Chapitre 487
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 486 : Chambre 207, salle de la Porte — Première épreuve « Vie éternelle et résurrection » (4)
──────
— Park Seung
Cela faisait environ cinq jours que j’avais été projeté dans l’Égypte antique, un endroit que je n’avais vu que dans des films.
« … J’aimerais boire de l’eau fraîche. »
« Moi aussi. »
Pour une fois, Mi-ro et moi étions du même avis.
Vu l’endroit où nous nous trouvions, c’était normal, mais la chaleur était insupportable en journée. Il n’y avait ni réfrigérateur ni climatisation, non plus.
À cette époque, on ne devait pouvoir boire de l’eau fraîche qu’en hiver.
Il fallait prendre son mal en patience.
Vu que nous étions transportés dans une sorte de charrette tirée par des serviteurs et des chameaux, réclamer de l’eau fraîche relevait du luxe.
« Tiens. Aedia me l’a donné pour que je le mange en chemin. »
« … »
Mi-ro me tendit le pain qu’Aedia lui avait donné.
Elle ne me le proposait évidemment pas parce qu’elle me trouvait affamé et voulait se montrer gentille. Elle n’avait tout simplement aucune envie de manger ce pain.
Quand on mâchait du pain de l’Égypte antique, une quantité incroyable de particules dures crissait entre les dents.
Bien sûr, ce n’étaient pas des céréales ajoutées pour leur valeur nutritive.
C’était du sable.
C’était peut-être inévitable quand on fabriquait du pain dans le désert.
« Mange-le, toi. »
« Non, mange-le, toi. »
« … »
Si même la fille du pharaon mangeait des choses pareilles, inutile d’imaginer ce que le peuple devait se mettre sous la dent.
Ces derniers temps, je n’avais qu’un souhait.
Pourvu que mon tour se termine vite, que je puisse retourner dans le train !
« Hein ? Hein ? C’est quoi, ça ? Qu’est-ce que c’est ? »
Avant que Mi-ro ne revienne à la vie, je m’étais imaginé qu’elle serait un agent terrifiant du Bureau de gestion. En réalité, elle était si puérile qu’elle m’avait déçu plus d’une fois.
Elle avait probablement aperçu un scorpion ou une araignée et s’affolait encore pour rien…
« Espèce d’idiot ! Regarde dehors ! Il fait soudainement nuit ! »
Il faisait vraiment nuit ?
Surpris, je sortis la tête de la charrette et vis tout le monde fixer le ciel, bouche bée.
Quand je levai les yeux à mon tour…
Je restai moi aussi sans voix.
* * *
— docteur Kim Sang-hyeon
Comme toujours, la crise éclata sans prévenir.
Au même moment, l’horloge arrêtée de la chambre 207 se mit à tourner à toute vitesse.
Le soir, une brise fraîche soufflait, puis le ciel s’assombrit soudain. Je crus qu’une éclipse avait commencé.
Sans les lamentations fantomatiques qui résonnaient dans le ciel, j’aurais pu le croire.
Un emblème en forme de crâne riait à gorge déployée dans le ciel obscurci.
Tous ceux qui marchaient dans les rues s’écrasèrent au sol, terrifiés. Certains tombèrent à genoux et se mirent à prier Malkab.
À partir de là, je pus deviner vaguement ce qui se passait.
Le pharaon malade, et le grand prêtre qui lui avait proposé de faire de lui un Apôtre de Malkab.
Dès que le pharaon avait accepté, des phénomènes incompréhensibles avaient commencé.
Si tout cela était inévitable, aurais-je dû tuer le pharaon avant qu’il ne soit trop tard ?
Un rire creux m’échappa.
Je ne savais même pas qui était le boss ni comment le scénario évoluait, et j’aurais dû tuer quelqu’un sans prévenir ?
Dans la chambre 206, le maire que nous prenions pour un ennemi ne réprimait-il pas le Roi démon au moyen de sacrifices humains ?
« Pfiou… ! »
Ce n’était pas le moment.
* * *
En route vers le temple à la périphérie de la ville pour retrouver Song-i, je tombai sur des gens que je ne m’attendais pas à voir.
« Professeur ! »
Une luxueuse voiture tirée par des chameaux et des serviteurs, accompagnée de gens vêtus d’habits somptueux.
D’ordinaire, les habitants de la ville auraient regardé passer le cortège avec curiosité.
Mais à cet instant, ils étaient trop occupés à hurler et à prier, pris de panique.
« Seung ? Yumi est devant. Ah, Mi-ro est là aussi… »
« Quoi ? Comment connaissez-vous le médecin personnel de mon père ? »
« Le médecin personnel de mon père. »
En quelques mots, Aedia venait de révéler qu’elle était la fille du pharaon. Nous échangeâmes un regard devant son expression perplexe.
— Hahahahaha !
« Ah ! Encore les cris de Malkab… »
« Bon sang, ce n’est pas le moment ! Tout le monde, par ici ! »
Nous n’avions pas le temps de nous inquiéter de ce qu’Aedia pouvait remarquer.
Je rejoignis les autres sans hésiter et leur expliquai la situation.
« L-Le pharaon est devenu l’Apôtre d’un dieu étrange ? »
Mi-ro pâlit, tandis que Yumi réfléchissait sérieusement.
« Oh non ! Nous comptions emmener Yumi soigner le pharaon ! »
Seung tapa du pied, furieux, et je sentis moi aussi mon souffle se bloquer.
Comme il l’avait dit, si Yumi nous avait rejoints un jour ou deux plus tôt…
« Ça suffit. Ce qui est fait est fait. Inutile de ressasser. Pour l’instant… »
À cet instant, la femme qui nous observait intervint.
« Pour l’instant, nous devrions aller au palais vérifier que mon père va bien. »
« … Aedia. »
« C’est louche. Mi-ro, tout me semblait étrange depuis que tu as soudainement vu cette personne et que tu as dit : “Yumi ?” Maintenant, j’en suis sûre : quelque chose ne va pas. »
Mi-ro eut l’air gênée.
« Je suis curieuse de savoir quelle est votre relation, mais je ne vous poserai pas de questions. Nous devons aller au palais impérial voir mon père tout de suite ! »
Seung et Mi-ro me regardèrent, alarmés. Yumi aussi.
Beaucoup de mes compagnons avaient l’habitude de suivre les décisions plutôt que d’en prendre, alors je devais choisir la direction à suivre.
Aedia sembla comprendre l’ambiance et se tourna vers moi à son tour.
— Croa ! Croa !
« Fille du pharaon, laisse-moi te demander une chose. Ce qui se trouve dans le ciel est-il vraiment le symbole de Malkab ? »
« Oui. »
« Malkab n’est-il pas un dieu d’Égypte ? Autrement dit, ce n’est pas le dieu que vous vénériez ? Pourquoi un tel dieu ferait-il ça ? »
« Les rapports entre Malkab et nous ne sont pas aussi simples que tu le crois. Le peuple ne sait pas grand-chose à ce sujet, mais… »
« Pas simples ? »
« … »
« Nous n’avons pas le temps. »
« Quand le grand Menes a unifié toute la région du Nil, le Culte de Malkab a résisté jusqu’au bout. Finalement, ils ont trouvé un compromis. Le Culte servirait Menes, et Menes reconnaîtrait Malkab comme religion d’État. »
À force de faire tourner mon cerveau à plein régime, je finis par trouver une explication plausible.
Une faction d’Evil God qui avait résisté jusqu’au bout à l’empereur surhumain.
Aucun des deux camps n’ayant pu l’emporter seul, ils s’étaient alliés et avaient formé une sorte de classe dirigeante commune, où politique et religion étaient mêlées.
Peut-être que l’affirmation du Culte selon laquelle il avait « offert l’immortalité » à Menes était le résultat de ce compromis.
Tant que Menes était encore actif, la famille du pharaon devait avoir l’avantage.
Puis, avec le temps, le pharaon surhumain s’était endormi dans son sarcophage et de lointains descendants lui avaient succédé.
Et alors que l’équilibre penchait de nouveau en faveur du Culte, Omar, affaibli par la maladie, avait fini par céder aux tentations de Malkab ?
« Je vous en prie… Docteur ! Ce n’est pas le moment de réfléchir ! Allons au palais voir mon père ! »
Des sons sinistres résonnaient sans cesse dans le ciel.
J’ignorais ce qui se passait exactement, mais il était évident qu’un événement terrible venait de se produire.
Omar, devenu l’Apôtre de Malkab, devait en être la cause. Il fallait soit le tuer, soit lui rendre son état normal.
Dans un cas comme dans l’autre, nous devions d’abord retrouver Omar.
« Allons-y. »
* * *
Quand nous arrivâmes au palais, Song-i s’y trouvait, curieusement.
Nous n’avions donc pas eu besoin de partir à sa recherche aux abords de la ville.
Malgré tout, nous avions retrouvé les autres compagnons en chemin. Nous n’avions donc pas perdu notre temps.
« Hespercia m’a fait danser et chanter, puis… »
« Donc, tu as participé à une sorte de rituel ? »
« À un moment, Omar s’est mis à marmonner des choses étranges en regardant le ciel, puis il s’est soudain transformé en monstre ! Ce malade… »
« Hé ! Même si tu es prêtre, respecte mon père ! »
« Qui est-ce ? »
« C’est la fille du pharaon ! »
« Oh là là. »
Une fois entrés dans le palais, nous découvrîmes un véritable enfer.
« Guh… ! Hah ! »
« Je vous en prie… Tuez-moi ! »
« Grrrr ! »
Les soldats qui avaient encore toute leur tête peinaient à maîtriser leurs corps vivants et en décomposition, tout en suppliant qu’on les tue.
Bien plus nombreux étaient ceux qui avaient déjà perdu conscience et se transformaient en une armée de morts !
Avant même que nous ayons pu rencontrer le pharaon, des soldats à moitié morts nous encerclèrent.
« Ah ! Q-Qu’est-ce que c’est que ça ? »
— Clang !
« … Malkab, qui garderait éternellement le monde des morts… »
« Hé ! Princesse ! Dis-nous comment nous débarrasser de ces choses ! »
« Je n’en sais rien ! Tu es prêtre de Malkab, non ? Pourquoi tu me demandes ça ? »
« Oh là là. Je ne crois pas pouvoir faire grand-chose contre eux. Il ne leur reste presque plus de chair intacte. »
La situation était déjà assez grave, mais Yumi nous annonça calmement qu’elle ne pourrait plus utiliser ses pouvoirs. Tous les visages s’assombrirent d’un coup.
Yumi avait du mal à utiliser ses pouvoirs contre des ennemis dépourvus de chair.
Le bracelet de Song-i n’était pas non plus adapté pour éliminer une armée de cadavres pareille.
L’Éclair final avait un temps de recharge trop long. Je ne pouvais pas le gaspiller sur cette foule de soldats ordinaires.
Il ne nous restait donc qu’une seule option.
Mi-ro m’attrapa bientôt le poignet, le visage résolu.
« Professeur ! »
Nous nous comprîmes sans avoir besoin d’en dire davantage.
« Emprunteuse de temps ? Invoque tout de suite la bonne personne ! »
« Emprunteuse de quoi ? C’est quoi, ça ? »
Il n’y avait plus aucune raison de s’inquiéter qu’Aedia voie ça.
— Clic !
L’air ondula, et une fille qui ressemblait trait pour trait à Mi-ro apparut.
« … »
Comme toujours, A-ri agit aussitôt, sans perdre de temps.
Les soldats cadavériques étaient partout. De toute façon, il n’y avait pas à hésiter !
« Tout le monde, à terre. »
Tout le monde se jeta immédiatement au sol…
« Quoi ? Pourquoi vous faites tous ça ? »
« Argh ! Princesse ! Toi aussi, baisse-toi ! »
Song-i et Mi-ro forcèrent Aedia à se baisser, tandis qu’A-ri saisissait « le vide » à deux mains.
« Haaah ! »
Un polyèdre sinistre flottait dans les airs, auréolé d’une étrange énergie.
À l’instant où tous les regards se fixèrent sur le polyèdre, comme hypnotisés…
— Tranché !
Les soldats cadavériques furent coupés en deux.
Comme si une épée invisible avait tranché le monde à l’horizontale !
Le Polyèdre irrégulier pouvait aussi servir à ça ?
Je croyais qu’il ne pouvait que créer des murs invisibles pour empêcher les ennemis d’approcher.
Ma maudite curiosité me fit échafauder plusieurs théories en un instant.
Avait-elle fait tournoyer un mur invisible comme une gigantesque épée ?
Avait-elle légèrement déformé l’espace au-dessus et au-dessous de celui-ci ?
Ou bien…
« Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ? »
Ah oui !
Ce n’était pas le moment de se perdre en réflexions inutiles.
A-ri ne comprenait pas la situation.
« Tu peux, euh… t’occuper du pharaon avec nous. »
« M-M’en occuper ? Non ! Je suis sûre de pouvoir convaincre mon père… »
« Si tu ignores encore une fois mes ordres, je te sépare le haut du bas. »
« … »
Les paroles d’une demi-déesse qui venait d’exterminer des dizaines de soldats cadavériques d’un seul geste avaient une autorité à laquelle personne ne pouvait résister.
Grâce à ça, Aedia, qui s’agitait depuis tout à l’heure, se tut comme une souris.
« Allons-y. Si on arrache la tête de ce pharaon, chef ou je ne sais quoi, on finira bien par trouver une solution. »
« Hic ! »
* * *
La suite ne fut qu’une répétition de ce qui s’était passé jusque-là.
Après avoir vaincu au moins une centaine de soldats cadavériques, le pharaon actuel, Omar, apparut en robes somptueuses. A-ri le découpa sans tenir compte des cris d’Aedia.
La différence entre Omar et les autres cadavres, c’était qu’il ne mourait pas, même dans cet état, et qu’il se régénérait.
Le voir se régénérer sans mourir, alors qu’il était éparpillé en morceaux de chair, dégoûta tellement Seung et Mi-ro qu’ils eurent la nausée.
Paradoxalement, ce spectacle fit disparaître l’amour qu’Aedia portait à son père.
« … Ce n’est pas mon père. Ce n’est qu’un monstre. »
« Enfin, tu t’en rends compte. Bon, tu es la fille du pharaon. Comment on se débarrasse de cette chose ? »
« … »
Aedia réfléchit longuement à la question d’A-ri, puis Mi-ro proposa une idée.
« Attends ! Jin-cheol est dans l’horloge ! »
« Le matin, c’est moi ; à midi, Ga-in ; et le soir, Jin-cheol ? »
« Oui ! Tu ne crois pas que le pouvoir du Fragment d’étoile pourrait le tuer ? »
« C’est plausible, mais je ne pense pas que ça servirait à grand-chose. Ne gaspille pas le temps de Jin-cheol pour rien. »
« Quoi ? »
Au lieu de répondre à Mi-ro, A-ri vint me voir.
« C’était Omar, c’est ça ? Je ne crois pas que cette chose soit le boss. »
« Parce qu’il est trop faible ? »
« Je l’ai mis à terre d’un seul coup avec la Faille spatiale, et maintenant, ce n’est plus qu’une masse de chair immortelle. Ce n’est pas le boss. »
« Alors… »
« Malkab ? D’après ce que j’ai entendu, ce salaud est à l’origine de tout ça. Où est Malkab ? »
« … »
Je n’en savais rien non plus.
Heureusement, quelqu’un pouvait répondre à cette question.
« Qui êtes-vous tous… ? Vous êtes les proches d’un autre dieu ? Peu importe. Je sais où nous devons aller. »
« Où ça ? »
« À la Tombe royale ! Le grand Menes y repose ! »
« Menes ? Il peut régler la situation ? »
« … Probablement. »
« Probablement ? »
Aedia elle-même ne semblait pas sûre d’elle.
Après y avoir réfléchi un instant, je compris pourquoi Aedia pensait qu’il fallait réveiller Menes.
Il y a longtemps, lorsque le grand Menes avait unifié l’Égypte, le Culte de Malkab s’était, disait-on, soumis en offrant un sarcophage à Menes.
Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ?
Que Menes avait le pouvoir de contenir même Malkab, capable de faire apparaître un emblème en forme de crâne dans le ciel et de couvrir en un instant tout le palais d’une malédiction.
« … »
Vu sous un autre angle, réveiller Menes pour contenir Malkab déchaîné revenait peut-être à faire appel à un tigre pour arrêter un loup.
À cet instant, mon instinct, aiguisé par l’Hôtel, me souffla quelque chose.
C’était une crise désespérée, un carrefour décisif.
Autrement dit, c’était précisément le « moment le plus important » dont Ga-in avait parlé !
— Flap !
« Qu’est-ce que c’est ? Une enveloppe ? C’est l’écriture de Ga-in ? »
« … »
Il y avait deux feuilles à l’intérieur, ce qui me prit au dépourvu.
Heureusement, chacune portait un numéro : un et deux.
Quand je dépliai la feuille marquée d’un, je lus ces mots :
「1. Respectez le cours de l’histoire tel que nous le connaissons.」
« … Respecter le cours de l’histoire ? Qu’est-ce que ça veut dire, Ga-in ? »
« Sang-hyeon, montre-moi ça. »
A-ri examina attentivement le mot, puis donna ses instructions à tout le monde.
« Allons à la Tombe royale. Nous devons réveiller Menes. Mi-ro, ne gaspille plus mon temps ici et renvoie-moi. »
Je restai un instant perplexe.
Comment avait-elle interprété cette lettre pour en conclure qu’il fallait réveiller Menes ?
Aedia réagit alors.
« Est-ce que… c’est un document contenant une prophétie ? Une révélation du dieu que vous servez ? »
« … »
Personne ne sut quoi répondre.
Pendant un instant, je trouvai qu’Aedia avait fait preuve d’une sacrée perspicacité.
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