Chapitre 488
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 487 : Chambre 207, Salle de la porte — Première épreuve : « Vie éternelle et résurrection » (5)
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— Kim Sang-hyeon
En route vers la Tombe royale, je récapitulai mentalement tout ce qui s’était passé jusque-là.
Le décor était celui d’une Égypte antique unifiée, née d’une trêve entre le pharaon surhumain Menes et le dieu maléfique Malkab.
Pendant longtemps, la lignée du pharaon et les forces du dieu maléfique avaient maintenu un équilibre.
Puis Omar, le pharaon actuel, n’avait pas réussi à surmonter sa peur de la mort et s’était soumis à Malkab, brisant cet équilibre.
À présent, Malkab détruisait — ou plutôt « récoltait » — l’Égypte en temps réel.
Aedia avait proposé de réveiller le grand Menes pour arrêter Malkab.
Craignant que ce ne soit comme appeler un tigre parce qu’on avait peur d’un loup, j’avais ouvert l’enveloppe que Ga-in m’avait donnée et y avais trouvé ce message :
« Veuillez respecter le cours de l’histoire telle que nous la connaissons. »
Dès qu’A-ri avait vu cette phrase, elle avait décidé que nous devions réveiller Menes.
Pourquoi ?
Je n’avais pas compris sur le moment, et A-ri, qui ne voulait pas gaspiller le pouvoir du Prêteur de temps, avait disparu sans donner d’explication.
En chemin vers la Tombe royale avec Aedia, je commençai à entrevoir la réponse.
Après avoir vécu l’événement du Songe d’une nuit d’été et appris ce qu’était devenu le monde extérieur, nous avions souvent parlé des réalités dont chacun se souvenait.
Plus ces souvenirs se rapprochaient du présent, plus ils divergeaient.
Cela allait des noms des politiciens à ceux des villes, en passant par le cours des événements historiques.
Autrement dit, plus nous remontions dans le temps, plus nos souvenirs se ressemblaient.
Il était difficile de déterminer une période précise, mais les connaissances historiques de tout le monde étaient assez similaires pour tout ce qui précédait les années 1900, non ?
L’Égypte antique entrait naturellement dans cette catégorie.
Menes, Narmer ou le Roi Scorpion.
C’était un personnage historique qui avait réellement existé, le premier souverain à unifier l’Égypte.
En pratique, il avait été le premier pharaon et le fondateur de l’Égypte antique.
Et Malkab, alors ?
Avant d’entrer dans la chambre 207, je n’avais jamais entendu parler d’un dieu pareil.
Quand on pensait à la mythologie égyptienne, on pensait à Horus, Anubis, Isis, Osiris et tous ces noms en « us » et en « is », pas à Malkab.
Si nous considérions notre histoire comme exacte et l’Égypte antique de la chambre 207 comme une « histoire déformée », alors le Culte de Malkab devait être enseveli dans les ténèbres de l’Histoire, sans laisser la moindre trace.
Menes, lui, avait laissé son nom jusqu’à des milliers d’années plus tard.
S’il fallait choisir, ne devions-nous pas aider Menes et anéantir le Culte de Malkab ?
* * *
« Par ici ! Venez, par ici ! Je m’occupe des gardes… »
« Aedia, euh… Je ne crois pas qu’on ait besoin de s’inquiéter pour les gardes. »
« … Ils ont tous la langue pendante et bavent. Entrons ! »
La pression exercée par le sigle en forme de crâne de Malkab dans le ciel dépassait ce qu’un humain ordinaire pouvait supporter. Les gardes chargés de protéger la Tombe royale ne faisaient pas exception.
En y réfléchissant, c’était plutôt Aedia qui était étrange. Elle n’avait aucune expérience de l’Hôtel et pourtant, elle avançait avec nous comme si de rien n’était.
« Aedia, ça va ? Le sigle ne te donne pas envie de vomir ? »
« Je vais bien. »
« Tu n’as pas envie de t’agenouiller et de prier devant lui ? »
« Ce sont les gens du peuple qui vénèrent Malkab comme un dieu. Pas notre lignée. »
« Hum, ce n’est pas ce que je voulais dire… Laisse tomber. Allons-y. »
La question de Mi-ro ne portait pas sur le fait qu’Aedia ait autrefois vénéré Malkab ou non. Elle voulait savoir si Aedia sentait le pouvoir magique que le sigle dégageait en ce moment même.
Aedia n’avait pas du tout compris ce qu’elle voulait dire, ce qui signifiait qu’elle ne ressentait aucune pression.
« … »
Aedia était vraiment spéciale.
Elle était bien trop remarquable pour qu’on la réduise au rôle de figurante chargée de nous expliquer les choses.
Était-ce simplement naturel, puisqu’elle descendait d’un pharaon surhumain ?
Je ne le pensais pas.
Elle avait clairement un rôle important à jouer…
« Nous y voilà ! »
Les gardes à l’intérieur de la Tombe royale ne semblaient pas avoir vu le sigle de Malkab. Ils allaient parfaitement bien.
« Q-Qui va là ? C’est le sanctuaire des grands rois… »
« C’est moi ! »
« Dame Aedia ? Que se passe-t-il ? »
« Désolée, mais écartez-vous. Nous devons descendre. »
« Même si c’est vous, c’est impossible. J’ignore ce qui se passe dehors, mais… Argh ! »
Je n’avais pas l’intention de perdre du temps. Je leur tombai donc dessus sans attendre et les neutralisai l’un après l’autre.
Aedia semblait contrariée, mais elle ne chercha pas à m’arrêter.
« … Descendons. »
Song-i posa une question importante à Aedia.
« Tu sais où se trouve Menes, n’est-ce pas ? Je préférerais éviter de fouiller tout cet immense endroit. »
« Oui. Pour nous, il est à moitié un ancêtre et à moitié un dieu… »
« Parfait. Pas besoin de m’expliquer. »
Nous marchâmes avec Aedia pendant près d’un quart d’heure.
Nous étions pressés, mais tout était sombre et étroit, et des pièges à flèches et autres dispositifs étaient installés un peu partout. Nous ne pouvions pas avancer à la légère.
Mais surtout, la Tombe royale elle-même nous laissait perplexes.
« Ça… Euh, ça a du sens, ça ? Comment un bâtiment construit dans l’Antiquité pourrait… ? »
Song-i ne parvenait pas à cacher sa confusion. Mi-ro et Seung-yeop touchaient eux aussi les murs, comme fascinés.
« L’Antiquité ? Qu’est-ce que tu veux dire ? Alors, toi aussi, tu peux être aussi naïve ? Tu dois être impressionnée par la splendeur de la Tombe royale. »
« … »
« Je comprends. Tous ceux qui viennent ici pour la première fois réagissent comme vous. Vous voulez que je vous montre quelque chose d’encore plus impressionnant ? »
— Clic !
Au moment où Aedia appuya sur un « interrupteur » encastré dans le mur, toute la Tombe royale, qui était plongée dans le noir, s’illumina.
« Ta-dam ! Épatés ? Vous n’avez jamais rien vu de pareil, pas vrai ? »
« … »
« Nous appelons ces objets ronds qui émettent de la lumière du “feu froid”. Ah, ils ne sont pas vraiment froids quand on les touche. Ils sont juste plus frais que de vraies flammes, alors… »
« … Ce sont des ampoules. On voit même les filaments. »
« Quoi ? Des fila-mides ? »
« Non. »
Nous étions tous surpris, mais pas pour la raison qu’imaginait Aedia.
Ce n’était pas parce que nous ignorions ce qu’étaient des ampoules ou les trouvions fascinantes. Nous étions sidérés d’en trouver dans l’Égypte antique.
« Non, non… Les ampoules ne sont pas le problème. Il y a du courant dans tout le bâtiment ? Il y a même une centrale électrique ? Mais qu’est-ce que… »
Je saisis fermement Song-i par le haut du bras alors qu’elle s’apprêtait à déballer des connaissances qui n’avaient rien à faire à cette époque.
« Tu devrais te calmer. »
« Ah. Euh, pardon. Aedia ! Arrête de regarder partout et avançons. »
« Venez tous par ici ! »
Heureusement, Aedia n’avait pas remarqué la réaction étrange de Song-i.
Et même si elle l’avait remarquée, elle n’aurait pas pu deviner que nous venions du futur sur la seule base de cette réaction.
* * *
Enfin, nous atteignîmes le cœur de la Tombe royale : la chambre funéraire où reposait Menes.
« Par ici ! Cette personne, là-bas, c’est le seigneur Menes. »
« Alors ce cercueil, c’est le Sarcophage de l’immortalité ? »
« Probablement. Je ne savais pas que le sarcophage lui-même était spécial. Père le savait-il… ? »
Aedia inspecta les alentours du sarcophage à la recherche de pièges, puis l’ouvrit.
« … »
Nous éclairâmes le Sarcophage de l’immortalité.
La première chose qui attira mon regard fut un liquide épais et trouble, à la consistance du pétrole brut, dans lequel flottait une forme indistincte.
Menes avait clairement été enfermé dans le sarcophage pendant des centaines d’années, et pourtant, son corps était toujours humain : il n’était devenu ni momie ni squelette.
Eh bien, vu la puissance de l’objet, il était logique que le sarcophage porte le nom prestigieux d’« Immortalité ».
« Seigneur Menes ! Je suis Aedia, votre lointaine descendante, et… »
Le Grand Pharaon prit alors la parole pour la première fois.
« J’ai mal à la tête. Tais-toi. »
« … Oui. »
L’homme allongé dans le sarcophage redressa lentement le buste, puis grimaça un instant comme s’il avait mal à la tête.
Il mesurait environ 178 centimètres, ce qui était grand pour un homme de l’Antiquité.
Peut-être parce qu’il n’avait pas mangé correctement depuis si longtemps, il était maigre.
Il semblait avoir entre cinquante-cinq et soixante-cinq ans, et son visage dégageait une certaine dureté.
Si je l’avais croisé dans la rue, je l’aurais pris pour un vieil homme irascible…
« Merci. C’était une évaluation assez objective. J’étais plutôt irascible, en effet. »
« … »
On disait qu’il possédait toutes sortes de pouvoirs surnaturels. La lecture des pensées en faisait-elle partie ?
« Tu n’es pas surpris. »
« … Veuillez excuser mon impolitesse. »
Peut-être que toutes les épreuves que nous avions traversées à l’Hôtel n’avaient pas été inutiles. Tout le monde réagit vite.
Comme Mi-ro et Seung-yeop n’avaient aucun moyen de contrer la lecture des pensées sans une bénédiction comme l’Immutabilité, ils reculèrent aussitôt. Song-i s’avança, son bracelet brillant.
Je reculai de trois pas et fis le vide dans mon esprit.
Le déjeuner d’hier, c’était un ragoût de haricots dégueulasse ; un patient pénible me demandait d’examiner son genou parce qu’il lui faisait mal ; il pleuvait ; des chiots aboyaient en chiant ; le prix du porc avait beaucoup augmenté ; les poules mettaient du temps à couver leurs œufs ; et la fille d’à côté avait encore changé de mec…
« Ça suffit, ça suffit. Reste raisonnable. Tu as appris à contrer les miracles ? Le monde a l’air d’avoir bien changé pendant mon sommeil. »
« … »
« Toi, là-bas. Tu as dit t’appeler Aedia ? »
« Oui ? S-Seigneur Menes ! »
« Approche, mon enfant. Quant à vous, mes invités, si mon pouvoir vous met mal à l’aise, éloignez-vous simplement. »
Menes établit clairement une différence entre Aedia et nous, et commença à nous appeler ses « invités ».
« Seigneur Menes, la situation à l’extérieur… »
« Mon enfant, qu’y a-t-il de moins digne de confiance au monde que les paroles ? »
« … »
« Rappelle-toi simplement. Tu dois avoir une raison de m’avoir réveillé. »
Tandis que Menes commençait à comprendre la situation, de pâles mots apparurent dans mon champ de vision.
Song-i nous envoyait un message sans que Menes l’entende.
« Peu importe comment je regarde les choses, la Tombe royale n’a rien à faire dans l’Égypte antique. »
Bien sûr que non.
Song-i avait été surprise par les ampoules au plafond, mais avant même cela, les matériaux des murs n’avaient rien d’antique.
« Comment est-ce possible ? Menes aurait-il créé ce bâtiment grâce à ses pouvoirs surnaturels ? »
Saviez-vous que les romans de science-fiction écrits avant les années 1990 ne contenaient rien de vraiment comparable aux smartphones ?
Au XIXe siècle, les gens imaginaient le futur en dessinant des pigeons volant à des vitesses supersoniques pour livrer le courrier.
Prédire l’avenir était si difficile. L’imagination humaine ne pouvait s’affranchir des limites de son époque.
Autrement dit, aussi incroyables que soient les pouvoirs surnaturels de Menes, il lui aurait été difficile d’imaginer les ampoules, l’électricité ou la production d’énergie.
« Menes aurait-il pu avoir le don de prémonition ? »
« … La prémonition. »
Contrairement aux autres pouvoirs surnaturels, la prémonition était un peu différente.
Et s’il n’avait pas imaginé la technologie du futur, mais l’avait réellement vue ?
Non, même ça, c’était impossible.
Je le savais mieux que quiconque.
J’avais enduré des années d’épreuves et bâti moi-même une civilisation !
Dans la chambre 203, j’avais été l’exemple même de l’homme moderne tombé dans l’Antiquité avec ses connaissances du futur.
La civilisation que j’avais construite au fil de centaines d’années n’avait malheureusement atteint, au mieux, que le niveau de la Rome antique.
C’était évident.
Savoir ce qu’est une ampoule ne signifie pas qu’on sait en fabriquer une.
Même un professeur d’université qui aurait consacré sa vie à l’ingénierie architecturale aurait du mal à bâtir ne serait-ce qu’une cabane en rondins s’il se retrouvait projeté dans l’Antiquité, sans parler d’un bâtiment moderne en béton.
Et avant même de penser à l’ingénierie, ne devrait-il pas commencer par fabriquer du béton et des barres d’armature ?
Pour produire ces barres, il faudrait d’abord trouver un haut-fourneau et du charbon.
Pour fabriquer A, il fallait B et C. Pour fabriquer B, il fallait D, E et F.
À ce stade, mes soupçons — non, ceux du groupe de l’Hôtel — devinrent des certitudes.
La Tombe royale n’avait pas été construite avec la technologie de l’Égypte antique, et Menes n’était pas un homme de l’Antiquité.
C’était un être surnaturel capable de produire des miracles et qui possédait aussi des connaissances sur l’avenir.
Et ce n’était pas tout.
Une force inconnue se cachait derrière cet être incompréhensible, et lui avait permis de construire un édifice futuriste comme la Tombe royale.
« Vous, mes invités, approchez. »
Song-i s’avança, son bracelet brillant.
« J’ai entendu dire que vous étiez des prêtres au service d’Horus. »
« Pardon ? »
« Nous avons tous à faire, alors inutile de le cacher. »
« Euh… Enfin… Disons que oui. »
Des prêtres d’Horus ?
Je me demandai un instant ce qu’il voulait dire, puis je compris rapidement.
Apparemment, quand Yumi avait rencontré Aedia pour la première fois, elle l’avait appelée à moitié pour plaisanter « fille d’Horus ». Aedia et Menes semblaient l’avoir prise au sérieux.
Menes avait déjà connu un conflit avec Malkab.
Il avait peut-être cru qu’Horus était un autre dieu local du même genre.
« Ce que vous attendez de moi, c’est la construction du Temple d’Horus ? »
« Euh… Euh… Euh… »
« Tu n’es pas un poisson, alors arrête d’ouvrir et de fermer la bouche. Je ne parviens pas à lire tes pensées, peut-être à cause du pouvoir de ce bracelet. »
Song-i avait été tellement prise au dépourvu qu’elle en resta sans voix.
Pour Menes, qui avait probablement déjà négocié avec le Culte de Malkab, c’était une conclusion raisonnable.
Je pris la place de Song-i, décontenancée.
« Nous pourrons négocier plus tard. L’important, pour le moment, c’est de mettre fin aux agissements de Malkab. »
« Bien. Tu vas droit au but, j’aime ça. Alors, commençons par parler de Malkab. »
Une dizaine de minutes plus tard, Menes réveilla le Gardien de l’Égypte et quitta la Tombe royale.
« … »
Le Gardien de l’Égypte.
C’était clairement un robot doté d’une technologie digne de la science-fiction.
À ce stade, l’apparition de chars ou d’hélicoptères n’aurait plus rien eu d’étonnant.
Je compris enfin pourquoi même le dieu maléfique Malkab avait eu tant de mal à gérer Menes.
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