Chapitre 470
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 469 : Chambre 206, Salle maudite — Le Roi démon qui ressuscite après cent jours (28)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 564
Emplacement actuel : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après cent jours »
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
Alors que je volais dans le ciel de la ville souterraine plongée dans les ténèbres, qui fonçait vers sa destruction, j’observai une chose étrange.
Elle se tortillait.
Encore et encore.
Une forme blanche qui se contorsionnait sans arrêt, au point de me donner la nausée.
Apparemment, elle avait été créée pour reproduire le Kunekune, une légende urbaine japonaise. À mes yeux, elle ressemblait à une larve géante enveloppée dans un drap d’un blanc immaculé.
A-ri, qui volait non loin de là, prit alors la parole.
« Tu la fixes un peu trop ouvertement, tu ne trouves pas ? Ça va ? »
« Je crois que oui. »
« C’est bizarre. Eun-sol a perdu la tête dès qu’elle l’a vue à l’œil nu. »
« Ha ha ! Ce n’est pas que Mademoiselle Eun-sol soit faible, c’est plutôt que monsieur Ga-in est exceptionnel. Ceux qui naissent avec un destin hors du commun reçoivent naturellement de nombreuses bénédictions. »
« … »
« … »
À l’instant où Ipsissimus, incapable de voler et agrippé à mon dos, se joignit à la conversation, A-ri et moi nous tûmes.
Ce n’était pas vraiment une révélation, mais avoir un sale type pareil accroché dans mon dos était franchement désagréable.
Si A-ri, qui volait à côté de moi, m’avait plutôt enlacé par-derrière, ça aurait été bien plus…
Non, non, ce n’est pas ce que je voulais dire !
Assez de pensées bizarres.
Quoi qu’il en soit, A-ri et moi ne cessions de nous éloigner d’Ipsissimus, qui continuait à agir comme si nous étions compagnons.
Comment en étions-nous arrivés là ?
Ipsissimus avait voulu me rencontrer dès sa première rencontre avec Sang-hyeon.
Bien sûr, cela ne nous obligeait pas à faire ce qu’Ipsissimus voulait.
Pourtant, après nous être rendus au Domaine sacré comme Ipsissimus le souhaitait et avoir surmonté son épreuve, je discutai avec cette personne.
Pourquoi ?
Était-ce une récompense pour avoir découvert la voie insensée du culte du Roi démon, qui permettait malgré tout de préserver l’humanité ?
Ou bien de la compassion pour un pauvre PNJ ?
Bien sûr que non.
Tout comme Ipsissimus attendait quelque chose de nous, nous attendions quelque chose d’Ipsissimus.
C’est pour cela qu’A-ri et moi avions emmené Ipsissimus au Paradis des Profondeurs.
« Combien de temps s’est écoulé ? Bien sûr, pour nous, on dirait qu’à peine plus d’une heure a passé, mais je parle du temps écoulé dans le monde extérieur. »
Mieux valait sans doute répondre à une question pareille.
« Nous sommes entrés dans la chambre 206 le jour 553, puis dans le Paradis des Profondeurs à l’aube du jour 556. On est maintenant au jour 564… »
[Date : Jour 564 -> Jour 565]
« … Non, la date vient de passer au jour 565. »
Chaque fois que je consultais la fenêtre de statut, la date avançait si vite que ça en devenait effrayant.
Qu’est-ce qui nous arriverait si nous nous perdions et errions dans un endroit pareil ?
« Je vois le laboratoire de recherche. Ah… C’est un endroit familier, qui m’a manqué. »
« … »
Parfois, je me posais la question.
Quel était le rôle de cette créature dans le scénario ?
Un Adversaire ?
Ça ne semblait pas juste. Ipsissimus n’avait jamais vraiment essayé de nous tuer.
La chambre 206 avait-elle seulement un être qu’on puisse qualifier d’Adversaire ?
« … »
Le marché et le Progéniteur, au Paradis.
Le Directeur, au Paradis des Profondeurs.
Ipsissimus, dans le Domaine sacré.
C’étaient les principaux PNJ, mais difficile de les considérer comme des ennemis.
Ils s’étaient opposés à nous selon les circonstances, mais, dans l’ensemble, ils étaient plutôt des alliés face au désastre que représentait le Roi démon.
C’était pareil pour Ipsissimus.
« … »
J’avais l’impression que quelqu’un m’avait dit ça, mais impossible de me rappeler qui.
Des mots comme Adversaire et Prisonnier étaient des notions que nous avions inventées par commodité, en parcourant l’hôtel.
Avec le recul, l’hôtel employait rarement ces termes.
La plupart du temps, il ne parlait pas du tout d’Adversaires. Même les Prisonniers étaient simplement qualifiés de « danger mineur », d’« ancien client malpropre », de « client gênant » ou de « client ».
L’hôtel utilisait des expressions similaires pour nous aussi.
Quel secret se cachait derrière tout ça ?
* * *
Après notre arrivée au laboratoire de recherche, nous n’eûmes aucun affrontement physique avant de rencontrer le Directeur.
Ipsissimus avait endormi d’un seul geste les soldats qui nous fonçaient dessus, armes à la main.
« Ce n’est rien. Comparé à votre pouvoir, c’est une petite astuce ridicule, non ? »
« … »
« Mademoiselle A-ri, pourriez-vous réveiller votre compagnon ? Dans mon état actuel, il m’est difficile de contrôler directement le Dispositif de contrôle de la ville. »
A-ri lança un regard inquiet à Ipsissimus.
« C’est parce que vous avez dépassé les limites de l’humanité ? C’est pour ça que vous ne pouvez pas contrôler directement le dispositif ? »
« Qui sait ? »
« … »
A-ri réveilla bientôt Mi-ro, qui dormait dans le corps du Directeur inconscient.
Puis…
— Fwouuu !
Un vent violent, pareil à un typhon, se déchaîna. A-ri fut projetée contre le mur, tandis que Mi-ro se mit à vibrer si vite que sa silhouette se brouilla.
« Aïe ! »
À peine réveillée, elle expira une fois et une bourrasque éclata.
Elle se tenait simplement immobile, attendant que je prenne possession de son corps, et pourtant, au moindre mouvement — jusqu’aux battements de son cœur —, son corps entier vibrait à une vitesse incroyable.
Elle n’avait rien à envier à Superman, qui craignait, disait-on, qu’une simple toux ne fasse s’écrouler un immeuble.
Je le savais déjà, mais le voir de mes propres yeux restait absurde.
Une pensée puérile me traversa l’esprit.
Si je me battais contre la Mi-ro actuelle, en « super-accélération », qui l’emporterait ?
Oublie cette idée stupide.
— Crépitement !
Mi-ro passa bientôt sous mon contrôle.
« Oh ? Quel pouvoir intéressant. »
« … »
« Quel était ce crépitement et cet éclair de lumière, à l’instant ? Un phénomène provoqué par votre mystérieux livre ? »
« … »
Après que j’eus compris la Deuxième Phrase, le Pouvoir de l’Avatar s’était renforcé, provoquant ce phénomène. Même moi, j’ignorais pourquoi.
« Nous sommes pressés. On commence. On est déjà au jour 568. »
« Très bien. »
Trois jours de plus s’étaient écoulés en un rien de temps.
* * *
En suivant les instructions d’Ipsissimus, je manipulai le Dispositif de contrôle de la ville.
Pendant un long moment, je saisis des commandes compliquées que je ne comprenais pas. Si je devais comparer ça à quelque chose, c’était comme bidouiller le mode développeur d’un téléphone.
Quand un processus de chargement se lança, Ipsissimus prit la parole, comme si cette attente lui avait laissé le temps de réfléchir.
« Vous êtes vraiment remarquable. Nous n’aurions jamais pensé à procéder ainsi ! »
« Même si vous y aviez pensé, ça ne vous aurait servi à rien. »
« C’est vrai. À l’époque, nous n’avions pas les moyens d’essayer. À vrai dire, je crois que ce serait encore le cas aujourd’hui. »
« … »
Même pour la tête d’une organisation qui avait soutenu la civilisation dans l’ombre de l’histoire humaine pendant des siècles, c’était une solution complètement folle.
L’idée de départ venait d’une phrase que Seung-yeop avait marmonnée sans y penser.
« Et si on tuait tous les PNJ, puis qu’on remontait le temps pour les ramener ? »
« Je n’y avais vraiment jamais pensé. Tuer les 2,34 milliards d’habitants ? Même si vous avez un moyen de remonter le temps, vous ne trouvez pas ça un peu trop démoniaque ? »
« … »
« À moins de considérer les humains comme des personnages de jeu, l’idée ne vient pas facilement. »
A-ri répondit d’un ton mécontent.
« Alors ? Ça ne vous plaît pas qu’on vous voie comme des personnages de jeu ? Vous trouvez qu’on est démoniaques ? »
« Ha ha ! Bien sûr que non. Allons, ne nous montrons pas aussi susceptibles entre professionnels. »
« … Entre professionnels ? »
« N’est-ce pas le cas ? J’ai entendu dire que vous faisiez partie du Bureau de gestion. Cette même organisation a dû traverser plusieurs cycles, en changeant de nom à chaque fois… »
« Ah ! Quelqu’un nous écoute ! »
Je partis d’un rire en voyant que je m’étais retrouvé mêlé malgré moi à une conversation entre gens du même milieu.
« Parlez normalement. J’avais déjà deviné, de toute façon. »
« … »
« … »
Une fois que je leur eus tendu la perche, tous deux se turent.
Je posai donc une question.
« C’est la première fois qu’on essaie ça, alors je suis curieux. Si nous tuons tous les survivants par un moyen autre que la Raison indomptable, comment réagira le Roi démon ? »
Si le Roi démon était une créature bestiale, un prédateur cosmique qui aspirait les âmes humaines…
Comment réagirait-il en découvrant que ses proies avaient disparu de la Terre ?
« Peut-être qu’il quittera la Terre, faute de nourriture ? »
C’était le principe même du plan que nous avions élaboré.
Eun-sol lui avait donné le nom à l’humour noir de Stratégie de la terre brûlée.
Un bruit vint rompre le silence.
— Bip !
Une fois le chargement terminé, je me remis au travail.
Tout en dirigeant le corps de Mi-ro selon les instructions compliquées d’Ipsissimus, je réfléchis à la Stratégie de la terre brûlée.
Éliminer toutes les proies.
Le Roi démon partirait une fois sa nourriture épuisée.
Après son départ, remonter le temps et ressusciter tout le monde.
Ce plan simple et limpide comportait bien trop de failles, sans même parler de cette vision inhumaine des PNJ, réduits à de vulgaires outils.
Le premier problème sautait aux yeux.
On ne parlait pas de tuer une quinzaine de personnes. Comment allions-nous nous y prendre pour tuer 2,34 milliards de survivants ?
Nous ne pouvions pas les offrir à la Raison indomptable.
Si leurs âmes étaient consumées comme du bois de chauffage, ils ne pourraient pas être ressuscités.
Il nous fallait tuer la plupart des survivants de la chambre 206 par un moyen qui n’avait rien à voir avec la Raison indomptable.
Existait-il seulement un moyen d’y parvenir ?
Quand notre discussion s’était enlisée sur ce point et que j’avais utilisé le Conseil du Sage, la Chouette m’avait répondu quelque chose de stupéfiant.
[C’est possible. Cherche la réponse auprès de celui qui a conçu le plateau.]
Celui qui avait conçu la structure de la chambre 206, le premier adepte du culte du Roi démon : Ipsissimus.
Ipsissimus connaissait un moyen d’anéantir l’humanité sans faire appel à la Raison indomptable.
En l’apprenant, tout le monde fut stupéfait.
Offrir tous les survivants en sacrifice ou laver le cerveau de l’humanité entière pour en faire des adeptes du Roi démon était insensé, mais l’organisation avait tout de même conçu ces voies pour l’humanité, à sa manière.
Mais pourquoi créer une méthode qui se contentait d’anéantir l’humanité, sans même passer par là ?
« Non, ce n’est pas ça. Appuyez sur le deuxième panneau en partant du haut, à droite, puis… »
« J’ai appuyé sur le bon. »
« Il faut appuyer une nouvelle fois. »
La vérité était toujours simple.
Notre première hypothèse était la bonne.
L’organisation n’avait jamais créé d’appareil inutile dans le seul but d’anéantir l’humanité.
Ce dispositif de contrôle permettait simplement de maîtriser avec précision le système complexe qu’était la ville, bâtie par l’organisation.
Parmi ces commandes précises, il y en avait une qui permettait de « couper provisoirement l’approvisionnement en eau ».
À l’origine, il s’agissait probablement d’une mesure temporaire à prendre en cas de contamination de l’eau.
Et si nous rendions aussi toute sortie de la ville impossible ?
Les humains ne pouvaient survivre sans eau que trois jours tout au plus.
— Hummmm !
Tandis que des vibrations secouaient tout le monde souterrain, Ipsissimus sourit de toutes ses dents.
« C’est terminé ! »
« … »
« Normalement, on pourrait couper les canalisations immédiatement, mais le temps ne s’écoule pas de la même manière à la surface et dans le Paradis des Profondeurs. À la surface, l’approvisionnement en eau s’interrompra sans doute progressivement, sur plusieurs jours ou semaines. Bien sûr, l’issue secondaire vers l’extérieur qu’empruntait le Culte du Roi démon sera également condamnée. »
« … »
« Félicitations pour cette grande entreprise. Alors… »
Ipsissimus, l’être le plus étrange de la chambre 206, tourna vers moi ses yeux brillants.
« Et si nous reprenions la conversation que nous avions eue dans le Domaine sacré ? »
Ipsissimus avait accédé à notre requête.
Il était maintenant temps de répondre à la sienne.
« Monsieur Ga-in, vous le comprenez mieux que quiconque, mais, en vérité, ce genre de petit jeu n’a aucun sens. »
« … »
« Je veux dire que résoudre ou non le problème de la chambre 206 n’a aucune importance pour nous. »
« … »
« J’aspire à un véritable salut. Je vous en prie, devenez notre salut. »
L’être étrange, qui avait depuis longtemps perdu forme humaine, s’agenouilla comme s’il vénérait un roi.
Au même instant, A-ri me regarda avec une expression indéchiffrable.
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 571
Emplacement actuel : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après cent jours »
Conseil du Sage : 3]
« … La date a encore beaucoup avancé. Je me demande si nos compagnons à la surface tiennent le coup. »
[Conseil : 3 -> 2]
Notes de bas de page :
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