étais une vedette de cinéma. »
« Hé, hé ! Arrête de te lancer des fleurs. On n’a pas le temps. »
Alors « Taio » sourit et disparut.
« … »
Ce n’était pas étonnant.
Taio n’avait jamais été là.
Ce n’était qu’un clone que Ga-in avait créé avec le Grimoire.
Pour moi, il n’avait jamais ressemblé à Taio. On aurait plutôt dit une ombre noire et luisante.
Quand Ga-in avait-il acquis un tel pouvoir ?
« Ga-in… C’est fini ? »
La voix de Song-i retentit. C’était elle qui avait fait prendre cette forme inconnue pour « Taio » à Aedia.
« Ouais. »
« Ouf… Je ne sais pas ce que c’était, mais ça me soulage… »
« Tu as bien joué. »
À ces mots, Song-i ferma lentement les yeux.
Ce n’était pas triste.
Depuis que Menes lui avait tranché la main, Song-i avait voulu pouvoir enfin reposer en paix.
Le professeur était mort en se tenant le ventre transpercé.
Après avoir invoqué un Fragment d’étoile pour arrêter le robot déchaîné, Jin-cheol s’était changé en un amas de chair difforme.
Song-i allait bientôt mourir, elle aussi.
Il ne restait que moi et Seung-yeop, et peut-être Yumi.
J’allais bientôt sombrer dans un long sommeil.
Qu’adviendrait-il de Seung-yeop et de Yumi ?
« Mi-ro, entre dans le sarcophage. »
Une boîte noire remplie d’un liquide visqueux.
Le Sarcophage de l’immortalité.
--- Floc !
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
Un beau jeune homme sourit.
La personne qui m’était la plus chère, mon premier amour.
« Tu as une question ? »
Il restait moins de trente secondes au temps de Ga-in, et je ne pouvais plus me retenir.
J’avais bien trop de points d’interrogation dans la tête !
Ga-in, qu’est-ce que tu as en tête ?
On n’était pas censés tuer tous les Reptiliens ?
Pourquoi avoir laissé Aedia en vie alors que tu aurais pu la tuer ?
Même si tu avais une raison de la laisser partir, tu n’aurais pas pu rester caché ?
Pourquoi avoir trompé Aedia en te faisant passer pour Taio, qui était déjà mort ?
Et enfin !
Pourquoi est-ce que je devais…
dormir dans le sarcophage ?
« Je le vois à ton regard. Tu as beaucoup de questions. »
« … »
« Tu le sauras bientôt. Je n’ai pas pour habitude de jouer aux vingt questions. Dès que la chambre 207 sera terminée, je t’expliquerai tout, sans rien oublier. »
Puis son visage s’approcha brusquement du mien.
« Euh… ! »
« Bonne nuit. »
--- Clac
Le couvercle du sarcophage se referma.
…
Je pensais qu’il allait au moins m’embrasser, mais qu’il se contente d’un câlin dans un moment pareil, c’était vraiment cruel.
Ce fut mon dernier souvenir de la première épreuve.
「Vie éternelle et résurrection, fin」
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour ---
Emplacement actuel : Chambre 207, salle de la Porte
Conseil du Sage : 3]
- Han Ga-in
« La date a disparu de la fenêtre de statut. »
--- Clac ! Clac !
Le train poursuivait sa course sans marquer la moindre pause.
Quelle épreuve m’attendait à la dernière gare, au bout des rails où je descendrais ?
En face de moi, Eun-sol, Jin-cheol et Elena tenaient une réunion stratégique.
« Jin-cheol, tu es probablement un chevalier. Elena, on dirait vraiment une jeune noble, non ? »
« Et toi ? »
« Qui sait ? Ga-in m’a dit qu’il n’en savait rien non plus. Peut-être que je suis moi aussi une jeune noble, quelque part ? »
« Allons ! Il ne peut pas y avoir que deux jeunes nobles ! Il faut bien une domestique aussi. »
« Waouh ! Cha Jin-cheol, qu’est-ce que tu viens de dire ? Tu es en train de me dire que je serai la domestique ? Je suis la fille d’une famille respectable, et c’est comme ça qu’on me traite ? »
« Ah ! Tu sais que je plaisantais, hein ? »
« Jin-cheol, tu peux faire une croix sur tout emploi en Corée à l’avenir. »
« Ha ha ! Sérieusement, arrête de plaisanter. »
La scène ressemblait à moitié à une réunion stratégique et à moitié à une occasion pour eux de se rapprocher.
Si ça les aidait à se détendre, ce n’était pas plus mal.
Après tout, ils passeraient ensuite.
Puis quelqu’un s’assit à côté de moi.
« Ha ha, cher client. Vous appréciez votre voyage en train ? »
« … »
Cette voix désagréable. Le Marchand.
« Appelez-moi désormais le contrôleur plutôt que le Marchand, s’il vous plaît. »
« Vous avez eu une promotion ou quoi ? »
« Pas vraiment, mais contrôleur me convient mieux dans un train. »
« … »
« J’ai adoré voir la première épreuve. Vous n’imaginez pas à quel point j’ai été impressionné. Ha ! J’ai servi l’Hôtel pendant de nombreuses années, mais j’ai rarement vu un client comme vous. »
Il avait adoré assister à la première épreuve ?
Ça avait deux significations.
Contrairement à nous, le Marchand pouvait observer le déroulement des épreuves.
Et la première épreuve venait de se terminer !
Sans réfléchir, je me levai et regardai dans le wagon devant moi.
« … »
Jin-cheol, Eun-sol et Elena.
Tous les trois riaient et bavardaient en mangeant des en-cas.
Le Marchand était assis à côté de moi dans cette situation ahurissante, pourtant ils ne semblaient pas s’en soucier le moins du monde.
Une sorte de magie voilait peut-être leur vue.
« Qu’est-ce qui ne va pas ? Vous êtes surpris que les prochains participants soient tous en forme ? »
« … »
« Vous pensiez qu’au moins l’un d’eux s’effondrerait, pas vrai ? Ha ha ! C’est un secret, mais quoi qu’il arrive dans une épreuve, cela n’a aucune incidence sur le train. »
Ce qui se passait pendant une épreuve ne pouvait pas avoir d’incidence sur le train.
« Pour faire simple, imaginons que Mademoiselle Mi-ro invoque Monsieur Ga-in et que Monsieur Ga-in meure. Eh bien, même dans ce cas, il ne lui arriverait rien dans le train. Pourquoi ? »
« … »
« Parce que vous ne devez pas savoir ce qui s’est passé dans l’épreuve précédente. Pour éviter les spoilers. Vous comprenez, n’est-ce pas ? »
Pourquoi parlait-il d’éviter les spoilers ?
Il venait de tout me révéler !
Qu’est-ce qui pouvait bien expliquer que le Marchand me raconte tout ça sans raison, alors que je n’avais pas dit un mot ?
Je l’avais vu grâce à Clairvoyance. Cela signifiait que Jin-cheol était tombé pendant la première épreuve.
Et pourtant, le Jin-cheol du train n’en était pas affecté.
Mais qu’en était-il du Jin-cheol de la deuxième épreuve ?
… Je sentais que ma sombre prédiction allait se réaliser.
« Vous m’êtes reconnaissant, n’est-ce pas ? »
« … Quoi ? »
« Ha ha, participant Han Ga-in. Vous n’êtes quand même pas une bête incapable de reconnaître un service ? »
« … »
« Je crois que je viens de vous donner un indice de taille. »
« Je m’en doutais. »
« Se douter de quelque chose et en être certain, ce n’est pas pareil. Je vous ai donné une certitude. »
Il n’avait pas tort.
« Où voulez-vous en venir ? »
« C’est une question qui relève de ma curiosité personnelle. »
Il voulait que je satisfasse sa curiosité personnelle parce qu’il m’avait aidé ?
« Allez-y, demandez. »
« Vous vous considérez comme un héros ou comme le compagnon sur lequel ils peuvent compter ? »
« Je ne vois pas où vous voulez en venir. »
« Je vais préciser. La voie de l’humanité, ou celle que vous suivrez avec vos compagnons. Si vous deviez choisir, laquelle prendriez-vous ? »
La voie de l’humanité, ou celle que je suivrais avec mes compagnons.
« … Si possible, je sauverais les deux. »
« Quel avide ! Choisissez-en une seule, une seule. »
« … »
« Une seule. Si vous essayez de garder les deux, vous perdrez les deux. »
Alors que j’hésitais, ne sachant pas quoi répondre, le Marchand lâcha soudain une phrase inquiétante.
« Contrairement à quelqu’un d’aussi graaand que vous, je ne peux pas lire le destin, mais je sais une chose. »
« Laquelle ? »
« Je crois que nous allons rester ensemble très longtemps. »
« Non, mais qu’est-ce que vous racontez comme truc sinistre… »
« Monsieur Ga-in, faisons connaissance dès maintenant. La prochaine fois qu’on se verra, appelez-moi grand frère. »
« Espèce d’enfoiré ! »
Je tournai la tête pour l’insulter encore, mais il n’y avait plus personne à côté de moi.
--- Clang !
「La deuxième épreuve va commencer ! Participants, veuillez vous préparer.」
« Bonne chance à tous ! »
« Yaaah ! Faisons de notre mieux, tous les trois ! »
« Eun-sol, Jin-cheol, tenez bon, tous les deux ! »
* * *
「Deuxième épreuve : Sorcière」
- Elena
Le sol était en marbre dur et une table ancienne en bois se dressait devant moi.
Les vêtements que je portais… Oh, de la soie !
La soie était un tissu luxueux même au vingt-et-unième siècle ; alors, au Moyen Âge, inutile de préciser.
Encore un départ dans la haute société, chambre 207 : réussi !
J’étais secrètement ravie.
L’Hôtel était dangereux, quel que soit le point de départ, mais commencer dans la peau d’une riche jeune femme était bien plus confortable que de débuter dans un bidonville.
Et ce n’était pas tout.
--- Cui-cui !
Un cri d’oiseau que j’avais entendu d’innombrables fois et que je connaissais par cœur.
« Hein ? C’est Pero ? »
Quoi ? Quoi ?
Mais qu’est-ce qui se passait, au juste ?
Je commençais dans la peau d’une riche jeune femme, et Pero, le meilleur des alliés, était avec moi ?
L’Hôtel était-il vraiment si gentil ?
C’est gênant de le dire à voix haute, alors je vais me contenter de le penser !
Regardez le rôle que l’Hôtel m’a attribué.
Dans la chambre 205, j’étais un Apôtre de Dieu. Dans la chambre 206, une actrice célèbre. Dans la chambre 207, une riche jeune femme accompagnée d’un perroquet mystérieux.
Pourquoi me donnait-il toujours des rôles aussi avantageux ?
Parce que je suis jolie !
Je suis jolie, alors ces rôles me vont bien !
« … Hum, je vais me calmer. »
Reprends-toi.
L’Hôtel était si gentil que ça en devenait inquiétant.
« Monsieur l’Hôtel… Monsieur l’Hôtel. Pourquoi vous comportez-vous si différemment de d’habitude ? »
Peut-être parce que j’étais anxieuse, mais je me surpris à parler toute seule.
--- Froissement !
Je sentis quelque chose de rigide dans mes vêtements. C’était l’enveloppe que Ga-in m’avait donnée.
Quand m’avait-il dit de l’ouvrir ?
« Lis-la dès que le tour d’Elena commence dans la chambre 207. »
Il m’avait dit de la lire tout de suite.
--- Frouf !
J’ouvris l’enveloppe et dépliai le petit morceau de papier.
Quelques mots tout simples y étaient inscrits.
「Je suis désolé.」
« ? »
「On dirait qu’Elena et Eun-sol vont devoir se débrouiller seules pour la deuxième épreuve.」
« ??? »
「Tu peux le faire !」
« Beuh ! »
Notes de bas de page :
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