Chapitre 486
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 485 : Chambre 207, salle de la Porte — Première épreuve — Vie éternelle et résurrection (3)
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— Mi-ro
« Présentez-vous. Mi-ro, Taio. Vous avez au moins entendu parler l’un de l’autre, non ? Vous êtes deux de mes rares amis, alors entendez-vous bien. »
Contrairement à ce qu’avait dit Aedia, c’était la première fois que j’entendais le nom de Taio.
Était-ce un proche conseiller d’Aedia ?
« Mademoiselle Mi-ro, j’ai souvent entendu dame Aedia parler de vous. Je m’appelle Taio. »
« … Oui. »
« Mi-ro, c’était quoi, cette réponse ? »
« Bonjour. Je m’appelle Mi-ro. »
« Ha ha, pas du tout. On dirait que cette jolie jeune fille est simplement timide avec les inconnus. »
« Oh là là ! Taio, tu es déjà tombé sous le charme de Mi-ro ? Elle a la langue bien pendue, malgré son apparence. »
« Les roses n’ont-elles pas naturellement des épines ? »
« Les roses ont des épines. »
Ce genre de phrase ringarde aurait eu sa place dans un feuilleton d’il y a trente ans…
Mais après tout, nous étions dans l’Antiquité.
Peut-être que Taio venait de sortir une phrase de drague sophistiquée, avec cinq mille ans d’avance ?
Des hommes vêtus de noir, qui semblaient être ses subordonnés, faisaient entrer une quinzaine d’enfants.
« Mi-ro, tu vas continuer à faire cette tête ? »
« Dame Aedia. Qui sont ces enfants, là-bas ? »
À cet instant, le visage de Taio se durcit de façon manifeste.
« Mademoiselle Mi-ro, pourquoi ne pas rentrer à l’intérieur ? »
Tout à coup ?
« Non, ça ira. Mi-ro devrait voir ça aussi. »
« Dame Aedia, mademoiselle Mi-ro est encore jeune… »
« C’est mon amie. Les amis ne devraient pas avoir de secrets l’un pour l’autre. »
C’était quoi, cette ambiance ?
Je n’étais au courant de rien. De quoi parlaient-ils tous les deux ?
« Si tel est le souhait de dame Aedia, je comprends. Mademoiselle Mi-ro, veuillez garder pour vous ce que vous allez voir. »
« … Euh, je ne comprends pas de quoi vous parlez tous les deux. »
Aedia me répondit :
« Mi-ro, je vais accomplir un miracle. »
« Un miracle ? »
« On pourrait appeler ça le grand pouvoir transmis par mon illustre ancêtre, Menes. »
Menes, le grand pharaon qui avait unifié l’Égypte et que l’on disait fils d’un dieu.
Le grand pouvoir hérité par ses descendants.
« Regarde par toi-même. De toute façon, tu aurais fini par le voir. Ça tombe juste aujourd’hui. »
Aedia s’avança vers les enfants.
Malgré la situation inquiétante, les enfants restaient là, le regard vide. Ils avaient l’air drogués.
Avant que je m’en rende compte, Aedia s’était agenouillée sur un tissu doux étendu au sol.
« Père de toute création, origine de toute chose, souverain du royaume des étoiles lointaines, grand Menes… Ta fille se tient devant toi. Montre-moi l’avenir. »
Alors…
Boum !
Tous les enfants s’effondrèrent, le visage livide !
« Ah ! Aah ! Qu’est-ce que… »
« Je vous en prie, calmez-vous. Dame Aedia va bientôt vous expliquer. »
« Me calmer ? Elle est en train de faire quelque chose à ces enfants… »
Taio posa fermement la main sur mon épaule et m’empêcha de bouger.
C’était clairement une sorte de magie noire maléfique !
Je n’avais jamais pensé qu’Aedia était une méchante, mais était-ce vraiment ce qu’elle était ?
Devais-je utiliser le Prêteur de Temps pour l’arrêter sur-le-champ ?
Mais le professeur m’avait dit de ne rien faire seule, sauf en cas d’absolue nécessité !
Tandis que je restais figée, incapable de décider quoi faire, l’étrange rituel prit fin et Aedia revint vers moi.
« Mi-ro, tu as eu peur ? »
« … »
« Calme-toi. Je vais tout t’expliquer. »
Elle m’expliqua soigneusement ce qui venait de se passer.
C’était vrai : elle avait puisé dans la force vitale des enfants pour voir le « destin ».
Les enfants avaient une espérance de vie plus longue que les adultes ; ils ne mourraient donc pas si elle leur prenait une partie de leur force vitale.
Elle ajouta qu’elle n’avait jamais abusé de son pouvoir pour voir le destin et qu’elle ne l’avait utilisé que pour l’avenir de l’Égypte.
« Alors, tu as sacrifié des enfants pour l’avenir de l’Égypte ? »
« Des sacrifices ? C’est un malentendu. Je considère que ces enfants m’aident, pas que je les sacrifie. »
« Mais si tu continues à leur prendre leur force vitale, ils finiront par mourir… »
« Trois fois seulement ! Jamais plus. Ensuite, je prendrai aussi leur avenir en charge. »
« … Prendre leur avenir en charge ? »
« Tous ces enfants étaient esclaves. Ils venaient de familles pauvres ou étaient orphelins. Mais ça ne sera plus le cas. Après qu’ils m’auront aidée encore deux fois, je veillerai à ce qu’ils aient une vie heureuse. »
« … »
« Je peux les faire adopter par des familles aisées, leur trouver un travail au palais ou, si nécessaire, les employer dans mon domaine. Quoi qu’il arrive, ils n’auront plus jamais à se soucier de gagner leur vie. »
« … »
Je compris ce qu’elle voulait dire.
Le seul avenir qui attendait ces enfants, c’était la misérable vie d’esclaves.
Aedia faisait régulièrement venir des enfants comme eux, puisait trois fois dans leur force vitale, avant de prendre leur avenir en charge.
C’était déroutant.
Même si on leur prenait vingt ou trente ans de vie, ne valait-il pas mieux vivre sous la protection d’Aedia que comme esclaves ?
Vu sous cet angle, il n’y avait aucune victime.
Aedia y gagnait, puisqu’elle pouvait lire le destin et aider le royaume, et les enfants y gagnaient aussi, puisqu’ils échappaient à leur sort d’esclaves.
« Tu comprends, maintenant ? Si tu ne me crois pas, je peux te montrer les enfants dont je m’occupe. »
« … »
Je n’avais pas besoin de vérifier. Ça semblait être la vérité.
Elle était la fille du pharaon et possédait même des pouvoirs surnaturels mystérieux. Il lui serait facile de changer la vie de quelques enfants.
« Je… euh, alors… »
Alors que je ne savais pas comment réagir et sombrais dans la confusion, une voix familière, mais tranchante, retentit.
« Quelle histoire ridicule. »
Tout le monde, Aedia et même Taio compris, se tourna avec stupeur vers la voix.
Deux visages familiers apparurent : Seung-yeop et Yumi.
« Je me demandais pourquoi tu avais emmené les enfants. Alors c’était ça ? Il y a vraiment toutes sortes de magies étranges, même à cette époque. »
« Hein ! T-toi ! Tu m’as suivie ? »
« … Taio. Qui est cette femme ? »
« J-je ne sais pas ! C’est une magicienne qui est apparue de nulle part quand nous avons sauvé les enfants. »
« Ah, je devrais me présenter. Je suis Yumi, fille du noble Dieu du Ciel, Horus ! »
« Horus ? »
Je laissai échapper un rire incrédule.
Son statut était manifestement inventé, mais elle avait choisi d’être la fille d’Horus ?
Horus était un dieu de la mythologie égyptienne, dans la réalité que nous connaissions.
Pourtant, le dieu de l’Égypte d’ici était un être inconnu appelé Malkab, dont nous n’avions jamais entendu parler.
Toute la situation ressemblait à une blague absurde.
« Que tu sois ou non la fille d’Horus, ce n’est pas un endroit où n’importe qui peut entrer… »
« Fille du pharaon, j’ai entendu en venant que le pharaon était mourant ? »
Ah !
À ces mots, je compris pourquoi Yumi avait pris la parole.
Le professeur avait perdu la Bénédiction de la Diligence, ainsi que le pouvoir surnaturel de guérison qu’elle lui conférait. Le professeur ne pouvait donc pas soigner le pharaon mourant.
Yumi, elle, en serait-elle capable ?
Elle pouvait toujours utiliser sa magie !
« … Et en quoi cela te concerne-t-il ? »
« Je pourrais peut-être le tirer de son lit de malade. »
« Ha, même le meilleur médecin d’Égypte n’a rien pu faire… »
J’intervins aussitôt.
« Aedia ! Écoute-moi ! »
« Mademoiselle Mi-ro, veuillez montrer un peu de respect à dame Aedia… »
« Silence. Mi-ro, parle. »
J’affirmai avoir rencontré Yumi quand j’étais petite et qu’elle avait guéri des gens souffrant de fièvre.
C’était un mensonge improvisé, mais Yumi entra aussitôt dans mon jeu. Une fois nos versions accordées, notre histoire devint vite crédible.
« … Qu’est-ce qui se passe, tout à coup ? »
Comme moi un peu plus tôt, Aedia était maintenant perplexe.
Yumi joua sa dernière carte.
« Regarde ça. »
Elle découvrit son avant-bras pâle et l’entailla avec son ongle acéré.
Le sang se mit aussitôt à couler, au point de lui inonder le poignet. Tous les témoins ouvrirent de grands yeux.
Puis elle effleura la blessure et le saignement s’arrêta comme par magie.
« … »
« Il ne reste même pas une cicatrice, pas vrai ? »
« … Tu possèdes bel et bien un pouvoir mystérieux. »
Finalement, Aedia demanda à Yumi de se rendre au palais pour soigner le pharaon.
« Avec plaisir. »
« Si tu guéris mon père, je te donnerai des trésors d’une valeur de mille pièces d’or… »
« Je n’ai pas besoin de ça. »
« … »
« En échange, pourrais-je te poser une question ? »
« Vas-y. »
Yumi rappela bientôt à tout le monde ce qu’ils avaient oublié.
« Tu as dit que tu avais utilisé la force vitale des enfants pour voir l’avenir ? »
« … »
« Je me le demande depuis tout à l’heure. Alors, quel avenir as-tu vu ? »
« … »
« Si tu mens ou si tu le caches… »
Yumi laissa sa phrase en suspens, mais tout le monde comprit ce qu’elle voulait dire.
Elle affirmait qu’elle ne soignerait le pharaon que si Aedia nous révélait la prophétie.
À bien y réfléchir, j’étais curieuse, moi aussi.
Réfléchissons comme A-ri ou Ga-in, qui avaient toujours l’air si malins !
L’Hôtel n’allait quand même pas inclure une scène sans importance dans ce… « scénario », si ?
Quel avenir avait-elle vu, après avoir soudain fait venir des enfants et réduit leur espérance de vie ?
« F-faut-il que je le dise devant tout le monde ? »
La réaction d’Aedia dépassa toutes mes attentes.
Je pensais qu’elle essaierait de le cacher en prenant un air grave ou qu’elle mentirait calmement.
Au lieu de ça, elle rougit brusquement et parut terriblement gênée.
Yumi ricana.
« Alors, murmure-le-moi à l’oreille. »
« N-non, ce n’est pas ça… Taio, fais sortir les enfants ! Prépare le départ pour le palais. Et toi, le garçon qui accompagne la fille d’Horus, sors aussi. »
Elle demandait aux hommes de sortir, à eux seuls ?
Taio et Seung-yeop firent sortir les enfants drogués, perplexes.
Peu après, Aedia nous raconta l’avenir qu’elle avait vu.
« Je… euh, dans l’avenir… »
« Dans l’avenir ? »
« … Il est écrit que j’aurai beaucoup d’enfants. »
« … »
« Il est écrit que j’aurai un nombre énorme d’enfants. »
« … »
« J-je ne mens pas ! C’est vrai… »
« Je comprends. Allons-y. »
C’était une prophétie étrange.
Son contenu était absurde, mais surtout, il semblait n’avoir absolument aucun rapport avec la situation actuelle, alors que le pharaon était à l’article de la mort.
Ça devait avoir un sens. Ça semblait très important…
Je n’y comprenais rien.
* * *
— Yoo Song-i
J’étais une prêtresse de bas rang du Culte de Malkab, tandis que le professeur était le médecin personnel du pharaon.
Comme il nous était difficile de nous voir en privé, nous devions nous transmettre toutes les informations importantes à chaque rencontre.
Dans ces moments-là, la fenêtre de discussion de grand-père m’était particulièrement précieuse.
« … Tu comprends ? »
« Mm, je comprends. »
Deux jours plus tôt, Omar avait exigé qu’Hespercia lui remette le Sarcophage de l’immortalité. Hespercia lui avait alors demandé de faire sortir tout le monde.
Les gardes avaient donc chassé tout le monde, y compris la prêtresse de bas rang, avant de partir à leur tour.
…
Vous croyez que j’étais partie docilement parce qu’on me l’avait demandé ?
J’avais un bracelet.
Les Perspectives diverses rendaient difficile le contrôle de plusieurs personnes à la fois.
C’était pour ça que je n’avais pas pu m’en servir facilement quand le pharaon, Hespercia, la prêtresse de bas rang et les gardes étaient tous présents.
Mais quand Hespercia et Omar furent seuls dans la pièce, pour des raisons de sécurité, et que tous les autres furent renvoyés, ça devint bien plus facile.
Le pharaon ne pouvait même pas se lever de son lit. Je n’avais donc qu’à tromper Hespercia !
Bien sûr, ce n’était pas aussi facile que ça en avait l’air.
On pourrait dire que j’avais tourné un film d’espionnage entier.
Le problème, c’est que personne d’autre que moi n’était au courant de ce film.
« Tu as bien travaillé pour tourner ton film d’espionnage. »
« … »
« Récapitulons ce que mademoiselle Song-i a entendu. Menes dort dans le Sarcophage de l’immortalité ? »
« Oui. Ils disent que c’était là la véritable nature de la vie éternelle que le Culte de Malkab avait offerte à Menes. »
« Omar aurait donc eu du mal à convoiter encore le sarcophage. »
Déterrer le tombeau de Menes, le Grand Pharaon et, en pratique, le fondateur de l’Égypte, puis ouvrir son cercueil ?
Quelle que soit l’étendue du pouvoir du pharaon actuel, ce ne serait pas une mince affaire.
En plus, un surhomme que l’on disait plus proche d’un dieu que d’un humain dormait dans le sarcophage.
Sans même parler de légitimité ou de morale, Menes, qui aurait accompli des miracles aussi facilement qu’il respirait, pourrait se réveiller et battre Omar à mort.
« Omar a lui aussi renoncé au sarcophage. Hespercia lui a plutôt fait une autre proposition. »
Renoncer au sarcophage où dormait son ancêtre.
En échange, accepter la bénédiction de Malkab, le dieu des enfers, et devenir l’Apôtre de Malkab.
« Un Apôtre de Malkab… Qu’est-ce que tu en penses ? »
« Je ne sais pas. Il n’y a pas non plus d’histoire pareille dans les textes sacrés. »
À ce stade, nous avions découvert plusieurs mots-clés.
Omar, le pharaon actuel, qui était mourant.
Menes, le grand et illustre Pharaon que l’on disait toujours en vie, endormi dans le Sarcophage de l’immortalité.
Le Culte de Malkab, lié à tous les deux.
Le grand prêtre du Culte, qui avait poussé le pharaon actuel à devenir l’Apôtre de Malkab plutôt qu’à réclamer le sarcophage.
J’avais l’impression de presque comprendre, mais pas du tout.
Alors, qui était le boss ?
« Professeur, qui pensez-vous être le boss ? »
« Je pensais que c’était peut-être Menes. J’ai honte de le dire, mais un roi humain ordinaire ne suffit plus à faire un boss pour nous, n’est-ce pas ? »
Ce n’était pas faux.
Menes, que l’on disait fils d’un dieu et capable d’accomplir des miracles aussi facilement qu’il respirait, avait la stature nécessaire pour être notre boss.
« Menes ? »
« J’imaginais un scénario où Menes ressusciterait pour une raison ou une autre et détruirait une “Égypte corrompue”. Omar, qui convoitait le sarcophage, serait celui qui réveillerait Menes. »
« Ça se tient. »
« Mais j’ai une autre idée, maintenant. »
« Oui ? »
« L’Apôtre de Malkab… Mademoiselle Song-i, c’est peut-être une drôle de question à poser maintenant, mais qu’est-ce que Malkab, au juste ? »
Qu’est-ce que Malkab, au juste ?
« Ce n’est pas un être imaginaire inventé par les anciens. Le sarcophage, l’Apôtre et les autres phénomènes surnaturels incontestables prouvent que Malkab existe vraiment. »
Cette Égypte étrange et déformée avait de véritables dieux.
« Si c’est un être que les anciens auraient vénéré comme un dieu, ne pourrait-il pas aussi être le boss ? »
« … »
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