Chapitre 489
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 488 : Chambre 207, Salle de la porte — Première épreuve « Vie éternelle et résurrection » (6)
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— Park Seung-yeop
À cet instant, des hurlements de peur et de douleur retentirent dans toute l’Égypte.
Nous avancions aux côtés des mystérieuses armes autonomes contrôlées par Menes.
« Waouh… Elles sont trop stylées ! »
« Ne raconte pas n’importe quoi. »
Malgré les reproches de Mi-ro, les robots étaient vraiment stylés.
Certains ressemblaient à d’immenses statues de pharaons assis sur leur trône, d’autres à des oiseaux géants.
Il y en avait aussi en forme de léopards, ainsi que d’énormes épées flottant dans les airs.
Leurs formes variaient, mais ils avaient tous un point commun : ils irradiaient une lumière dorée dans toutes les directions.
Le professeur examina les robots avec intérêt et marmonna : « Ils n’ont pas été conçus uniquement pour être efficaces. »
Je compris ce que voulait dire le professeur.
Je n’y connaissais rien en robotique, mais même à mes yeux de novice, ils avaient l’air bizarres.
Pourquoi des robots de combat auraient-ils besoin de ressembler à des pharaons assis ou à des animaux ?
C’était pareil pour les épées volantes.
Elles ne voleraient pas mieux si elles avaient plutôt la forme d’un avion ?
Et puis, leur faire émettre une lumière dorée, c’était du gaspillage d’énergie et d’éclairage.
Et pourtant !
« Elles sont stylées, pas vrai ? »
« Oui. C’était justement le but. »
Des statues dorées de pharaons prenaient vie et repoussaient les démons.
Qu’avaient bien pu penser les habitants de l’Égypte antique en assistant à pareil spectacle ?
Ils avaient probablement plié le genou sur-le-champ et juré fidélité à Menes.
Menes n’avait pas besoin de pouvoirs surnaturels pour inspirer le charisme.
« Je crois qu’on est presque arrivés. »
« On dirait bien. »
Menes et notre groupe n’échangèrent pas un mot jusqu’à notre arrivée. Nous passâmes plutôt tout le trajet à nous jauger en silence.
Peut-être parce qu’il s’était réveillé dans son sarcophage après plusieurs siècles, Menes n’avait pas encore retrouvé toutes ses forces.
Il avait même du mal à marcher et s’appuyait donc sur sa descendante, Aedia.
De temps à autre, Menes manipulait aussi un appareil qui ressemblait à une télécommande.
À chaque fois, des armes autonomes restées en sommeil aux quatre coins de l’Égypte se joignaient peu à peu à nous.
La tension monta progressivement jusqu’à ce que nous atteignions enfin une vaste plaine.
Le professeur désigna alors le ciel et s’adressa à Menes.
« Qu’est-ce que c’est ? »
Menes répondit sans hésiter.
« Une Tour du Crâne. »
« … »
« En vérité, la magnifique Memphis a été réduite en ruines uniquement pour dissimuler cette Tour du Crâne. »
« On devrait la détruire ? »
« Ah ! Vous voulez savoir si détruire cette tour arrêtera Malkab ? »
« … »
« Désolé, mais vous vous trompez. Cette tour a déjà rempli son rôle. Malkab va bientôt se manifester dans ce domaine. »
« Ça va être un combat compliqué. »
« Exactement. C’est pourquoi il est temps que vous vous prépariez, vous aussi. »
« Nous sommes toujours prêts. Alors… »
« Non, non. »
Le refus catégorique de Menes surprit non seulement le professeur, mais moi aussi.
Qu’y avait-il d’autre à préparer ?
Le professeur ne mentait pas. Nous n’avions vraiment rien de spécial à faire.
« Ha ha, mon ami. Tu essaies de te défiler comme un serpent ? Il faut bien qu’un dieu en arrête un autre, non ? »
« Qu’est-ce que vous… »
Un dieu devait en arrêter un autre ?
Menes voulait-il dire que…
« Bien sûr, je crois que le grand Horus sauvera l’Égypte. Mais je suis vieux, et les vieux sont naturellement pleins de doutes. »
« Non, c’est… enfin… »
« Je suis très inquiet. J’ai peur que vous ne comptiez pousser Malkab et moi à nous détruire mutuellement. »
— Clac !
Menes frappa doucement dans ses mains, et les robots alentour se mirent à nous encercler !
Q-qu’est-ce qu’on était censés faire ?
Si nos adversaires étaient des robots, le bracelet de Song-i et la magie de Yumi ne serviraient à rien !
Mi-ro pourrait-elle faire quelque chose en utilisant bien le Prêteur de temps ?
Ou le professeur pourrait tirer un éclair et éliminer Menes !
Non, quelle idée stupide !
Si nous tuions Menes ici, on était censés arrêter Malkab tout seuls ?
Comment allions-nous nous sortir de là…
« Très bien. »
Une voix claire et sonore retentit, et la tension retomba aussitôt.
« Si vous tenez tellement à rencontrer notre… euh… Horus, je vais vous le présenter. »
Le professeur et Song-i affichaient tous deux une expression qui disait : « Tu es sûre que c’est une bonne idée ? », face à l’initiative soudaine de Mi-ro, dont nous n’avions pas parlé avant. Pourtant, aucun des deux ne l’arrêta.
Aedia fut la seule à écarquiller les yeux, paniquée.
« M-Mi-ro ! Qu’est-ce que tu racontes ? Toi, tu… »
À quoi pouvait bien penser cette princesse, en ce moment ?
Son amie d’enfance, dont elle avait toujours été proche, s’était révélée être la sainte d’un mystérieux groupe religieux ?
— Clic !
Les aiguilles de la montre à gousset indiquèrent midi.
« Horus » apparut.
* * *
La première chose que dit Ga-in en apparaissant dans la plaine désertique fut :
« Ah, donc on peut utiliser les Héritages ? »
Même Ga-in n’était pas certain que, lors de la première épreuve, l’Hôtel scellerait les bénédictions ou les Héritages.
Juste après, une lumière jaillit du poignet de Song-i.
Elle devait probablement transmettre la situation à Ga-in au moyen d’une illusion.
Pour quelqu’un qui aurait observé la scène de l’extérieur, l’apparition soudaine d’« Horus », qui lisait l’avenir en contemplant le ciel, aurait eu quelque chose de mystérieux.
Puis…
— Fwoosh !
Un petit soleil apparut dans les airs.
Ga-in se plaça devant le Soleil sacré et fixa Menes.
C’était du bluff.
Le Soleil sacré n’avait même plus une once de puissance, et le Grimoire ne pouvait pas faire grand-chose contre des robots dépourvus d’âme.
Mais nous seuls pouvions le penser, parce que nous connaissions Ga-in par cœur.
Qu’est-ce que Menes voyait, lui ?
Un être inconnu apparaissait de nulle part et avançait vers lui, un soleil ardent dans son dos.
Le charisme écrasant qui émanait de ce soleil étouffait même l’esprit de Menes !
Menes ne parvenait même pas à prendre une profonde inspiration.
« Toi… Qu’est-ce que tu es ? Le soleil et le ciel sont-ils tes symboles ? »
L’essence même de la mythologie égyptienne, maître du soleil et du ciel, de la perfection et de la sagesse, de l’abondance, de la vengeance et de la protection.
À cet instant, l’être qui s’avançait vers Menes n’était pas humain. C’était Horus, tout droit sorti des mythes.
« … Ah. »
Un soupir s’éleva derrière nous.
Mi-ro marmonna, l’air absent, comme si elle venait de comprendre quelque chose.
« C’est pas possible… ! »
« Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Ils se ressemblent trop ! »
« Hein ? »
« Le soleil comme symbole, et une apparence transcendante qui rappelle un oiseau. Il peut prendre plusieurs formes ! »
« Qu’est-ce que tu… »
« C’est la même chose… ! Le pouvoir d’Horus dans la mythologie et celui de Ga-in… »
— Tap !
La main ferme du professeur se posa sur l’épaule de Mi-ro.
« Taisons-nous. Il y a beaucoup d’oreilles qui nous écoutent. Même si Menes ne doit pas vraiment pouvoir se concentrer sur nous, pour l’instant. »
« J-Je crois avoir compris, dans les grandes lignes, ce qu’est vraiment cette épreuve ! Alors… »
« Plus tard. On en parlera après avoir vaincu Malkab. »
Elle avait compris la nature de l’épreuve ?
Le professeur, mais aussi Mi-ro, semblaient avoir compris quelque chose en assistant à cette scène !
Étais-je le seul idiot, ici ?
Pourquoi ne comprenais-je pas un traître mot de ce qu’ils racontaient ?
Heureusement ou malheureusement, l’attention de tous se porta sur Menes, qui reprit la parole.
« Horus ! Avec une telle majesté, vous pouvez sûrement dominer Malkab ! Pour vous… »
« Menes, as-tu déjà entendu ce proverbe ? »
« Vous comptez m’instruire ? »
« Aide-toi, le ciel t’aidera. »
« … »
« Je vous prêterai main-forte, mais, grand Menes, n’est-ce pas vous qui avez bâti cette nation ? »
En gros, ça voulait dire que Menes devait protéger le pays qu’il avait bâti.
Le raisonnement se tenait, mais Ga-in avait tout de même refusé d’aider Menes directement.
Peu auparavant, Menes nous avait même menacés en nous encerclant avec ses robots.
Pourtant, il ne montrait pas la moindre trace de cette attitude face à Ga-in.
« … J’ai une question. »
« Je t’écoute. »
« Cette enfant, Aedia, m’a dit que vous pouviez lire l’avenir. »
« … »
« Pouvez-vous voir mon avenir, en ce moment ? »
Avec les bénédictions scellées, ça ne devait pas être possible pour l’instant.
Un allié invoqué par le Prêteur de temps pouvait-il ignorer le scellement des bénédictions imposé par l’Hôtel ?
Probablement pas.
Utiliser le Prêteur de temps pour contourner le scellement des bénédictions de l’Hôtel ressemblait à une faille bien trop grosse.
L’Hôtel ne laisserait sûrement pas passer une chose pareille…
« Tu es curieux ? »
Ga-in sourit et soutint le regard de Menes.
Même moi, je ne pouvais pas savoir s’il lisait vraiment l’avenir de Menes ou s’il se contentait de jouer au dieu.
Comme le regard d’un être auréolé par le Soleil sacré devait être pesant !
Aussi grand fût Menes, je pensais qu’il ne pourrait pas le supporter et finirait par détourner les yeux.
…
Mais non.
Celui qui avait unifié l’Égypte, le grand pharaon, le maître d’un savoir dépassant son époque, Menes, serra littéralement les dents et tint bon !
« Oui, grand Horus ! Avez-vous aussi lu mon avenir ? Avez-vous vu la mort misérable d’un pauvre vieillard ? »
« Veux-tu l’entendre ? »
« Prévoyance… Destin… ! S’en remettre à ces choses, c’est agir en faible ! »
« … »
« À partir de maintenant, je déciderai moi-même de mon destin ! La réponse est déjà en moi, alors pourquoi la chercher auprès d’un autre ? »
À cet instant, nous restâmes tous bouche bée, moi compris.
Nous avions constaté maintes fois à quel point le charisme créé par le Soleil sacré était puissant !
Avant même d’avoir accumulé des âmes, il pouvait faire s’agenouiller et prier sur-le-champ de simples gens de la chambre 206 !
J’étais sincèrement impressionné que Menes soit capable de tenir tête à une telle pression, juste devant lui.
Menes méritait bien son titre de fondateur de la grande Égypte et de la civilisation primordiale de l’humanité.
Ga-in semblait partager mon avis. Son habituelle imitation de dieu se fendilla un instant, laissant paraître une expression humaine.
Il semblait admirer l’être qui se trouvait devant lui, tout en éprouvant une certaine méfiance.
« … Très bien, pharaon. Je respecte ta réponse. Écris toi-même ton avenir. »
Juste après, Ga-in adressa un léger signe de tête à Mi-ro.
Les aiguilles de la montre à gousset tournèrent une nouvelle fois, et Horus disparut.
* * *
Dans la plaine où Horus avait disparu, Menes s’appuya contre Aedia et haleta longuement, comme si sa conversation avec Ga-in l’avait épuisé.
Si possible, j’aurais voulu que le combat commence une fois Menes remis sur pied.
Bien sûr, Malkab n’avait aucune raison de nous faire cette faveur.
— Rooooar !
Le rugissement sauvage d’un dieu maléfique ébranla le ciel et la terre.
L’espace d’un instant, le ciel sombre sembla s’éclaircir.
D’innombrables ossements blancs se mirent à voler vers nous de toutes parts !
J’entendis la Voix de Malkab.
« Alors, Menes. On dirait que tes négociations avec le nouveau dieu ne se sont pas bien passées ? »
Le vieil homme, qui paraissait si vacillant quelques instants plus tôt, lança d’une voix digne :
« Malkab ! Le dieu du soleil t’a donc paru si menaçant, à toi aussi ! Tu as attendu son départ pour te montrer ! »
« Menaçant ? J’ai simplement jugé plus sage d’éviter tout conflit inutile. »
« Tu n’avais pas négocié avec moi, jadis ? Nous avions convenu qu’aucun de nous ne franchirait la limite ! »
« La limite ? Tu te méprends. Je n’en ai franchi aucune. En quoi serait-ce ma faute si ta descendante désirait la vie éternelle ? »
« Ha ! Quelle absurdité ! Très bien. Aujourd’hui, nous déciderons qui est le maître de ces terres. »
« Oui, c’est cela. Pour reprendre les mots de cet oiseau prétentieux, décidons nous-mêmes de notre destin. »
— Rrrumble !
La foudre s’abattit d’un ciel sans nuages.
C’était le signal du début du combat.
Notes :
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