Chapitre 491
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 490 : Chambre 207, salle de la Porte — Première épreuve : « Vie éternelle et résurrection » (8)
──────
— Yoo Song-i
J’étais perdue.
Que se passait-il dans cette première épreuve ?
Qu’étaient exactement les monstres que j’avais vus, que nous avions vus ?
Au moment où le rugissement de Malkab résonna dans tout Memphis, une vérité inimaginable fut révélée.
...
Et maintenant ?
* * *
« Des Reptiliens. C’est probablement la véritable nature de la lignée du pharaon. »
Après ces mots, le professeur se tut.
Évidemment. Les Reptiliens n’étaient au départ qu’une théorie du complot.
La bibliothèque regorgeait de sources fiables sur l’histoire de l’Égypte ancienne, mais pas sur les Reptiliens.
Personne ne pouvait vraiment en savoir grand-chose, et le professeur ne faisait pas exception.
J’avais entendu quelques histoires à droite et à gauche.
Ils ressemblaient à des reptiles bipèdes.
Ils possédaient d’impressionnantes capacités de métamorphose, qui leur permettaient d’imiter les humains. Ils auraient utilisé ce pouvoir pour infiltrer les hautes sphères de la société.
C’était tout.
« … »
En repensant à ce que nous avions vécu pendant la première épreuve, d’autres éléments me revinrent à l’esprit.
Quand son identité avait été révélée, Aedia avait été sous le choc et s’était mise à trembler de tout son corps.
Elle semblait ignorer que, comme elle, le reste de la lignée du pharaon était composé de Reptiliens.
Menes avait-il caché la vérité à ses descendants ?
Peut-être était-ce lié à son entrée dans le Sarcophage de l’immortalité.
La plus grande énigme entourant Menes venait de se résoudre d’elle-même.
Même si quelqu’un venu du futur avait débarqué dans l’Antiquité à cause d’un voyage dans le temps, même un génie du siècle comme le Chercheur en chef n’aurait pas pu construire seul des robots pareils.
C’était pour cela que tout le monde était perplexe, mais la réponse était simple.
Menes n’était pas un humain venu du futur. C’était un extraterrestre venu de l’espace.
Il devait donc avoir un vaisseau spatial. Il avait probablement utilisé son équipement pour construire les robots.
À moins que le vaisseau lui-même n’ait été conçu pour se transformer en robot une fois arrivé dans une colonie.
Le vaisseau interstellaire construit par les humains du futur de la chambre 203 m’avait paru similaire.
« … »
Après la révélation de la vérité sur les Reptiliens, nous nous étions empressés de quitter Memphis.
Même si notre groupe avançait péniblement lentement, Menes n’envoya personne à nos trousses.
« Je pensais qu’il ferait au moins semblant d’envoyer quelques soldats humains à nos trousses, mais même pas. »
« Je sais. »
Pour Menes, nous étions les Prêtres d’Horus, un dieu inconnu.
Il craignait peut-être qu’Horus ne se venge si jamais il nous tuait.
Même si Ga-in ne faisait pas partie de l’équipe de la première épreuve, il nous était très utile à bien des égards.
« J’y ai réfléchi, et je ne crois pas qu’il enverra qui que ce soit à nos trousses à l’avenir non plus. »
« … »
« Nous sommes à l’aube des temps. La majeure partie de la Terre n’a pas encore de civilisation digne de ce nom. Autrement dit, elle est vide. »
« … »
« En ne lançant pas de poursuite, il nous envoie un message. Allez ailleurs, vénérez Horus et bâtissez votre propre civilisation. Il doit bien y avoir d’autres endroits habitables, non ? »
Je compris.
À la place de Menes, j’aurais préféré nous dire de partir chacun de notre côté plutôt que de nous battre.
Nous étions une gêne les uns pour les autres. Pourquoi risquer nos vies pour l’Égypte, un tout petit territoire à l’échelle de la Terre ?
Bien sûr, c’était uniquement le point de vue de Menes.
« … »
Je réfléchis encore et encore.
L’hôtel dissimulait souvent des indices dans des endroits faciles à négliger au premier abord.
Le fait que tout ait commencé sans crier gare dans un train en était un bon exemple.
On avait déjà décidé qui participerait à chaque épreuve.
Dans ce cas, l’hôtel aurait pu nous envoyer directement dans les épreuves. Pourquoi nous avait-il fait commencer dans un train ?
« … »
Un train avançait d’une station à l’autre, de la première à la deuxième, puis de la deuxième à la troisième.
Il y avait un ordre, et chaque station n’était qu’un arrêt intermédiaire sur un même parcours.
Les quatre épreuves formaient un seul monde.
Nous nous trouvions à l’époque la plus reculée, tandis que nos compagnons traverseraient ensuite le Moyen Âge, l’époque moderne et le présent.
Nous étions probablement aux alentours de 3000 avant J.-C.
Même par rapport à la période suivante, le Moyen Âge, il y avait un écart d’au moins trois mille cinq cents à quatre mille ans.
Cela signifiait que la première épreuve était celle qui présentait le plus grand décalage temporel.
Qu’est-ce que cela impliquait ?
« … »
On appelait cela l’effet papillon.
D’après ce que nous savions, il n’existait aujourd’hui qu’un tout petit nombre de Reptiliens : les membres de la lignée du pharaon, dont Menes et Aedia.
Que se passerait-il si nous ne les tuions pas et que quatre mille ans s’écoulaient ?
« Nous devons y retourner. »
« … »
« Nous devons retourner là-bas et tuer Menes. Non, toute la lignée du pharaon ! »
« … »
« Si nous ne tuons pas tous les Reptiliens et que trois ou quatre mille ans passent… ! »
« Toute la classe dirigeante de l’humanité pourrait devenir reptilienne. Ou alors, les humains eux-mêmes pourraient être élevés comme du bétail. »
« Alors… »
« C’est maintenant qu’il faut le faire. »
« Hein ? »
« C’est le moment de lire le deuxième morceau de papier. »
Sur ces mots, le professeur sortit de ses vêtements le papier marqué d’un « 2 ».
「2. Si possible, gardez Mi-ro pour plus tard.」
« Hum ? »
« Garder Mi-ro pour plus tard ? »
« Hein ? Hein ? Ça parle de moi ? Ga-in a écrit quelque chose sur moi ? »
« Comment… Non, le Sarcophage de l’immortalité ? »
J’en eus le souffle coupé.
Ga-in avait écrit cette lettre avant même que nous entrions dans la chambre 207 !
Avait-il prévu l’existence du Sarcophage de l’immortalité avant le début de l’épreuve ?
Était-ce vraiment une capacité humaine ?
À moins qu’il ne soit réellement un ange descendu des cieux !
« Je ne crois pas. La Clairvoyance permet de déduire des possibilités concrètes à partir de quelques indices. Avant d’entrer, rien ne permettait de prévoir l’existence du sarcophage. »
« A-alors ? »
« Il n’y a même pas le mot “sarcophage” dans cette phrase. Il n’a pas prédit son existence. Il a simplement pensé qu’il y aurait quelque chose. »
« Quelque chose ? »
« Un moyen d’emmener l’un de nos compagnons dans les épreuves suivantes. »
« … »
« Sur quoi s’est-il fondé ? Je n’en sais pas assez pour le dire. »
C’était étrange.
Pour une raison quelconque, le professeur se comportait différemment de d’habitude.
Il ressemblait à un ancien prêtre interprétant la volonté d’un dieu, et prononçait des paroles qui semblaient compréhensibles, mais restaient impossibles à saisir.
« Ah, Mi-ro de Minuit ? »
Mi-ro de Minuit.
« Elle le prétend elle-même, mais elle dit qu’on lui a prédit qu’elle jouerait un rôle important dans la chambre 207. L’hôtel a placé Mlle Mi-ro dans la première épreuve, mais… Ga-in pense que ce n’est pas la bonne époque. »
Selon Ga-in, Mi-ro de Minuit ne devait pas jouer son rôle maintenant, mais des milliers d’années plus tard.
« Si cette lettre n’avait pas existé, Mi-ro de Minuit aurait été sacrifiée en combattant Menes. »
Son destin était de périr lors de la première épreuve.
« Mlle Mi-ro, vous comprenez ? »
« … »
« Vous ne pouvez pas mourir maintenant. Vous ne pouvez pas non plus utiliser Mi-ro de Minuit. Même si nous sommes tous éliminés, vous devrez tenir jusqu’au bout, entrer dans le sarcophage et vous endormir. »
« … D’accord. »
La Clairvoyance avait changé ce destin.
Mi-ro de Minuit n’apparaîtrait pas dans la première épreuve.
« L’Éclair final sera rechargé dans trois jours. »
« … »
« Alors, nous attaquerons Memphis. »
* * *
— Aedia
J’étais humaine.
Je n’étais pas humaine.
J’étais humaine.
Je n’étais pas humaine.
J’étais…
Un monstre.
Un lézard au sang pâle.
Un reptile qui cachait ses écailles sous une peau douce.
Je n’arrivais pas à respirer.
J’avais si mal, comme si mon cœur se déchirait…
Je ne voulais vraiment plus vivre.
« Je suis désolé. »
Le grand ancêtre — ou peut-être le monstre le plus terrible de tous — s’adressa à moi.
« À présent que j’y repense, Malkab devait en être responsable, mais autrefois, j’ai été frappé par une maladie inconnue. Pour survivre, j’ai dû entrer précipitamment dans le sarcophage. Je ne savais pas qu’il se produirait quelque chose d’aussi fâcheux. »
Nous, la lignée du pharaon, n’étions pas humains, mais de simples monstres déguisés en humains.
…
Notre déguisement était parfait.
Quand nous prenions l’apparence de femmes, même les enfants que nous mettions au monde naissaient sous forme humaine !
Notre pouvoir de métamorphose était si absurde que nous avions même oublié que nous n’étions pas humains.
« J’ai clairement expliqué la situation à mes enfants… J’ignore à quel moment vous avez perdu la culture de “notre espèce”. Malkab est-il intervenu ? »
« Ah… Ah… »
« Maintenant que je suis réveillé, il n’y a plus de problème. Accepte ton destin à partir de maintenant. Les mammifères primitifs qui peuplent cette planète sont nés pour nous servir. »
Je fixai sans réagir le grand ancêtre, qui m’ordonnait d’accepter mon destin.
Un être qui qualifiait les humains de « mammifères primitifs nés pour nous servir ».
Quelqu’un qui n’avait jamais été humain, pas même à la naissance : le roi des lézards à sang froid.
Voilà pourquoi il était si différent de moi.
…
Je regagnai ma demeure et vécus comme si j’étais morte.
J’avais perdu toute volonté de vivre. Non, j’étais un lézard.
Même la chaleur accablante de l’Égypte ne suffisait pas à réchauffer mon cœur, qui se glaçait à chaque instant.
Je me décomposais lentement.
Je me raidissais comme une plante, et non comme une personne — même si je n’en avais jamais été une.
Je voulais que tout s’arrête ainsi.
Si ce n’était qu’un cauchemar, je voulais me réveiller au plus vite.
— Clac !
« Dame Aedia ! »
« … »
« Dame Aedia ! Ce n’est pas le moment de rester comme ça ! »
Taio, mon fidèle serviteur et ami depuis toujours.
Celui qui n’avait pas hésité à se charger de la tâche cruelle de m’amener des enfants égyptiens.
Le savait-il ?
Que je n’étais qu’un monstre, pas une humaine…
« Dame Aedia ! Reprenez-vous, je vous en prie ! Regardez dehors ! »
Incapable de refuser la supplique désespérée de Taio, je sortis et vis quelque chose d’incroyable.
Memphis était en flammes, et des pieux avaient été plantés partout dans le sol.
Mes frères et mes proches, que je connaissais si bien, y étaient empalés !
La lignée du Grand Pharaon se faisait massacrer.
La scène était si inimaginable que mon esprit, jusque-là noyé dans le désespoir, se réveilla d’un coup !
« Q-qu’est-ce qui se passe ? »
« Une rébellion a éclaté ! Des centaines, des milliers de gens se sont mis à massacrer sans retenue la lignée d’Omar. »
Une rébellion avait éclaté ? Comme ça, tout à coup ?
« C-c’est… Ça va vous paraître étrange, mais c’était comme si quelqu’un contrôlait des milliers de personnes… »
Quelqu’un gouvernait des milliers d’humains grâce à son charisme.
À ces mots, je pensai à quelqu’un qui m’avait semblé davantage un dieu qu’un être humain.
« Tout le monde est devenu fou ! Ils crient des absurdités… »
Les « absurdités » dont parlait Taio parvinrent bientôt à mes oreilles.
« Tuez tous ces horribles lézards ! »
« Tuez tous les membres de la lignée corrompue du pharaon ! »
Je retins de nouveau mon souffle.
Je levai la tête, l’esprit à moitié absent…
Je vis une traînée lumineuse qui semblait capable de fendre le monde en deux.
— Boum !
* * *
— Cha Jin-cheol
« C’est ça, les robots ? On dirait que ce tir en a éliminé quatre-vingts pour cent ! Hahaha ! »
Ils n’étaient plus que des tas de ferraille, mais Sang-hyeon disait qu’ils s’étaient révélés plus impressionnants que prévu.
Sang-hyeon n’avait-il pas dit que ce squelette appelé Malkab ou je ne sais quoi ne pouvait rien contre eux ?
Évidemment, tout cela ne pesait pas lourd face à l’Éclair final.
Ce squelette n’avait pas résisté au rayon non plus. C’était donc normal.
« La Chance nous sourit. Si les robots étaient éparpillés dans toute l’Égypte comme avant, on n’aurait jamais pu les affronter un par un. »
Song-i ajouta : « Ils ont probablement gardé les robots près du palais royal pour contrôler l’opinion publique. Ils ne pourront plus le faire. »
Seung-yeop reprit espoir.
« Menes aurait pu être tué par cette attaque, lui aussi ? »
Ce n’était pas le cas.
« Espèce d’idiot, comment tu peux encore dire ça après tout ce temps ? Tu as dit que les robots s’arrêteraient si ce salaud de pharaon mourait. Regarde là-bas. »
Sans doute située à la limite de la portée de l’Éclair final, la statue du pharaon avait échappé au tir direct. Elle se contorsionnait et émettait un son étrange.
On allait devoir porter le coup de grâce nous-mêmes.
« On dirait que Menes est toujours vivant. »
Memphis, la capitale de l’Égypte ancienne, brûlait.
L’Éclair final avait pulvérisé les robots près du palais royal. On aurait dit un dieu enragé écrasant les serviteurs d’un extraterrestre.
Était-ce pour cela ?
Des cris encore plus furieux retentissaient dans tout Memphis.
« Brûlez tous ces pharaons lézards ! »
Une foule d’humains enragés ne pouvait pas menacer Menes, un surhomme — non, un super-lézard.
Mais c’était peut-être différent pour ses descendants reptiliens, assez stupides pour avoir vécu en se croyant humains !
« Entrons. On dirait que ça ne s’arrêtera que lorsqu’on aura coupé la tête de ce lézard ! »
« … Jin-cheol, fais attention. »
Sang-hyeon semblait inquiet.
C’était probablement parce que je ne pouvais pas utiliser correctement mes Héritages si je perdais ma Bénédiction.
Si j’invoquais un Fragment d’étoile d’un autre monde sans Régénération, mon corps entier se tordrait en quelques secondes.
C’était sans doute pour ça que Mi-ro avait invoqué Ga-in ou A-ri plutôt que moi…
Mais elle avait presque épuisé leur temps, alors elle n’avait pas eu d’autre choix que de m’invoquer.
« Grand frère, depuis quand est-ce qu’on s’est battus dans des conditions favorables ? »
« Ha, Jin-cheol, tu es plus fort que moi. Tu as raison. Allons tuer le roi lézard. »
Il était temps d’en finir avec la première épreuve.
Notes :
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