Chapitre 473
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 472 : Chambre 206, Salle maudite — Le Roi démon qui ressuscite tous les cent jours (31)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 573
Emplacement actuel : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite tous les cent jours »
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
Au moment où Ipsissimus plongea dans le Soleil sacré, je ressentis une masse spirituelle absolument démesurée.
« Quoi ? Il y a combien de personnes ? »
J’avais déjà déversé des âmes par centaines de milliers dans le Soleil sacré, mais la masse spirituelle qu’Ipsissimus y insuffla en s’unissant à lui était proprement stupéfiante.
Mais combien y avait-il de personnes, au juste ? Ce n’était pas simplement cent mille.
Un million ? Dix millions ? Ou davantage encore ?
Le nombre était si absurde que je n’arrivais même pas à me le représenter.
« … Quoi ? Il y a quelque chose qui cloche… »
Quelque chose n’allait pas.
L’« Unification » d’Ipsissimus différait subtilement de la dévoration d’âmes que j’avais accomplie avec le Soleil sacré.
Si j’en avais eu le temps, j’aurais vérifié ce que cet enfoiré d’Ipsissimus avait fait, mais…
Je n’avais pas le temps de réfléchir.
— Booooom !
« Ah ! Le Roi démon se réveille ! »
La ville souterraine se mit aussitôt à s’effondrer, et A-ri vacilla en perdant l’équilibre.
Je m’apprêtai à m’envoler avec A-ri…
« M-Mi-ro ! Mi-ro est par terre ! »
« … »
J’avais pris le contrôle du corps de Mi-ro grâce au Pouvoir de l’Avatar et manipulé le Dispositif de contrôle de la ville, au Paradis des Profondeurs.
Pour l’instant, Mi-ro gisait inconsciente au sol.
… Nous n’avions pas le temps.
« On retrouvera Mi-ro dehors. Si le plan se déroule bien, nous n’aurons plus besoin d’elle. »
« … Vas-y. »
Je m’envolai aussitôt vers le ciel.
* * *
— Booooom !
La ville souterraine, où toute l’humanité avait concentré ses efforts pour empêcher la fin des temps, s’effondrait.
Par chance — ou par malchance — le plafond s’écroulait lui aussi, je n’avais donc pas besoin de me frayer un chemin.
Tout en esquivant acrobatiquement les blocs de béton qui s’abattaient de toutes parts, je sentis que le temps avait repris son cours normal.
Les changements de date qui se produisaient toutes les quelques minutes avaient également cessé.
Cela signifiait que nous avions quitté le Paradis des Profondeurs.
— Vroooom !
Un rugissement cauchemardesque résonna depuis les abysses.
Le Roi démon remontait sans doute vers la surface.
Je résistai à l’envie de me retourner pour vérifier et poursuivis mon ascension.
Toujours plus haut, encore plus haut !
Lorsque le paysage du Paradis, en train de s’effondrer, apparut à mes yeux, A-ri, qui volait non loin de moi, s’approcha.
« T-Tu… pff ! Tu vois les autres ? »
A-ri semblait épuisée par ce vol intense, qui mettait les Bottes ailées à rude épreuve. Je regardai autour de moi.
Je n’eus aucun mal à repérer les autres. Ils s’étaient tous changés en statues irradiant une lumière dorée.
« Ils sont là-bas. »
« Pff ! Où ça, là-bas ? Ah, je ne vois pas aussi loin, je n’ai pas une si bonne vue… »
— Agrippe !
Je tendis vivement le bras, saisis A-ri et m’écartai.
Un instant plus tard, une chose semblable à un liquide visqueux et frémissant traversa l’endroit où nous nous étions trouvés.
« Euh, euh… »
Le Roi démon commençait à exercer une véritable influence sur la surface.
Il n’y avait plus aucun endroit sûr où se reposer.
« Il faut monter plus haut. À partir de maintenant, tiens-moi la main. »
Nous devions aller plus haut.
Pas seulement quitter le Paradis des Profondeurs ou le Paradis. Nous devions quitter la Terre elle-même !
Alors que je m’élevais vers le ciel immense, une inquiétude inévitable s’empara de moi.
Et le plan que nous avions élaboré lors de notre quatrième tentative ?
Avant que le Roi démon ne puisse dévorer les âmes humaines, nous tuerions temporairement toute l’humanité. Une fois que le Roi démon aurait compris qu’il ne restait plus rien à manger et quitté la Terre, nous ressusciterions tout le monde.
Ce plan comportait trop de failles logiques.
Les autres avaient eux aussi relevé plusieurs problèmes sous différents angles.
Par exemple, qu’en était-il des autres villes, au-delà du Paradis ?
Ces villes avaient elles aussi limité les entrées et coupé l’approvisionnement en eau, mais rien ne garantissait qu’il n’y avait plus aucun survivant.
Et si les classes dirigeantes de ces villes avaient stocké l’eau restante et tenu bon ?
Laissons ce problème de côté.
Même s’il restait quelques survivants éparpillés sur Terre, le Roi démon sentirait tout de même que ses proies étaient devenues extrêmement rares. Ce ne serait pas un échec fondamental.
Un tigre ne serait pas rassasié sous prétexte qu’il reste quelques lapins.
Le véritable problème, c’était le comportement du Roi démon.
Le Roi démon quitterait-il vraiment la Terre simplement parce qu’il n’y trouverait plus rien à manger ?
Sur ce point, impossible d’en être certain, quelles que soient les autres considérations.
… Les autres étaient-ils en vie ?
「Informations sur la localisation des compagnons(*)」
« Ils sont tous encore en vie. »
Un rire creux m’échappa.
Il était évident qu’ils étaient en vie, puisque nous avions utilisé le Sablier, non ?
Eh bien, pas du tout !
L’inviolabilité absolue de la semaine créée par le Sablier.
Je pouvais affirmer sans l’ombre d’un doute que c’était le summum de la sagesse, un miracle inaccessible à l’humanité.
Un désespoir cosmique, capable de dévorer des étoiles en un souffle, recouvrait la surface. Pourtant, même le tout-puissant Roi démon ne pouvait briser le miracle créé par un objet pas plus grand que le poing d’un enfant.
Le Roi démon seul ? Bien sûr que non !
Si le Roi démon était ainsi humilié, c’était uniquement parce que la scène était la Chambre 206. N’importe quel autre Prisonnier aurait subi le même sort.
Le Directeur, le Nebula Dragon, le Dévoreur, le Seigneur, l’Œil zéro-dimensionnel, le Dieu de la Mer, Adravita, et même ce pauvre type de la Chambre 205.
Aussi puissant qu’ait été un Prisonnier, il ne pouvait briser l’inviolabilité du Sablier.
Comment une chose pareille était-elle possible ?
La réponse était simple.
Cet endroit n’était pas la réalité, mais une sorte d’immense simulation. Ceux qui l’avaient créée avaient conféré ce pouvoir au Sablier.
Aussi puissant qu’ait été un dieu dans une simulation, il ne pouvait pas s’opposer aux outils des développeurs.
Je devais m’en souvenir.
Comme le prouvait cet objet absurde qu’était le Sablier, une Salle maudite n’était pas la réalité, mais une sorte d’épreuve de très haut niveau conçue par l’Hôtel.
Ce qui comptait, c’était l’évaluation de l’Hôtel.
Pour qu’une Salle maudite soit jugée résolue, nous n’avions pas besoin de trouver une réponse parfaite.
C’était impossible, de toute façon, et nous n’avions jamais trouvé une telle réponse.
En y repensant, les solutions trouvées dans les autres chambres étaient elles aussi ambiguës ou laissaient planer des inquiétudes pour l’avenir.
Évidemment.
Quelques mortels dotés de pouvoirs surnaturels pouvaient-ils empêcher parfaitement la fin des temps après seulement quelques semaines ou quelques mois de réflexion ?
Cela reviendrait à dire que les habitants de ce monde, qui n’avaient pas réussi à empêcher la fin des temps, étaient de parfaits idiots.
« … »
La solution n’avait pas besoin d’être parfaite, mais elle devait être plausible.
Même s’il y avait des lacunes, il fallait que l’ensemble tienne la route. Quelque chose du genre : « Pour des gens de votre niveau, c’est déjà pas mal. »
Étions-nous en train de rédiger une réponse plausible sur notre copie d’examen ?
« Pff ! G-Ga-in… »
A-ri haletait.
Elle semblait peiner depuis un moment déjà, mais cette fois, elle avait vraiment atteint ses limites.
« Je… Je crois… que je n’en peux plus. »
Ça me faisait mal de le dire, mais A-ri ne semblait plus pouvoir m’être d’une grande aide.
Et n’importe qui d’autre aurait été dans le même cas, pas seulement A-ri.
« Tiens encore un peu. Juste un peu. »
Même ainsi, deux personnes valaient mieux qu’une.
— Raaaaa !
La Terre n’appartenait plus à l’humanité.
Une majesté incompréhensible et des vagues chargées d’impulsions déferlaient sur toute la planète.
Un Créateur fou, une bête affamée, s’était éveillé.
« A-ri, je vais te porter sur mon dos. Ferme les yeux. »
Si elle contemplait une chose pareille, A-ri, déjà affaiblie, risquait de mourir sur-le-champ.
Je pris de l’altitude.
Au-delà du Paradis des Profondeurs, au-delà du Paradis, au-delà du ciel…
「Informations sur la localisation des compagnons(*)
Kim A-ri : Espace」
« Ah. »
Son emplacement était passé à « Espace ».
Autrement dit, j’avais…
Volé jusqu’à l’espace à même la peau.
« … »
À cet instant, j’oubliai tout.
Les souffrances endurées à l’Hôtel, le manque de ma famille, mes inquiétudes au sujet du Grimoire et du Soleil sacré, ce que nous devions faire de la Chambre 206, et même ce qu’était au juste le Roi démon…
Toutes les pensées qui m’avaient assailli jusqu’à l’instant d’avant s’évanouirent en un éclair.
« A-A-ri ! On… on est dans l’espace ! J-J’ai volé jusqu’ici à même la peau ! »
Malheureusement, A-ri avait perdu connaissance depuis longtemps, faute d’oxygène, et ne pouvait pas partager cette sensation bouleversante.
« Ah, ah, ah… »
Depuis le point le plus élevé du monde, je contemplai la planète.
Elle était loin de ressembler à la Terre que je connaissais, mais cela ne changeait rien au fait que j’étais arrivé dans l’espace.
Ce ne fut qu’une fois dans l’espace, à même la peau, que je compris que j’avais vraiment atteint un royaume supérieur.
Un sentiment d’omnipotence indescriptible imprégna mon âme, que même le désespoir provoqué par le Roi démon ne pouvait m’enlever.
Sans m’en rendre compte, une larme roula sur ma joue.
Puis une voix résonna dans l’espace.
« Je t’envie. »
« … Toi. »
« Je sens ce que tu ressens en ce moment. »
« … »
« Je t’envie vraiment. Qu’est-ce que ça fait ? »
« … »
« À ma connaissance, aucun humain n’a jamais atteint un tel royaume. Non, le mot “humain” ne te convient pas. »
« … »
« Tu es un immortel taoïste, un bodhisattva bouddhiste et un ange chrétien. »
Aussi absurde que cela paraisse, au moment où je compris qu’Ipsissimus venait de révéler son coup final, mon émerveillement vola en éclats et je revins à la réalité.
« Je savais que tu mijotais quelque chose, mais tu vas enfin nous montrer de quoi il s’agit ? »
« Ha ha ! Quelque chose ? »
Je le disais, mais je ne pensais pas qu’Ipsissimus cherchait vraiment à me faire du mal.
Je ne lui faisais pas confiance, mais je faisais confiance à la Chouette, qui m’avait conseillé d’accepter la proposition d’Ipsissimus.
Cela dit, ma curiosité était piquée.
Qu’est-ce qu’Ipsissimus pouvait bien manigancer dans une situation pareille ?
« Waouh, quelle vue. Regardons la Terre. On voit le Roi démon. »
« … »
« Tu sais ce qui préoccupe le Roi démon que je sers ? »
« Ce qui le préoccupe ? »
Je regardai le Roi démon, qui ressemblait à une vague d’impulsions infinies.
Il avait clairement montré autrefois une certaine intelligence et communiqué avec ses fidèles.
« … »
Personnalité, raison, intelligence.
Autrement dit, le masque du Roi démon, caché sous le mot « rationalité », tombait peu à peu.
Un vide et une faim sans fin emplissaient l’espace qu’il laissait derrière lui.
« Qu’est-ce que tu vois ? »
« Il a faim. »
« Rien d’autre ? »
« Seulement la faim et le vide. Rien d’autre. »
« Mon dieu a rejeté le masque dont il se servait pour tenter les humains et a retrouvé sa forme primordiale. »
« … »
La forme primordiale dont parlait Ipsissimus.
En fait, je la connaissais aussi.
C’était celle que j’avais vue lorsque j’avais utilisé la Descente pour affronter le Roi démon lors de ma première tentative.
« Que dois-tu faire maintenant ? »
L’attitude d’Ipsissimus, comme s’il comprenait tout, était plutôt amusante.
« Tu as dit que tu n’aurais jamais pu imaginer cette méthode avant que nous t’en parlions. »
« Je l’admets. »
« Alors pourquoi tu fais comme si tu savais tout ? »
« Ha ha ! Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit, non ? Pour faire simple, c’est ça : je savais beaucoup de choses sur le Roi démon, mais je ne l’avais jamais envisagé sous un angle complètement différent, comme vous l’avez fait. »
« … »
« Une fois que j’ai adopté votre point de vue, j’ai compris… »
« Ah. Ne me dis pas que… »
Je compris aussitôt.
D’après les conseils de la Chouette, ce salaud cherchait lui aussi, au fond, à survivre et à être sauvé.
Et je venais une nouvelle fois de comprendre la véritable nature du Roi démon.
Je devinai ce qui allait arriver.
Je savais ce qui manquait à notre plan si imparfait : la touche finale !
— Frouuush !
Ça s’embrasa.
Les âmes qui s’étaient unies au Soleil sacré brillèrent comme si elles allaient remplir l’univers vide !
Bientôt, le regard du Roi démon se tourna vers l’espace.
Au bout de ce regard terrifiant, il y avait moi.
Sous les yeux d’une bête torturée par une faim sans fin apparut la nourriture la plus parfaite qui soit, formée de dix-huit millions d’âmes !
« Espèce de putain de… »
« Ah… Grand bodhisattva. Je t’en prie, deviens le salut de tous et… »
« Ferme ta putain de gueule, enfoiré ! »
— Booooom !
Enfin, le Roi démon quitta la Terre et s’éleva vers l’espace.
Plus précisément, il fonça sur moi !
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