Chapitre 466
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 465 : Chambre 206, Salle maudite — Le Roi démon qui ressuscite après cent jours (24)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 552
Emplacement actuel : Niveau 1, chambre 105, « Salle de repos »
Conseil du Sage : 0]
- Han Ga-in
« Hé, tu devrais déjà commencer par changer ta façon de parler. »
« … »
Au début, ce n’était qu’une comédie pour paraître mystérieux devant les PNJ, mais, à un moment donné, cette façon de parler étrangement prétentieuse était devenue naturelle pour « Soleil Ga-in ».
L’autre répondit d’un ton abasourdi :
« Soleil Ga-in ? Si je suis Soleil Ga-in, alors toi, tu es Ga-in de la Voie démoniaque ? »
« C’est trop gamin… »
Et Ga-in incarné et Ga-in désincarné ?
Pour l’instant, j’étais le seul à avoir un corps.
« La question de savoir qui a le corps reste trop floue. On peut changer ça quand on veut. »
Je me rendis soudain compte que l’autre lisait dans mes pensées, même celles que je n’avais pas exprimées à voix haute.
« Toi aussi, tu fais pareil. Tu n’as pas dit à voix haute certaines de tes pensées sur ma façon prétentieuse de parler. Évidemment, je n’ai pas de bouche, là, physiquement. »
Nous partagions non seulement nos souvenirs, mais aussi nos pensées présentes, en temps réel.
Des êtres comme nous pouvaient-ils vraiment être considérés comme des personnes distinctes ?
Et sinon, à qui exactement étais-je en train de parler ?
Une conversation entre nous était-elle seulement possible ?
Peut-être n’était-ce pas différent du fait d’halluciner tout seul et de sombrer dans le délire…
« Stop, stop. J’ai enfin trouvé comment on devrait s’appeler. Moi, je suis Ga-in normal, et toi, Ga-in psychotique. »
« … »
« Tu as pensé ça tout à l’heure, pas vrai ? Que le Grimoire était hyperrationnel et le Soleil émotionnel ? C’est ton avis. Moi, je vois les choses autrement. Le Grimoire est psychotique, et le Soleil est humain. »
Aussi ridicule que cela puisse paraître, ça ne semblait pas complètement faux non plus.
« Revenons à ce dont on parlait au début. Les conseils de Mi-ro. À voir ton côté psychotique, je comprends maintenant. L’influence du Soleil ne t’atteint pas correctement. »
La veille, quand j’avais compris la deuxième Phrase du Livre et que nous nous étions séparés, nos rôles n’étaient pas aussi clairement définis qu’à présent.
C’était normal.
À l’origine, le Grimoire était un Héritage indépendant, et non un outil créé pour réprimer l’Envahissement du Soleil sacré.
C’était Mi-ro qui avait eu l’idée ingénieuse de répartir les Héritages entre nos moi divisés pour créer une « Contention ».
Voilà le résultat.
Pour reprendre l’analogie de la peinture que notre Sponsor aimait bien, c’était comme séparer un bol d’eau en deux pour contenir à part la peinture noire et la peinture blanche.
« Je ne sais pas si c’est une solution plausible, mais ça me paraît mieux qu’avant. Le premier conseil de Mi-ro nous a été utile. Si on en a l’occasion, testons aussi le deuxième. »
Le premier conseil de Mi-ro, « Contention », nous avait été utile.
Et son deuxième conseil, « Trop, c’est comme pas assez » ?
« Quant à la solution pour la chambre 206, si on veut être gentil, elle est créative ; sinon, elle comporte beaucoup trop de lacunes. »
« … »
« On dirait qu’on prie pour que chaque zone d’ombre tourne à notre avantage… Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre ? Il va falloir donner le meilleur de nous-mêmes. »
J’acquiesçai.
Non, puisque les pensées de l’autre étaient aussi les miennes, il serait peut-être plus juste de dire que nous avions réexaminé le plan plutôt que d’avoir acquiescé…
« Oh ! Tu es qui, Descartes ? Arrête d’imiter un philosophe allemand dépressif. Tu me donnes mal à la tête, à moi aussi. On va s’arrêter là. »
Sur ces mots, l’être qui ressemblait à des flammes vacillantes s’effaça lentement.
« Ça finira bien par s’arranger. Je comblerai les points faibles du plan. »
Qui venait de dire ça ? Moi ? Ou l’autre ?
… Moi aussi, je devrais dormir un peu.
Le lendemain matin commença la quatrième tentative dans la chambre 206.
* * *
- Kim A-ri
Une obscurité impénétrable et un silence étouffant.
Bientôt, une voix mystérieuse retentit, annonçant le début de la chambre 206.
« Nous prions au milieu de la ruine qui approche. Puisse une raison inébranlable soutenir le monde. Puisse le chaos qui emplit l’univers ne jamais envahir notre petite cage à oiseaux. »
…
« Raison indomptable ! Protège le monde grâce à une raison limpide et juste ! »
C’était une sorte de prologue.
Ce devait être le moment où la Raison indomptable, installée au Paradis, avait été activée pour la première fois.
Quelque temps plus tard, je me réveillai.
« … »
Je me réveillai dans une modeste chambre.
Dehors, plusieurs membres haut placés du Culte, dont les anciens, discutaient de diverses choses.
« Le nombre de fidèles augmente à chaque rassemblement. C’est vraiment une réjouissante nouvelle… »
« L’ancien Odian doit prononcer le sermon lors du rassemblement de ce soir… »
« On nous a signalé de nombreux Agents de l’ordre le long de la route 17, alors restez prudents… »
Naturellement, diriger un culte dans cette dystopie brutale n’avait rien de facile.
« Oh, Apôtre A-ri ! Tu t’es levée tard, aujourd’hui. »
« … Oui, Raymond. Je ferai plus attention. »
« Ha ha ! Attention à quoi ? Tu es encore à un âge où tu as besoin de beaucoup dormir. Repose-toi autant que tu veux. »
Heureusement, je n’avais pas à m’occuper moi-même de ce genre de corvées.
C’était sans doute parce que j’étais jeune, dans ce scénario.
— Crrr…
En me dirigeant vers le trésor du Culte, j’attirai quelques regards, mais personne ne m’arrêta.
J’occupais un rang assez élevé et, jusqu’à ce matin même, j’avais été une jeune fille pieuse et gentille.
En plus, le trésor ne contenait pas d’armes extraordinaires.
« … »
Du moins, c’était ce que croyaient les membres du Culte.
Pour eux, il ne s’agissait que d’un endroit où l’on conservait quelques vieilleries historiques.
J’avais pensé la même chose lors de ma première tentative.
« … »
« Tiens ? Apôtre A-ri, cette combinaison spatiale t’intéresse ? »
Le vieil homme me sourit si chaleureusement que je lui rendis son sourire.
Ils avaient conservé une combinaison de protection pendant deux cents ans, en la prenant pour une combinaison spatiale ?
Elle y ressemblait un peu, certes, mais sa fonction était complètement différente.
Bien sûr, ces PNJ ne pouvaient pas utiliser la combinaison de protection, mais n’importe qui aurait pu voir, rien qu’en la regardant, qu’elle était anormalement résistante.
La scène créée par l’Hôtel révélait souvent ce genre d’invraisemblances à travers de petits détails.
« … »
Je caressai la combinaison de protection et réfléchis une dernière fois.
Y avait-il autre chose que je pouvais tirer du Culte du Roi démon ?
…
Non.
Le Soleil sacré avait fini de se charger. Je n’avais donc plus aucune raison de me servir du Culte, et j’avais également renoncé au projet de vouer un culte au Roi démon.
Le Domaine sacré était le seul endroit où subsistait une affaire en suspens, mais je pouvais m’y rendre sans ces gens.
Alors…
Mieux valait m’occuper à l’avance de ceux qui risquaient de semer une confusion inutile dans le plan à venir.
— Clic !
« Hein ? Ah ! Aaaah ! Qu’est-ce que… ? Comment tu as… »
J’enfilai la combinaison de protection.
« Waouh ! Apôtre, serait-il possible que le Roi démon vous ait accordé une révélation… »
— Crac !
Le cou du vieil homme chargé de l’ancien trésor se brisa net.
Je me dis qu’il n’avait probablement pas senti la moindre douleur.
… Probablement.
« Aah ! Quelqu’un est m-mort… Argh ! »
« Espèce de folle ! L’Apôtre A-ri a perdu la tête ! »
Un par un.
Les dirigeants du Culte tombèrent les uns après les autres.
Beaucoup possédaient des pouvoirs surnaturels et n’auraient normalement pas dû pouvoir être tués si facilement.
Mais nous étions au Paradis, pas à l’extérieur.
Dans le domaine soumis à la Raison indomptable, ils étaient tous devenus de simples humains.
De mon côté, j’avais constaté lors de la deuxième tentative que la combinaison de protection fonctionnait malgré la Raison indomptable.
Pourquoi ? Parce qu’elle était le produit de la science pure ?
Et qu’en était-il de l’Éclair final ou du bracelet ?
Ça ne servait à rien de m’attarder là-dessus.
La chambre 206 n’était qu’une scène recréée par l’Hôtel.
Quoi qu’il en soit, aucun d’eux ne pouvait m’arrêter.
« Aah ! P-pitié, épargnez-moi ! Apôtre, mon fils… »
« Une espionne ! Cette salope doit être à la solde de Kadyrov… »
S’ils avaient été des gens ordinaires, ils auraient au moins pu me dénoncer aux Agents de l’ordre. Mais ils appartenaient au Culte du Roi démon ; ils ne pouvaient même pas le faire et se firent massacrer sans pouvoir se défendre.
Plusieurs personnes, comprenant qu’elles n’avaient aucune chance de gagner, se précipitèrent vers le passage étroit.
Je commençais à être un peu fatiguée, alors je ne pris pas la peine de les arrêter.
Était-ce pour cette raison ?
Quelqu’un, en me voyant les laisser s’échapper, comprit ce qui se passait.
« Ha ! Quelqu’un nous attend aussi dans le passage ? »
« … Raymond. »
Raymond, l’ancien le plus haut placé du Culte du Roi démon, et, dans les faits, son chef.
Raymond avait décidément du flair.
Kim Sang-hyeon attendait dans le passage.
« Héhé… Qu’est-ce qui se passe, au juste… ? C’est ici que le Culte va disparaître ? »
« … »
« Non ! Ça ne peut pas se terminer comme ça… ! Sorcière malfaisante, suppôt de Kadyrov ! »
Quelqu’un l’avait déjà dit plus tôt, mais Raymond semblait croire que j’étais une tueuse envoyée par le maire.
Ils ne savaient rien, alors ils ne pouvaient que se méprendre.
« Nous ! Nous ne disparaîtrons jamais comme ça ! Tu crois peut-être avoir gagné aujourd’hui, mais le Roi démon reviendra… »
« C’est vrai. Vous ne disparaîtrez pas comme ça. »
Je ne savais pas si ces mots pouvaient réconforter Raymond.
Mais je trouvais que le vieil homme était quelqu’un de bien, alors je voulais au moins lui dire ça.
« Dis-toi que c’est un rêve. Un rêve un peu long et douloureux. Nous allons tous dormir un moment. »
« Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? »
« Quand tu te réveilleras, personne ne se souviendra de ce qui s’est passé aujourd’hui. Bonne nuit. »
— Crac !
À présent, il était temps de passer aux choses sérieuses.
* * *
- Yoo Song-i
« Ha ha, monsieur le maire. D’après le bilan financier du trimestre dernier… »
« Voici le rapport des mines reçu hier… »
« Une affaire de détournement de fonds à grande échelle a éclaté chez Pleon Company… »
Les rapports des fonctionnaires et des hauts responsables du Paradis n’en finissaient pas.
Le maire Leon Kadyrov s’acquittait de son travail sans perdre une seconde.
Lors de la deuxième et de la troisième tentative, j’avais pratiquement pris la place du maire en cours de route.
Comment me débrouillais-je, comparée à Leon, maintenant ?
…
Hum.
Je devais reconnaître les choses honnêtement, cette fois.
À voir le maire travailler, je compris que, jusque-là, je m’étais contentée de jouer à la maison avec des règles un peu compliquées.
B-bon, je n’y pouvais rien.
Leon était déjà un génie incroyable et avait plus de trente ans d’expérience administrative. Comment aurais-je pu rivaliser ?
Quoi qu’il en soit, je fus une nouvelle fois impressionnée par l’excellence de Leon Kadyrov.
« Song-i. »
« … »
« Song-i Kadyrov. »
« Hein ? Oh ? Oui ? »
Sursautant, je relevai la tête. Le maire avait interrompu son travail et me regardait.
« Il est encore un peu tôt, mais tu as fini pour aujourd’hui. »
* * *
De retour au Manoir flottant, cet endroit mystérieux où la Raison indomptable ne pouvait pas réprimer le surnaturel, le maire prit la parole.
« Alors, qu’as-tu pensé de mon travail après m’avoir observé pendant une demi-journée ? »
« … »
Ce matin-là, dès mon réveil dans la chambre 206, j’avais demandé au maire si je pouvais le regarder travailler.
J’avais envisagé des plans de secours au cas où il refuserait, mais, à ma grande surprise, il avait accepté sans hésiter.
Cela dit, quand j’y repensais, après la deuxième tentative, le maire semblait me considérer comme une candidate à sa succession.
Il s’était peut-être dit que j’étais assez grande pour apprendre ce genre de choses.
« Papa, tu es vraiment rapide et efficace dans ton travail. »
Leon répondit avec un sourire léger.
Il n’avait pas l’air mécontent.
« À partir de demain, je demanderai qu’on te prépare aussi des rapports synthétiques. »
« … »
Qu’est-ce que c’était que ça ?
Sa fille s’intéressait aux affaires importantes, alors, fier d’elle, il se lançait tout à coup dans sa formation de successeure ?
Ne fais pas ça.
Tu rends ma résolution encore plus difficile à tenir.
« … Papa. »
« Oui ? »
« J’ai… un plan. »
« Un plan ? »
« Un plan pour sauver un pays confronté à la fin des temps. »
« Je vois. »
« Je ne sais pas si ça peut marcher. Mais il y a une possibilité. »
« De quel genre de plan s’agit-il ? »
« Je… je ne peux pas te le dire. »
« Continue. »
« Le problème, c’est que sa mise en œuvre entraînera d’énormes sacrifices. »
« … »
« Pas seulement des dizaines ou des centaines de morts. Bien plus que ce qu’une personne ordinaire pourrait même imaginer… »
« Un million de personnes ? »
« Beaucoup plus. »
« Hmm. »
« Et il y a de fortes chances qu’elles ne meurent pas paisiblement. Ce sera extrêmement douloureux. Est-ce que je peux vraiment mettre un tel plan à exécution… ? »
« Tu veux dire : est-ce acceptable pour le bien de la ville ? »
« … »
« Peut-on sacrifier ceux qui vivent aujourd’hui au nom d’un avenir incertain ? C’est ce que tu me demandes ? »
« … Oui. »
Le maire baissa un instant la tête.
Il semblait choisir ses mots avec soin.
« Song-i. »
« Oui. »
Sa voix était douce, pour une raison qui m’échappait.
Je n’avais même pas utilisé l’Être aimé.
« Le rôle le plus important d’un dirigeant, c’est celui-là : affronter les préoccupations douloureuses et prendre les décisions que les faibles ne peuvent pas prendre, au lieu de les fuir. »
« … »
« Je ne sais pas exactement ce qui te tourmente, alors je ne peux pas te dire quoi choisir. Mais, au moins, ne fuis pas ta décision. Même si tu dois mourir, meurs en suivant la voie que tu as choisie. »
Ne pas fuir un choix, quelle que soit la gravité de la situation.
Même si je devais mourir, je devais mourir en suivant la voie que j’avais choisie.
Une réponse digne du maire.
Des paroles d’adieu dignes du maire.
« Ça t’a aidée ? »
« Oui. Grâce à toi, j’ai pris ma décision. »
« Tant mieux, même si j’ignore de quoi il s’agit. »
« Papa. Bonne nuit. »
« Quoi ? Il n’est pas encore l’heure de dormir… »
— Bang !
Notes de bas de page :
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